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Guide de Voyage À Malte

Guide de Voyage À Malte

Vitesse

Le guide complet pour découvrir l'archipel maltais, ses trésors préhistoriques, ses chevaliers légendaires, ses plages cristallines et sa gastronomie généreuse

Introduction

Au cœur de la Méditerranée, à mi-chemin entre l'Europe et l'Afrique, l'archipel maltais se dresse comme un joyau intemporel que des millénaires d'histoire ont sculpté avec une patience et une générosité remarquables. Malte, Gozo et Comino forment un triptyque insulaire d'une superficie totale de seulement 316 kilomètres carrés, ce qui en fait l'un des plus petits États membres de l'Union européenne, mais aussi l'un des plus denses en termes de richesse culturelle, archéologique et naturelle par kilomètre carré. Visiter Malte, c'est entreprendre un voyage extraordinaire à travers sept mille ans de civilisation humaine ininterrompue, découvrir des temples mégalithiques plus anciens que Stonehenge et les pyramides d'Égypte, naviguer dans des eaux turquoise d'une clarté stupéfiante, et se perdre dans des ruelles baroques où chaque pierre raconte une histoire.

Cet archipel méditerranéen a vu défiler les plus grandes puissances de l'histoire : les Phéniciens, les Carthaginois, les Romains, les Arabes, les Normands, les Chevaliers de Saint-Jean, les Français de Napoléon et les Britanniques ont tous laissé leur empreinte indélébile sur ces rochers dorés battus par les vents. Ce brassage unique de cultures, de langues et de traditions a donné naissance à un peuple aux racines profondes et à une identité singulière, exprimée notamment à travers la langue maltaise — seule langue sémitique au monde à s'écrire en alphabet latin — et à travers une gastronomie créative qui marie les saveurs du pourtour méditerranéen avec des influences arabes et européennes.

Malte est aussi une destination de choix pour les plongeurs du monde entier, attirés par des eaux d'une visibilité exceptionnelle pouvant atteindre quarante mètres, des épaves historiques, des grottes sous-marines et une vie marine d'une richesse extraordinaire. Les amateurs de plein air trouvent quant à eux de magnifiques sentiers de randonnée le long des falaises, des plages de sable doré ou rougeâtre selon les îles, et une nature préservée qui contraste agréablement avec la densité urbaine de certaines parties de l'île principale.

Pour les amoureux d'histoire et d'architecture, Malte est tout simplement un musée à ciel ouvert. La Valette, sa capitale baroque classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, est l'une des plus petites capitales de l'Union européenne mais l'une des plus riches en monuments par habitant. Les Trois-Cités qui lui font face à travers le Grand Harbour respirent l'authenticité et la mémoire d'un passé glorieux. Mdina, l'ancienne capitale perchée sur son piton rocheux au centre de l'île, mérite amplement son surnom de Cité du Silence. Et sur l'île de Gozo, la citadelle de Victoria veille sur un paysage rural d'une beauté sereine.

Ce guide de voyage vous propose un itinéraire complet à travers toutes les facettes de cet archipel fascinant, des sites archéologiques les plus reculés aux plages les plus fréquentées, en passant par les tables les plus savoureuses et les fêtes patronales les plus colorées. Malte vous attend, avec ses mille ans de pierre blonde, ses eaux d'azur et l'hospitalité chaleureuse de ses habitants, les Maltais, qui accueillent chaque année des millions de visiteurs venus de tous les horizons.

Géographie et Climat

L'archipel maltais est composé de trois îles habitées et de plusieurs îlots rocheux déserts. L'île principale, Malte elle-même, s'étend sur 246 kilomètres carrés et accueille la grande majorité des 530 000 habitants de l'archipel, faisant de Malte l'un des pays les plus densément peuplés au monde. L'île de Gozo, au nord-ouest, couvre 67 kilomètres carrés et abrite environ 37 000 habitants dans un environnement nettement plus rural et verdoyant. Comino, minuscule île de 2,7 kilomètres carrés située entre Malte et Gozo, est quasi déshabitée et n'accueille qu'un seul hôtel ouvert en saison estivale, attirant les visiteurs essentiellement pour les eaux turquoise de son célèbre Lagon Bleu. Les îlots de Cominotto, Filfla et quelques autres rochers inhabités complètent l'ensemble géographique de l'archipel.

Du point de vue géologique, Malte est composée principalement de calcaire, ce qui lui confère cette teinte dorée caractéristique que l'on observe dans ses bâtiments traditionnels, ses falaises et ses rochers. Le calcaire globigerina, matériau local par excellence, a été utilisé depuis des millénaires pour construire tout ce que l'île compte de remarquable, des temples préhistoriques aux palais baroques. Le terrain est généralement plat ou légèrement ondulé dans la partie nord-est de l'île principale, avec quelques collines et des falaises spectaculaires dans le sud-ouest, notamment les Falaises de Dingli qui culminent à 253 mètres au-dessus de la mer Méditerranée et offrent des panoramas à couper le souffle.

Le paysage maltais est caractérisé par une végétation méditerranéenne typique, avec des oliviers, des câpriers, des figuiers, des caroubes et des cultures en terrasses séparées par des murets de pierre sèche. La végétation naturelle est clairsemée, car Malte souffre d'un manque chronique d'eau douce — l'archipel ne dispose d'aucun cours d'eau permanent — et dépend largement du dessalement de l'eau de mer et de quelques nappes phréatiques pour satisfaire ses besoins en eau potable. Malgré ces contraintes, le paysage maltais possède un charme indéniable, particulièrement au printemps lorsque les fleurs sauvages tapissent les champs de couleurs éclatantes.

Le climat de Malte est de type méditerranéen, avec des étés chauds et secs et des hivers doux et humides. La température moyenne annuelle est d'environ 19 degrés Celsius, avec des maxima estivaux pouvant dépasser 35 degrés en juillet et août. Les précipitations sont concentrées sur la période octobre-mars, avec une moyenne annuelle de seulement 550 millimètres. L'ensoleillement est exceptionnel, avec plus de 3 000 heures de soleil par an, ce qui fait de Malte l'une des destinations les plus ensoleillées d'Europe. La mer se maintient à des températures très agréables, variant de 14 degrés en hiver à 27 degrés en plein été.

Les meilleures périodes pour visiter Malte sont le printemps, de mars à mai, et l'automne, de septembre à novembre. Durant ces mois, les températures sont douces et agréables pour explorer les sites en plein air, la mer reste suffisamment chaude pour la baignade, et les foules touristiques sont moins importantes qu'en plein été. L'été reste une excellente saison pour profiter des plages et des activités nautiques, mais la chaleur peut être intense et certains sites très fréquentés, notamment le Lagon Bleu de Comino, peuvent être bondés. L'hiver est la saison idéale pour explorer les musées, les sites archéologiques et les villes sans les touristes, avec des prix d'hébergement souvent plus avantageux, même si certains établissements et attractions peuvent fermer hors saison.

Les vents jouent un rôle important dans le climat maltais. Le vent du nord, le tramuntana, peut être vigoureux et rafraîchissant en hiver. Le sirocco, vent chaud et chargé de sable en provenance du Sahara, souffle parfois en été et en automne, pouvant déposer une fine couche de sable rouge sur les voitures et les terrasses. Le grigal, vent du nord-est particulièrement violent, est le plus redouté des marins locaux et peut provoquer des tempêtes impressionnantes en hiver.

La Valette — La Capitale

La Valette est l'une des villes les plus fascinantes du bassin méditerranéen. Petite par sa superficie — à peine un kilomètre carré dans les limites de la cité historique — mais absolument grandiose par la densité de ses monuments, de ses palais et de ses œuvres d'art, la capitale maltaise est classée au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1980 et a été désignée Capitale Européenne de la Culture en 2018. Elle a été décrite par l'UNESCO comme l'une des zones de plus haute concentration de monuments historiques au monde, une affirmation qui surprend au premier abord mais qui s'avère parfaitement justifiée au fil d'une exploration attentive.

La ville fut fondée en 1566 par Jean Parisot de la Valette, Grand Maître de l'Ordre des Chevaliers de Saint-Jean, qui décida de construire une cité nouvelle sur la presqu'île du Mont Sciberras après la victoire des Chevaliers lors du Grand Siège de 1565. La Valette fut conçue dès l'origine comme une ville-forteresse, planifiée selon un plan en grille régulier tracé par le militaire et urbaniste Francesco Laparelli, élève de Michel-Ange, puis réalisé par son assistant maltais Girolamo Cassar. Cette planification rationnelle, inhabituelle pour l'époque, donne à La Valette son caractère unique parmi les villes médiévales européennes : des rues droites qui se croisent à angle droit, des bastions puissants, des palais alignés selon des axes précis. La Valette fut également l'une des premières villes d'Europe à être dotée d'un système de tout-à-l'égout et d'un réseau d'eau courante.

Le Patrimoine UNESCO de La Valette et son titre de Capitale Européenne de la Culture en 2018 ont donné une nouvelle impulsion au développement culturel de la ville, avec l'inauguration notamment du Teatru Manoel rénové, du nouveau parlement conçu par l'architecte Renzo Piano, et de nombreuses initiatives culturelles qui ont transformé la perception de La Valette à l'échelle internationale. La candidature à la Capitale Européenne de la Culture a également permis de réhabiliter de nombreux bâtiments historiques laissés à l'abandon et de redonner vie à des quartiers entiers de la cité.

La Co-cathédrale Saint-Jean est sans aucun doute l'édifice le plus impressionnant de La Valette et l'un des chefs-d'œuvre absolus de l'art baroque en Europe. Construite entre 1572 et 1577 selon les plans de Girolamo Cassar, elle fut l'église conventuelle des Chevaliers de Saint-Jean. De l'extérieur, la façade est sobre et sévère, presque austère, ce qui rend l'intérieur d'autant plus saisissant. L'intérieur baroque de la cathédrale est d'une richesse déconcertante : le sol est entièrement pavé de 375 dalles de marbre polychrome, chacune ornée des armoiries d'un Chevalier défunt — une nécropole unique au monde par sa beauté et son originalité. Les murs et les voûtes sont recouverts de sculptures en bas-relief dorées représentant les scènes de la vie de saint Jean-Baptiste, réalisées par le sculpteur maltais Melchiorre Cafà et le Calabrais Mattia Preti. Chacune des neuf chapelles latérales appartient à l'une des langues de l'Ordre — les divisions nationales des Chevaliers — et rivalisent d'opulence et de magnificence dans leur décoration.

Mais le trésor absolu de la Co-cathédrale Saint-Jean, celui qui justifie à lui seul un voyage à Malte, est l'immense tableau du Caravage représentant La Décapitation de Saint Jean-Baptiste. Peinte en 1608 durant le court séjour du maître lombard à Malte, cette œuvre est la plus grande que le Caravage ait jamais réalisée — elle mesure 3,7 mètres de haut sur 5,2 mètres de large. C'est aussi la seule œuvre que l'artiste ait jamais signée, apposant sa signature dans le sang qui jaillit du cou décapité de saint Jean. Le tableau frappe par sa composition dramatique, son clair-obscur intense, la psychologie saisissante de ses personnages et son réalisme brutal qui tranche avec les conventions picturales de l'époque. À côté de cette chef-d'œuvre est exposée une autre œuvre du Caravage peinte à Malte, Saint Jérôme en méditation, d'une beauté et d'une profondeur spirituelle tout aussi remarquables. Le musée de la Co-cathédrale conserve également des tapisseries flamandes d'une grande valeur et de nombreux objets liturgiques précieux.

Le Palais du Grand Maître, qui occupe un îlot entier au centre de La Valette, fut la résidence officielle des Grands Maîtres de l'Ordre de Saint-Jean, puis du Gouverneur britannique, et sert aujourd'hui à la fois de siège de la Présidence de la République maltaise et de musée. La salle d'Armes, accessible au public, abrite l'une des plus importantes collections d'armures et d'armes de la Renaissance en Europe, avec des pièces exceptionnelles datant du XVIe au XVIIIe siècle. La salle des Ambassadeurs, où les Grands Maîtres recevaient les dignitaires étrangers, est ornée de portraits de tous les Grands Maîtres successifs et de fresques représentant les grandes batailles de l'Ordre. Les appartements de représentation et la salle du Trône, également ouverts au public lors d'expositions temporaires, témoignent de la fastueuse vie de cour qui régnait à La Valette sous les Chevaliers.

