
Guide de Voyage En Israël
Introduction
Israël est l'une des destinations les plus fascinantes et les plus complexes du monde, une terre où la profondeur de l'histoire humaine se mêle à la modernité vibrante et à la beauté naturelle époustouflante. Pays situé au carrefour de trois continents — l'Asie, l'Afrique et l'Europe — Israël offre au voyageur une expérience unique et inégalable, un voyage à travers des millénaires de civilisations qui ont façonné non seulement cette région, mais l'ensemble du monde occidental et oriental.
En moins de 22 000 kilomètres carrés, soit à peu près la taille de la région Île-de-France, Israël concentre une diversité géographique, culturelle, religieuse et gastronomique qui stupéfie les visiteurs les plus avertis. Des neiges hivernales du Mont Hermon aux eaux turquoise de la mer Rouge à Eilat, en passant par les déserts ocre du Néguev, les vallées verdoyantes de Galilée et les plages méditerranéennes de Tel Aviv, le pays change de visage tous les cent kilomètres. C'est cette concentration de contrastes qui rend Israël si addictif pour ceux qui le découvrent.
Pour les croyants de trois grandes religions monothéistes — le judaïsme, le christianisme et l'islam — Israël représente le centre spirituel du monde. Jérusalem, sa capitale éternelle et disputée, est sans doute la ville la plus chargée de sens symbolique et religieux de toute la planète. Ses ruelles de pierre calcaire ont été foulées par des prophètes, des rois, des conquérants et des pèlerins pendant des millénaires. Le Mur Occidental, la Mosquée Al-Aqsa, le Dôme du Rocher, l'Église du Saint-Sépulcre — autant de lieux saints qui coexistent dans un espace géographique minuscule et qui attirent des millions de fidèles chaque année.
Mais Israël n'est pas seulement un musée à ciel ouvert ou un lieu de pèlerinage. C'est également un pays résolument moderne, souvent surnommé la «Start-Up Nation», une nation de neuf millions d'habitants qui a réussi à se hisser parmi les leaders mondiaux de la technologie, de l'innovation et de l'entrepreneuriat. Tel Aviv, sa métropole cosmopolite, vibre au rythme d'une scène artistique et culinaire parmi les plus dynamiques de la Méditerranée. Ses cafés branchés, ses galeries d'art, ses restaurants gastronomiques et ses plages animées tranchent délibérément avec l'atmosphère recueillie de la ville sainte voisine.
La gastronomie israélienne mérite à elle seule le voyage. Mélange vibrant d'influences du Moyen-Orient, de la Méditerranée, d'Europe de l'Est, d'Éthiopie, du Maghreb et du Yémen, la cuisine israélienne s'est imposée ces dernières décennies comme l'une des plus créatives et des plus savoureuses du monde. Du houmous artisanal dégusté dans une humussiya d'Akko à la shakshuka du petit-déjeuner à Tel Aviv, en passant par le knafeh sucré de Nazareth et les vins subtils des hauteurs du Golan, chaque bouchée est une invitation au voyage.
Ce guide de voyage vous emmènera dans un périple complet à travers les régions, les villes et les paysages d'Israël. Nous vous guiderons dans les ruelles enchevêtrées de la Vieille Ville de Jérusalem, sur les plages ensoleillées de Tel Aviv, dans les kibbutzim verdoyants de Galilée, sur les falaises vertigineuses de Massada et jusqu'aux récifs coralliens d'Eilat. Que vous soyez pèlerin spirituel, aventurier du désert, amateur de gastronomie ou simplement curieux d'une terre qui a changé le cours de l'histoire humaine, Israël vous réserve des souvenirs inoubliables.
Voyager en Israël exige une ouverture d'esprit, une curiosité sincère et une sensibilité particulière aux réalités politiques et religieuses qui y coexistent. Ce pays invite à la réflexion, au questionnement et à l'émerveillement. Il n'y a aucun autre endroit sur Terre où l'on peut déjeuner au-dessous du niveau de la mer, prier dans les lieux les plus sacrés de l'humanité, nager dans trois mers différentes et siroter un excellent vin local, le tout en moins d'une journée de route.
