
Guide de Voyage Au Pakistan
Introduction
Le Pakistan est l'un des pays les plus fascinants et les moins explorés du monde. Situé au carrefour de l'Asie centrale, de l'Asie du Sud et du Moyen-Orient, ce pays d'environ 230 millions d'habitants abrite certaines des plus hautes montagnes du monde, des civilisations antiques vieilles de cinq mille ans, une cuisine délicieuse, et une hospitalité légendaire qui fait honte à bien des destinations touristiques plus célèbres. Depuis quelques années, le Pakistan connaît une renaissance touristique remarquable. Des aventuriers du monde entier découvrent ses fjords de montagne, ses marchés animés, ses sites du patrimoine mondial de l'UNESCO, et ses paysages d'une beauté à couper le souffle. Des plaines fertiles du Pendjab aux sommets enneigés du Karakoram, en passant par les déserts dorés du Sind et les forêts verdoyantes de Khyber Pakhtunkhwa, le Pakistan est un pays de contrastes saisissants.
Malgré les stéréotypes négatifs véhiculés par les médias occidentaux, les voyageurs qui ont osé franchir les frontières du Pakistan reviennent unanimement conquis. Ils parlent d'un pays où les étrangers sont accueillis avec une chaleur sincère et désintéressée, où la nourriture est d'une richesse incroyable, où les paysages dépassent tout ce qu'on peut imaginer, et où l'histoire millénaire se lit à même les pierres des monuments, des bazars et des ruines. Le Pakistan est le pays de la Route de la Soie, de la civilisation de l'Indus, de l'empire moghol, des conquérants perses et grecs, des saints soufis et des guerriers pachtounes. C'est un pays où cinq des quatorze sommets de plus de huit mille mètres du monde se dressent vers le ciel, où la deuxième plus haute montagne de la planète — le K2 — invite les alpinistes les plus intrépides de la Terre.
Ce guide de voyage en langue française est conçu pour vous aider à découvrir le Pakistan dans toute sa complexité et sa beauté. Vous y trouverez des informations pratiques, des descriptions détaillées des principales attractions, une présentation de la cuisine et de la culture pakistanaises, ainsi que des conseils pour voyager de manière responsable et respectueuse dans ce pays extraordinaire. Que vous soyez attiré par le trekking dans les montagnes du Karakoram, par la découverte des sites archéologiques de la civilisation de l'Indus, par les marchés colorés de Lahore et de Peshawar, ou simplement par la rencontre avec des populations d'une hospitalité sans égale, le Pakistan a quelque chose à vous offrir.
Il est important de noter que la situation sécuritaire au Pakistan s'est considérablement améliorée au cours des dernières années. Les autorités pakistanaises ont fait d'importants efforts pour développer l'industrie touristique, et des millions de visiteurs étrangers se rendent désormais au Pakistan chaque année sans incident. Comme pour tout voyage, il convient de se renseigner sur les zones à éviter, de respecter les coutumes locales, et de faire preuve de bon sens. Mais pour le voyageur curieux et respectueux, le Pakistan offre une expérience de voyage parmi les plus enrichissantes et les plus mémorables de sa vie.
Géographie et Climat
Le Pakistan couvre une superficie de 881 913 kilomètres carrés, ce qui en fait le 33e plus grand pays du monde. Il partage ses frontières avec l'Afghanistan et l'Iran à l'ouest, avec l'Inde à l'est, et avec la Chine au nord. Au sud, il est bordé par la mer d'Oman et la mer d'Arabie. Cette position géographique extraordinaire, au carrefour de plusieurs grandes civilisations, explique la richesse culturelle et historique exceptionnelle du pays.
La géographie du Pakistan est d'une diversité remarquable. Le nord du pays est dominé par les chaînes de montagnes les plus imposantes du monde : le Karakoram, l'Hindu Kuch et l'Himalaya occidental. C'est dans cette région que se concentrent les plus hauts sommets de la planète, dont le K2 (8 611 mètres), le Nanga Parbat (8 126 mètres), le Gasherbrum I (8 080 mètres), le Broad Peak (8 051 mètres) et le Gasherbrum II (8 035 mètres). Ces montagnes sont séparées par des vallées profondes et spectaculaires, des glaciers gigantesques, et des fleuves impétueux qui descendent vers les plaines.
Au centre du pays s'étendent les plaines du Pendjab, irriguées par les cinq grands fleuves qui ont donné son nom à cette région (Pendjab signifie littéralement "cinq eaux" en persan et en ourdou). Ces plaines sont le grenier à blé du Pakistan, une région agricole fertile et densément peuplée qui abrite les deux plus grandes villes du pays, Lahore et Faisalabad. Plus au sud, dans la province du Sind, le fleuve Indus continue sa course vers la mer d'Arabie, créant le delta de l'Indus, l'un des deltas les plus importants du monde. À l'ouest, la province du Baloutchistan est une vaste région aride et montagneuse, peu peuplée mais riche en ressources naturelles.
Le climat du Pakistan varie considérablement d'une région à l'autre. Dans les plaines du Pendjab et du Sind, les étés sont torrides, avec des températures qui peuvent dépasser 45 degrés Celsius, tandis que les hivers sont doux et agréables. La mousson, qui arrive généralement en juillet et août, apporte des pluies abondantes dans ces régions. Dans le nord montagneux, le climat est beaucoup plus frais, avec des hivers rigoureux et des étés tempérés. La meilleure période pour visiter les hautes montagnes est de juin à septembre, lorsque les cols de montagne sont ouverts. Pour les plaines et les villes du sud, la période d'octobre à mars est la plus agréable.
La région de Khyber Pakhtunkhwa, à l'ouest du Pakistan, est arrosée par les moussons d'été qui créent des paysages verdoyants et des vallées luxuriantes, notamment la vallée de Swat, souvent surnommée "la Suisse de l'Orient". Le Baloutchistan, en revanche, est l'une des régions les plus arides du Pakistan, avec des précipitations très faibles et un paysage de désert et de steppe.
Les grands fleuves du Pakistan jouent un rôle central dans la vie du pays. L'Indus, long de plus de 3 000 kilomètres dont 2 900 en territoire pakistanais, est le fleuve national. Il prend sa source au Tibet, traverse le Karakoram et l'Hindu Kuch, puis coule vers le sud à travers les plaines du Pendjab et du Sind avant de se jeter dans la mer d'Arabie près de Karachi. L'Indus est à l'origine de la civilisation de l'Indus, l'une des plus anciennes civilisations du monde, et il reste aujourd'hui la source d'eau la plus importante du pays.
Lahore — La Capitale Culturelle
Lahore est sans conteste la capitale culturelle du Pakistan. Avec ses 14 millions d'habitants, c'est la deuxième plus grande ville du pays, mais c'est incontestablement la plus riche en histoire, en culture, en architecture et en gastronomie. Les Pakistanais eux-mêmes la désignent souvent comme le coeur culturel de la nation, une ville où l'on ressent encore profondément l'héritage moghol, sikhe et britannique. Lahore est une ville à la fois ancienne et dynamique, où les mosquées centenaires côtoient les boutiques modernes, où les bazars historiques bourdonnent d'activité, et où la scène artistique et culinaire est parmi les plus vibrantes de toute l'Asie du Sud.
Le Fort de Lahore, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1981, est l'un des monuments les plus impressionnants du Pakistan et de toute l'Asie du Sud. Cette citadelle moghole royale, construite sur un site qui a été occupé depuis au moins le 11e siècle, a été progressivement agrandie et embellie par les empereurs moghols successifs. L'enceinte actuelle du fort, qui s'étend sur environ 20 hectares, date principalement du règne d'Akbar le Grand (1556-1605), mais elle comprend aussi des sections construites par ses successeurs Jahangir, Shah Jahan et Aurangzeb. Parmi les structures les plus remarquables du fort, on trouve le Palais des Miroirs (Sheesh Mahal), dont les murs et les plafonds sont recouverts de milliers de petits miroirs qui créent un effet de constellation stellaire, la Mosquée des Perles (Moti Masjid), un chef-d'oeuvre de marbre blanc, et le Pavillon de Diwan-e-Aam, où l'empereur recevait les pétitions du peuple. La Porte de l'Éléphant (Hathi Paon) est l'entrée principale du fort, ornée de magnifiques frises en céramique représentant des éléphants, des motifs floraux et des scènes de la vie à la cour moghole.
Juste en face du Fort de Lahore se dresse la Mosquée Badshahi, l'une des plus grandes mosquées du monde et l'un des monuments les plus emblématiques du Pakistan. Construite par l'empereur moghol Aurangzeb en 1673, elle peut accueillir jusqu'à 100 000 fidèles dans sa cour intérieure. Pendant des siècles, elle a été la plus grande mosquée du monde. Sa façade est ornée de marbre blanc et de grès rouge, et ses quatre minarets s'élèvent à plus de 50 mètres de hauteur. L'intérieur de la mosquée est d'une sobriété et d'une élégance remarquables. La vue depuis le minaret sur l'ensemble du Fort de Lahore et de la ville est absolument saisissante, surtout au coucher du soleil lorsque la lumière dorée baigne l'ensemble des monuments. Le soir, la mosquée est magnifiquement illuminée, ce qui la rend encore plus spectaculaire.
Les Jardins de Shalimar, également inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO conjointement avec le Fort de Lahore, sont un autre joyau moghol de la ville. Ces jardins en terrasses ont été construits par l'empereur Shah Jahan en 1641 et sont considérés comme l'un des plus beaux exemples de l'architecture et de l'art des jardins moghols. Les jardins sont divisés en trois terrasses, chacune avec ses propres bassins, fontaines et pavillons. L'eau, élément central de l'esthétique moghole, est omniprésente : des centaines de fontaines et de canaux créent un effet hypnotique de mouvement et de fraîcheur. Les jardins étaient à l'origine réservés à l'usage exclusif de la famille impériale, et leur conception reflète la vision islamique du paradis terrestre.
Le Musée de Lahore, fondé en 1865, est l'un des plus anciens et des plus importants musées de toute l'Asie du Sud. Sa collection est d'une richesse extraordinaire et couvre des millénaires d'histoire et de culture de la région. La pièce maîtresse du musée est le Bouddha en Jeûne (Fasting Buddha), une sculpture gandharienne du 2e ou 3e siècle de notre ère qui représente le prince Siddhartha Gautama dans un état d'ascèse extrême. Cette oeuvre est considérée comme l'un des chefs-d'oeuvre de l'art bouddhiste mondial. Le musée possède également une collection impressionnante d'art moghol, de peintures miniatures, d'armes historiques, de monnaies anciennes, de poteries et de textiles qui racontent l'histoire de la région depuis la civilisation de l'Indus jusqu'à l'époque contemporaine. Rudyard Kipling, l'auteur du Livre de la Jungle, a évoqué ce musée dans son roman "Kim" sous le nom de "Maison aux Merveilles".
La rue Gastronomique de Gawalmandi est le paradis des gourmands à Lahore. Cette rue animée, qui prend toute sa vie à la tombée de la nuit, est bordée de restaurants et d'étals de street food proposant les meilleures spécialités lahoriennes. C'est ici qu'on trouve le nihari le plus savoureux de la ville, un ragoût de viande mijotée pendant des heures avec des épices, servi avec du pain naan frais. C'est aussi l'endroit idéal pour déguster le paye (pattes de veau mijotées), le haleem (bouillie de viande et de lentilles), et les différentes variétés de karahi (viande ou crevettes cuites dans une casserole en fonte avec tomates et épices). L'atmosphère de Gawalmandi le soir est électrique, avec des familles entières attablées, des marchands ambulants, des lumières colorées et l'omniprésence des odeurs de grillades et d'épices.