Le Musée National d'Archéologie, installé dans l'ancien Auberge de Provence — l'une des auberges nationales des Chevaliers — est indispensable pour comprendre l'histoire préhistorique de Malte. C'est là qu'est conservée la célèbre statuette de la Dame Endormie, découverte dans l'Hypogée de Ħal Saflieni, ainsi que de nombreux objets provenant des temples mégalithiques : figurines représentant les déesses mères de la civilisation des temples, outils en silex, poteries ornées de motifs géométriques, perles et bijoux. La collection constitue un témoignage unique sur la mystérieuse civilisation des temples qui prospéra à Malte entre 3600 et 2500 avant J.-C., sans équivalent connu dans l'histoire de l'humanité.

Les Jardins de l'Upper Barrakka sont l'un des lieux de promenade les plus agréables et les plus photographiés de La Valette. Aménagés au XVIe siècle par les Chevaliers comme jardin privé de l'Auberge d'Italie, ils offrent une vue panoramique imprenable sur le Grand Harbour, l'un des plus beaux ports naturels du monde, et sur les Trois-Cités de l'autre côté de la rade. C'est depuis ces jardins que l'on peut observer la Batterie de Salut, une cérémonie militaire traditionnelle au cours de laquelle des canons historiques sont tirés chaque jour à midi et, depuis peu, aussi à seize heures, en hommage à la tradition navale maltaise. La cérémonie attire de nombreux visiteurs et reste un moment de spectacle et d'histoire vivante.

La Rue Strait, ou Strada Stretta en maltais, fut pendant des siècles la rue la plus animée et la plus controversée de La Valette. Cette ruelle étroite et sombre, située dans le quartier bas de la ville, était connue sous le nom de The Gut — littéralement les entrailles — et accueillait bars, cabarets et maisons closes fréquentés par les marins des flottes alliées cantonnées à Malte, particulièrement pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui réhabilitée, la Rue Strait est devenue l'une des artères les plus branchées de La Valette, avec ses bars à cocktails, ses restaurants gastronomiques installés dans des bâtiments historiques rénovés et ses galeries d'art. Elle conserve cependant quelque chose de son atmosphère nocturne et de son caractère un peu rebelle qui en fait un endroit unique et inoubliable.

Le Théâtre Manoel, inauguré en 1731 par le Grand Maître António Manoel de Vilhena, est l'un des plus anciens théâtres encore en activité au monde. Ce bijou architectural de style baroque abrite une salle à l'italienne de 623 places, ornée de dorures et de velours, qui accueille tout au long de l'année une programmation variée incluant opéra, théâtre, ballet et concerts. Après une restauration complète réalisée pour la Capitale Européenne de la Culture 2018, le Théâtre Manoel a retrouvé toute sa splendeur d'origine et s'affirme comme l'une des scènes culturelles les plus importantes de la Méditerranée.

Les Trois-Cités — Vittoriosa, Senglea et Cospicua — sont les trois agglomérations médiévales situées sur les presqu'îles qui s'avancent dans le Grand Harbour face à La Valette. Ces villes, plus anciennes que La Valette elle-même, ont une âme authentique et populaire qui les distingue de la capitale et séduisent de plus en plus les visiteurs en quête d'une expérience maltaise non touristifiée. Vittoriosa, ou Birgu, est la plus historique des trois : c'est là que les Chevaliers s'établirent à leur arrivée à Malte en 1530, construisant leurs premières auberges et fortifications. Le Fort Saint-Ange, qui domine l'entrée du Grand Harbour depuis le bout de la presqu'île de Vittoriosa, est l'une des forteresses les plus impressionnantes de la Méditerranée, dont l'histoire remonte à l'Antiquité. Pendant le Grand Siège de 1565, ce fort fut le dernier bastion des Chevaliers face à l'armée ottomane de Soliman le Magnifique. Senglea, ou L-Isla, est la plus petite et la plus pittoresque des Trois-Cités, avec ses ruelles étroites, ses maisons aux balcons colorés et son jardin de la Gardjola qui offre une vue unique sur le Grand Harbour. Cospicua, ou Bormla, est la plus grande des trois et la moins touristique, avec un marché animé et une atmosphère de ville ouvrière qui lui est propre.

Le Grand Harbour de Malte est considéré comme l'un des ports naturels les plus beaux et les plus stratégiques du monde. Profond, bien abrité et vaste, il a joué un rôle décisif dans l'histoire de la Méditerranée depuis l'Antiquité. Les Phéniciens, les Romains, les Arabes, les Normands, les Chevaliers et les Britanniques ont tous reconnu et exploité sa valeur stratégique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Grand Harbour fut le théâtre d'un des sièges les plus intenses de l'histoire — Malte fut la région la plus bombardée du monde en 1942 — et les convois qui réussirent à atteindre le Grand Harbour sous les bombes sauvèrent littéralement l'île de la capitulation. La vue depuis les jardins de l'Upper Barrakka au coucher du soleil, lorsque la lumière dorée baigne les fortifications ocre et les eaux bleues du port, est l'une des plus belles de toute la Méditerranée.

Les Temples Préhistoriques — Merveille Mégalithique

Les temples mégalithiques de Malte constituent l'une des découvertes archéologiques les plus importantes et les plus stupéfiantes du XXe siècle. Classés au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1980, ils représentent certaines des structures autoportantes les plus anciennes du monde, construites entre 3600 et 2500 avant J.-C., soit plus de mille ans avant Stonehenge en Angleterre et les grandes pyramides d'Égypte. Ces monuments prodigieux témoignent d'une civilisation insulaire sophistiquée, la civilisation des temples, qui prospéra à Malte pendant plus de mille ans avant de disparaître mystérieusement vers 2500 avant J.-C., sans laisser de successeurs directs identifiables. L'ensemble du patrimoine mégalithique maltais — sept temples répartis sur deux sites à Malte et un à Gozo — est inscrit sous l'appellation générique Temples mégalithiques de Malte dans la liste du Patrimoine Mondial.

Le site de Ħaġar Qim et Mnajdra, situé dans le sud-ouest de Malte sur une falaise dominant la mer, est probablement le plus spectaculaire et le mieux conservé des complexes de temples maltais. Ħaġar Qim, dont le nom signifie en maltais pierres dressées, est composé de plusieurs temples aux orientations astronomiques précises. Le temple principal, construit en calcaire globigerina, présente une façade monumentale constituée de mégalithes atteignant six mètres de hauteur et pesant jusqu'à vingt tonnes. L'organisation intérieure des temples suit un plan caractéristique en forme de trèfle, avec des absides semi-circulaires disposées autour d'une nef centrale. Des autels, des niches décoratives et des puits d'offrandes témoignent de la fonction rituelle et religieuse des lieux. Des statues de divinités — notamment les imposantes statues féminines aux formes généreuses qui ont valu le surnom de déesses mères à la divinité centrale de la civilisation des temples — ont été découvertes dans ces enceintes.

À quelques centaines de mètres de Ħaġar Qim, le site de Mnajdra est encore plus impressionnant du point de vue de la sophistication astronomique. Les trois temples qui composent le complexe de Mnajdra sont orientés avec une précision remarquable par rapport aux cycles solaires. Lors des équinoxes de printemps et d'automne, les premiers rayons du soleil levant pénètrent exactement à travers l'entrée du temple sud et viennent illuminer l'autel central avec une précision qui ne doit rien au hasard. Lors des solstices d'été et d'hiver, les effets lumineux sont différents mais tout aussi précis et intentionnels. Cette maîtrise de l'astronomie par les bâtisseurs des temples, combinée à l'ampleur physique des constructions, témoigne d'une organisation sociale et d'un savoir-faire technique qui dépassent largement ce qu'on pourrait attendre d'une population insulaire de la préhistoire.

Les Temples de Tarxien, situés dans la localité de Tarxien au sud-est de Malte, ont été découverts fortuitement en 1914 par des agriculteurs qui creusaient leurs champs et butaient sur des pierres gigantesques. Le complexe de Tarxien comprend quatre temples communicants qui constituent l'ensemble mégalithique le plus élaboré architecturalement de Malte. Parmi les découvertes les plus remarquables effectuées à Tarxien figure une imposante statue de divinité féminine dont seule la partie inférieure — d'immenses cuisses et pieds de pierre — est conservée, le reste ayant été détruit. Des reliefs sculptés en spirales, motif récurrent dans l'art mégalithique maltais, ornent de nombreux panneaux et autels. Des preuves de sacrifices animaux — principalement des moutons, des chèvres et des porcs — ont été retrouvées dans les temples, fournissant des informations précieuses sur les pratiques rituelles de la civilisation des temples. Les originaux des sculptures les plus importantes découvertes à Tarxien sont exposés au Musée National d'Archéologie de La Valette, les copies étant exposées sur place pour permettre aux visiteurs de visualiser l'agencement original.

L'Hypogée de Ħal Saflieni est peut-être le site archéologique le plus extraordinaire et le plus émouvant de toute Malte. Classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1980, cet hypogée — terme grec désignant une structure souterraine — est une immense nécropole creusée à la main dans la roche calcaire sur trois niveaux, à une profondeur maximale de onze mètres. Construit entre 3600 et 2500 avant J.-C., il est considéré comme l'une des premières structures souterraines jamais créées par l'homme dans le monde. L'hypogée fut découvert par hasard en 1902 lors de travaux de construction d'habitations. Les fouilles archéologiques qui suivirent révélèrent qu'il avait servi à la fois de lieu de culte et de lieu de sépulture collectif : les restes de quelque 7 000 individus y furent découverts, répartis sur plusieurs siècles d'utilisation. Le site témoigne d'une maîtrise architecturale stupéfiante : certaines salles sont décorées de spirales peintes en ocre rouge, les seules peintures préhistoriques connues à Malte. La salle dite du Saint des Saints, au niveau inférieur, est une chambre circulaire dont l'acoustique exceptionnelle amplifie certaines fréquences de voix graves de manière quasi mystique — des études scientifiques récentes ont démontré que cette propriété acoustique n'était pas accidentelle mais délibérément construite par les bâtisseurs préhistoriques.

La Dame Endormie, figurine en terre cuite découverte dans l'hypogée et conservée au Musée National d'Archéologie de La Valette, est l'une des œuvres les plus célèbres et les plus énigmatiques de l'art préhistorique mondial. Cette petite statuette représente un personnage dont le sexe est sujet à débat — appelée La Dame Endormie par convention mais dont les formes corporelles généreuses et le vêtement en jupe suggèrent plutôt une figure féminine — allongé sur le côté dans une position de sommeil ou d'extase mystique. La qualité de modelage, la précision des détails anatomiques et l'expressivité du visage en font un chef-d'œuvre de la sculpture préhistorique, dont aucun équivalent n'a été trouvé nulle part ailleurs dans le monde.

Les Cart Ruts, ou rigoles de chariots, sont un autre mystère archéologique maltais qui fascine les chercheurs depuis des siècles. Ces rainures parallèles creusées dans la roche calcaire, parfois profondément, parfois de manière irrégulière, se trouvent dans de nombreux endroits de Malte, dont le site le plus connu est Misrah Ghar il-Kbir, surnommé Clapham Junction en référence au célèbre nœud ferroviaire londonien. L'origine et la fonction de ces rigoles restent débattues : ont-elles été créées par le passage répété de chariots à roues ? Servaient-elles de canaux d'irrigation ou de drainage ? Sont-elles liées à la culture des temples ou à une période ultérieure ? Aucune réponse définitive n'a encore été apportée, ce qui ajoute au caractère mystérieux et envoûtant de ces traces indéchiffrables.

La civilisation des temples, dont les monuments subsistent à Malte et à Gozo, reste l'une des plus énigmatiques de la préhistoire humaine. On ne sait presque rien d'elle en dehors de ce que révèlent les vestiges matériels : ses créateurs maîtrisaient l'architecture monumentale, l'astronomie, la sculpture et très probablement des formes de religion organisée autour du culte d'une divinité féminine. Et puis, vers 2500 avant J.-C., tout cela disparaît soudainement, sans transition ni successeurs directs. Les causes de cette disparition — épuisement des ressources, changement climatique, épidémies, invasion ? — restent inconnues, faisant des temples maltais un mystère archéologique peut-être insoluble, et d'autant plus fascinant.