Géographie et Climat
Israël occupe une position géographique remarquable à l'extrémité sud-ouest du continent asiatique, bordé à l'ouest par la mer Méditerranée, au nord par le Liban, au nord-est par la Syrie, à l'est par la Jordanie, au sud-est par l'Arabie Saoudite et au sud par l'Égypte et le golfe d'Aqaba, un bras de la mer Rouge. Cette position de carrefour entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe a fait d'Israël depuis les temps les plus anciens un territoire de passage, d'échange et de conquête.
Le pays se divise en plusieurs grandes régions géographiques distinctes. La plaine côtière méditerranéenne, étroite bande de terre fertile bordant la mer de Gaza jusqu'à Rosh HaNikra au nord, abrite la majorité de la population israélienne. C'est là que se trouvent Tel Aviv, Haïfa et leurs agglomérations qui constituent le coeur économique et industriel du pays. Cette plaine est traversée par plusieurs rivières dont le fleuve Yarkon qui traverse Tel Aviv.
À l'intérieur des terres, la dorsale montagneuse centrale traverse le pays du nord au sud, formant les monts de Judée au centre — où se trouve Jérusalem à 800 mètres d'altitude — et les monts de Samarie plus au nord. Ces hauteurs créent un paysage de collines et de vallées couvertes d'oliviers, de vignes et de forêts de pins caractéristiques.
Au nord, la Galilée est la région la plus verdoyante d'Israël, avec ses forêts denses, ses sources abondantes et la mer de Galilée — un lac d'eau douce également appelé lac de Tibériade ou lac Kinneret. Avec ses 21 kilomètres de long et 13 kilomètres de large, ce lac est la plus grande réserve d'eau douce d'Israël et le point le plus bas d'un lac d'eau douce au monde, à 213 mètres sous le niveau de la mer. Le fleuve Jourdain, qui prend sa source au Mont Hermon, traverse ce lac avant de couler vers le sud jusqu'à la mer Morte.
La Vallée du Jourdain constitue une frontière naturelle avec la Jordanie et s'enfonce progressivement vers la mer Morte, le point le plus bas de la surface terrestre avec ses 430 mètres sous le niveau des océans. Cette mer intérieure, partagée entre Israël et la Jordanie, contient une concentration en sel et en minéraux si élevée qu'aucun poisson ni plante aquatique ne peut y survivre — d'où son nom — mais qui permet aux baigneurs de flotter effortlessement à sa surface.
La plaine de Jezreel, immense vallée agricole au nord, sépare la Galilée des monts du Carmel et de la Samarie. Fertile et productive, cette plaine a été le théâtre de nombreuses batailles décisives tout au long de l'histoire, de Megiddo à Napoleone.
Au sud, le désert du Néguev occupe plus de la moitié du territoire israélien. Ce désert aride et fascinant est loin d'être un simple espace vide de sable. Il recèle des formations géologiques spectaculaires comme le Makhtesh Ramon, des cités nabatéennes millénaires, des oasis verdoyantes et une faune et flore adaptées aux conditions extrêmes.
En ce qui concerne le climat, Israël présente une grande diversité climatique malgré ses dimensions modestes. La région méditerranéenne côtière connaît un climat méditerranéen classique avec des étés chauds et secs et des hivers doux et pluvieux. Les précipitations se concentrent presque exclusivement entre novembre et mars. Les températures estivales à Tel Aviv oscillent généralement entre 28 et 34 degrés Celsius, avec une humidité parfois élevée.
Jérusalem, en raison de son altitude, bénéficie d'un climat légèrement plus frais en été et peut connaître des chutes de neige, rares mais mémorables, en hiver. Les températures nocturnes peuvent y descendre sous zéro degré en janvier et février.
La vallée du Jourdain et la région de la mer Morte connaissent un climat subtropical aride avec des étés extrêmement chauds — les températures peuvent dépasser 45 degrés Celsius en juillet — et des hivers doux et ensoleillés. Cette région reste l'une des destinations les plus agréables du monde en hiver et au printemps.
Le Néguev présente un climat désertique avec des variations de température très importantes entre le jour et la nuit et entre les saisons. Les nuits d'été dans le désert peuvent être étonnamment fraîches, favorisant une observation des étoiles exceptionnelle dans un ciel dégagé d'une rare limpidité.