Le Bazar Anarkali est le plus ancien bazar de Lahore et l'un des plus vieux marchés encore en activité de toute l'Asie du Sud. Son nom fait référence à Anarkali, une danseuse légendaire de la cour moghole dont le nom signifie "bourgeon de grenade" et dont l'histoire d'amour tragique avec le prince Salim (futur empereur Jahangir) est au coeur de nombreuses histoires, films et chansons. Le bazar est un labyrinthe de ruelles étroites et de boutiques proposant des textiles, des vêtements, des bijoux, des épices, des chaussures, des livres anciens et une infinité d'autres marchandises. S'y perdre est une expérience en soi, et les rencontres avec les commerçants sont invariablement chaleureuses et mémorables.
La Ville Fortifiée de Lahore, également connue sous le nom de Walled City ou vieille ville de Lahore, est l'un des quartiers historiques les plus fascinants et les mieux préservés de toute l'Asie du Sud. Enceinte par des remparts datant de l'époque moghole, la vieille ville est un dédale de ruelles étroites, de maisons en bois sculpté, de mosquées, de temples hindous et de cours intérieures cachées. Se promener dans ses rues, c'est faire un voyage dans le temps, jusqu'à l'époque moghole et même au-delà. Des projets de rénovation en cours visent à préserver ce patrimoine inestimable tout en améliorant les conditions de vie des habitants.
Le Minar-e-Pakistan est une tour monumentale de 60 mètres de hauteur construite à l'endroit exact où, le 23 mars 1940, la Ligue musulmane adopta la Résolution de Lahore, qui demandait la création d'États indépendants pour les musulmans de l'Inde britannique. Ce monument, achevé en 1968, est considéré comme le symbole de la naissance du Pakistan. Il est situé dans un grand parc, le Iqbal Park, qui est l'un des espaces verts les plus importants de Lahore. Du sommet de la tour, on bénéficie d'une vue panoramique sur la ville. Le site est particulièrement animé lors de la Journée du Pakistan, le 23 mars, lorsque des milliers de Pakistanais s'y rassemblent pour commémorer cet événement historique.
Data Darbar est le plus grand sanctuaire soufi du Pakistan et l'un des plus importants du monde islamique. Dédié à Hazrat Ali Hujwiri, un saint soufi du 11e siècle plus connu sous le nom de Data Ganj Bakhsh ("Celui qui accorde des dons"), le sanctuaire attire des millions de pèlerins chaque année, toutes confessions confondues. L'atmosphère autour du sanctuaire est unique : des fakirs (ascètes religieux), des musiciens jouant de la musique qawwali, des vendeurs de fleurs et d'encens, et des pèlerins en prière créent un tableau vivant de la spiritualité soufie. Le jeudi soir, des séances de qawwali (musique dévotionnelle soufie) ont lieu autour du sanctuaire, créant une ambiance mystique inoubliable.
La Cérémonie du Drapeau de Wagah est l'un des spectacles les plus insolites et les plus spectaculaires que le Pakistan puisse offrir. Chaque soir au coucher du soleil, à la frontière indo-pakistanaise de Wagah (à environ 30 kilomètres à l'est de Lahore), des soldats pakistanais et indiens procèdent à une cérémonie d'abaissement simultané des drapeaux nationaux. Cette cérémonie militaire, avec ses gardes aux uniformes impeccables exécutant des mouvements synchronisés et des coups de pied exagérément hauts, est à la fois solennelle et spectaculaire. Des milliers de spectateurs, côté pakistanais comme côté indien, assistent à cette cérémonie quotidienne dans une atmosphère de fête nationaliste. C'est une expérience unique, qui illustre de manière saisissante la relation complexe entre les deux pays voisins.
Islamabad et Rawalpindi
Islamabad, la capitale fédérale du Pakistan, est une ville unique en son genre. Conçue de toutes pièces au début des années 1960 pour remplacer Karachi comme capitale du pays, Islamabad est l'une des rares capitales planifiées du monde. Son urbanisme moderne, ses larges avenues arborées, ses quartiers résidentiels verdoyants et son environnement montagneux en font une ville agréable à vivre et à visiter, même si elle manque parfois de la fièvre et du charme chaotique des vieilles villes pakistanaises. Nichée au pied des collines Margalla, avec une altitude d'environ 500 mètres, Islamabad bénéficie d'un climat plus doux et moins extrême que les villes des plaines.
La Mosquée Faisal est le monument le plus emblématique d'Islamabad et l'un des chefs-d'oeuvre de l'architecture islamique contemporaine. Construite entre 1976 et 1986 grâce à un don du roi Faisal d'Arabie Saoudite (dont elle porte le nom), cette mosquée est l'oeuvre de l'architecte turc Vedat Dalokay. Sa forme est radicalement différente de celle des mosquées traditionnelles : au lieu d'une coupole centrale, elle est surmontée d'une tente en béton de forme triangulaire, inspirée des tentes de nomades bédouins. Quatre minarets effilés de 90 mètres encadrent cette structure centrale, créant une silhouette immédiatement reconnaissable. La mosquée peut accueillir plus de 100 000 fidèles dans son enceinte et ses cours extérieures, ce qui en fait l'une des plus grandes mosquées du monde. L'intérieur est d'une simplicité et d'une élégance remarquables, orné de mosaïques et de calligraphies islamiques. La mosquée est visible depuis de nombreux points de la ville, notamment depuis les collines Margalla, où elle se découpe sur le fond vert des collines comme un diamant blanc.
Les Collines Margalla forment le contrefort de l'Himalaya qui borde Islamabad au nord. Ces collines, couvertes de forêts denses, font partie du Parc National de Margalla Hills et constituent le poumon vert de la capitale. Des sentiers de randonnée traversent les collines, offrant des vues magnifiques sur la ville et, par temps clair, sur les sommets enneigés de l'Himalaya au loin. La faune des collines Margalla comprend des léopards (rarement aperçus), des sangliers, des singes rhésus, des cobras et une grande variété d'oiseaux. Le sentier le plus populaire est le sentier 3, qui mène au sommet du Pir Sohawa, où se trouve un restaurant offrant une vue panoramique exceptionnelle sur Islamabad. Les couchers de soleil vus depuis les collines Margalla sont parmi les plus beaux de toute la région.
Le Musée Lok Virsa, situé dans les jardins de Shakarparian à Islamabad, est le musée national du patrimoine et de la culture du Pakistan. Sa collection présente les traditions artisanales, musicales et culturelles des différentes provinces et régions du Pakistan, des plaines du Pendjab aux vallées du Karakoram en passant par les déserts du Baloutchistan. Le musée possède des instruments de musique traditionnels, des costumes régionaux, des bijoux, des artefacts artisanaux, et une collection d'archives sonores et audiovisuelles documentant les traditions folkloriques du pays. Le centre de documentation du musée est une ressource précieuse pour les chercheurs intéressés par la culture populaire pakistanaise. Le musée organise également régulièrement des festivals culturels, des expositions et des performances musicales qui donnent vie aux traditions qu'il s'emploie à préserver.
Le Monument du Pakistan, situé sur la Colline de Shakarparian, est l'un des symboles de la capitale fédérale. Ce monument en forme de pétale de fleur ouvert, inauguré en 2007, représente les quatre provinces du Pakistan (Pendjab, Sind, Baloutchistan, Khyber Pakhtunkhwa) ainsi que les régions autonomes du pays. Les pétales extérieurs représentent les différentes cultures et civilisations qui ont façonné le Pakistan. La tour centrale du monument offre une vue panoramique sur Islamabad. Un musée intégré au monument retrace l'histoire du Pakistan depuis la civilisation de l'Indus jusqu'à l'indépendance et au-delà. Le monument est particulièrement beau la nuit, lorsqu'il est illuminé et se reflète dans les bassins qui l'entourent.
Rawalpindi, la ville jumelle d'Islamabad, est une cité bien plus ancienne et bien plus animée que la capitale planifiée. Elle a longtemps été le siège du commandement militaire du Pakistan et reste un centre commercial et industriel important. Le Bazar Raja de Rawalpindi est l'un des plus grands et des plus animés marchés de toute la région. On y trouve absolument tout : des épices aux téléphones portables, en passant par des bijoux, des vêtements, des ustensiles de cuisine et des articles électroniques. Se perdre dans ses ruelles bondées est une expérience sensorielle intense, avec des couleurs, des odeurs et des sons qui se mêlent en un tableau de la vie urbaine pakistanaise.
Le Musée de Taxila, situé à environ 35 kilomètres au nord-ouest d'Islamabad, est une excellente introduction à la civilisation gandharienne et à l'histoire ancienne de la région. Sa collection comprend des sculptures bouddhistes, des pièces de monnaie grecques, persanes et indiennes, des bijoux, des poteries et des artefacts de la civilisation de l'Indus. Le musée est le point de départ idéal pour la visite des sites archéologiques de Taxila.
Murree, à environ 50 kilomètres au nord-est d'Islamabad, est la station de montagne la plus proche de la capitale et l'une des plus fréquentées du Pakistan, surtout en été lorsque les familles fuient la chaleur des plaines. À une altitude de 2 291 mètres, Murree bénéficie d'un climat frais et agréable en été. La ville a été fondée par les Britanniques comme lieu de villégiature pour les soldats et les fonctionnaires coloniaux, et son architecture conserve encore quelques traces de ce passé colonial. En hiver, Murree reçoit de la neige et attire les familles pakistanaises qui viennent profiter de ce spectacle inhabituel pour les habitants des plaines.
Taxila et la Civilisation Gandara
Taxila est l'un des sites archéologiques les plus importants de toute l'Asie et l'un des joyaux du patrimoine mondial de l'humanité. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980, Taxila est une ville ancienne au carrefour de trois grandes routes commerciales et culturelles de l'Antiquité : la Route de la Soie, la Route de la Mer et la Route de Khorasan. Sa position géographique en a fait pendant des siècles un lieu de rencontre entre les civilisations grecque, persane, indienne, scythe, parthe et kouchane. Cette confluence extraordinaire de cultures a donné naissance à l'art gandharien, l'un des styles artistiques les plus originaux et les plus influents de l'histoire de l'humanité.
L'histoire de Taxila s'étend sur plus de mille ans, des premiers établissements néolithiques (6e millénaire avant J.-C.) jusqu'à l'invasion des Huns blancs au 5e siècle de notre ère. La ville a atteint son apogée sous les dynasties achéménide, Alexandre le Grand et ses successeurs grecs, les Mauryas, les Parthes, les Sakas et les Kouchans. Chacune de ces dynasties a laissé des traces dans l'architecture, l'art et la culture de la région. Ce sont ces couches successives d'histoire qui font de Taxila l'un des sites archéologiques les plus riches et les plus complexes du monde.
Alexandre le Grand passa par Taxila en 326 avant J.-C. lors de sa campagne dans l'Inde du nord-ouest. Il y fut accueilli par le roi Ambhi (Omphis), qui lui offrit sa soumission en échange d'une alliance contre son ennemi le roi Porus. Ce passage d'Alexandre à Taxila est l'un des événements les mieux documentés de l'histoire ancienne de la région. Les troupes d'Alexandre séjournèrent à Taxila pendant plusieurs mois, ce qui donna lieu à des échanges culturels et intellectuels intenses entre les Grecs et les Indiens. Certains philosophes grecs auraient rencontré des gymnosophistes (sages nus hindous) à Taxila. La présence grecque dans la région après Alexandre, sous la forme du royaume gréco-bactrien et du royaume indo-grec, allait durer plusieurs siècles et laisser une empreinte profonde sur l'art local.