Mdina et Rabat

Perchée sur un plateau calcaire au centre géographique de l'île de Malte, à 250 mètres au-dessus de la mer, Mdina est l'une des plus belles cités médiévales de la Méditerranée et mérite amplement son surnom de Cité du Silence. Ancienne capitale de l'île depuis l'époque romaine jusqu'à l'arrivée des Chevaliers de Saint-Jean au XVIe siècle, Mdina est aujourd'hui une ville quasi déshabitée, avec seulement quelques centaines de résidents permanents, dont la plupart appartiennent aux anciennes familles nobles maltaises qui occupent depuis des siècles les palais et les demeures aristocratiques qui longent ses ruelles pavées. Cette population minuscule confère à Mdina une atmosphère unique, hors du temps, particulièrement perceptible le soir lorsque les visiteurs sont partis et que la ville retrouve son calme presque irréel.

Les origines de Mdina remontent à la période carthaginoise et romaine, lorsque la ville, appelée Melita, était le principal centre administratif et résidentiel de l'île. Des fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges de cette période dans et autour de la cité. Sous la domination arabe, au IXe et au Xe siècle, la ville fut restructurée et rebaptisée Medina — terme arabe qui désigne simplement le centre urbain — dont dérive le nom actuel. Les Normands, qui conquirent Malte en 1090, poursuivirent le développement de la ville, lui donnant son caractère médiéval actuel. Après l'arrivée des Chevaliers de Saint-Jean en 1530, ceux-ci choisirent de s'établir à Birgu (Vittoriosa) plutôt qu'à Mdina, puis fondèrent La Valette en 1566, faisant perdre à Mdina son rôle de capitale tout en préservant son caractère aristocratique.

Les fortifications de Mdina, en partie médiévales et en partie remaniées à l'époque baroque, sont impressionnantes et bien conservées. On accède à la cité par un pont-levis et une porte monumentale baroque construits au XVIIIe siècle par le Grand Maître António Manoel de Vilhena, qui fit également aménager la place extérieure à laquelle cette porte donne accès. À l'intérieur des remparts, les ruelles étroites et sinueuses invitent à la déambulation et à la découverte de palais seigneuriaux aux façades ornées de blasons, d'édifices religieux, de cours secrètes et de jardins cachés. La vue depuis les remparts sur la campagne maltaise et sur le reste de l'île est spectaculaire, notamment au lever et au coucher du soleil.

La Cathédrale Saint-Paul de Mdina est l'un des plus beaux exemples d'architecture baroque à Malte. L'édifice actuel, construit entre 1697 et 1702 sur l'emplacement d'une église normande antérieure, est dû à l'architecte Lorenzo Gafà, principal représentant du baroque maltais. La légende veut que la première église construite à cet emplacement commémore la maison de Publius, gouverneur romain de l'île qui accueillit saint Paul lors de son naufrage en 60 après J.-C. et fut baptisé par l'apôtre, devenant ainsi le premier évêque de Malte. L'intérieur de la cathédrale, sobre et élégant, conserve de beaux tableaux et une crypte contenant des sarcophages de personnages illustres de l'histoire maltaise. Le Musée de la Cathédrale, adjacent à l'édifice, abrite une remarquable collection d'œuvres d'art religieux, dont des gravures d'Albrecht Dürer et d'autres maîtres de la gravure européenne.

Le Palazzo Falson, également connu sous le nom de Norman House en raison d'éléments architecturaux remontant au XIIe siècle, est le plus vieux palais habité de Mdina. Restauré et ouvert au public en 2007, il abrite une extraordinaire collection d'objets d'art réunie par le capitaine Olof Hanson, un collectionneur suédois qui vécut à Mdina dans la première moitié du XXe siècle. La collection comprend des armes et armures, des peintures de maîtres, des argenteries, des objets de navigation, des tapis orientaux et bien d'autres trésors disposés dans les pièces du palais comme si leur propriétaire venait de les quitter, conférant au musée une atmosphère d'intimité et d'authenticité qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.

Attenante à Mdina mais extra-muros, la localité de Rabat est inséparable de l'histoire de la cité silencieuse. Moins aristocratique et plus animée que sa voisine, Rabat possède pourtant des attraits archéologiques et religieux de premier ordre. Les Catacombes de Saint-Paul constituent le réseau souterrain funéraire paléochrétien le plus important de Malte. Creusées dans la roche calcaire entre le IIIe et le VIIe siècle après J.-C., elles s'étendent sur plusieurs kilomètres de galeries et comprennent de nombreuses tombes individuelles et familiales, des agapes — tables rituelles circulaires où les premiers chrétiens se réunissaient pour partager un repas en commun en souvenir des défunts — et des chapelles rupestres ornées de fresques partiellement conservées. La grotte de saint Paul, accessible dans l'église du même nom à Rabat, est vénérée comme le lieu où l'apôtre aurait séjourné et prêché lors de son hivernage à Malte après son naufrage.

Les Catacombes de Sainte-Agathe, situées à proximité immédiate des catacombes de Saint-Paul, sont moins étendues mais remarquables par leurs fresques paléochrétiennes et byzantines, notamment une représentation de la Vierge à l'Enfant d'une grande beauté. La Domus Romana, musée situé à Rabat sur l'emplacement d'une luxueuse villa romaine du Ier siècle avant J.-C., présente d'exceptionnelles mosaïques de sol représentant des scènes mythologiques et des bordures géométriques, révélatrices du niveau de raffinement de la société romaine qui occupait Malte à cette époque.

Rabat est aussi le lieu idéal pour goûter aux pastizzi, ces feuilletés maltais au fromage ricotta ou aux petits pois qui sont l'un des snacks les plus populaires et les plus authentiques de la cuisine maltaise. Les pastizzeriji de Rabat, notamment le célèbre Crystal Palace qui a servi des générations de Maltais et de visiteurs, offrent ces petits feuilletés chauds et croustillants à quelques cents l'unité — un régal simple et inoubliable.

L'île de Gozo

Gozo, la deuxième île de l'archipel maltais, est un monde à part entière, nettement différent de Malte par son atmosphère, son paysage et son rythme de vie. Plus petite, plus verte, plus calme et plus agricole que l'île principale, Gozo est souvent décrite par ceux qui la visitent comme la Malte d'autrefois, avant le développement touristique massif. Les Gozitans eux-mêmes se distinguent fièrement des Maltais, cultivant une identité propre fondée sur leurs traditions, leur dialecte légèrement différent du maltais standard et leur attachement viscéral à leur île. Gozo est accessible depuis le port de Cirkewwa, au nord de Malte, par un bac qui effectue la traversée en vingt-cinq minutes environ, avec des départs toutes les quarante-cinq minutes.

Victoria, ou Rabat en maltais, est la capitale de Gozo, avec environ 6 000 habitants. Ville vivante et commerçante, elle s'organise autour de la place principale, Il-Pjazza, bordée de cafés et de magasins, et de la rue de la République. Mais l'attraction principale de Victoria est sans conteste la Citadelle, connue en maltais comme Il-Kastell. Perchée sur un éperon rocheux qui domine toute l'île, la Citadelle est un ensemble fortifié médiéval dont les origines remontent à l'époque romaine et qui fut successivement renforcé par les Arabes, les Normands, les Chevaliers et les Britanniques. Classée au Patrimoine Mondial de l'UNESCO dans le cadre de la candidature Città Storiche de Malte, la Citadelle fut pendant des siècles le refuge de toute la population de Gozo contre les raids des pirates barbaresques. La tradition voulait que les Gozitans rentrent dans les murs de la Citadelle chaque soir avant la fermeture des portes — une habitude née de la terreur des raids. En 1551, des corsaires ottomans sous les ordres de Dragut réduisirent en esclavage la quasi-totalité de la population de Gozo, événement traumatisant qui marqua durablement la mémoire collective de l'île. La Citadelle abrite une cathédrale baroque aux trompe-l'œil spectaculaires, plusieurs musées et une vue panoramique à 360 degrés sur toute l'île qui vaut à elle seule le déplacement.

La Basilique de Ta' Pinu, sanctuary marial érigé entre 1920 et 1931 dans la campagne gozitane, est l'un des lieux de pèlerinage les plus importants de Malte. Son histoire remonte à 1883, lorsqu'une paysanne locale, Carmela Grima, affirma avoir entendu une voix mystérieuse l'appeler depuis une petite chapelle dédiée à la Vierge dans les champs. Des guérisons miraculeuses attribuées à l'intercession de la Vierge de Ta' Pinu firent rapidement la réputation du lieu, attirant des pèlerins de tout l'archipel maltais. La basilique actuelle, construite en style néo-roman utilisant le calcaire local, est un édifice imposant qui contraste avec la tranquillité du paysage agricole environnant. Les galeries latérales de la basilique sont ornées d'ex-votos — plaques votives, peintures, béquilles, prothèses et autres objets — déposés en remerciement pour des grâces obtenues, formant une galerie de la foi populaire maltaise particulièrement émouvante.

La Fenêtre Azur, ou Azure Window en anglais, fut pendant des décennies le symbole iconique de Gozo et l'une des formations rocheuses les plus photographiées de la Méditerranée. Cette arche naturelle de calcaire, haute de vingt-huit mètres, s'élevait au-dessus de la mer à Dwejra, sur la côte ouest de Gozo, offrant un cadrage naturel spectaculaire sur les eaux bleues de la baie. La série télévisée Game of Thrones y tourna notamment la scène du mariage de Daenerys Targaryen et Khal Drogo dans le premier épisode, rendant la Fenêtre Azur célèbre à l'échelle mondiale. Malheureusement, le 8 mars 2017, après des jours de tempêtes exceptionnelles, l'arche s'effondra dans la mer sous les yeux de quelques témoins médusés. La disparition de la Fenêtre Azur fut ressentie comme un deuil par la population maltaise et fit l'objet d'une couverture médiatique internationale. Aujourd'hui, le site de Dwejra conserve néanmoins une grande beauté et un grand intérêt : la Mer Intérieure, un lagon semi-fermé accessible depuis la mer par un tunnel naturel creusé dans la falaise, offre une expérience unique de navigation en barque, et le Blue Hole, trou bleu circulaire d'une profondeur d'environ quinze mètres creusé dans la roche, est l'un des sites de plongée les plus réputés de la Méditerranée.

La Baie de Xlendi, dans le sud-ouest de Gozo, est l'un des endroits les plus pittoresques de l'île. Ce fjord encaissé entre des falaises calcaires abruptes abrite un petit village de pêcheurs qui s'est progressivement développé en station balnéaire modeste et agréable. Des restaurants de fruits de mer bordent le front de mer, et la plage, bien que petite, est très fréquentée en été. Les falaises environnantes offrent de belles possibilités de randonnée et de plongée, notamment dans une grotte sous-marine accessible depuis la plage.

La Baie de Ramla, sur la côte nord de Gozo, est la plus grande et la plus belle plage de l'île, célèbre pour son sable d'une teinte rouge-orangé due à la présence de minerais ferreux dans le calcaire environnant. Bordée de collines couvertes de végétation méditerranéenne et de vignes, la Baie de Ramla offre une atmosphère plus sauvage et naturelle que les plages de Malte. Sous la dune derrière la plage, on peut voir les vestiges d'une villa romaine découverte lors de fouilles archéologiques. La plage était autrefois gardée par une tour de défense, la Tour de Ramla, construite par les Chevaliers de Saint-Jean pour surveiller les débarquements potentiels d'envahisseurs.

Les salines de Gozo, situées à Xwejni sur la côte nord de l'île, sont parmi les plus belles et les mieux conservées de la Méditerranée. Ces bassins de sel taillés à la main dans la roche calcaire, disposés en gradins le long du rivage, sont exploités depuis l'époque romaine par les familles de sauniers gozitans selon des méthodes traditionnelles inchangées depuis des siècles. Chaque printemps, lorsque les pluies hivernales cessent, les bassins sont ouverts à l'eau de mer et laissés à l'évaporation sous le soleil d'été, produisant un sel blanc pur qui est récolté à la main à l'automne. Le sel de Gozo, vendu dans des sachets artisanaux aux visiteurs, est un produit gastronomique de grande qualité, utilisé par de nombreux chefs et recommandé comme souvenir authentique.