Les meilleures périodes pour visiter Israël sont sans conteste le printemps, de mars à mai, et l'automne, de septembre à novembre. Durant ces saisons, les températures sont agréables dans toutes les régions, les sites naturels sont à leur plus beau et les fêtes religieuses créent une atmosphère festive particulièrement riche. L'hiver peut être une bonne saison pour visiter les régions du sud et de la mer Morte, tandis que l'été, malgré la chaleur intense, reste la haute saison touristique grâce aux longues journées ensoleillées.
Jérusalem
Jérusalem est une ville qui défie les superlatifs. Capitale déclarée de l'État d'Israël mais dont le statut fait l'objet de contestations internationales, Jérusalem est avant tout la ville sainte des trois grandes religions abrahamiques et l'un des lieux les plus chargés d'histoire et de sens spirituel de toute l'humanité. Ses pierres calcaires dorées, qui luisent d'un éclat particulier dans la lumière du soir — ce que les Israéliens appellent la "pierre de Jérusalem" — ont absorbé des millénaires de prières, de larmes, de sang et d'espérance.
La Vieille Ville de Jérusalem, inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1981, est un labyrinthe de ruelles, d'arches, de souks et de cours intérieures ceint de remparts ottomans construits au XVIe siècle sous Soliman le Magnifique. Elle se divise traditionnellement en quatre quartiers distincts, chacun avec son atmosphère, son architecture et sa communauté propres : le Quartier Juif au sud-est, le Quartier Musulman au nord-est, le Quartier Chrétien au nord-ouest et le Quartier Arménien au sud-ouest.
Le Quartier Juif
Le Quartier Juif, reconstruit après la guerre de 1967, est le plus moderne des quatre quartiers de la Vieille Ville, mais il repose sur des couches archéologiques d'une richesse extraordinaire. Le Cardo, ancien axe commercial de l'époque byzantine et romaine, a été partiellement fouillé et reconstitué et donne aujourd'hui accès à des boutiques de souvenirs et de judaïca haut de gamme. Des panneaux interprétifs permettent de comprendre l'histoire de cette artère principale qui traversait jadis toute la ville.
La Synagogue Hurva, dont l'histoire est intimement liée aux tragédies et aux renaissances du peuple juif, domine le quartier de son imposant dôme. Construite, détruite et reconstruite à plusieurs reprises au fil des siècles, elle a été entièrement restaurée et inaugurée à nouveau en 2010. Sa salle principale, d'une élégance lumineuse, peut accueillir des centaines de fidèles et constitue l'un des espaces religieux les plus beaux de la ville.
Le Mur Occidental
Sans doute le site le plus émouvant de Jérusalem pour les fidèles juifs du monde entier, le Mur Occidental — en hébreu HaKotel HaMa'aravi, souvent simplement appelé le Kotel — est le dernier vestige du mur de soutènement qui entourait l'esplanade du Second Temple, détruit par les Romains en l'an 70 de notre ère. Long de 488 mètres à l'origine, la section exposée à la prière mesure environ 57 mètres de large et 19 mètres de haut.
Devant ce mur de pierre calcaire brun-doré, des fidèles prient jour et nuit, les hommes d'un côté de la cloison qui sépare les sexes, les femmes de l'autre. Ils glissent des petits billets de prière dans les interstices entre les pierres géantes. L'atmosphère qui règne devant le Kotel est d'une intensité spirituelle difficile à décrire. Des militaires israéliens en prière avec leurs armes côtoient des hassidim en tenues du XVIIIe siècle, des touristes du monde entier et des femmes du mouvement Masorti récitant la Torah. La nuit, aux lumières dorées qui éclairent les pierres, l'atmosphère atteint quelque chose de presque surnaturel.
Le Mont du Temple
Au-dessus du Mur Occidental s'élève l'esplanade du Mont du Temple — en arabe Al-Haram Al-Sharif, le Noble Sanctuaire — qui est simultanément le lieu le plus sacré du judaïsme et le troisième lieu le plus sacré de l'islam après La Mecque et Médine. Vaste plateau pavé de 14 hectares, il est dominé par deux monuments islamiques d'une beauté saisissante : la Mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher.