Sirkap est la deuxième ville de Taxila, construite par les rois grecs au 2e siècle avant J.-C. sur un plan urbain hippodamien (c'est-à-dire en damier), caractéristique des villes hellénistiques. Ses rues sont tracées à angle droit, avec une avenue principale (decumanus) et des rues secondaires qui lui sont perpendiculaires. Les fouilles de Sirkap ont mis au jour les restes de nombreuses structures remarquables, dont le stupa à double aigle, un monument bouddhiste orné de bas-reliefs d'une grande finesse mélangeant les styles indien et grec. Le palais royal de Sirkap, bien que mal conservé, témoigne du raffinement de l'architecture royale de l'époque. Les rues de Sirkap sont parsemées d'apsides, des niches semi-circulaires caractéristiques de l'architecture grecque adaptée aux besoins du bouddhisme local.
Le stupa Dharmarajika est l'un des plus anciens stupas bouddhistes de la région et l'un des monuments les plus impressionnants de Taxila. Construit à l'origine au 3e siècle avant J.-C., probablement sous le règne de l'empereur Ashoka (qui avait placé des reliques du Bouddha dans de nombreux stupas à travers son empire), il a été agrandi et embelli au fil des siècles. Le stupa est entouré d'une série de petits stupas votifs, de monastères et de chapelles qui constituaient un vaste complexe religieux. Les fouilles ont révélé de nombreux artefacts bouddhistes, dont des reliquaires, des bijoux, des monnaies et des sculptures. La stupa Dharmarajika est un lieu de pèlerinage pour les bouddhistes du monde entier et un site de réflexion pour quiconque s'intéresse à l'histoire du bouddhisme.
Le Monastère Jaulian est le site le mieux conservé de Taxila. Datant du 2e siècle de notre ère, il comprend deux cours principales : la cour inférieure avec son stupa central entouré de stupas votifs décorés de figures du Bouddha et de Bodhisattvas en haut-relief, et la cour supérieure avec les cellules des moines, la salle de méditation et la cuisine. Les sculptures de Jaulian sont parmi les plus belles de l'art gandharien : on y voit le Bouddha représenté sous forme humaine, une innovation artistique majeure, mais aussi des images de Hariti (déesse de la protection des enfants) et de Vajrapani (protecteur du Bouddha aux traits d'Héraclès grec). L'état de conservation de Jaulian est remarquable, et les visiteurs peuvent encore voir les détails des plâtres peints et des sculptures.
L'art Gandharien représente l'une des fusions culturelles les plus remarquables de l'histoire de l'art. Il est né à Taxila et dans les régions environnantes (notamment l'actuelle province de Khyber Pakhtunkhwa) entre le 1er siècle avant J.-C. et le 5e siècle de notre ère, sous l'influence combinée des traditions artistiques grecque, persane, indienne et buddhiste. L'innovation la plus importante de l'art gandharien est la représentation du Bouddha sous forme humaine. Auparavant, le Bouddha n'était représenté que par des symboles (l'empreinte de son pied, un trône vide, un parasol, etc.). Ce sont les sculpteurs gandhariens, probablement influencés par les représentations anthropomorphiques grecques des dieux, qui ont créé les premières images humaines du Bouddha. Ces représentations, avec leurs traits helléno-indiens caractéristiques (drapés à la grecque, bouclettes de cheveux rappelant Apollon, mais posture et gestes bouddhistes), ont eu une influence considérable sur l'art bouddhiste de toute l'Asie, jusqu'en Chine, au Japon et en Corée.
L'Empire Kushan, qui domina la région du 1er au 3e siècle de notre ère, fut le grand mécène de l'art gandharien. Les empereurs kouchans, bien que d'origine étrangère (ils venaient probablement d'Asie centrale), embrassèrent le bouddhisme et construisirent d'innombrables monastères, stupas et sanctuaires dans la région de Taxila. C'est sous leur règne que l'art gandharien atteignit son apogée. Le roi kushan Kanishka (qui régna au 2e siècle de notre ère) est particulièrement célèbre pour son soutien au bouddhisme et pour la construction du grand stupa de Kanishka, considéré comme l'un des plus grands édifices religieux de l'Antiquité.
Le Karakoram — Le Toit du Monde
La région du Karakoram, dans le nord du Pakistan, est l'un des paysages les plus spectaculaires de la planète. Nulle part ailleurs sur Terre on ne trouve une telle concentration de hautes montagnes, de glaciers gigantesques, de vallées profondes et de paysages à couper le souffle. C'est ici que se dressent cinq des quatorze sommets de plus de 8 000 mètres du monde, dont le K2, la deuxième plus haute montagne de la Terre. C'est ici aussi que se trouve le glacier Baltoro, l'un des plus longs glaciers en dehors des régions polaires. Et c'est ici que la vallée de Hunza, avec son lac d'un bleu turquoise éclatant et ses villages perchés sur des falaises vertigineuses, offre une beauté si parfaite qu'elle semble irréelle.
La Route du Karakoram (Karakoram Highway, KKH), qui relie Islamabad à la frontière chinoise au col de Khunjerab, est l'une des routes les plus spectaculaires du monde. Longue de plus de 1 300 kilomètres, elle suit l'ancienne Route de la Soie à travers certains des paysages les plus grandioses de la planète. Elle a été construite conjointement par le Pakistan et la Chine entre 1959 et 1978, et son histoire de construction est elle-même épique : des milliers d'ouvriers pakistanais et chinois ont travaillé pendant vingt ans dans des conditions extrêmes pour percer cette route à travers les montagnes. Aujourd'hui, la KKH est non seulement une route commerciale vitale entre le Pakistan et la Chine, mais aussi l'une des routes touristiques les plus prisées d'Asie. Rouler sur la KKH, c'est traverser des paysages qui changent à chaque virage : des gorges vertigineuses où l'Indus et le Hunza bouillonnent dans leurs lits de rochers, des villages accrochés à des falaises, des vergers de pêchers et d'abricotiers, des déserts de pierres et de sable, et enfin, les cimes enneigées du Karakoram.
Le K2, avec ses 8 611 mètres, est la deuxième plus haute montagne du monde, mais pour beaucoup d'alpinistes, c'est la plus grande. Son surnom, "La Montagne Sauvage", traduit bien sa réputation de montagne la plus difficile et la plus dangereuse du monde. Son taux de mortalité parmi les alpinistes qui tentent son ascension est environ quatre fois supérieur à celui de l'Everest. Le K2 a été gravi pour la première fois en 1954 par les Italiens Achille Compagnoni et Lino Lacedelli. Depuis lors, seuls quelques centaines d'alpinistes ont réussi à atteindre son sommet, et plusieurs dizaines y ont laissé leur vie. Pour les randonneurs qui ne se lancent pas dans l'alpinisme de haute altitude, le trek au camp de base du K2 (camp de base 1, à environ 5 000 mètres d'altitude) offre une expérience d'une beauté et d'une intensité incomparables.
Concordia, à la confluence des glaciers Baltoro et Godwin-Austen, est l'un des endroits les plus spectaculaires de la Terre. Surnommée "la Salle du Trône des Dieux des Montagnes", cette confluence glaciaire offre une vue circulaire à 360 degrés sur quatre des cinq sommets de plus de 8 000 mètres du Pakistan : le K2, le Broad Peak, le Gasherbrum I et le Gasherbrum II. Aucun autre endroit sur Terre n'offre une telle concentration de géants. Pour les randonneurs qui réussissent à atteindre Concordia (un trek de 8 à 10 jours depuis Skardu), la vue récompense amplement les efforts de l'ascension.
Le glacier Baltoro, long de 63 kilomètres, est l'un des plus grands glaciers en dehors des zones polaires. Il descend des flancs du K2 et de ses voisins pour former un immense fleuve de glace qui chemine lentement vers la vallée de Shigar. Marcher sur le glacier Baltoro est une expérience inoubliable : la glace prend des teintes de bleu, de vert et de blanc, parsemée de moraines rocheuses et de séracs (piliers de glace). Le glacier est également parsemé de mares d'eau de fonte d'un bleu turquoise intense.
La Vallée de Hunza, souvent décrite comme l'un des endroits les plus beaux du monde, est une longue vallée creusée par la rivière Hunza entre les massifs du Karakoram et du Hindu Kuch. Sa capitale traditionnelle, Karimabad, est un village perché sur un éperon rocheux dominant la rivière, avec le Fort Baltit qui se dresse au-dessus. Le Fort Baltit, construit il y a environ 700 ans et récemment restauré, fut pendant des siècles la résidence des Mirs (princes) de Hunza. Son architecture, mélange d'influences tibétaine, balti et locale, est unique en son genre. À côté, le Fort Altit est encore plus ancien, vieux d'environ 900 ans, et ses salles austères racontent l'histoire du royaume médiéval de Hunza. La vallée de Hunza est célèbre pour ses abricotiers, qui fleurissent au printemps (fin mars-début avril) et couvrent les pentes de nuages de fleurs roses et blanches. Les abricots séchés de Hunza sont une spécialité régionale très appréciée et constituent une importante source de revenus pour les habitants.
Le Lac Attabad est né d'une catastrophe naturelle en 2010, lorsqu'un glissement de terrain gigantesque bloquez le cours de la rivière Hunza, créant un lac artificiel d'une longueur de plus de 20 kilomètres. Ce qui a commencé comme une catastrophe pour les habitants de la région (plusieurs villages ont été engloutis, des milliers de personnes déplacées, et la KKH coupée pendant plusieurs années) est devenu l'une des attractions touristiques les plus spectaculaires de la vallée de Hunza. Les eaux du lac sont d'un bleu turquoise d'une intensité remarquable, surtout en été lorsque la fonte des glaciers en amont alimente le lac en eaux chargées de fines particules minérales qui donnent cette couleur caractéristique. Des bateaux traversent le lac, permettant aux voyageurs de contourner la partie de la KKH qui est toujours sous les eaux.
Le Col de Khunjerab, à 4 693 mètres d'altitude, est le plus haut col routier pavimenté du monde et le point de passage frontalier entre le Pakistan et la Chine. Situé à l'extrémité nord de la vallée de Hunza, il fait partie du Parc National de Khunjerab, qui abrite notamment le léopard des neiges, le yak et le bouquetin de Sibérie (Marco Polo). Traverser le col de Khunjerab est une expérience à la fois physique (l'altitude peut provoquer des maux de tête et un essoufflement) et émotionnelle : on se retrouve sur "le toit du monde", entouré de paysages himalayens d'une beauté et d'une sauvagerie absolues. En hiver, le col est fermé en raison des neiges abondantes.
Skardu est la capitale administrative du Gilgit-Baltistan et la principale porte d'entrée vers les grands treks du Karakoram. Cette petite ville, située dans une large vallée à environ 2 500 mètres d'altitude, est entourée de falaises de granit et de sable, ce qui lui donne un aspect de paysage de lune. Elle est le point de départ des treks vers le camp de base du K2, Concordia, et d'autres destinations du Karakoram. Le Fort de Skardu (Kharpocho Fort), un fort du 16e siècle perché sur un rocher au-dessus de la ville, offre des vues panoramiques sur la ville et la vallée. Le lac Kachura (Lower Kachura Lake), à quelques kilomètres de Skardu, est un lac d'une beauté tranquille entouré de pins et de peupliers, très apprécié des voyageurs qui souhaitent se détendre après un trek intense.