Les maisons rurales de Gozo, les farmhouses, constituent un type d'hébergement très apprécié des visiteurs qui souhaitent s'immerger dans l'atmosphère tranquille de l'île. Ces maisons traditionnelles en pierre calcaire, souvent isolées dans la campagne ou dans de petits villages, ont été rénovées avec soin pour offrir tout le confort moderne tout en conservant leur charme authentique. Généralement dotées d'une piscine privée et d'un jardin, elles sont idéales pour des séjours en famille ou entre amis et offrent une expérience bien plus personnelle et intime que l'hôtellerie classique. Le rythme de vie à Gozo invite naturellement à la détente, aux promenades dans les champs, aux repas prolongés en terrasse et aux couchers de soleil sur la mer.

Les Temples de Ggantija, situés sur les hauteurs de Xagħra à Gozo, sont les plus anciens des temples mégalithiques de l'archipel maltais, construits entre 3600 et 3200 avant J.-C. — les plus vieux temples religieux autoportants connus dans le monde. Inscrits au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, ils comprennent deux temples contigus entourés d'un mur d'enceinte commun d'une hauteur pouvant atteindre six mètres dans certaines sections. Le nom Ggantija dérive du mot maltais pour géant, gigan, reflet de la tradition populaire qui attribuait la construction de ces structures démesurées à une race de géants. Le temple sud, le mieux conservé des deux, est particulièrement impressionnant par l'ampleur de ses mégalithes et la qualité de sa construction.

Comino et le Lagon Bleu

Comino est la plus petite des trois îles habitées de l'archipel maltais, avec ses 2,7 kilomètres carrés de calcaire et de garrigue aride. Elle ne compte qu'un seul établissement hôtelier ouvert en saison, et sa population permanente se réduit à quelques familles pendant les mois d'hiver, faisant de Comino l'une des destinations les moins peuplées d'Europe tout en étant paradoxalement l'une des plus visitées en nombre de visiteurs par kilomètre carré pendant l'été. Cette contradiction s'explique par la présence du Lagon Bleu, l'une des piscines naturelles les plus photogéniques et les plus célébrées de la Méditerranée.

Le Lagon Bleu est une échancrure de la côte nord-ouest de Comino, délimitée par les rochers de l'îlot de Cominotto et les falaises blanches de l'île principale. Les eaux y sont d'une transparence absolue, d'une teinte variant du turquoise pâle au bleu profond selon la profondeur et l'angle de la lumière, dans un décor de rochers calcaires immaculés. Par beau temps, la couleur et la clarté de l'eau sont véritablement extraordinaires, justifiant pleinement les millions de photos publiées sur les réseaux sociaux chaque été. La baignade dans le Lagon Bleu est une expérience inoubliable pour qui arrive tôt le matin ou hors saison — l'eau est douce, limpide et d'une température agréable de mai à octobre.

Le problème du Lagon Bleu, reconnu ouvertement par les autorités maltaises du tourisme, est son surpeuplement estival. En plein mois de juillet ou août, des centaines de bateaux et de ferries déversent leurs passagers dans le lagon dès les premières heures du matin, transformant les eaux turquoise en un spectacle peu glorieux de milliers de baigneurs, de pédalos et de yachts qui se disputent chaque centimètre carré d'eau et de rocher. L'impact environnemental de cette fréquentation massive est préoccupant, et des mesures de régulation de l'accès au lagon sont régulièrement débattues par les autorités maltaises. Pour profiter du Lagon Bleu dans des conditions idéales, il est donc fortement conseillé de s'y rendre en dehors de la haute saison estivale, ou très tôt le matin avant l'arrivée des premiers bateaux depuis La Valette, Sliema et Mġarr à Gozo.

Les bateaux pour Comino partent régulièrement depuis le port de La Valette, depuis le ferry terminal de Sliema et depuis Mġarr à Gozo. La traversée depuis Mġarr est la plus courte, environ quinze minutes. Des excursions organisées combinant la visite du Lagon Bleu et de la Grotte Bleue de Malte sont proposées par de nombreux opérateurs touristiques. Il est également possible de naviguer tout autour de Comino en kayak ou en bateau à moteur de location, découvrant ainsi de nombreuses criques, falaises et grottes marines qui bordent l'île.

La Grotte Bleue, sur la côte sud de Malte (et non à Comino, malgré la similitude du nom), est une autre merveille naturelle de l'archipel. Ce complexe de sept grottes marines creusées dans les falaises calcaires produit un effet lumineux extraordinaire : la lumière solaire filtrée par l'eau se reflète sur les parois des grottes en teintes bleu cobalt et violet, créant une ambiance quasi fantastique. On peut visiter la Grotte Bleue en bateau depuis le petit port de Wied iż-Żurrieq. Le Crystal Lagoon, autre écrin d'eaux turquoise situé sur la côte est de Comino, est moins fréquenté que le Lagon Bleu et offre une alternative apaisante pour ceux qui recherchent la tranquillité.

Les Chevaliers de Saint-Jean et L'histoire Maltaise

L'histoire de Malte est une succession de conquêtes, d'occupations et de résistances qui ont façonné de manière unique le caractère et l'identité de ses habitants. Comprendre cette histoire est indispensable pour apprécier pleinement la richesse du patrimoine maltais et la complexité de sa culture, mélange extraordinaire d'influences sémitiques, européennes et méditerranéennes.

Les origines de la présence humaine à Malte remontent à environ 5900 avant J.-C., lorsque les premiers colons, probablement venus de Sicile distante d'à peine quatre-vingt-dix kilomètres, débarquèrent sur ces rivages et commencèrent à défricher et à cultiver la terre. Ces premiers habitants, qui n'ont laissé ni écriture ni traces de leur langue, furent les bâtisseurs des temples mégalithiques qui constituent aujourd'hui l'un des patrimoines archéologiques les plus précieux de l'humanité. Vers 2500 avant J.-C., cette civilisation des temples disparut mystérieusement, remplacée par de nouvelles populations qui introduisirent à Malte le bronze et l'inhumation dans des dolmens.

La colonisation phénicienne de Malte, à partir du IXe siècle avant J.-C., marqua le début d'une période de relations intenses avec les grandes puissances commerçantes de la Méditerranée. Les Phéniciens, navigateurs et marchands hors pair, reconnurent dans les ports naturels de Malte une escale idéale sur les routes commerciales entre l'Orient et l'Occident. Ils introduisirent leur langue sémitique, ancêtre direct du maltais moderne, et leur culture, qui imprégna durablement l'identité de l'archipel. Les Carthaginois, héritiers des Phéniciens, prirent le contrôle de Malte vers le VIe siècle avant J.-C. et en firent une base militaire et navale importante.

La conquête romaine de Malte en 218 avant J.-C., lors de la Deuxième Guerre Punique, intégra l'archipel dans l'orbite culturelle et politique de Rome. Les Romains développèrent significativement les villes de l'île, notamment Melita — l'actuelle Mdina — et son port, laissant de nombreuses traces de leur présence dont les mosaïques de la Domus Romana à Rabat et diverses inscriptions et objets conservés dans les musées maltais. C'est sous la domination romaine que se situe l'épisode biblique du naufrage de saint Paul à Malte, rapporté dans les Actes des Apôtres. En l'an 60 après J.-C., le navire sur lequel l'apôtre était transporté vers Rome, en qualité de prisonnier, fut pris dans une tempête et s'échoua sur la côte nord-est de Malte. Paul passa l'hiver à Malte, guérit miraculeusement le père du gouverneur Publius et évangélisa la population, faisant de Malte l'une des premières contrées à se convertir au christianisme.

La domination byzantine sur Malte, à partir du IVe siècle de notre ère, fut suivie par la conquête arabe en 870 après J.-C. Les Arabes tinrent Malte pendant environ deux siècles, une période qui laissa des traces profondes et durables sur la langue, la toponymie et l'agriculture de l'île. L'arabe sicilien parlé par les conquérants se fondit avec les dialectes locaux pour donner naissance à la proto-langue maltaise. La plupart des noms de villages et de localités à Malte sont d'origine arabe : Rabat, Qormi, Qrendi, Mġarr, Żejtun — noms qui témoignent encore aujourd'hui de cette présence millénaire. L'agriculture maltaise fut considérablement enrichie par les techniques d'irrigation et les nouvelles cultures introduites par les Arabes, notamment les agrumes, le coton et diverses plantes médicinales.

La conquête normande de Malte en 1090 par le comte Roger Ier de Sicile marqua le retour de l'île dans l'orbite chrétienne et européenne. Les Normands, puis leurs successeurs souabes, angevins et aragonais, développèrent Malte tout en maintenant une population mixte de chrétiens et de musulmans. La construction de la cathédrale de Mdina et de nombreuses églises rurales data de cette période. En 1530, après une longue période de gouvernement des rois d'Aragon puis d'Espagne, l'Ordre Souverain et Militaire de Saint-Jean de Jérusalem — les Chevaliers de Saint-Jean — reçut de l'Empereur Charles Quint les îles de Malte et de Gozo, ainsi que la citadelle de Tripoli, moyennant le paiement symbolique d'un faucon par an — le fameux Faucon de Malte rendu célèbre par le roman policier de Dashiell Hammett.

L'Ordre des Chevaliers de Saint-Jean avait été fondé à Jérusalem au XIe siècle comme organisation hospitalière pour soigner les pèlerins malades. Progressivement militarisé, l'Ordre devint une force militaire redoutable qui défendit la Terre Sainte jusqu'à la chute de Saint-Jean d'Acre en 1291, puis se retira successivement à Chypre, à Rhodes — où il résida pendant deux siècles — et finalement à Malte. Les Chevaliers étaient organisés selon leur nationalité en huit Langues : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Castille-Léon-Portugal, Angleterre et Allemagne, chacune dirigée par un Pilier et disposant d'une Auberge à La Valette. À leur apogée, les Chevaliers formaient une aristocratie militaire et religieuse d'une sophistication remarquable, maîtrisant à la fois les arts de la guerre, de la navigation et de la médecine. Ils fondèrent à La Valette le premier hôpital moderne au sens contemporain du terme, le Sacra Infermeria, qui offrait des soins gratuits à tous, quelle que soit leur origine ou leur religion.

Le Grand Siège de Malte de 1565 est l'un des épisodes militaires les plus dramatiques et les plus décisifs de l'histoire méditerranéenne. L'Empire Ottoman, alors à l'apogée de sa puissance sous Soliman le Magnifique, décida d'éliminer définitivement la menace que représentaient les Chevaliers pour ses voies maritimes méditerranéennes. Une flotte et une armée considérables — environ 40 000 hommes selon les sources ottomanes, chiffre probablement surestimé mais qui reste impressionnant — furent envoyées contre Malte, défendue par environ 9 000 hommes dont seulement 700 Chevaliers proprement dits, sous le commandement du Grand Maître Jean de Valette. Le siège dura du 18 mai au 8 septembre 1565, soit près de quatre mois d'une intensité brutale. Les combats pour les forts Saint-Elme, Saint-Michel et Saint-Ange furent acharnés et sanglants des deux côtés. Le fort Saint-Elme, situé à la pointe de la presqu'île du Mont Sciberras où se dresserait bientôt La Valette, fut pris par les Ottomans après une résistance héroïque au cours de laquelle tous ses défenseurs périrent. La légende veut que lorsque les corps des Chevaliers morts furent envoyés à La Valette sur des croix de bois flottant sur l'eau, Jean de Valette répondit en faisant décapiter tous les prisonniers ottomans et en utilisant leurs têtes comme boulets de canon. Finalement, l'arrivée d'un corps de secours espagnol depuis la Sicile, le 7 septembre 1565, contraignit les Ottomans à lever le siège. La victoire des Chevaliers eut des répercussions considérables dans toute l'Europe chrétienne, stoppant l'expansion ottomane en Méditerranée occidentale. Jean de Valette, héros du siège, consacra les dernières années de sa vie à la construction de la nouvelle capitale qui porta son nom.