Le Dôme du Rocher, construit entre 688 et 692 de notre ère par le calife omeyyade Abd al-Malik, est l'un des plus beaux exemples d'architecture islamique ancienne du monde. Son dôme doré — recouvert d'or véritable, refait à plusieurs reprises dont une fois grâce à un financement du roi de Jordanie Hussein — scintille au soleil et domine l'horizon de Jérusalem. L'intérieur, revêtu de mosaïques byzantines et de carrelages ottomans, entoure le rocher sacré depuis lequel, selon la tradition islamique, le Prophète Mohammed s'est élevé vers les cieux lors du Voyage nocturne, et qui est également identifié dans la tradition juive comme le lieu où Abraham s'apprêtait à sacrifier son fils Isaac.
La Mosquée Al-Aqsa, vaste bâtiment aux toits gris de plomb, peut accueillir plusieurs milliers de fidèles et est le coeur actif de la pratique religieuse musulmane à Jérusalem. L'accès aux non-musulmans est autorisé pendant certaines heures, mais le respect des lieux et un code vestimentaire approprié sont absolument requis.
L'église du Saint-Sépulcre
Dans le Quartier Chrétien de la Vieille Ville se trouve l'Église du Saint-Sépulcre, le lieu le plus sacré du christianisme selon la majorité des Églises chrétiennes. Construite à l'emplacement où la tradition identifie le Golgotha — le lieu de la crucifixion de Jésus de Nazareth — et le tombeau vide de sa résurrection, cette église monumentale est un labyrinthe de chapelles, de coupoles, d'escaliers et d'autels appartenant à six communautés chrétiennes différentes : les Grecs orthodoxes, les Franciscains catholiques, les Arméniens, les Coptes, les Éthiopiens et les Syriaques.
L'Anastasis, ou rotonde de la Résurrection, abrite l'Édicule, la petite chapelle construite sur le tombeau supposé du Christ. Les pèlerins font souvent la queue pendant des heures pour y entrer et y prier. L'atmosphère à l'intérieur de cette église est à la fois solennelle et étrangement cacophonique, les diverses liturgies se déroulant simultanément dans les différentes chapelles. La clé de l'église est conservée depuis le XIIe siècle par une famille musulmane de Jérusalem, les Joudeh, comme symbole de neutralité entre les communautés chrétiennes.
La via Dolorosa
La Via Dolorosa, ou Voie Douloureuse, est le chemin traditionnel que Jésus aurait emprunté en portant sa croix depuis le lieu de son procès jusqu'au Golgotha. Ce parcours de neuf stations dans la Vieille Ville est effectué par des millions de pèlerins chaque année, en particulier le vendredi et lors des grandes fêtes chrétiennes. Chaque vendredi après-midi, des Franciscains guident une procession de la croix le long de ce chemin qui traverse les ruelles animées du marché arabe.
Le Mont des Oliviers
Surplombant la Vieille Ville depuis l'est, séparé d'elle par la vallée du Cédron, le Mont des Oliviers offre la vue la plus célèbre de Jérusalem. Ce promontoire est couvert depuis des millénaires d'oliviers et d'un vaste cimetière juif — le plus ancien au monde en usage continu — où reposent des personnalités illustres depuis 3000 ans. Les juifs croyants souhaitent y être enterrés car, selon la tradition, la Résurrection des morts commencera en ce lieu lors de l'avènement du Messie.
Au pied du Mont des Oliviers, le Jardin de Gethsémani est l'endroit où Jésus est venu prier la nuit de son arrestation. L'Église de toutes les Nations, construite en 1924, abrite l'un des plus vieux oliviers du monde, dont l'âge a été estimé à plus de 2 000 ans par des analyses aux rayons X.