Les Prairies des Fées (Fairy Meadows) sont l'un des sites naturels les plus spectaculaires du Pakistan. Situées à la base du Nanga Parbat (8 126 mètres), le neuvième plus haut sommet du monde et l'un des plus meurtriers, les Prairies des Fées sont un plateau verdoyant d'une beauté idyllique, entouré de forêts de pins et dominé par la face Rupal du Nanga Parbat, l'une des parois de montagne les plus hautes et les plus imposantes du monde. Pour atteindre les Prairies des Fées, il faut d'abord rejoindre le village de Raikot (accessible depuis la KKH), puis monter à pied ou à cheval pendant environ 3-4 heures. Le camp de base du Nanga Parbat est à environ 3 à 4 heures de marche supplémentaires. La vue sur le Nanga Parbat depuis les Prairies des Fées, surtout au lever du soleil ou au coucher du soleil lorsque la montagne est baignée de lumières roses et orangées, est d'une beauté bouleversante.
Khyber Pakhtunkhwa et la Vallée de Swat
La province de Khyber Pakhtunkhwa (KPK), anciennement connue sous le nom de Province de la Frontière du Nord-Ouest, est l'une des régions les plus fascinantes et les plus complexes du Pakistan. Patrie des Pachtounes, un peuple fier et guerrier avec un code d'honneur ancestral (le Pashtunwali), la KPK est une terre de contrastes saisissants : des vallées verdoyantes et fertiles côtoient des passes de montagne vertigineuses, des bazars animés et colorés, et des sites archéologiques d'une importance mondiale. La KPK a longtemps été au coeur des nouvelles internationales pour des raisons de sécurité, mais la situation s'est considérablement améliorée ces dernières années, et de nombreuses régions de la province sont désormais ouvertes et sûres pour le tourisme.
La Vallée de Swat, souvent surnommée "la Suisse de l'Orient" en raison de ses paysages verdoyants et de ses rivières d'eau claire, est l'une des plus belles vallées du Pakistan. Longue d'environ 160 kilomètres et large d'une dizaine de kilomètres, la vallée est traversée par la rivière Swat, un torrent d'eaux vertes et bleues qui descend des sommets de l'Hindu Kuch. Les pentes qui l'encadrent sont couvertes de forêts de déodars (cèdres de l'Himalaya), de prairies alpines et de villages pittoresques. La vallée de Swat est également un trésor du patrimoine bouddhiste : des centaines de sites bouddhistes, notamment des stupas, des monastères et des sculptures rupestres, témoignent d'une époque où la vallée était au coeur du monde bouddhiste. Le Musée de Swat, à Saidu Sharif (la capitale administrative de la vallée), possède une remarquable collection d'art gandharien. Mingora, la principale ville commerciale de la vallée, est un bon point de départ pour explorer les environs.
Les Vallées Kalash, dans le district de Chitral au nord-ouest du KPK, abritent l'une des communautés les plus uniques et les plus énigmatiques du Pakistan. Les Kalash, qui se comptent environ 4 000 à 5 000 personnes, sont une minorité ethnico-religieuse dont les origines font l'objet de nombreuses théories — certains prétendent qu'ils seraient des descendants des soldats d'Alexandre le Grand. Les Kalash pratiquent une religion polythéiste et animiste unique, vénèrent leurs propres dieux et déesses, et ont conservé des traditions culturelles qui les distinguent radicalement de leurs voisins musulmans. Leur tenue vestimentaire est particulièrement colorée : les femmes portent des robes noires ornées de broderies multicolores et de coiffes chargées de coquillages, de boutons et de rubans. Les hommes portent des vêtements plus sobres mais portent également des coiffes caractéristiques. Les trois vallées habitées par les Kalash — Birir, Bumburet et Rumbur — sont accessibles depuis Chitral. Les visiteurs sont les bienvenus lors des festivals saisonniers, notamment Chilam Joshi (printemps), Uchal (été) et Chaomos (solstice d'hiver), mais il est important d'observer les coutumes locales et d'éviter toute intrusion dans les zones sacrées.
Le Fort de Chitral, ancien siège des rois de Chitral, est un grand complexe fortifié au bord de la rivière Chitral. Bien qu'il n'ait pas la splendeur des forts moghols de Lahore ou d'Agra, il a une grande importance historique pour la région. C'est dans ce fort qu'eut lieu, en 1895, le Siège de Chitral, l'un des épisodes les plus célèbres du Grand Jeu (la rivalité anglo-russe pour le contrôle de l'Asie centrale). Une petite garnison britannique et ses alliés chitralis résistèrent pendant 46 jours à un siège avant d'être secourus par une expédition de secours britannique.
Peshawar, la capitale de la province de Khyber Pakhtunkhwa, est l'une des villes les plus anciennes du Pakistan et l'une des plus anciennes du monde. Fondée il y a plus de 2 500 ans, elle a été pendant des siècles le carrefour entre le sous-continent indien, l'Asie centrale et le Moyen-Orient. Le Bazar Qissa Khwani, dont le nom signifie "le bazar des conteurs d'histoires", est le coeur vibrant de la vieille Peshawar. Dans ce bazar, qui a peu changé depuis des siècles, des boutiques de toutes sortes s'entassent dans des ruelles étroites : des vendeurs d'épices, de fruits secs, de textiles, d'armes, de bijoux et d'antiquités. Les caravaniers qui se reposaient ici après avoir traversé le Col de Khyber se racontaient des histoires de leurs voyages, d'où le nom du bazar. Aujourd'hui, le bazar est toujours animé, et ses restaurants proposent certaines des meilleures spécialités culinaires pachtounes du pays, notamment le chapli kebab, une galette de viande hachée épicée et grillée.
Le Musée de Peshawar possède l'une des plus belles collections d'art gandharien du monde. Ses galeries présentent des sculptures bouddhistes d'une beauté et d'une finesse remarquables, notamment des représentations du Bouddha, de Bodhisattvas et de scènes de la vie du Bouddha. La collection de monnaies du musée est également remarquable, illustrant les nombreuses dynasties qui se sont succédé dans la région.
Le Col de Khyber est l'un des passes de montagne les plus célèbres de l'histoire mondiale. Large d'environ 50 kilomètres et atteignant une altitude maximale de 1 070 mètres, ce col relie Peshawar à Jalalabad en Afghanistan. Il a été emprunté par d'innombrables conquérants au fil des millénaires : les Perses, Alexandre le Grand, les Kouchans, les Huns blancs, Mahmoud de Ghazni, Timur le Boiteux, les Moghols et les Britanniques ont tous franchi ce col légendaire. La vue depuis le col sur les montagnes environnantes et sur la passe elle-même est impressionnante. Aujourd'hui, le col est fermé aux étrangers sans permission spéciale, mais des excursions organisées depuis Peshawar permettent d'y accéder avec un laissez-passer militaire.
Le Monastère Bouddhiste de Takht-i-Bahi, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980, est le site bouddhiste le mieux conservé du Pakistan et l'un des plus impressionnants de toute l'Asie du Sud. Situé sur une colline à environ 80 kilomètres au nord de Peshawar, il date du 1er siècle avant J.-C. et a été occupé jusqu'au 7e siècle de notre ère. Le complexe comprend une cour principale avec plusieurs stupas, une cour des stupas votifs, un hall de l'assemblée et un ensemble de cellules monastiques. La position du monastère sur une colline isolée et ventée lui confère une atmosphère de sérénité et d'isolement saisissante. La vue depuis le sommet du site sur la plaine en contrebas est magnifique.
Le Sindh et Karachi
Le Sindh est la province la plus méridionale du Pakistan et l'une des plus riches en histoire et en patrimoine culturel. C'est ici, dans la vallée de l'Indus, que s'est développée l'une des plus anciennes civilisations du monde, la civilisation de l'Indus ou civilisation Harappéenne. Le Sindh abrite aujourd'hui Karachi, la plus grande ville du Pakistan et l'un des centres urbains les plus peuplés du monde, mais aussi des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO d'une importance extraordinaire.
Karachi, avec ses 16 à 20 millions d'habitants (le chiffre exact est sujet à débat), est non seulement la plus grande ville du Pakistan mais aussi la capitale économique et financière du pays. C'est une mégapole cosmopolite et chaotique, un melting-pot de cultures, de langues et de communautés qui représente en miniature la diversité extraordinaire du Pakistan. La ville a été fondée par les Britanniques en 1839 comme port stratégique et elle est devenue la première capitale du Pakistan au moment de l'indépendance en 1947, avant d'être remplacée par Islamabad dans les années 1960. Malgré son manque de monuments historiques au sens classique du terme (comparée à Lahore ou à Peshawar, c'est une ville relativement récente), Karachi possède une énergie et une vitalité uniques. Sa scène gastronomique est parmi les meilleures du Pakistan, avec une infinité de restaurants proposant les cuisines de toutes les régions du pays. Le bun kabab de Karachi, un sandwich de rue consistant en une galette de légumineuses épicées (ou de viande) dans un pain mou avec des chutneys, est l'un des street foods les plus célèbres du Pakistan.
Les Tombeaux de Chaukhandi, situés à environ 29 kilomètres à l'est de Karachi sur la route de l'aéroport, sont un vaste cimetière médiéval dont les pierres tombales sculptées constituent une oeuvre d'art collective d'une grande beauté. Ces tombeaux, qui datent du 15e au 18e siècle et appartiennent principalement à des guerriers baloutches et sindhi, sont ornés de sculptures géométriques et florales d'une finesse exceptionnelle. Ils constituent l'un des exemples les plus remarquables de l'art funéraire islamique en Asie du Sud.
La Nécropole de Makli, près de Thatta à environ 98 kilomètres à l'est de Karachi, est l'un des plus grands cimetières islamiques du monde et un site du patrimoine mondial de l'UNESCO. Couvrant une superficie d'environ 10 kilomètres carrés, elle abrite les tombeaux de sultans, gouverneurs, saints, philosophes et poètes qui ont gouverné et vécu dans la région du Sindh depuis le 14e siècle. Les mausolées de Makli sont d'une grande variété architecturale, allant des simples stèles en grès aux grands complexes funéraires ornés de carreaux de faïence bleue et de calligraphies. Le tombeau de Jam Nizamuddin et le tombeau d'Isa Khan Tarkhan II sont parmi les plus remarquables. L'atmosphère de Makli, avec ses centaines de milliers de tombeaux qui s'étendent à perte de vue dans le paysage désertique, est à la fois solennelle et émouvante.
Mohenjo-daro, dont le nom signifie "Colline des Morts" en langue sindhi, est l'un des sites archéologiques les plus importants du monde et une fenêtre ouverte sur l'une des premières civilisations urbaines de l'humanité. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980, le site est situé sur la rive droite de l'Indus, à environ 510 kilomètres au nord de Karachi. La ville a été fondée vers 2600 avant J.-C. et a été habitée jusqu'à environ 1900 avant J.-C., atteignant son apogée vers 2000 avant J.-C. À son apogée, Mohenjo-daro était l'une des plus grandes villes du monde antique, avec une population estimée entre 40 000 et 100 000 habitants.
La Mosquée Shah Jahan de Thatta, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981, est l'une des plus belles mosquées du Sindh et l'un des chefs-d'oeuvre de l'architecture islamique du sous-continent indien. Construite en 1647 par l'empereur moghol Shah Jahan (le même qui construisit le Taj Mahal) pour remercier les habitants de Thatta de l'accueil chaleureux qu'ils lui avaient réservé lors de son exil au Sindh, la mosquée est ornée de magnifiques carreaux de faïence bleue qui la distinguent des autres mosquées de la région. Sa technique acoustique est particulièrement remarquable : la voix d'un prédicateur prononcant l'appel à la prière dans le mirhab est amplifiée et transmise à l'ensemble de la salle par un système de 93 coupoles creuses.