La domination napoléonienne à Malte fut brève mais traumatisante. En juin 1798, la flotte de Napoléon Bonaparte, en route pour l'Égypte, s'arrêta à Malte sous prétexte de faire de l'eau douce. Les Chevaliers, affaiblis par les idées révolutionnaires qui avaient sapé leur recrutement en France et en proie à des divisions internes, se rendirent sans résistance après seulement une journée de négociations. Napoléon séjourna six jours à Malte, y promulguant de nombreuses réformes inspirées des idéaux révolutionnaires : suppression des institutions féodales, émancipation des esclaves, liberté de la presse. Mais il prit également soin de piller systématiquement les trésors accumulés par les Chevaliers pendant deux siècles — l'argenterie, les bijoux, les fonds des banques et même les chandeliers d'argent de la Co-cathédrale Saint-Jean furent embarqués sur les navires français. Cette spoliation, conjuguée aux réquisitions et aux comportements arrogants des soldats français, suscita rapidement une révolte de la population maltaise. Les insurgés maltais firent appel à l'aide du Royaume-Uni, qui envoya une flotte bloquer Malte par mer tandis que les rebelles assiégeaient les Français à La Valette et dans quelques forteresses. Les Français capitulèrent en septembre 1800 après deux ans de blocus, et les Britanniques prirent le contrôle de Malte. Le Traité de Paris de 1814 confirma officiellement la souveraineté britannique sur l'archipel.

Sous la domination britannique, qui dura de 1800 à 1964, Malte se développa considérablement, notamment grâce à son rôle stratégique de base navale au cœur de la Méditerranée. Les Britanniques construisirent des docks, des chantiers navals, des fortifications et des installations militaires considérables, notamment dans le Grand Harbour. Ils y apportèrent également leurs institutions — un système parlementaire fut introduit dès 1849 — leur langue et certains de leurs modes de vie qui se fondirent avec les traditions maltaises. L'usage de l'anglais comme langue officielle aux côtés du maltais, encore en vigueur aujourd'hui, remonte à cette époque. La cuisine maltaise assimila certaines influences britanniques, comme le pastime de manger des fish and chips ou le thé de l'après-midi, tout en préservant l'essentiel de ses traditions méditerranéennes.

La Seconde Guerre mondiale fut pour Malte une période d'épreuves extrêmes. Dès l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés de l'Allemagne nazie en juin 1940, Malte se trouva en première ligne, à seulement quatre-vingt-dix kilomètres des côtes siciliennes et des aérodromes de la Luftwaffe et de la Regia Aeronautica. Les bombardements commencèrent le 11 juin 1940 et ne cessèrent pratiquement plus jusqu'en novembre 1942. Entre 1940 et 1942, Malte fut la région la plus bombardée du monde, subissant plus de raids aériens que n'importe quelle autre cible alliée : environ 3 000 alertes aériennes et 14 000 tonnes de bombes larguées par les Allemands et les Italiens. Pourtant, la population maltaise résista avec un courage et une endurance extraordinaires. La résistance de Malte était cruciale sur le plan stratégique, car l'île servait de base avancée pour attaquer les convois ravitaillant les troupes de l'Axe en Afrique du Nord sous Rommel. C'est en reconnaissance de cette résistance héroïque que le Roi George VI décerna en avril 1942 à Malte dans son ensemble la Croix de Georges, la plus haute décoration civile britannique — une distinction unique dans l'histoire, la seule fois qu'une île entière a reçu cette récompense. Cette Croix de Georges figure aujourd'hui sur le drapeau national de Malte.

L'indépendance de Malte fut proclamée le 21 septembre 1964, à l'issue d'un processus de décolonisation pacifique et négocié avec le Royaume-Uni. Malte devint une monarchie constitutionnelle dans le Commonwealth britannique avant de proclamer la République le 13 décembre 1974. Le retrait des troupes britanniques et la fermeture de leurs bases militaires, finalisés en 1979, marquèrent la fin définitive de la présence militaire étrangère sur l'île. Malte adhéra à l'Union Européenne le 1er mai 2004 et adopta l'Euro en janvier 2008. Ces étapes successives ont transformé Malte en un État moderne, démocratique et prospère, fortement intégré dans l'économie et la culture européennes tout en préservant jalousement son identité distincte.

La langue maltaise, le malti, est l'un des éléments les plus remarquables et les plus singuliers de l'identité maltaise. Seule langue sémitique au monde à s'écrire en alphabet latin, le maltais est directement issu de l'arabe sicilien parlé par les conquérants arabes qui occupèrent Malte entre 870 et 1090. Au fil des siècles, cette base arabe s'est enrichie d'emprunts massifs au sicilien et à l'italien, puis au français — notamment à travers le vocabulaire lié aux Chevaliers — et enfin à l'anglais durant la période britannique. Le résultat est une langue d'une grande originalité, aux sonorités à la fois familières et exotiques pour une oreille européenne, avec sa phonétique gutturale héritée de l'arabe et ses mots italianisés qui pointent vers le monde roman. Le maltais est la seule langue officielle de l'Union Européenne à appartenir à la famille des langues sémitiques, et l'une des très rares langues sémitiques à utiliser l'alphabet latin.

Tous les Sites du Patrimoine Mondial de L'unesco À Malte

Malte possède un patrimoine mondial UNESCO d'une richesse exceptionnelle pour un si petit territoire. Les sites inscrits représentent différentes périodes de l'histoire humaine et témoignent de la diversité et de la profondeur du patrimoine maltais.

La Cité de La Valette fut inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1980. La Valette est reconnue comme une ville remarquable du point de vue de l'architecture baroque et de l'urbanisme Renaissance. Fondée en 1566 par les Chevaliers de Saint-Jean après le Grand Siège, elle fut conçue selon un plan en grille régulier par Francesco Laparelli et réalisée par Girolamo Cassar. La concentration exceptionnelle de monuments historiques — palais, auberges des langues, co-cathédrale, jardins et remparts — dans un espace urbain très réduit justifie pleinement son inscription. L'UNESCO la décrit comme une ville dont chaque rue révèle un monument nouveau.

Les Temples Mégalithiques de Malte constituent le deuxième site UNESCO de l'archipel, inscrit en 1980 et étendu en 1992 pour inclure Ggantija à Gozo. Ce bien en série comprend sept temples répartis sur plusieurs sites : Ħaġar Qim, Mnajdra, Skorba et Tarxien sur l'île de Malte, et Ggantija sur l'île de Gozo. Ces temples, construits entre 3600 et 2500 avant J.-C., représentent les structures autoportantes les plus anciennes du monde. Leur valeur universelle exceptionnelle réside dans leur ancienneté sans équivalent, leur sophistication architecturale et leur témoignage sur une civilisation préhistorique unique. Le site de Ggantija, à Gozo, est le plus ancien des temples maltais et fut inscrit séparément dès 1980 avant d'être intégré dans la série globale des temples maltais.

L'Hypogée de Ħal Saflieni, inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1980, est le troisième bien UNESCO de Malte et certainement le plus mystérieux. Cette nécropole souterraine néolithique, creusée à la main dans la roche calcaire sur trois niveaux entre 3600 et 2500 avant J.-C., abrita les restes de quelque 7 000 individus et servit de lieu de culte à la civilisation des temples. La sophistication architecturale de l'hypogée, avec ses chambres voûtées, ses niches décoratives et son acoustique intentionnelle, témoigne d'un savoir-faire et d'une vision architecturale extraordinaires pour l'époque. L'Hypogée est l'un des rares exemples de temple et nécropole préhistoriques souterrains dans le monde.

Ces trois biens UNESCO — La Valette, les Temples Mégalithiques et l'Hypogée — font de Malte l'un des pays au monde avec la plus forte densité de patrimoine mondial UNESCO par kilomètre carré. Ce record est d'autant plus remarquable que les sites couvrent des périodes historiques radicalement différentes, allant de la préhistoire au XVIIe siècle, témoignant de la continuité et de la diversité exceptionnelles de l'occupation humaine de cet archipel.

Gastronomie Maltaise et Culture Culinaire

La cuisine maltaise est le reflet vivant de l'histoire mouvementée de l'archipel : un carrefour de saveurs méditerranéennes où se rencontrent les influences arabes, siciliennes, italiennes, espagnoles, françaises et britanniques, le tout réinterprété par des siècles de tradition locale et des contraintes spécifiques à la vie insulaire. Simple et généreuse, la cuisine maltaise valorise les produits locaux — légumes du terroir, poisson de la Méditerranée, viande de lapin, herbes aromatiques — et les préparations lentes qui tirent le meilleur parti d'ingrédients parfois modestes.

Les pastizzi sont le snack maltais par excellence, la street food incontournable que l'on trouve dans toutes les pastizzeriji — boulangeries-pâtisseries — de l'archipel, souvent ouvertes dès l'aube et fréquentées par une clientèle de travailleurs, d'étudiants et de noctambules jusqu'aux premières heures du matin. Ces petits feuilletés en forme de losange ou de demi-lune sont fourrés soit de fromage ricotta fraîche légèrement poivrée, soit de petits pois épicés et fondants, parfois agrémentés d'oignons et d'herbes. La pâte feuilletée, particulièrement croustillante et beurrée, est un hommage à la pâtisserie méditerranéenne à sa plus simple et sa plus délicieuse expression. On déguste les pastizzi chauds, à peine sortis du four, accompagnés d'un café noir bien serré ou d'un verre de Kinnie. À quelques centimes l'unité, ils sont l'une des expériences gastronomiques les plus authentiques et les plus abordables de Malte.

La ftira maltaise, pain traditionnel à base de farine de blé dur cuit au four à pierre, a été reconnue en 2020 par l'UNESCO comme Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité, distinction hautement symbolique pour cet aliment du quotidien. La ftira est un pain plat, légèrement creux en son centre, avec une croûte dorée et croustillante et une mie dense et savoureuse. On la consomme fraîche, généralement coupée en deux et garnie d'une multitude d'ingrédients : tomates, câpres, olives, thon, anchois, fromage gbejniet, huile d'olive et herbes aromatiques. La ftira bil-lampuki, garnie de la célèbre coryphène maltaise, est une association particulièrement délicieuse et typiquement maltaise. Des variantes régionales de la ftira existent dans tout l'archipel, avec des garnitures différentes selon les localités et les saisons.

Le fenek, ou lapin domestique, est le plat national maltais par excellence, présent sur toutes les tables familiales et dans presque tous les restaurants traditionnels de l'île. L'importance du lapin dans la cuisine maltaise remonte à plusieurs siècles : les Chevaliers de Saint-Jean réservaient longtemps la chasse au lapin sauvage à leur usage exclusif, ce qui développa chez la population maltaise un véritable engouement pour l'élevage du lapin domestique. La préparation la plus traditionnelle est le fenek moqli, lapin frit à l'huile d'olive avec de l'ail, du romarin et des épices, puis mijoté longuement dans du vin rouge local et de l'eau jusqu'à ce que la chair devienne confite et fondante. Le fenek fl-imbid, lapin braisé au vin, est une autre préparation classique qui embaume les cuisines maltaises lors des repas dominicaux. Les abats de lapin, notamment le foie, sont également très appréciés. La fête traditionnelle du lapin, Il-Festa tal-Fenek, qui se tient chaque année dans le village de Mġarr, est une célébration joyeuse et conviviale autour de ce mets emblématique.

La lampuki, ou coryphène dorée (Coryphaena hippurus), est le poisson-roi de la gastronomie maltaise. Ce poisson pélagique de haute mer, au corps élancé et aux reflets dorés et bleus iridescents, migre vers les eaux maltaises entre août et novembre, provoquant une véritable effervescence dans toute l'île. La pêche à la lampuki est une tradition ancestrale qui fait appel à une technique particulière : les pêcheurs disposent en mer de radeaux flottants appelés kannizzati, fabriqués traditionnellement à partir de palmes de palmier, qui attirent les lampuki en quête d'ombre dans les eaux ouvertes. Le poisson est ensuite péché à la ligne ou au filet autour de ces radeaux. La lampuki se prépare de nombreuses façons : frite à la poêle, cuite au four avec des tomates et des câpres, en torta tal-lampuki — une tarte salée aux légumes et au poisson très prisée — ou simplement grillée avec de l'huile d'olive et du citron. La saison courte de la lampuki est très attendue chaque année et les restaurants arborent fièrement l'annonce de son arrivée sur leurs ardoises.