Yad Vashem
Le Mémorial de l'Holocauste Yad Vashem, situé sur le Mont du Souvenir à l'ouest de Jérusalem, est l'une des institutions commémoratives les plus importantes et les plus émouvantes du monde. Son nom hébreu signifie "un monument et un nom" et vient du Livre d'Isaïe. Fondé en 1953 par la Knesset, le Parlement israélien, Yad Vashem est à la fois un musée, un centre de recherche, une archive et un lieu de mémoire consacré aux six millions de Juifs assassinés par les Nazis et leurs collaborateurs pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Le Musée de l'Histoire de l'Holocauste, conçu par l'architecte israélo-américain Moshe Safdie, est un prisme de béton et de verre long de 180 mètres qui traverse le flanc de la colline. À l'intérieur, une chronologie bouleversante et méthodique de la montée du nazisme, des ghettos, des déportations, des camps d'extermination et de la libération est racontée à travers des témoignages personnels, des photographies, des objets authentiques et des installations artistiques. Le musée se termine par une terrasse panoramique donnant sur les forêts verdoyantes qui entourent Jérusalem, symbole de vie et de renaissance.
La Salle des Noms conserve les pages de témoignage de plus de quatre millions de victimes identifiées. L'Allée des Justes parmi les Nations honore les non-Juifs qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah. Yad Vashem est une visite qui marque profondément et que tout visiteur de Jérusalem devrait effectuer, quel que soit son âge ou sa confession.
Le Musée D'israël
Le Musée d'Israël, fondé en 1965 et le plus important musée du pays, est un complexe muséal de classe mondiale situé dans le quartier de Givat Ram. Sa collection permanente couvre l'art et l'archéologie de la préhistoire à nos jours, avec un accent particulier sur l'art et les artefacts de la Terre Sainte.
Son attraction la plus célèbre est sans conteste le Sanctuaire du Livre, un bâtiment en forme de dôme blanc dont le design évoque les couvercles des jarres dans lesquelles furent découverts les Manuscrits de la Mer Morte. Cette aile du musée présente les plus célèbres des manuscrits découverts entre 1947 et 1956 dans les grottes de Qumrân, dont le Rouleau d'Isaïe — l'un des plus anciens manuscrits bibliques au monde, daté du IIe siècle avant notre ère.
Le Marché Mahané Yéhouda
Le Marché Mahané Yéhouda, surnommé affectueusement "le Shuk" par les Jérusalémites, est un marché couvert et animé qui est l'un des endroits les plus vivants de la ville. Fondé à la fin du XIXe siècle, ce marché de près de 250 étals déborde de couleurs, d'odeurs et de saveurs. Épices du Moyen-Orient, fruits et légumes frais, fromages locaux, viandes casher, halva de toutes les parfums, olives marinées, burekas fraîchement sorties du four — le Shuk est une fête des sens.
Le soir et le week-end, le Marché Mahané Yéhouda se transforme : ses ruelles deviennent des bars animés et des restaurants branchés qui attirent la jeunesse jérusalémite. L'expérience du marché de jour et du marché de nuit sont deux réalités complètement différentes, toutes deux fascinantes.
La Cité de David et Mea Shearim
La Cité de David, site archéologique au pied de la Vieille Ville, est le noyau original de la Jérusalem de l'Âge du Bronze, où David aurait établi sa capitale. Les fouilles en cours révèlent des couches successives d'occupation depuis 4000 ans et permettent de marcher dans le Tunnel d'Ézéchias, un aqueduc taillé dans la roche vers 701 avant notre ère pour protéger l'approvisionnement en eau de la ville en cas de siège. Cette expérience de wading dans un tunnel de 533 mètres en partie sous l'eau est mémorable.
À l'opposé, le quartier ultraorthodoxe de Mea Shearim est une enclave où le temps semble s'être arrêté au XVIIIe siècle d'Europe de l'Est. Ses habitants, des Juifs harédim habillés en redingotes noires et en chapeaux à large bord, vivent selon des règles religieuses strictes et préservent jalousement leur mode de vie. Le visiteur est le bienvenu à condition de respecter le code vestimentaire strict (tenue modeste couvrant les bras et les jambes) et de ne pas photographier les habitants sans leur permission expresse.
Tel Aviv et la Côte
Si Jérusalem est l'âme d'Israël, Tel Aviv en est sans conteste le coeur battant, la ville qui ne dort jamais, la métropole hédoniste et cosmopolite qui a fait de la Méditerranée sa terrasse. Fondée en 1909 sur des dunes de sable au nord de Jaffa par des colons sionistes venus d'Europe, Tel Aviv est devenue en un peu plus d'un siècle une ville de plusieurs millions d'habitants dans son agglomération — le Grand Tel Aviv ou Gush Dan — et l'une des villes les plus dynamiques et les plus chères du Moyen-Orient.