La Civilisation de L'indus
La civilisation de l'Indus, également connue sous le nom de civilisation Harappéenne, est l'une des trois premières grandes civilisations urbaines de l'histoire de l'humanité, aux côtés de celles de la Mésopotamie (actuel Irak) et de l'Égypte ancienne. Elle s'est développée dans la vallée de l'Indus (principalement dans l'actuel Pakistan, mais aussi dans une partie du nord-ouest de l'Inde) entre environ 3300 et 1300 avant J.-C., avec son apogée entre 2600 et 1900 avant J.-C. À son apogée, la civilisation de l'Indus s'étendait sur une superficie d'environ 1,25 million de kilomètres carrés, ce qui en faisait la plus grande des trois premières civilisations par la superficie. On estime que sa population atteignait 5 millions de personnes à son apogée.
Ce qui distingue la civilisation Harappéenne de ses contemporaines est son niveau remarquablement avancé d'urbanisme et d'organisation sociale. Les villes harappéennes, comme Mohenjo-daro et Harappa (cette dernière située dans l'actuel Pendjab pakistanais), étaient planifiées selon un plan en damier, avec des rues larges et droites qui se croisent à angle droit. Les maisons étaient construites en briques cuites (une technologie avancée pour l'époque) et comportaient généralement plusieurs pièces, une cour intérieure et une connexion au système d'égouts de la ville. C'est là que réside peut-être la réalisation la plus extraordinaire de la civilisation Harappéenne : son système d'assainissement. Les villes harappéennes possédaient un système d'égouts souterrain qui drainait les eaux usées de chaque maison vers des canaux principaux, puis vers des drains extérieurs à la ville. Ce système d'assainissement urbain est le premier du genre dans l'histoire de l'humanité et n'a pas été égalé dans d'autres parties du monde avant des millénaires.
L'écriture de l'Indus est l'un des grands mystères de l'histoire. Des milliers de sceaux gravés de signes d'une écriture unique ont été découverts sur les sites harappéens. Mais malgré des décennies d'efforts, personne n'est encore parvenu à déchiffrer cette écriture. On ne sait donc pas quelle langue parlaient les Harappéens, quels étaient leurs croyances religieuses ou leur organisation politique. Le nombre de signes (environ 400) suggère une écriture logosyllabique (mêlant des signes représentant des mots entiers et des signes représentant des sons), mais au-delà de cela, l'écriture de l'Indus reste muette pour les chercheurs modernes. Son déchiffrement serait l'une des plus grandes découvertes de l'archéologie et de la linguistique.
Les poids et mesures standardisés de la civilisation de l'Indus témoignent d'un degré remarquable d'organisation économique et commerciale. Des poids en pierre cubiques de forme régulière ont été découverts sur de nombreux sites harappéens, et ils semblent tous respecter un système de mesure standardisé, ce qui suggère l'existence d'un commerce régulé à l'échelle de la civilisation. Des sceaux harappéens ont également été découverts en Mésopotamie et des sceaux mésopotamiens sur des sites harappéens, prouvant l'existence de contacts commerciaux entre les deux civilisations.
Le déclin de la civilisation de l'Indus, vers 1900 avant J.-C., reste l'un des mystères de l'histoire ancienne. Les théories sont nombreuses : changement climatique, dessèchement de la rivière Saraswati, épidémies, invasions d'Indo-Européens (les fameux "Aryens"), ou une combinaison de ces facteurs. Ce qui est sûr, c'est que les grandes villes harappéennes ont été progressivement abandonnées, que la qualité de l'artisanat et de l'urbanisme a décliné, et que la civilisation a finalement disparu ou s'est transformée en cultures régionales plus petites. Les recherches archéologiques récentes ont mis en cause la théorie de l'invasion aryenne et privilégient plutôt des facteurs climatiques et économiques pour expliquer ce déclin mystérieux.
Tous les Sites du Patrimoine Mondial de L'unesco Au Pakistan
Le Pakistan possède un nombre impressionnant de sites inscrits sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Ces sites représentent une gamme extraordinaire de la richesse historique, culturelle et archéologique du pays, allant des vestiges de l'une des premières civilisations urbaines de l'humanité aux chefs-d'oeuvre architecturaux de l'Empire Moghol, en passant par des sites bouddhistes de renommée mondiale. Voici la liste complète de tous les sites du Patrimoine Mondial de l'UNESCO au Pakistan avec leur année d'inscription.
Fort et Jardins de Shalimar de Lahore (1981)
Le Fort de Lahore et les Jardins de Shalimar sont inscrits conjointement sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1981. Le Fort de Lahore (Shahi Qila, ou "Fort Royal") est une citadelle moghole construite et agrandie progressivement par les empereurs moghols successifs depuis Akbar jusqu'à Aurangzeb. Il couvre une superficie d'environ 20 hectares et contient 21 monuments remarquables, dont le Sheesh Mahal (Palais des Miroirs), la Mosquée des Perles (Moti Masjid), la Naulakha (un pavillon de marbre orné de pierres semi-précieuses incrustées), et les terrasses des jardins. Les Jardins de Shalimar, construits par Shah Jahan en 1641, sont un exemple parfait de l'art des jardins moghols. Leurs trois terrasses sont alimentées par un système d'irrigation sophistiqué qui alimente 410 fontaines. Les jardins représentent la vision islamique du paradis terrestre. Ce site est sur la Liste du Patrimoine Mondial en péril depuis 2000 en raison des dommages causés par les constructions anarchiques à proximité.
Ruines archéologiques de Mohenjo-daro (1980)
Mohenjo-daro est le site archéologique le plus important de la civilisation de l'Indus et l'un des premiers établissements urbains du monde. Construit vers 2600 avant J.-C. et abandonné vers 1900 avant J.-C., le site comprend la citadelle (partie haute) avec le Grand Bain rituel, le Grenier, et la Salle des assemblées, ainsi que la ville basse avec ses maisons en briques cuites, ses larges rues et son remarquable système d'égouts. Les fouilles, qui ont commencé en 1921, ont mis au jour une ville planifiée d'une sophistication étonnante pour son époque. Le site est en péril en raison de l'érosion causée par les inondations et les sels qui attaquent les briques. Des mesures de conservation sont en cours pour préserver ce témoignage irremplaçable de la civilisation humaine.
Taxila (1980)
Le site archéologique de Taxila, inscrit en 1980, comprend plusieurs sites archéologiques distincts qui témoignent d'une occupation humaine et d'un développement urbain continu depuis le néolithique jusqu'aux premières dynasties islamiques. Les principaux sites inclus dans l'inscription UNESCO sont Bhir Mound (la plus ancienne ville de Taxila, 6e-2e siècle avant J.-C.), Sirkap (la ville hellénistique, 2e siècle avant J.-C. au 2e siècle de notre ère), Sirsukh (la ville kouchane, 1er-5e siècle de notre ère), et une série de monastères et de stupas bouddhistes, dont le stupa Dharmarajika, le monastère Jaulian, et le monastère Mohra Moradu. Taxila est un site exceptionnel pour comprendre les échanges culturels entre l'Asie centrale, la Perse et l'Inde, ainsi que pour étudier les origines et le développement du bouddhisme.
Takht-i-Bahi, monastère bouddhiste, et ruines voisines de la cité de Sahr-i-Bahlol (1980)
Takht-i-Bahi ("Source au trône", en référence aux sources d'eau qui jaillissaient au pied de la colline) est le monastère bouddhiste le mieux préservé du Pakistan. Fondé au 1er siècle avant J.-C. et utilisé jusqu'au 7e siècle de notre ère, il a une situation géographique remarquable, perché sur une colline à environ 152 mètres au-dessus de la plaine environnante. Son complexe comprend la cour principale avec ses stupas votifs, la cour des stupas d'hommage, la cour ouverte de l'assemblée, et les cellules des moines. La cité de Sahr-i-Bahlol, à quelques kilomètres du monastère, est une petite ville fortifiée datant probablement de la même époque. L'inscription UNESCO englobe les deux sites.
Chaukhandi, nécropole (1981) — inscrite au niveau régional
Les Tombeaux de Chaukhandi, situés près de Karachi, sont un vaste cimetière médiéval dont les pierres tombales sculptées sont d'une remarquable qualité artistique. Les tombeaux, ornés de sculptures géométriques et florales d'une grande finesse, datent du 15e au 18e siècle et témoignent de la richesse de la tradition artistique islamique dans la région du Sindh.
Nécropole de Makli, Thatta (1981)
La nécropole de Makli, l'un des plus grands cimetières islamiques du monde, est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1981 en même temps que la Mosquée Shah Jahan de Thatta. Couvrant une superficie d'environ 10 kilomètres carrés près de la ville de Thatta dans la province du Sindh, elle abrite environ 1 million de tombes et de mausolées datant du 14e au 18e siècle. Les mausolées les plus remarquables sont ceux des sultans Samma, des gouverneurs de l'Empire Moghol, et des saints soufis. La variété des styles architecturaux — du grès sculpté des premiers mausolées aux carreaux de faïence bleue des mausolées moghols — en fait un livre d'histoire de l'architecture islamique dans la région.
Mosquée Shah Jahan, Thatta (1981)
La Mosquée Shah Jahan, construite en 1647 par l'empereur moghol Shah Jahan, est l'un des chefs-d'oeuvre de l'architecture islamique du sous-continent indien. Sa décoration en carreaux de faïence bleue et son système acoustique remarquable (93 coupoles creuses qui amplifient et transmettent la voix du prédicateur à l'ensemble de la salle) en font un monument unique. La mosquée est également remarquable pour la beauté de ses cours et de ses portiques.
Fort de Rohtas (1997)
Le Fort de Rohtas, construit entre 1541 et 1543 par Sher Shah Suri après sa victoire sur l'empereur moghol Humayun, est l'un des plus grands forts de toute l'Asie du Sud. Situé dans la province du Pendjab, à environ 16 kilomètres à l'ouest de la ville de Jhelum, il couvre une superficie d'environ 4 kilomètres carrés. Ses murs, qui atteignent par endroits 18 mètres de hauteur et 10 à 12 mètres d'épaisseur, s'étendent sur environ 4 kilomètres de périmètre. Le fort comprend 68 bastions semi-circulaires et 12 portes monumentales. Il a été conçu pour empêcher les tribus afghanes de récupérer leur territoire, et il n'a jamais été pris par la force. Son architecture est un mélange unique de traditions afghane, d'Asie centrale et de la période pré-moghole.
Forts et palais moghols de Lahore — Fort de Lahore (déjà cité en 1981)
Il convient de noter que l'UNESCO continue de travailler avec le Pakistan pour identifier et protéger d'autres sites potentiels. Plusieurs sites sont actuellement sur la Liste Tentative du Pakistan, ce qui signifie qu'ils pourraient être proposés pour inscription dans les années à venir. Parmi eux, on trouve les Khewra Salt Mines (mines de sel de Khewra, les plus grandes mines de sel d'Asie), le Fort de Derawar dans le désert de Cholistan (un fort carré impressionnant avec des murs de 30 mètres de hauteur), les Jardins de Wah (un jardin moghol de la période de l'Akbar), et de nombreux autres sites de la civilisation de l'Indus.