Les bragioli sont des roulades de viande de bœuf fines fourrées d'un hachis de pain, d'œuf dur, d'herbes et parfois d'olives et de câpres, mijotées longuement dans une sauce tomate riche et parfumée. Ce plat, d'origine clairement sicilienne, est devenu un classique de la cuisine maltaise et figure dans les menus des restaurants traditionnels comme des tables familiales. La cuisson lente est la clé du succès des bragioli, la viande devenant fondante et la sauce réduisant à une consistance veloutée.

La bigilla est une pâte de fèves sèches qui sert de trempette ou de tartinade, consommée froide avec du pain ou des crackers. Assaisonnée d'huile d'olive, d'ail, de menthe fraîche et parfois de piment, la bigilla a une saveur robuste et caractéristique qui en fait l'un des goûts les plus typiquement maltais. Elle est souvent servie en amuse-bouche dans les restaurants et se vend également préparée en bocaux dans les épiceries locales.

Le gbejniet est le fromage traditionnel maltais, fabriqué à partir de lait de mouton ou de chèvre, parfois de vache, en petits fromages ronds de la taille d'une balle de golf. Le gbejniet frais est doux et crémeux, légèrement acidulé, et se déguste arrosé d'huile d'olive et de poivre noir. Séché au soleil, il devient dur, concentré et d'une saveur plus prononcée, pouvant être râpé sur des plats de pâtes. Mariné dans du vinaigre avec du poivre et des herbes aromatiques, il développe un caractère piquant et complexe très apprécié des palais aventureux. Le gbejniet de Gozo, fabriqué selon des méthodes artisanales dans les fermes de l'île, est particulièrement réputé.

Le ross il-forn — littéralement riz au four — est un plat de riz au four à l'ancienne, cuisiné avec de la viande hachée, des œufs, du fromage et une sauce tomate généreuse. Cuit dans un plat en terre cuite, il développe une belle croûte dorée en surface et une texture crémeuse à l'intérieur. C'est un plat familial par excellence, préparé pour les grands repas du dimanche et les occasions festives. L'imqarrun, autre préparation de pâtes au four d'inspiration italienne, est son équivalent à base de macaroni et connaît le même succès auprès des familles maltaises.

La Kinnie est la boisson nationale non alcoolisée de Malte, une sorte de soda à base d'oranges amères de Malte et d'herbes aromatiques, créée dans les années 1950. Sa saveur est à la fois sucrée et amère, avec des notes d'agrumes et d'épices qui la distinguent nettement des sodas industriels conventionnels. La Kinnie se consomme fraîche, souvent avec de la glace, comme apéritif ou accompagnement d'un repas léger. Elle est également disponible en version light et en version mélangée avec de l'alcool — whisky Kinnie, gin Kinnie — très populaires dans les bars maltais.

La bière Cisk, produite par la Brasserie Simonds Farsons Cisk depuis 1929, est la bière nationale maltaise. Légère, rafraîchissante et peu alcoolisée, c'est la boisson de prédilection des maltais par temps chaud. Son nom vient de la famille Cisk — abréviation du nom de famille Scicluna — l'une des familles fondatrices de la brasserie. Cisk est disponible en plusieurs variétés, dont une lager classique, une pilsner et des bières plus récentes inspirées des tendances mondiales.

La production viticole maltaise connaît un renouveau remarquable depuis les années 1990. Les domaines Meridiana et Marsovin sont les plus importants et les plus réputés, produisant des vins de qualité à partir de cépages locaux comme le Gellewza et le Ghirgentina, mais aussi de variétés internationales cultivées dans les terroirs calcaires maltais. Les vins blancs maltais sont généralement frais, aromatiques et légèrement minéraux, accordant bien avec les poissons et fruits de mer locaux. Les rouges, issus principalement du cépage Merlot et du Gellewza local, sont charnus et fruités, s'harmonisant avec les viandes braisées et le lapin. Le vin de Malte, longtemps méprisé comme un vin de table modeste, s'est considérablement amélioré et gagne progressivement la reconnaissance internationale.

Arts, Culture et Traditions

La vie culturelle de Malte est d'une richesse inattendue pour un si petit pays. L'archipel maltais a su préserver des traditions vivaces tout en s'ouvrant aux influences culturelles contemporaines, créant un paysage artistique original qui reflète sa position unique entre l'Europe et l'Afrique.

Le Caravage, de son vrai nom Michelangelo Merisi da Caravaggio, séjourna à Malte de juillet 1607 à octobre 1608. Ce séjour, bien que bref, fut extraordinairement productif et marqua un tournant dans la biographie du peintre le plus révolutionnaire de son époque. Réfugié à Malte après avoir tué un homme lors d'une rixe à Rome en 1606, le Caravage espérait obtenir du Grand Maître de l'Ordre de Saint-Jean une grâce lui permettant de retourner en Italie. Pour gagner les faveurs du Grand Maître Alof de Wignacourt, il peignit plusieurs portraits de celui-ci, dont l'un est aujourd'hui conservé au Louvre, et réalisa d'autres œuvres importantes pour les Chevaliers. Il fut admis dans l'Ordre comme Chevalier de Grâce en juillet 1608, mais son caractère impulsif le conduisit à une nouvelle rixe avec un autre Chevalier, pour laquelle il fut emprisonné. Il s'évada de prison de manière mystérieuse — la forteresse du Fort Saint-Ange d'où il s'échappa était pourtant réputée imprenable — et s'enfuit en Sicile, expulsé de l'Ordre. Son passage à Malte laissa deux chefs-d'œuvre absolus : La Décapitation de Saint Jean-Baptiste et Saint Jérôme en méditation, tous deux conservés dans la Co-cathédrale Saint-Jean de La Valette, qui constituent la raison principale du pèlerinage de nombreux amateurs d'art vers l'île.

La dentelle bizzilla est l'une des expressions artisanales les plus délicates et les plus typiquement maltaises. Cette dentelle aux fuseaux, travaillée à la main selon des techniques transmises de mère en fille depuis des siècles, se distingue par la finesse de son dessin et la qualité de son travail. Les motifs traditionnels s'inspirent de la nature méditerranéenne — fleurs, feuilles, animaux marins — ainsi que de motifs géométriques complexes d'origine baroque. La bizzilla était traditionnellement utilisée pour orner les vêtements liturgiques, les nappes d'autel et les linges de maison des familles aisées. Aujourd'hui, on la trouve surtout sous forme de napperons, de chemin de table, de bijoux et d'accessoires de mode, vendus dans les boutiques artisanales de La Valette et du Village Artisanal de Ta'Qali. Les ouvrières capables de réaliser la bizzilla traditionnelle sont de moins en moins nombreuses, et la transmission de cet art fragile constitue un défi culturel important pour Malte.

Le filigrane d'argent maltais est un autre art artisanal d'une exquise délicatesse. Des fils d'argent et d'or d'une finesse extrême sont torsadés, enroulés et soudés pour créer des bijoux d'une complexité et d'une légèreté remarquables. Les modèles traditionnels reproduisent souvent la Croix de Malte à huit pointes, symbole héraldique des Chevaliers de Saint-Jean devenu l'emblème de l'identité maltaise. On trouve également des créations en filigrane représentant des fleurs, des papillons, des dauphins et d'autres motifs inspirés de la nature méditerranéenne. Les ateliers de filigrane de La Valette et de Mdina sont parmi les rares endroits où il est possible de voir travailler les artisans en direct.

Le soufflage de verre est une tradition artisanale maltaise qui a trouvé son expression contemporaine principale dans les verreries de Mdina Glass, fondées dans les années 1960. Le verre de Mdina, aux teintes méditerranéennes — bleus, verts, ambrés, soufflés de tourbillons multicolores — est soufflé à la bouche par des artisans verriers dont on peut observer le travail dans plusieurs ateliers ouverts au public. Bols, vases, statuettes et objets décoratifs aux formes organiques et aux couleurs lumineuses constituent une production artisanale de qualité, très prisée comme souvenir ou cadeau.

Les festas, fêtes patronales des villages, sont le cœur battant de la vie communautaire maltaise. Chaque localité de l'archipel, chaque quartier de ville a son saint patron dont la fête est célébrée avec une ferveur et une opulence qui surprennent les visiteurs étrangers. Les préparatifs commencent des semaines à l'avance et mobilisent une grande partie de la population : les rues sont ornées de décorations lumineuses élaborées, de drapeaux aux couleurs du saint et de statues de cire. La festa proprement dite dure plusieurs jours, avec des processions solennelles portant la statue du saint en argent ou en or, des feux d'artifice spectaculaires tirés depuis le clocher de l'église, des fanfares qui jouent des airs religieux dans les rues, et des stands de nourriture et de boissons qui transforment la place de l'église en fête foraine. La rivalité entre les différents clubs de fête d'une même localité — dont certaines sont divisées en deux factions qui soutiennent chacune un saint différent — donne à ces célébrations une dimension de compétition festive très maltaise.

Le Carnaval de Malte, célébré dans les cinq jours précédant le Mercredi des Cendres, est l'une des plus anciennes et des plus colorées fêtes de l'archipel. Les origines du Carnaval maltais remontent à l'époque des Chevaliers de Saint-Jean, qui le célébraient avec de grands bals masqués et des réjouissances populaires. Les défilés de chars allégoriques qui parcourent le centre de La Valette et de Floriana, les costumes extravagants et les masques colorés font du Carnaval maltais un spectacle visuel très apprécié des visiteurs.

Les processions de la Semaine Sainte à Malte sont parmi les plus belles et les plus émouvantes de la Méditerranée. Chaque village possède ses propres processions du Vendredi Saint, au cours desquelles de grandes statues en cire représentant les scènes de la Passion du Christ — l'arrestation au Jardin des Oliviers, la Crucifixion, la Mise au Tombeau — sont portées solennellement dans les rues obscures, accompagnées de lumières tremblotantes, de musique funèbre et du murmure des prières. La tradition des processions de la Semaine Sainte, introduite à Malte par les Chevaliers de Saint-Jean qui avaient apporté de Rome leurs pratiques liturgiques, s'est développée au fil des siècles en un spectacle d'une intensité émotionnelle remarquable.

Les lieux de tournage de la série télévisée Game of Thrones ont donné à Malte une visibilité internationale nouvelle et considérable. Plusieurs scènes de la première saison de la série, notamment les scènes situées à Port-Réal, furent tournées à La Valette — l'impressionnante Porte de la Mer, les ruelles et les remparts de la vieille ville figurent clairement dans les images. Mdina fut également utilisée comme décor de la cité de Port-Réal dans certaines séquences. La Fenêtre Azur de Gozo, comme mentionné précédemment, servit de cadre au mariage de Daenerys Targaryen. Bien que le tournage maltais de Game of Thrones ait été interrompu après la première saison pour des questions logistiques, l'impact touristique de la série sur Malte a été considérable et durable.

Le chien maltais — le maltichon ou simplement le maltais — est l'une des races canines les plus anciennes du monde et la plus directement liée à l'histoire de l'archipel. Cette race de petit chien blanc, au pelage long et soyeux et au caractère affectueux et vif, est représentée dans des œuvres d'art grecques et romaines remontant à plus de deux mille ans. Les Grecs anciens vénéraient ce chien au point d'ériger des tombeaux en son honneur. Aristote et d'autres auteurs antiques mentionnent les qualités de ce chien originaire de la Méditerranée centrale. Aujourd'hui populaire dans le monde entier comme chien de compagnie de luxe, le maltais demeure l'un des ambassadeurs les plus mignons et les plus universellement aimés de l'identité maltaise dans le monde.

Plongée et Sports Nautiques

Malte est unanimement reconnue par les plongeurs du monde entier comme l'une des meilleures destinations de plongée sous-marine d'Europe, voire de la Méditerranée tout entière. Cette réputation s'appuie sur plusieurs facteurs exceptionnels : une visibilité sous-marine extraordinaire, qui peut atteindre trente à quarante mètres dans certains sites, grâce à la pureté et à la clarté des eaux méditerranéennes ; une diversité de sites adaptés à tous les niveaux, des plongeuses débutantes aux plongeurs experts en quête d'épaves profondes ; une richesse de vie marine d'une grande variété ; et des conditions climatiques favorables qui permettent de plonger pratiquement toute l'année. La température de l'eau varie de 14 degrés en hiver à 27 degrés en plein été, et même en période froide la faible turbidité maintient la visibilité à des niveaux excellents.