La Ville Blanche
Le centre historique de Tel Aviv est classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 2003 sous le nom de "Ville Blanche", en référence à son extraordinaire concentration de bâtiments en style Bauhaus et International, construits principalement dans les années 1930 par des architectes juifs formés en Allemagne qui avaient fui le nazisme. Ces maisons blanches aux formes épurées, aux balcons arrondis et aux toits plats constituent le plus grand ensemble d'architecture Bauhaus au monde. Le centre de l'architecture de Tel Aviv propose des visites guidées régulières de ce patrimoine unique, qui a résisté mais a besoin d'entretien constant contre les éléments méditerranéens.
Les Quartiers
La rue Dizengoff, artère principale de la vie sociale et commerciale de Tel Aviv depuis les années 1930, est toujours animée de boutiques indépendantes, de cafés en terrasse et de restaurants. La Place Dizengoff, réaménagée dans les années 1980, est surmontée d'une fontaine-sculpture cinétique monumentale qui demeure un repère visuel incontournable.
Le Boulevard Rothschild est le coeur de la conscience historique et économique de Tel Aviv. Cette large avenue plantée d'arbres et équipée d'une piste cyclable au centre est bordée de maisons Bauhaus magnifiquement restaurées qui abritent désormais des startups technologiques, des bureaux de fonds de capital-risque et des restaurants gastronomiques. C'est à l'Indépendance Hall du Boulevard Rothschild 16 que David Ben Gourion proclama l'indépendance de l'État d'Israël le 14 mai 1948.
Florentin est le quartier bohème et artistique de Tel Aviv, peuplé d'artistes, de musiciens et de jeunes créatifs qui ont investi ses vieux entrepôts et ses immeubles délabrés pour en faire un bouillonnement culturel unique. Ses murs sont couverts de street art de classe mondiale, ses bars sont parmi les plus authentiques de la ville et son marché aux puces du dimanche est une mine pour les amateurs de vintage et d'objets insolites.
Neve Tzedek, le plus ancien quartier de Tel Aviv fondé en 1887, avant même la ville elle-même, est aujourd'hui l'un des endroits les plus charmants et les plus prisés de la ville. Ses maisons basses de style oriental, ses ruelles pavées et ses boutiques de créateurs en font un village dans la ville, où artisans, galeries d'art et restaurants gastronomiques coexistent dans une atmosphère quasi provençale.
Les Plages
Les plages de Tel Aviv sont gratuites, propres, bien équipées et accessibles à pied depuis le centre-ville. Sur les quelque 14 kilomètres du front de mer, on trouve une succession de plages chacune avec son atmosphère : la Plage Gordon, la plus grande et la plus animée avec ses terrains de volley-ball et de matkot (jeu de plage israélien populaire), la Plage Frishman, centrale et familiale, la Plage Banana, prisée des jeunes branchés, et plus au sud, la Plage de Jaffa aux eaux relativement calmes.
La promenade balnéaire — la Tayelet — longe toutes ces plages sur plusieurs kilomètres et est inondée en fin de journée de joggeurs, de cyclistes, de familles et de couples profitant du coucher de soleil sur la Méditerranée. Les kiosques de jus de fruits frais, les vendeurs de maïs grillé et les postes de sauveteurs aux couleurs vives rythment cet espace de liberté emblématique de l'identité tel-avivienne.
Jaffa
La vieille ville de Jaffa — Yafo en hébreu, Yafa en arabe — est soudée à Tel Aviv depuis la fusion administrative de 1950 mais reste un monde à part entière. L'une des plus anciennes villes portuaires de Méditerranée avec plus de 4000 ans d'histoire ininterrompue, Jaffa est mentionnée dans la Bible, dans les écrits de Napoléon et dans les lettres d'El-Amarna du XIVe siècle avant notre ère.
Le Port de Jaffa, avec ses vieux bateaux de pêche balancés par les vagues et ses restaurants de poissons disposés autour du bassin, est l'un des endroits les plus romantiques de Tel Aviv-Jaffa. La Vieille Ville de Jaffa, perchée sur un promontoire rocheux surplombant la mer, est un dédale d'espaces d'exposition et de galeries d'art dans des bâtiments en pierre calcaire soigneusement restaurés. Chaque ruelle porte le nom d'un signe du zodiaque.