En résumé, le Pakistan compte six sites officiellement inscrits sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO (certaines inscriptions incluent plusieurs sites distincts) :
Le Fort et les Jardins de Shalimar de Lahore (1981) — sur la Liste du Patrimoine en péril
Les Ruines archéologiques de Mohenjo-daro (1980) — sur la Liste du Patrimoine en péril
Taxila (1980)
Takht-i-Bahi, monastère bouddhiste, et ruines de Sahr-i-Bahlol (1980)
La Nécropole de Makli et la Mosquée Shah Jahan de Thatta (1981)
Le Fort de Rohtas (1997)
Gastronomie Pakistanaise et Culture Culinaire
La cuisine pakistanaise est l'une des plus riches, des plus savoureuses et des plus variées d'Asie, et pourtant elle reste très peu connue en dehors de la diaspora pakistanaise. Héritière d'une tradition culinaire de plusieurs millénaires, influencée par les cuisines mogholes, persanes, afghanes, indiennes et centrasiatiques, la cuisine pakistanaise est une symphonie d'épices, d'arômes et de saveurs qui ravit les papilles les plus exigeantes. La cuisine varie considérablement d'une région à l'autre du Pakistan, reflétant la diversité géographique et culturelle du pays.
Le biryani est peut-être le plat le plus emblématique de la cuisine pakistanaise, même s'il est également populaire dans d'autres pays d'Asie du Sud. Le biryani pakistanais est différent du biryani indien : il est généralement plus épicé, avec des quantités généreuses d'épices entières (cardamome, cannelle, clous de girofle, baies de laurier), et le riz est cuit séparément de la viande avant d'être mélangé en couches et cuit à l'étouffée. Le biryani de Karachi, avec son huile de graines de moutarde et ses pommes de terre, est particulièrement célèbre. Le biryani de Lahore est légèrement différent, souvent plus doux et plus parfumé. Chaque famille pakistanaise a sa propre recette de biryani, jalousement gardée et transmise de génération en génération.
Le nihari est un ragoût de viande (généralement de la viande de boeuf ou d'agneau) cuite lentement pendant toute la nuit dans un bouillon épicé. Son nom vient du mot arabe "nahar" (matin), car c'était traditionnellement un plat consommé le matin à Lahore, notamment après la prière de l'aube. Le nihari est servi avec du pain naan frais, accompagné de gingembre finement émincé, de citron, de coriandre fraîche et de piment vert. Un verre de bouillon chaud et parfumé est servi séparément. Le nihari est aujourd'hui consommé à tout moment de la journée, mais il reste l'un des plats les plus profondément enracinés dans la culture culinaire de Lahore et du sous-continent.
Le haleem est une préparation consistante et nourrissante à base de viande, de lentilles, de blé concassé et d'épices, cuite ensemble pendant plusieurs heures jusqu'à ce que le tout forme une bouillie épaisse et crémeuse. C'est un plat de rue très populaire au Pakistan, notamment pendant le mois de Ramadan. Chaque restaurant et chaque vendeur de rue a sa propre recette et sa propre version du haleem. Le haleem de Karachi est particulièrement réputé.
Le karahi est un plat de viande (agneau, poulet ou crevettes) cuit dans une casserole en fonte (le karahi) avec des tomates fraîches, du gingembre, de l'ail et des épices. C'est un plat simple mais délicieux, dont la saveur dépend entièrement de la qualité des ingrédients et du tour de main du cuisinier. Le karahi de poulet (chicken karahi) est l'un des plats les plus populaires du Pakistan et se retrouve dans presque tous les restaurants du pays.
Le seekh kebab est un kebab de viande hachée épicée moulée autour d'une brochette métallique et grillée sur des charbons ardents. La viande est généralement mélangée avec des oignons, de la coriandre, du piment et d'autres épices. Les seekh kebabs sont servis avec du pain naan, des chutneys et de la salade. C'est l'un des plats de rue les plus populaires du Pakistan et une spécialité incontournable dans les bazars et les restaurants de plein air.
Le chapli kebab est une spécialité de la région de Peshawar et de la province de Khyber Pakhtunkhwa, mais il est aujourd'hui populaire dans tout le Pakistan. C'est une galette plate de viande hachée (généralement du boeuf) mélangée avec des épices, des oignons, des tomates séchées, des graines de grenade, de la coriandre et d'autres ingrédients, puis frite dans de l'huile (souvent de la graisse de queue de mouton). Le chapli kebab de Peshawar est servi avec du pain naan local et du chutney de tomate. C'est un plat riche et savoureux, très populaire dans les restaurants pachtounes.
Le sajji est une spécialité culinaire du Baloutchistan qui consiste en un agneau entier (ou des morceaux d'agneau) farci de riz épicé et rôti entier sur un feu de bois. La viande est d'abord marinée pendant plusieurs heures dans du sel, puis placée verticalement autour d'un feu de bois et lentement rôtie pendant plusieurs heures jusqu'à ce qu'elle soit dorée et croustillante à l'extérieur et fondante à l'intérieur. Le sajji est un plat festif, souvent préparé pour les grandes occasions, et sa préparation est un art qui se transmet de génération en génération au Baloutchistan. Des restaurants spécialisés dans le sajji existent maintenant dans toutes les grandes villes du Pakistan.
Le petit-déjeuner lahorien est une institution en soi. Le halwa puri est le petit-déjeuner traditionnel de Lahore, composé de puri (petits pains frits dans l'huile, croustillants et bouffants), de halwa (une préparation sucrée à base de semoule ou de farine de blé, cuite avec du beurre clarifié, du sucre et des épices), de chanay (pois chiches épicés) et d'achar (condiment à base de légumes marinés). Le halwa puri est servi dans des restaurants qui ouvrent dès l'aube et sont bondés jusqu'à midi. La culture du petit-déjeuner lahorien est une institution sociale : les familles, les amis et les collègues se retrouvent le dimanche matin pour prendre ce petit-déjeuner festif ensemble.
Le bun kabab est le sandwich de rue le plus populaire de Karachi. Il est composé d'une galette de légumineuses épicées (ou de viande hachée) frite, placée dans un pain mou légèrement grillé avec des tranches d'oeuf dur, du chutney de menthe, du ketchup et des pickles. C'est un plat économique, délicieux et nourrissant, vendu par des vendeurs de rue dans toute la ville. Les meilleurs bun kababs de Karachi se trouvent dans les stands de rue installés à la tombée de la nuit dans les quartiers populaires de la ville.
Le lassi est la boisson rafraîchissante par excellence au Pakistan. Cette boisson à base de yaourt battu existe en deux versions : salée (avec du sel, du cumin et parfois de la menthe) ou sucrée (avec du sucre et parfois du miel ou des fruits). Le lassi de Lahore, crémeux et épais, est particulièrement célèbre. Dans les bazars de Lahore, des vendeurs de lassi servent cette boisson dans de grands verres d'argile qui gardent la boisson fraîche. Le lassi à la mangue est une variante estivale très populaire.
La culture du thé (chai) au Pakistan est omniprésente. Le chai pakistanais, souvent appelé doodh pati (littéralement "feuilles de lait"), est préparé en faisant bouillir ensemble du thé en vrac, du lait, de l'eau et du sucre. On le boit dans des petites tasses en verre ou en métal et il est souvent accompagné de biscuits ou de rusk. Dans le nord du Pakistan, la tradition du thé est différente : on y boit souvent du thé vert ou du kehwa (thé vert aux épices, au safran et aux noix), une boisson traditionnelle de la vallée de Hunza et du Gilgit-Baltistan. Les chai dhaba (petits restaurants ou kiosques à thé) sont des institutions sociales au Pakistan, des lieux de rencontre et de discussion où les hommes se retrouvent à toute heure du jour et de la nuit.
Les desserts pakistanais sont une invitation à la gourmandise. La barfi est un fudge de lait concentré et de sucre, disponible en plusieurs variantes (à la pistache, à la noix de coco, au safran, etc.). Le gulab jamun consiste en de petites boules de pâte de lait frites et trempées dans un sirop de sucre parfumé à la rose et à la cardamome. Le jalebi est un dessert en spirale frit dans l'huile et trempé dans un sirop sucré, d'une couleur orange vif. Le ras malai est composé de petites boules de fromage frais dans un sirop de lait épaissi et parfumé à la rose et au safran. Ces desserts sont servis dans les restaurants, les bazars et lors de toutes les occasions festives.
Les fruits secs de Hunza, enfin, méritent une mention spéciale. La vallée de Hunza est célèbre pour la qualité exceptionnelle de ses abricots, de ses noix, de ses amandes, de ses raisins secs et d'autres fruits secs. Les abricots de Hunza, séchés au soleil sur les toits des maisons, ont une saveur incomparable et sont riches en nutriments. Les habitants de Hunza sont réputés pour leur longévité exceptionnelle, que certains attribuent (peut-être avec un peu d'exagération) à leur régime alimentaire riche en fruits secs et en eau de montagne pure. Quoi qu'il en soit, les fruits secs de Hunza sont une spécialité à rapporter absolument dans ses bagages.
Arts, Culture et Histoire
L'histoire du Pakistan est l'une des plus riches et des plus complexes du monde. Le territoire qui constitue aujourd'hui le Pakistan a été le théâtre de certains des événements les plus importants de l'histoire de l'humanité, et il a été le creuset de certaines des civilisations et des cultures les plus influentes de l'histoire.
La Civilisation de l'Indus, déjà décrite plus en détail dans la section correspondante, est le premier chapitre de cette histoire extraordinaire. Entre 3300 et 1300 avant J.-C., une civilisation urbaine avancée s'est épanouie dans la vallée de l'Indus, laissant des traces de son existence dans des dizaines de sites archéologiques disséminés dans l'actuel Pakistan et dans une partie de l'Inde.
L'Empire Perse Achéménide (550-330 avant J.-C.) a étendu son contrôle sur la région du nord-ouest de l'Inde (l'actuel Pakistan) à partir du règne de Cyrus le Grand et de Darius Ier. Darius Ier a incorporé la région du Gandhara (actuel Khyber Pakhtunkhwa) et du Sindh dans l'empire perse, et ces régions sont devenues parmi les satrapes (provinces) les plus prospères de l'empire. La présence perse a introduit dans la région la langue araméenne, l'écriture kharosthi (dérivée de l'araméen et utilisée plus tard pour écrire les langues locales), et de nombreuses influences culturelles et artistiques persanes qui allaient durablement marquer la région.
Alexandre le Grand a conquis la région entre 327 et 325 avant J.-C., apportant avec lui la culture grecque et fondant plusieurs villes qui allaient devenir des centres de la civilisation gréco-bactrique. Son passage dans la région du Pakistan actuel a été l'un des événements les plus marquants de l'histoire de la région, non seulement du point de vue militaire mais aussi culturel. C'est de cette rencontre entre la Grèce et l'Inde que va naître l'art gandharien, l'une des fusions culturelles les plus remarquables de l'histoire.
L'Empire Maurya (322-185 avant J.-C.), fondé par Chandragupta Maurya peu après le départ d'Alexandre, a réunifié une grande partie du sous-continent indien sous un seul gouvernement pour la première fois de l'histoire. L'empire a atteint son apogée sous le règne d'Ashoka (269-232 avant J.-C.), l'un des plus grands souverains de l'histoire de l'Inde. Après une guerre particulièrement sanglante qui lui a causé des remords profonds, Ashoka s'est converti au bouddhisme et a adopté une politique de gouvernance non-violente, de tolérance religieuse et de bienfaisance publique. Il a fait ériger des piliers de pierre dans tout son empire, portant des édits bouddhistes, et a construit d'innombrables stupas pour abriter des reliques du Bouddha. Plusieurs de ces piliers et stupas se trouvent dans l'actuel Pakistan, notamment à Taxila.