Le Blue Hole de Gozo est probablement le site de plongée le plus célèbre de Malte et l'un des plus connus d'Europe. Situé à Dwejra, près de l'emplacement de l'ancienne Fenêtre Azur, le Blue Hole est un puits circulaire d'une dizaine de mètres de diamètre creusé dans la roche calcaire, qui s'ouvre en surface et descend verticalement à environ 25 mètres avant de s'ouvrir sur la mer ouverte par un passage horizontal à travers la falaise. La plongée dans le Blue Hole commence par une descente vertigineuse dans un cylindre de roche parcourue de lumières filtrantes, puis débouche sur la mer ouverte via un arc sous-marin — la Cathedral Arch — d'une beauté à couper le souffle. La paroi extérieure du Blue Hole plonge ensuite à une profondeur de plus de 60 mètres, peuplée de gorgones, de murènes, de poulpes et d'une infinité de poissons méditerranéens. C'est un site convenant à des plongeurs d'un niveau intermédiaire et avancé, capable de les émerveiller sans exception.

L'épave de l'Um El Faroud est l'une des plongées sur épave les plus appréciées de Malte. Ce pétrolier libyen de 109 mètres de long coula accidentellement en 1995 lors de travaux de réparation dans le Grand Harbour et fut coulé délibérément en 1998 comme récif artificiel dans la baie de Wied iż-Żurrieq, au sud de Malte, à une profondeur variant entre 20 et 36 mètres. L'épave, intacte et accessible dans son ensemble, est aujourd'hui couverte d'une riche faune et flore marines : gorgones, coraux, éponges et nuées de poissons qui ont colonisé la coque et les superstructures. Les plongeurs expérimentés peuvent pénétrer à l'intérieur du navire par les nombreuses ouvertures et explorer les différentes sections de la coque. Cette plongée convient à des plongeurs ayant au minimum le niveau Advanced Open Water.

L'épave du remorqueur Tug II, coulé volontairement en 1993 près de St. Paul's Bay, est un site de plongée plus accessible, à une profondeur de seulement 12 à 18 mètres, idéal pour les débutants et les plongeurs intermédiaires. La petite épave, d'environ trente mètres de long, repose sur un fond sableux et est peuplée de nombreux poissons, notamment des sars, des mérous et des pieuvres. La clarté de l'eau et la faible profondeur permettent des plongées longues et des explorations détaillées de l'épave, ce qui en fait l'une des préférées des photographes sous-marins débutants.

L'épave P29, une ancienne vedette lance-torpilles de la marine maltaise coulée volontairement en 2007 pour servir de récif artificiel, est un autre site populaire situé au large de Cirkewwa, au nord de Malte. Cette épave relativement récente de 43 mètres de long repose à une profondeur de 34 mètres et présente l'avantage d'être encore très intacte, ce qui permet une exploration détaillée de toutes ses parties. L'accès à l'épave est facilité par son excellente orientation et sa situation dans une zone de bonne visibilité.

L'épave du HMS Maori est l'une des plus historiquement chargées de Malte. Ce destroyer britannique de la Seconde Guerre mondiale, qui participa notamment à la traque et au torpillage du cuirassé Bismarck, fut touché par des bombes italiennes dans le Grand Harbour en 1942 et coula. L'épave, qui repose à une profondeur de seulement 14 mètres non loin des quais de La Valette, est facilement accessible et constitue un témoignage tangible de la bataille de Malte. Malheureusement, l'évolution urbaine du Grand Harbour a progressivement dégradé la visibilité à cet endroit, et la plongée sur le HMS Maori est aujourd'hui moins pratiquée qu'autrefois.

Les grottes et cavernes sous-marines de Malte et de Gozo offrent des expériences de plongée uniques pour les plongeurs qualifiés en plongée spéléologique. La Grotte Bleue sur la côte sud de Malte, déjà mentionnée pour ses excursions en bateau, offre également des plongées extraordinaires dans ses cavernes et tunnels illuminés par la lumière solaire réfractée dans l'eau. La Grotte du Fantôme à Gozo est un site de plongée spéléologique exceptionnel, réservé aux plongeurs avec une formation spécifique en caverne, où des stalactites submergées témoignent de périodes préhistoriques où ces cavernes étaient au-dessus du niveau de la mer.

Le kayak de mer est une excellente façon d'explorer les côtes de Malte et de Gozo, permettant d'accéder à des criques, des grottes et des falaises inaccessibles autrement. De nombreux opérateurs proposent des excursions guidées en kayak de différentes durées, allant d'une demi-journée à plusieurs jours avec hébergement à terre. Les côtes de Gozo, en particulier, offrent des paysages de falaises spectaculaires et une grande tranquillité qui font du kayak de mer l'une des activités outdoor les plus agréables de l'archipel.

La voile et la navigation de plaisance sont des activités très populaires à Malte, favorisées par des vents réguliers, de nombreuses marinas équipées et une géographie insulaire qui offre des croisières de circumnavigation de différentes durées. Le Grand Harbour de La Valette, les marinas de Msida, Portomaso et Birgu, et la Mġarr Marina à Gozo accueillent des milliers de voiliers et de bateaux de plaisance en provenance du monde entier. Des charters à la journée ou à la semaine permettent d'explorer l'archipel à son propre rythme, de naviguer jusqu'à Comino et au Lagon Bleu, ou de s'aventurer vers les côtes siciliennes toutes proches.

Le water-polo est souvent décrit comme le sport national estival de Malte. Ce sport aquatique, introduit à Malte par les Britanniques à la fin du XIXe siècle, est pratiqué avec une passion intense dans les piscines de mer situées le long des côtes de l'île principale. Des compétitions se tiennent tout l'été, réunissant des équipes locales dont certaines ont une histoire centenaire, et attirant un public fervent et bruyant. Les matches de water-polo dans les piscines de mer de Sliema, Valletta et des autres localités côtières sont un spectacle typiquement maltais, vivant et convivial, que les visiteurs peuvent observer gratuitement depuis les rochers et les plages environnantes.

Activités de Plein Air et Plages

Malte offre un vaste choix de plages correspondant à différents goûts et tempéraments. Les plages de sable, moins nombreuses que les criques rocheuses, sont très appréciées en été et peuvent être bondées en juillet et août. Les plages rocheuses, où l'on entre directement dans l'eau depuis des plates-formes de calcaire lisse, sont souvent moins fréquentées et offrent une expérience plus authentique et naturelle.

Golden Bay, sur la côte nord-ouest de Malte, est généralement considérée comme la plus belle plage de sable de l'île principale. Encadrée par des falaises dorées et verdoyantes, elle offre une longue bande de sable fin et doré particulièrement agréable pour la baignade et les bains de soleil. Elle dispose de toutes les commodités — parasols, transats, restaurants de plage, douches — et est reliée à La Valette par les transports en commun. La plage de Mellieħa Bay, la plus longue de l'archipel maltais, est également très populaire, en particulier auprès des familles avec enfants car ses eaux sont peu profondes et calmes. La baie de Mellieħa est située au nord de l'île et offre de belles vues sur Gozo et Comino.

Għajn Tuffieħa, située à proximité de Golden Bay, est souvent considérée par les connaisseurs comme la plus belle plage de Malte. Accessible uniquement par un long escalier descendant depuis la falaise, ce qui la préserve des foules les plus importantes, elle présente un sable rougeâtre légèrement teinté par les minerais ferrugineux du sol environnant, des eaux particulièrement claires et propices à la plongée avec masque et tuba, et un cadre naturel préservé d'une beauté remarquable.

Ramla Bay à Gozo, avec son sable caractéristique de couleur rouge-orangé, est la plus grande et la plus belle plage de Gozo et l'une des plus belles de tout l'archipel. Bien que facilement accessible par route, elle ne souffre pas de la fréquentation excessive des plages de Malte en raison de l'éloignement relatif de Gozo et du rythme plus tranquille de l'île. La baignade y est excellente, les eaux étant profondes et claires dès l'entrée dans l'eau.

St. Peter's Pool, sur la côte sud de Malte près de Marsaxlokk, est l'exemple parfait des plages rocheuses maltaises. Ce bassin naturel creusé dans les falaises calcaires, aux eaux d'un turquoise intense, est entièrement entouré de rochers plats sur lesquels les baigneurs maltais se détendent au soleil. L'accès se fait uniquement à pied depuis un parking sur les hauteurs, ce qui lui confère un caractère plus sauvage et préservé. Les sauts depuis les rochers dans l'eau profonde y sont un sport populaire parmi les adolescents maltais.

Les Lignes Victoria sont une ligne de fortifications construites par les Britanniques à la fin du XIXe siècle qui traverse l'île de Malte d'est en ouest, divisée l'île en deux. Ces fortifications, composées d'une succession de forts, de batteries et de murs bastionnés, ont été largement abandonnées après l'indépendance et sont aujourd'hui en partie restaurées comme site historique et chemin de randonnée. Le sentier qui suit les Lignes Victoria offre une promenade de plusieurs kilomètres avec de beaux panoramas sur les deux parties de l'île et constitue l'une des meilleures randonnées accessibles à Malte.

Les Falaises de Dingli constituent le point culminant de l'île de Malte, avec leurs 253 mètres au-dessus de la mer Méditerranée. Ces falaises spectaculaires, qui s'étirent sur plusieurs kilomètres sur la côte sud-ouest de l'île, offrent des panoramas à couper le souffle sur la mer et sur l'îlot de Filfla, réserve naturelle protégée. Un sentier côtier permet de longer les falaises à pied, passant près d'une chapelle rupestre dédiée à sainte Madeleine et offrant des vues qui sont particulièrement spectaculaires au coucher du soleil. La région autour de Dingli est l'une des zones les plus rurales et les plus préservées de Malte, avec des champs de culture en terrasses délimités par des murets de pierre sèche.

La randonnée et le cyclisme sont des activités pratiquées par un nombre croissant de visiteurs, favorisés par la création d'un réseau de sentiers balisés et l'amélioration des infrastructures pour les cyclistes. L'île de Gozo, plus verte et moins urbanisée que Malte, est particulièrement propice à la randonnée et au vélo, avec des routes rurales peu fréquentées et des paysages de campagne d'une beauté sereine. L'escalade est également pratiquée à Malte, notamment sur les falaises de la côte sud et dans certains sites de Gozo, offrant des voies adaptées à tous les niveaux.

Informations Pratiques de Voyage

L'Aéroport International de Malte, code IATA MLA, est situé à Luqa, à environ six kilomètres au sud de La Valette. C'est le seul aéroport de l'archipel maltais et il est bien desservi par de nombreuses compagnies aériennes européennes et du Moyen-Orient. Des vols directs depuis Paris, Lyon, Marseille, Nice, Bruxelles et de nombreuses autres villes européennes permettent d'atteindre Malte en moins de trois heures depuis la plupart des destinations d'Europe occidentale. L'aéroport dispose de toutes les commodités habituelles — commerces, restaurants, banques, bureaux de location de voitures — et est relié au centre de La Valette par des bus réguliers.

La traversée en ferry entre Malte et Gozo est l'une des liaisons maritimes les plus fréquentées de la Méditerranée. Le service est assuré toute l'année par Gozo Channel, avec des départs depuis Cirkewwa, au nord de Malte, vers le port de Mġarr à Gozo, toutes les quarante-cinq minutes environ. La traversée dure environ vingt-cinq minutes. Les ferries acceptent les piétons, les cyclistes, les motos et les voitures. Il est généralement inutile de réserver à l'avance pour les piétons, mais les conducteurs de véhicules peuvent connaître des attentes significatives en haute saison, notamment le vendredi soir et le dimanche soir lors du retour des Gozitans depuis leur week-end à Malte.