Le Marché aux Puces de Jaffa — Shuk HaPishpeshim — est le plus grand et le plus authentique marché aux puces d'Israël. Tous les jours, ses étals débordent d'antiquités, de meubles vintage, de céramiques, de vieilles lampes et d'objets insolites accumulés au fil des décennies. Le quartier environnant est en pleine transformation, avec des restaurants gastronomiques et des bars design qui se glissent dans d'anciens ateliers.
Musée D'art de Tel Aviv et Marché Carmel
Le Musée d'Art de Tel Aviv, fondé en 1932, est le plus grand et le plus important musée d'art en Israël. Ses collections permanentes couvrent l'art israélien et international du XVIIe siècle à nos jours, avec des salles consacrées à l'impressionnisme, à l'expressionnisme, à l'art moderne et contemporain. Sa nouvelle aile Herta and Paul Amir, inaugurée en 2011 et conçue par l'architecte américain Preston Scott Cohen, est elle-même une oeuvre d'architecture avec son atrium spiralé hyperbolique unique.
Le Marché Carmel, ou Shuk HaCarmel, est le plus grand marché en plein air de Tel Aviv. Ses ruelles colorées et bruyantes sont chargées d'épices, de fruits, de légumes, de poissons frais, de fromages, de noix et de toutes sortes de produits régionaux. Le matin de bonne heure est le meilleur moment pour le visiter, lorsque les commerçants reçoivent leurs livraisons fraîches et que l'atmosphère est à son paroxysme.
Haïfa
À environ 90 kilomètres au nord de Tel Aviv, Haïfa est la troisième grande ville d'Israël et son principal port méditerranéen. Construite sur les pentes du Mont Carmel — dont il est question dans plusieurs passages bibliques — Haïfa est souvent présentée comme le modèle de coexistence entre Juifs et Arabes israéliens, une réputation méritée qui se reflète dans la mixité de ses quartiers.
Les Jardins Bahaïs, classés au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, sont sans aucun doute l'attraction la plus spectaculaire de Haïfa. Ces terrasses de jardins parfaitement symétriques et soigneusement entretenus s'étendent sur le flanc du Mont Carmel autour du Mausolée du Báb, le fondateur de la foi bahaïe. L'effet visuel de ces jardins verts en cascade jusqu'à la mer est absolument saisissant. Le Centre Mondial Bahaï de Haïfa et d'Akko est l'un des deux sites bahaïs inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO.
La Colonie Allemande, fondée par les Templiers allemands au XIXe siècle, est aujourd'hui l'un des quartiers les plus animés de Haïfa. Ses villas de pierre calcaire aux proportions élégantes abritent des restaurants, des boutiques et des cafés et offrent une promenade charmante.
Acre et Césarée
La ville d'Acre — Akko en hébreu, Aka en arabe — est l'une des villes les plus fascinantes d'Israël et un joyau de l'architecture médiévale. Inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 2001, la Vieille Ville d'Akko conserve l'un des ensembles architecturaux des Croisades les mieux préservés au monde. Sous la ville ottomane actuelle se trouve l'extraordinaire cité souterraine des Croisés — les Salles des Chevaliers, le Réfectoire des Templiers, le Tunnel des Templiers — qui est accessible au public.
Le Marché et les mosquées ottomans, les khans (caravansérails), le port de pêche et les remparts qui plongent dans la mer font d'Akko une ville unique dans son genre, où le temps semble s'être arrêté. La gastronomie d'Akko — arabe et de la mer — est également reconnue dans tout Israël.
Césarée, à mi-chemin entre Tel Aviv et Haïfa, est le site de l'ancienne ville portuaire romaine construite par Hérode le Grand entre 22 et 10 avant notre ère. Son amphithéâtre romain, restauré et toujours utilisé pour des concerts et des spectacles, peut accueillir 3500 personnes avec la Méditerranée en toile de fond. Son aqueduc romain de 15 kilomètres, dont une longue section court parallèlement à la plage, est un exemple saisissant de l'ingénierie hydraulique antique.