La conquête arabe du Sindh en 711 de notre ère, menée par Muhammad bin Qasim, un jeune général de l'empire omeyyade, a marqué l'introduction de l'islam dans la région. En seulement quelques années, une grande partie du Sindh et du Pendjab méridional est passée sous contrôle arabe. Cette conquête a eu des conséquences considérables : elle a introduit l'islam dans une région qui allait devenir l'un des plus grands pays musulmans du monde, et elle a apporté avec elle la langue arabe, l'architecture islamique, la loi islamique et une vision du monde nouvelle.
L'Empire Moghol (1526-1857) est peut-être la période la plus glorieuse et la plus marquante de l'histoire du Pakistan. Fondé par Babur, un prince timuride descendant de Tamerlan et de Gengis Khan, l'Empire Moghol a gouverné la majeure partie du sous-continent indien pendant plus de trois siècles. Les empereurs moghols les plus célèbres — Akbar, Jahangir, Shah Jahan et Aurangzeb — ont laissé un héritage artistique et architectural extraordinaire dans la région qui est aujourd'hui le Pakistan. Le Fort de Lahore, la Mosquée Badshahi, les Jardins de Shalimar, la Mosquée Shah Jahan de Thatta — tous ces monuments témoignent de la splendeur de l'empire moghol. Les Moghols ont également favorisé le développement de la langue ourdou (une combinaison de persan, d'arabe et d'hindi qui est devenue la lingua franca du sous-continent indien) et ont patronné les arts, la littérature, la musique et la philosophie.
Le Grand Jeu est le nom donné à la rivalité stratégique entre l'Empire Britannique et l'Empire Russe pour le contrôle de l'Asie centrale au 19e siècle. Le territoire du Pakistan actuel était au coeur de ce jeu géopolitique, notamment la province de Khyber Pakhtunkhwa et les passes de montagne qui mènent à l'Afghanistan. Le Col de Khyber, le Waziristan, le Baloutchistan et les royaumes montagnards comme Chitral et Hunza étaient des pions importants dans ce Grand Jeu. La littérature anglaise de l'époque, notamment les romans de Rudyard Kipling (Kim, Les Hommes des Montagnes), raconte de manière vivante cette époque d'espionnage, d'aventure et d'intrigue politique.
Muhammad Ali Jinnah, le fondateur du Pakistan et surnommé "Quaid-e-Azam" (Grand Leader) par ses compatriotes, est la figure la plus importante de l'histoire contemporaine du Pakistan. Né à Karachi en 1876, Jinnah a étudié le droit en Angleterre avant de revenir en Inde et de se lancer dans la politique. D'abord avocat respecté et partisan de l'unité hindoue-musulmane, il a progressivement évolué vers la défense des droits des musulmans de l'Inde britannique et la création d'un État distinct pour eux. Le 14 août 1947, le Pakistan est né comme pays indépendant, et Jinnah en est devenu le premier gouverneur général. Il est décédé seulement un an après l'indépendance, en septembre 1948, laissant un Pakistan encore jeune et fragile. Son mausolée à Karachi (le Mazar-e-Quaid) est l'un des monuments les plus visités du pays.
La Partition de 1947, qui a divisé le sous-continent indien en deux États indépendants — l'Inde et le Pakistan — est l'un des événements les plus douloureux et les plus dramatiques de l'histoire moderne. Des millions de personnes ont été déplacées dans les deux sens, des hindous et des sikhs quittant le Pakistan pour l'Inde et des musulmans quittant l'Inde pour le Pakistan. Les violences qui ont accompagné cette migration ont fait entre 200 000 et 2 millions de morts selon les estimations. La Partition a créé des cicatrices profondes dans les mémoires des deux pays et reste un sujet particulièrement sensible dans les relations indo-pakistanaises.
La musique qawwali est l'une des formes d'expression artistique les plus importantes et les plus distinctives du Pakistan. C'est une musique dévotionnelle soufie, chantée en persan, en ourdou ou en punjabi, qui vise à induire un état d'extase spirituelle chez les auditeurs. Le qawwali est chanté par un groupe (qawwali party) dirigé par un chanteur principal, accompagné de chanteurs en choeur, de tablas (percussions indiennes), d'harmoniums et parfois d'autres instruments. Les séances de qawwali (mahfil) peuvent durer plusieurs heures et l'intensité émotionnelle qui s'en dégage peut être extraordinaire. Nusrat Fateh Ali Khan (1948-1997) est le musicien de qawwali le plus célèbre du Pakistan et l'un des plus grands chanteurs du 20e siècle. Sa voix d'une puissance et d'une beauté extraordinaires, et son répertoire qui mêlait les classiques du qawwali soufiste à des expérimentations avec la musique mondiale, l'ont rendu célèbre bien au-delà des frontières du Pakistan.
L'art des camions pakistanais est l'une des formes d'art populaire les plus vibrantes, les plus colorées et les plus originales du monde. Les camions et les autobus pakistanais sont décorés de la cabine à la carrosserie avec des peintures, des broderies, des miroirs, des chaînes métalliques, des fleurs en plastique et des calligraphies dans un style exubérant et multicolore. Chaque région du Pakistan a son propre style de décoration des camions : les camions du Pendjab sont généralement plus colorés et plus chargés, tandis que ceux de Khyber Pakhtunkhwa sont souvent ornés de scènes de la nature ou de monuments historiques. Cet art populaire, né dans les années 1940, est aujourd'hui reconnu internationalement comme une forme d'expression artistique unique. Des musées et des galeries dans le monde entier ont exposé des camions pakistanais ou des éléments de leur décoration.
Le cricket est bien plus qu'un sport au Pakistan : c'est une religion, une passion nationale qui unit le peuple pakistanais par-delà ses différences régionales, ethniques et linguistiques. L'équipe nationale de cricket du Pakistan, surnommée les "Tigres Verts" ou les "Shaheen" (aigles), est l'une des équipes les plus performantes du monde. Elle a remporté la Coupe du Monde de Cricket en 1992 et la Coupe du Monde de Cricket Twenty20 en 2009. Des joueurs légendaires comme Imran Khan (qui est devenu Premier ministre du pays), Wasim Akram, Waqar Younis, Inzamam-ul-Haq, Shoaib Akhtar et Shahid Afridi ont marqué l'histoire mondiale de ce sport. La passion des Pakistanais pour le cricket est telle que même les ruelles les plus étroites des villes et les terrains les plus rudimentaires des villages voient des enfants jouer au cricket du matin au soir.
Le squash est un autre sport dans lequel le Pakistan a brillé au niveau international. Pendant plusieurs décennies, les joueurs pakistanais ont dominé le monde du squash, remportant des titres mondiaux à une fréquence remarquable. Des légendes comme Jahangir Khan (qui a remporté 555 matchs consécutifs sans défaite entre 1981 et 1986) et Jansher Khan ont dominé le squash mondial et ont contribué à faire de ce sport une fierté nationale.
Trekking et Aventures de Plein Air
Le Pakistan est l'une des destinations de trekking et d'alpinisme les plus exceptionnelles du monde. Nulle part ailleurs on ne trouve une telle concentration de hautes montagnes, de glaciers gigantesques et de paysages spectaculaires accessibles aux randonneurs et aux aventuriers. Cinq des quatorze sommets de plus de 8 000 mètres de la planète se trouvent au Pakistan : le K2 (8 611 m), le Nanga Parbat (8 126 m), le Gasherbrum I (8 080 m), le Broad Peak (8 051 m) et le Gasherbrum II (8 035 m). Pour les randonneurs non alpinistes, les trekking vers les camps de base de ces montagnes offrent des expériences d'une beauté et d'une intensité incomparables.
Le Trek au camp de base du K2 est l'un des treks les plus épiques et les plus prisés du monde. D'une durée de 14 à 17 jours aller-retour depuis Skardu (en comptant le trek jusqu'à Concordia et les jours de repos nécessaires à l'acclimatation), ce trek traverse certains des paysages les plus sauvages et les plus grandioses de la planète. Le trek commence généralement à Askole (le dernier village avant les montagnes), d'où l'on part à pied sur le glacier Biafo puis le glacier Baltoro. On passe par les villages de Jhola, Paiyu et Urdukas avant d'atteindre la confluence des glaciers Baltoro et Godwin-Austen à Concordia, d'où on aperçoit le K2 dans toute sa splendeur. La dernière étape jusqu'au camp de base 1 du K2 est particulièrement impressionnante. Le trek nécessite une bonne condition physique, de l'équipement adapté aux conditions de haute altitude, et les services d'un guide et de porteurs locaux. La meilleure période pour ce trek est de juin à septembre.
Les Prairies des Fées (Fairy Meadows) et le camp de base du Nanga Parbat sont accessibles par un trek de 2 à 3 jours depuis la KKH. Les Prairies des Fées elles-mêmes peuvent être atteintes en 3 à 4 heures de marche depuis le village de Raikot. De là, le camp de base du Nanga Parbat est à environ 3 à 4 heures de marche supplémentaires par un sentier qui monte à travers des forêts de pins et des alpages. La vue sur la face Rupal et le sommet du Nanga Parbat depuis les prairies et le camp de base est d'une beauté à couper le souffle.
Le Glacier Baltoro est l'un des glaciers les plus impressionnants du monde et un incontournable pour tout aventurier qui se rend dans le Karakoram. Marcher sur ce glacier de 63 kilomètres de long, entouré de quatre des cinq sommets de plus de 8 000 mètres du Pakistan, est une expérience inoubliable. La surface du glacier est parsemée de séracs, de moraines et de lacs glaciaires d'un bleu intense. La progression sur le glacier demande de la prudence et un bon sens de l'orientation.
Le Plateau Deosai est l'un des plus hauts plateaux du monde (altitude moyenne : 4 114 mètres) et un sanctuaire naturel d'une beauté unique. Situé dans la province du Gilgit-Baltistan, entre Skardu et le district d'Astore, le plateau est couvert de prairies alpines, de lacs et de rivières. C'est l'un des rares habitats de l'ours brun de l'Himalaya (Ursus arctos isabellinus), une sous-espèce de l'ours brun en voie d'extinction. Le Parc National Deosai, qui couvre la majeure partie du plateau, a été créé en 1993 pour protéger cet ours et son habitat. La période idéale pour visiter Deosai est de juillet à septembre, lorsque les prairies sont couvertes de fleurs sauvages de toutes les couleurs. En hiver, le plateau est recouvert de neige et inaccessible.
Les rapides de l'Indus offrent des opportunités de rafting et de kayak de classe mondiale. La section de la rivière Indus qui traverse le Gilgit-Baltistan est particulièrement prisée des amateurs de sports nautiques extrêmes. Les rapides de classe IV et V de cette section de la rivière offrent des défis à la hauteur des attentes des sportifs les plus expérimentés.
Informations Pratiques de Voyage
Aéroports et accès : Le Pakistan dispose de plusieurs aéroports internationaux. L'Aéroport International Islamabad Benazir Bhutto (IATA : ISB) est le principal point d'entrée pour les voyageurs qui souhaitent explorer le nord du pays, notamment le Karakoram et Lahore. L'Aéroport International de Lahore (IATA : LHE) est le deuxième aéroport le plus fréquenté du pays et la principale porte d'entrée pour les voyageurs intéressés par le Pendjab et ses monuments historiques. L'Aéroport International Jinnah de Karachi (IATA : KHI) est le plus grand aéroport du pays en termes de trafic de passagers et la principale porte d'entrée pour les voyageurs qui souhaitent visiter le Sindh et le Baloutchistan. L'Aéroport de Peshawar (IATA : PEW) dessert la province de Khyber Pakhtunkhwa. L'Aéroport de Skardu (IATA : KDU), bien que de petite taille, est particulièrement important pour les randonneurs qui souhaitent rejoindre rapidement le Gilgit-Baltistan sans passer par la longue route de la KKH.