Le système de transport en commun de Malte est géré par Tallinja, une compagnie qui exploite un réseau dense de lignes de bus couvrant pratiquement tout le territoire de l'île principale et une partie de Gozo. La carte Tallinja est le moyen le plus économique d'utiliser les bus maltais : rechargeable en ligne ou dans de nombreux points de vente, elle offre des tarifs réduits par rapport au paiement en espèces à bord. Des informations en temps réel sur les horaires et les positions des bus sont disponibles via l'application Tallinja. Les taxis et les applications de VTC comme Bolt sont également largement disponibles à Malte.

La meilleure période pour visiter Malte est généralement le printemps, d'avril à juin, et l'automne, de septembre à octobre. Durant ces mois, les températures sont douces et agréables — entre 20 et 28 degrés — la mer est encore suffisamment chaude pour la baignade en automne et se réchauffe rapidement au printemps, et les foules touristiques sont beaucoup moins importantes qu'en plein été. Le printemps est particulièrement beau pour explorer les sites archéologiques et les campagnes, avec des températures fraîches le matin et des fleurs sauvages partout. L'été est incontournable pour les plages et les sports nautiques, mais les températures peuvent être accablantes en juillet et août, notamment pour les visites de musées et de monuments. L'hiver est idéal pour visiter musées et villes, avec des prix d'hébergement très attractifs.

L'anglais est largement parlé à Malte, où il est co-officiel avec le maltais depuis l'indépendance. La grande majorité des Maltais parlent couramment les deux langues, ainsi que souvent l'italien. Les panneaux de signalisation, les menus de restaurants et les informations touristiques sont systématiquement en anglais et souvent en maltais. Les voyageurs francophones trouveront généralement quelqu'un pour les aider en anglais dans tous les contextes touristiques, même si la connaissance du français reste rare en dehors des établissements hôteliers de haut de gamme.

La monnaie de Malte est l'Euro depuis le 1er janvier 2008. Les distributeurs automatiques de billets sont abondants et accessibles dans tout l'archipel, y compris à Gozo. Les cartes de crédit et de débit sont acceptées dans la quasi-totalité des hôtels, restaurants, supermarchés et boutiques. Le paiement sans contact est très répandu. Des bureaux de change sont disponibles à l'aéroport, dans les banques et dans certaines boutiques touristiques.

Malte est un membre de l'espace Schengen depuis 2007, ce qui permet aux citoyens de l'Union Européenne et des pays associés à Schengen de voyager librement sans contrôle aux frontières. Les citoyens d'un grand nombre de pays tiers peuvent entrer à Malte sans visa pour des séjours touristiques de 90 jours maximum. Il est conseillé de vérifier les conditions d'entrée spécifiques à votre nationalité avant le voyage.

Malte est généralement considérée comme l'une des destinations les plus sûres de la Méditerranée pour les touristes. Le taux de criminalité est faible, et les incidents graves impliquant des touristes sont rares. Les précautions habituelles de bon sens suffisent : surveiller ses affaires dans les lieux bondés, éviter les rues désertes la nuit dans certains quartiers de La Valette, ne pas laisser d'objets de valeur visibles dans les voitures. En cas d'urgence — police, pompiers, secours médicaux — le numéro à composer est le 112, valable dans tout l'archipel.

L'hébergement à Malte couvre tous les gammes et tous les goûts. Pour une expérience authentique et mémorable, les palazzos historiques de La Valette et des Trois-Cités convertis en hôtels-boutique ou en maisons d'hôtes de luxe offrent une immersion unique dans l'histoire et l'architecture maltaise. L'hôtel Iniala Harbour House à La Valette et le Palazzo Ignazio à Vittoriosa sont parmi les établissements les plus réputés de cette catégorie. Pour un séjour à Gozo, les farmhouses rurales, maisons de campagne en pierre calcaire dotées de piscines privées, constituent l'option la plus populaire et la plus typique. Pour les budgets plus serrés, des auberges de jeunesse, des chambres d'hôtes familiales et des appartements en location meublés sont disponibles dans toutes les parties de l'archipel.

Malte se distingue par ses politiques progressistes en matière de droits LGBT+, ayant légalisé le mariage pour tous en 2017 — une première dans un pays à majorité catholique de la région méditerranéenne. L'archipel est généralement considéré comme l'une des destinations les plus accueillantes et les plus sûres pour les voyageurs LGBT+ en Europe. Des hôtels, bars et clubs accueillants envers cette communauté sont présents à La Valette et à Sliema. La Malta Pride, qui se tient chaque année en septembre, attire des participants de tout l'archipel et des visiteurs internationaux.

Festivals et Événements

Le Carnaval de Malte, qui précède le Carême catholique, est l'un des événements festifs les plus anciens et les plus colorés de l'archipel. Les festivités s'étendent sur les cinq jours précédant le Mercredi des Cendres et atteignent leur apogée avec les grands défilés de chars allégoriques qui serpentent dans les rues de La Valette et de Floriana. Des concours de costumes, des bals masqués, des spectacles de danse et des fêtes populaires complètent le programme. L'ambiance est particulièrement festive et familiale, avec de nombreuses activités organisées pour les enfants.

La Semaine Sainte maltaise est l'un des témoignages les plus vivants de la profonde foi catholique de la population de l'archipel. Les processions du Vendredi Saint dans les différents villages et villes de Malte et de Gozo sont des spectacles d'une émotion et d'une beauté remarquables, avec leurs statues en cire représentant les étapes de la Passion du Christ, portées sur les épaules de membres des confréries locales à la lumière des torches et des lampions.

Les festas de village, qui se déroulent de juin à septembre, sont le cœur du calendrier festif maltais. Pratiquement chaque week-end de l'été, une ou plusieurs localités célèbrent la fête de leur saint patron avec une intensité et une générosité qui surprennent les visiteurs. Les feux d'artifice, notamment les pétards au sol appelés murtali qui créent un vacarme assourdissant dans les ruelles, les illuminations de l'église, les processions nocturnes et la musique des fanfares locales créent une atmosphère festive et communautaire unique. La festa de Malte n'est pas un simple spectacle pour touristes : c'est une célébration populaire authentique, avec ses rivalités entre clubs et ses dévotions sincères, qui invite les visiteurs à s'y plonger et à participer à la fête.

Le Festival International de Feux d'Artifice de Malte, qui se tient généralement en avril dans le Grand Harbour de La Valette, est l'un des événements pyrotechniques les plus importants d'Europe. Des équipes de pyrotechniciens de plusieurs pays — Italie, Espagne, Portugal, Royaume-Uni et bien sûr Malte — s'y affrontent dans des spectacles de feux d'artifice d'une durée et d'une complexité remarquables, tirés depuis les bastions qui entourent le Grand Harbour et se reflétant dans les eaux sombres du port. La Valette et ses fortifications constituent un cadre naturellement grandiose pour ce festival.

Le Festival des Arts de Malte, rebaptisé Malta Arts Festival, se tient chaque été à La Valette, avec une programmation de concerts, de spectacles de théâtre, de performances de danse et d'expositions qui mêle artistes locaux et internationaux. Le festival prend souvent des espaces atypiques de la ville pour ses événements — cours de palais, bastions, places historiques — transformant La Valette en une scène à ciel ouvert extraordinaire.

Isle of MTV est l'un des événements musicaux les plus importants de Malte, attirant chaque année des dizaines de milliers de jeunes spectateurs sur la place centrale de Floriana pour un concert gratuit en plein air avec des artistes internationaux de renom. Depuis sa création en 2007, Isle of MTV est devenu l'un des plus grands concerts de plein air d'Europe.

La Notte Bianca, la Nuit Blanche maltaise, se tient chaque année en octobre à La Valette. Durant cette nuit festive, les musées, les palais, les galeries et les édifices historiques de la capitale ouvrent gratuitement leurs portes jusqu'aux premières heures du matin, proposant des expositions, des concerts, des spectacles et des performances artistiques. La ville entière se transforme en une grande fête culturelle nocturne, avec des milliers de visiteurs qui déambulent dans les rues illuminées.

Les fêtes de Noël à Malte ont une saveur particulière qui mêle les traditions catholiques méditerranéennes aux influences britanniques héritées de la période coloniale. Les crèches vivantes dans les villages et les villages de Noël dans les centres urbains, les illuminations de La Valette et les concerts d'orgue dans les cathédrales créent une atmosphère festive et chaleureuse malgré les températures douces et rarement hivernales.

Shopping

Le Village Artisanal de Ta'Qali, situé dans un ancien aéroport militaire britannique reconverti en village artisanal, est le principal centre d'artisanat traditionnel de Malte. On y trouve regroupés des ateliers et des boutiques proposant toutes les formes d'artisanat maltais : soufflage de verre, travail du filigrane d'argent, dentelle bizzilla, céramique, sculpture sur pierre et travail du cuir. La visite est gratuite et l'on peut souvent observer les artisans au travail dans leurs ateliers. Les prix sont généralement raisonnables et la qualité des productions artisanales y est contrôlée. C'est l'endroit idéal pour acheter des souvenirs authentiquement maltais sans craindre d'être déçu par la qualité.

La dentelle bizzilla est sans doute le souvenir le plus caractéristiquement maltais et l'un des plus délicats à ramener dans ses bagages. Les napperons, chemins de table, garnitures de vêtements et bijoux en dentelle aux fuseaux sont disponibles dans les boutiques spécialisées de La Valette, Mdina et Ta'Qali, avec des prix qui varient considérablement selon la complexité du motif et la finesse du travail. La dentelle bizzilla véritable, réalisée à la main par des artisanes maltaises, est bien différente des imitations fabriquées industriellement en Asie qui inondent certains marchés touristiques — il convient d'être attentif et d'acheter dans des boutiques qui garantissent l'authenticité de la production locale.

Le filigrane d'argent maltais, travaillé sous forme de bijoux — colliers, boucles d'oreilles, broches, bracelets — représentant la Croix de Malte ou d'autres motifs traditionnels, est un autre souvenir typique et précieux. Les bijoux en filigrane sont disponibles dans les boutiques d'artisanat et dans les bijouteries de La Valette et de Mdina, avec des prix très variables selon la finesse du travail et la pureté de l'argent ou de l'or utilisé.

Le verre de Mdina, aux couleurs méditerranéennes caractéristiques, est l'un des souvenirs les plus populaires et les plus décoratifs disponibles à Malte. Des bols, des vases, des statuettes et des paperweights soufflés à la bouche, ornés de tourbillons de couleurs, sont disponibles dans les boutiques de Mdina Glass et dans de nombreuses boutiques de souvenirs dans tout l'archipel.

Les produits alimentaires locaux constituent d'excellents souvenirs authentiques et consommables. Le sel de Gozo, récolté à la main dans les salines traditionnelles de Xwejni, est conditionné en petits sachets ou bocaux artisanaux et fait un cadeau original pour les amateurs de gastronomie. Le miel maltais, produit par des abeilles qui butinent la flore méditerranéenne de l'archipel, est particulièrement aromatique et apprécié. La confiture de figues, fabriquée à partir des figues qui abondent à Malte, est une spécialité locale délicieuse. L'huile d'olive maltaise, produite en petites quantités à partir des oliviers qui couvrent certaines collines de l'île, est d'une qualité remarquable. Les vins locaux des domaines Meridiana et Marsovin, en particulier leurs cuvées premium, constituent des souvenirs gastronomiques de qualité. La Kinnie, bien sûr, disponible en bouteilles de différentes tailles, est le souvenir boisson par excellence pour ramener un peu de Malte dans ses bagages.

La céramique maltaise, inspirée des traditions méditerranéennes mais avec des motifs distinctifs incluant la Croix de Malte et les motifs des temples préhistoriques, est disponible dans les boutiques d'artisanat et les marchés locaux. Les sculptures en calcaire globigerina, la pierre dorée de Malte, représentant des temples préhistoriques, la Croix de Malte ou des personnages historiques, sont une autre forme d'artisanat local très caractéristique.

La Rue de la République à La Valette est la principale artère commerçante de la capitale, avec ses boutiques de mode, ses librairies et ses cafés. Le Marché de Marsaxlokk, qui se tient chaque dimanche matin dans ce village de pêcheurs du sud de Malte, est le marché artisanal et de souvenirs le plus pittoresque de l'archipel, avec ses étals colorés devant le port rempli de luzzus — les barques de pêche traditionnelles peintes aux couleurs vives et ornées de l'œil d'Osiris.