Visa : Le Pakistan a considérablement simplifié son système de visa ces dernières années. Les ressortissants de nombreux pays (dont la France, la Belgique, la Suisse, le Canada et de nombreux autres) peuvent désormais obtenir un visa touristique en ligne (e-visa) via le portail officiel du gouvernement pakistanais. Le visa est généralement valable pour 30 ou 90 jours et permet de multiples entrées. Il est conseillé de vérifier la situation actuelle des exigences de visa auprès de l'ambassade du Pakistan ou du portail officiel avant votre départ, car ces exigences peuvent changer.
Monnaie : La monnaie officielle du Pakistan est la Roupie Pakistanaise (PKR). Les guichets automatiques (ATM) sont disponibles dans toutes les grandes villes, mais peuvent être rares dans les zones rurales et montagneuses. Il est conseillé d'emporter suffisamment de liquidités en Roupies avant de partir dans des régions éloignées comme le Gilgit-Baltistan. Les cartes de crédit sont acceptées dans les grands hôtels et certains restaurants des grandes villes, mais leur utilisation est limitée dans les zones rurales. Les bureaux de change officiels permettent d'échanger les principales devises (euro, dollar américain, livre sterling) en Roupies.
Langues : Le Pakistan est un pays multilingue. L'ourdou est la langue nationale officielle et la lingua franca du pays, parlée et comprise par la grande majorité de la population. L'anglais est la deuxième langue officielle et est largement utilisé dans les affaires, le gouvernement et l'enseignement supérieur. Dans la vie quotidienne, le pendjabi est la langue maternelle de la plus grande partie de la population (notamment au Pendjab). Le sindhi est parlé dans la province du Sind, le pachto dans le Khyber Pakhtunkhwa et les régions tribales, et le baloutchi au Baloutchistan. De nombreuses autres langues régionales sont également parlées dans les différentes régions du pays.
Meilleures périodes de visite : La meilleure période pour visiter le Pakistan dépend de la région que vous souhaitez explorer. Pour les plaines du Pendjab et du Sind (Lahore, Islamabad, Karachi, Mohenjo-daro), la période d'octobre à mars est la plus agréable, avec des températures douces et peu de pluie. Les étés (avril à septembre) dans ces régions peuvent être extrêmement chauds, avec des températures dépassant régulièrement 40°C. Pour le nord montagneux (Karakoram, Gilgit-Baltistan, Hunza, treks K2), la meilleure période est de juin à septembre, lorsque les cols de montagne sont ouverts et le temps est relativement stable. Le printemps (fin mars-début mai) est le moment idéal pour voir les cerisiers et les abricotiers en fleurs dans la vallée de Hunza. La province de Khyber Pakhtunkhwa (Peshawar, Swat) est accessible toute l'année, mais l'été et l'automne sont les meilleures saisons.
Code vestimentaire et coutumes : Le Pakistan est un pays à majorité musulmane et il convient de respecter les coutumes locales en matière de tenue vestimentaire. Pour les femmes, il est recommandé de couvrir les bras et les jambes et d'éviter les tenues trop moulantes ou décolletées. Dans les zones rurales et les villes plus conservatrices (comme Peshawar), il peut être judicieux pour les femmes de porter un voile sur la tête. Les hommes doivent également s'habiller de manière conservatrice, en évitant les shorts et les débardeurs dans les lieux publics. Dans les lieux de culte (mosquées, sanctuaires soufis), les femmes doivent se couvrir la tête et les épaules, et les deux sexes doivent enlever leurs chaussures avant d'entrer. Le mois de Ramadan apporte des changements dans les horaires et les comportements : les restaurants peuvent être fermés pendant la journée, et il est impoli de manger, de boire ou de fumer en public pendant les heures de jeûne.
L'hospitalité pakistanaise est légendaire et constitue l'une des meilleures surprises de voyage dans ce pays. Les Pakistanais sont généralement très accueillants envers les visiteurs étrangers et il n'est pas rare d'être invité à prendre le thé ou à partager un repas chez l'habitant. Cette hospitalité est à la fois sincère et désintéressée, et elle est souvent citée par les voyageurs comme l'un des aspects les plus mémorables de leur séjour au Pakistan.
Festivals et Événements
Le Pakistan est un pays de festivals et de célébrations, chaque région ayant ses propres traditions festives qui reflètent sa culture unique et son histoire particulière.
Le Festival de Polo de Shandur est l'un des événements sportifs et culturels les plus spectaculaires du Pakistan. Il se tient chaque année en juillet sur le plateau de Shandur, à 3 734 mètres d'altitude dans le district de Chitral, au pied du col de Shandur qui relie Chitral à Gilgit. Le plateau de Shandur abrite le plus haut terrain de polo du monde, et chaque année, les équipes de Chitral et de Gilgit s'affrontent dans un match de polo traditionnel (le polo du Gilgit-Baltistan suit des règles légèrement différentes du polo international, notamment l'absence de limite du nombre de joueurs par équipe). Le match est accompagné de musique, de danses traditionnelles et de festivités pendant trois jours. Des milliers de spectateurs font le voyage pour assister à cet événement unique.
Les Festivals Kalash sont les célébrations saisonnières du peuple Kalash des vallées de Chitral. Les trois principaux festivals Kalash sont Chilam Joshi (printemps, mai), Uchal (été, mi-août) et Chaomos (solstice d'hiver, décembre). Chilam Joshi célèbre l'arrivée du printemps et le retour des troupeaux dans les alpages de montagne ; Uchal célèbre l'abondance de l'été et implique des offrandes de lait de chèvre aux dieux ; Chaomos célèbre le solstice d'hiver et est la fête la plus importante du calendrier Kalash, avec des rituels de purification, des danses et des chants qui durent plusieurs jours. Ces festivals sont des moments magiques pour les voyageurs qui ont la chance d'y assister, mais il est important de respecter les coutumes locales et de ne pas interférer avec les rituels sacrés.
Les célébrations de l'Aïd sont les deux grandes fêtes islamiques observées à travers tout le Pakistan. L'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois de Ramadan, est une fête de trois jours au cours de laquelle les familles se retrouvent, échangent des cadeaux et partagent des repas festifs. L'Aïd el-Adha, la fête du Sacrifice, commémore le sacrifice d'Ibrahim (Abraham) et implique le sacrifice rituel d'animaux (moutons, chèvres, vaches) dont la viande est partagée avec la famille, les voisins et les pauvres. Ces deux fêtes sont des moments de grande effervescence dans tout le pays, avec des bazars bondés, des rues décorées et une atmosphère de fête générale.
La Fête de l'Indépendance, célébrée le 14 août, est un jour de grande fierté nationale. Les villes et les villages sont pavoisés aux couleurs du drapeau national (vert et blanc), des spectacles de feux d'artifice illuminent le ciel, et des défilés militaires et civils ont lieu dans les principales villes. Islamabad est le centre des célébrations officielles, avec le lever du drapeau national à la Présidence et un défilé militaire élaboré. Lahore, Karachi et Peshawar ont également leurs propres festivités.
Le Festival Littéraire de Lahore (LLF) est l'un des plus grands festivals littéraires d'Asie. Créé en 2010, il réunit chaque année des écrivains, des poètes, des intellectuels et des artistes du Pakistan et du monde entier pour débattre de littérature, de culture, de politique et d'idées. Le festival se tient généralement en février et attire des dizaines de milliers de participants pendant ses trois jours de durée. C'est un événement incontournable pour quiconque s'intéresse à la scène intellectuelle et culturelle du Pakistan.
Le festival de cerf-volants Basant est une tradition printanière de Lahore qui était autrefois l'un des événements les plus colorés et les plus joyeux du calendrier culturel de la ville. Les toits de Lahore se couvraient de milliers de cerf-volants multicolores, et des batailles de cerf-volants (chaque participant essayant de couper le fil du cerf-volant de l'adversaire) se déroulaient dans une atmosphère festive. Cependant, en raison d'accidents mortels causés par les fils métalliques utilisés pour couper les cerf-volants, le festival a été officiellement interdit en 2007. Des efforts sont en cours pour relancer le festival de manière sécurisée.
Shopping
Le Pakistan offre d'excellentes opportunités de shopping pour ceux qui recherchent de l'artisanat authentique et de qualité.
L'art des camions pakistanais a inspiré une vaste industrie artisanale. Des artisans produisent des articles de décoration, des sacs, des pochettes et d'autres objets inspirés des motifs colorés et exubérants des camions pakistanais. Ces articles font d'excellents souvenirs et cadeaux.
Les chappal de Peshawar (chaussures en cuir artisanales) sont parmi les plus belles de toute l'Asie du Sud. Ces sandales en cuir, généralement décorées de broderies et de clous métalliques, sont fabriquées à la main par des artisans de Peshawar et sont vendues dans les bazars de la ville. Elles sont réputées pour leur durabilité et leur confort.
L'ajrak est un tissu imprimé à la main originaire du Sindh, reconnaissable à ses motifs géométriques complexes en rouge et bleu indigo. La technique de fabrication de l'ajrak, qui fait appel à des blocs de bois gravés, est une tradition artisanale ancestrale du Sindh. L'ajrak est utilisé comme écharpe, châle, nappe ou décoration murale. Il est particulièrement associé à la culture sindhi et fait partie du costume traditionnel de la province.
Les châles du Cachemire, fabriqués à partir de la laine de pashmina (fibres sous-poils de la chèvre de montagne Changthangi), sont parmi les textiles les plus fins et les plus luxueux du monde. Les châles de pashmina pakistanais, notamment ceux produits dans les régions de Gilgit-Baltistan et du Cachemire, sont d'une douceur et d'une légèreté extraordinaires. Les châles brodés à la main (shawl kani), avec leurs motifs floraux complexes, peuvent prendre des mois à confectionner et valent des sommes considérables.
L'onyx du Baloutchistan est l'une des gemmes les plus remarquables du Pakistan. Le marbre onyx pakistanais, extrait de carrières dans la province du Baloutchistan, est réputé pour sa beauté et sa qualité. Il est utilisé pour fabriquer des vases, des bols, des assiettes, des sculptures et des articles de décoration intérieure.
La poterie bleue de Multan est l'une des traditions artisanales les plus colorées du Pakistan. Cette poterie, décorée de motifs géométriques et floraux en bleu de cobalt sur fond blanc, est typique de la ville de Multan dans le Pendjab méridional. Elle est utilisée pour des carreaux de décoration, des vases, des bols et d'autres articles de décoration.
Le chapeau Chitrali, connu sous le nom de pakol, est le chapeau traditionnel de la région de Chitral et du Nuristan afghan. Ce chapeau rond à bord roulé, généralement fabriqué en laine, est devenu un symbole de la culture pachtoune et est maintenant largement porté dans tout le Pakistan. Le pakol fait un excellent souvenir.
Les pierres précieuses pakistanaises sont parmi les plus belles du monde. Le Pakistan est l'un des principaux producteurs mondiaux de rubis (de la mine de Jegdalek, en fait en Afghanistan voisin mais commercialisées au Pakistan), d'émeraudes (de la mine de Swat), de topaze et d'autres pierres précieuses. Des bijoutiers et des marchands de pierres précieuses dans les grandes villes vendent ces gemmes, parfois brutes, parfois taillées et montées en bijoux.
L'artisanat en laiton et en cuivre est une tradition ancienne au Pakistan, notamment à Peshawar et à Lahore. Des plateaux, des chandeliers, des vases et d'autres articles ménagers en laiton gravé ou repoussé sont vendus dans les bazars.

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