Rosh Hanikra
À l'extrême nord de la côte méditerranéenne d'Israël, juste à la frontière libanaise, les falaises calcaires blanches de Rosh HaNikra plongent dans la mer en une série de grottes marines creusées par les vagues. Accessibles par téléphérique depuis le plateau côtier, ces grottes sont traversées par des galeries naturelles où la mer s'engouffre avec un bruit sourd et produit des effets de lumière et de son spectaculaires.
La Galilée et le Nord
La Galilée, région du nord d'Israël, est l'une des terres les plus chargées de sens religieux et historique au monde. Pour les chrétiens, c'est ici que Jésus de Nazareth a grandi, prêché et accompli la plupart de ses miracles. Pour les juifs, c'est la région où s'est développée la mystique de la Kabbale et où sont enterrés les plus grands sages du Talmud. Pour tous, c'est une région d'une beauté naturelle exceptionnelle, avec ses collines couvertes de forêts, ses sources abondantes, ses oliviers millénaires et ses villages arabes et juifs perchés sur des hauteurs panoramiques.
La Mer de Galilée
La Mer de Galilée — Kinneret en hébreu, également appelée Lac de Tibériade ou Lac de Génésareth dans les textes chrétiens — est le lac d'eau douce le plus bas du monde, situé à 213 mètres sous le niveau de la mer. D'une superficie de 166 kilomètres carrés, ce lac en forme de harpe (kinnor en hébreu) est la principale réserve d'eau douce d'Israël et alimente une grande partie du réseau national d'eau. Ses rives sont bordées de stations balnéaires, de kibbutzim, de sites archéologiques bibliques et de routes panoramiques parmi les plus belles du pays.
Capharnaüm — Kfar Nahum en hébreu, "village de Nahum" — est le principal site archéologique des rives nord de la mer de Galilée. C'est ici que Jésus a élu domicile lors de sa vie publique, ici qu'il a guéri des malades, choisi ses apôtres Pierre, André, Jacques et Jean et prononcé ses enseignements dans la synagogue. Les ruines de cette synagogue, en calcaire blanc du IVe-Ve siècle, reposent sur des fondations d'une synagogue plus ancienne du Ier siècle que Jésus aurait connue. L'Église Catholique des Franciscains, construite au-dessus de la maison supposée de Pierre, offre une expérience spirituelle unique avec son plancher de verre donnant sur les fouilles sous-jacentes.
Le Mont des Béatitudes, sur une colline douce au nord-ouest de la mer de Galilée, est le lieu traditionnel du Sermon sur la Montagne où Jésus aurait prononcé les Béatitudes — "Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux...". L'église octogonale construite en 1938 sur ce site, entourée de jardins luxuriants, offre une vue panoramique sur toute la mer de Galilée. L'endroit est d'une paix et d'une beauté qui expliquent immédiatement pourquoi la tradition y a ancré cet enseignement fondamental du christianisme.
Tabgha, sur la rive nord-ouest du lac, est le lieu traditionnel de la multiplication des pains et des poissons, l'un des miracles les plus célèbres de Jésus. L'Église de la Multiplication, construite sur les restes d'une basilique byzantine du Ve siècle, conserve une splendide mosaïque originale représentant un panier de pains flanqué de deux poissons — l'un des plus beaux exemples de mosaïque byzantine de Terre Sainte. Le poisson de Saint-Pierre — le tilapia galilaeus — est servi dans les restaurants de la région et constitue l'un des plats traditionnels de la Galilée.
Nazareth
Nazareth — Natzrat en hébreu, An-Nasira en arabe — est la plus grande ville arabe d'Israël avec ses 80 000 habitants, majoritairement arabes israéliens de confession chrétienne et musulmane. C'est ici que Jésus a grandi, selon les Évangiles, et c'est la destination de pèlerinage chrétien la plus importante de Galilée.
La Basilique de l'Annonciation, construite en 1969 sur les restes de basiliques byzantines et croisées antérieures, est la plus grande église du Moyen-Orient. Elle est érigée à l'endroit traditionnel de l'Annonciation — la maison de Marie où l'archange Gabriel lui aurait annoncé qu'elle allait concevoir le fils de Dieu. Le niveau inférieur de l'église, de style moderniste, conserve la grotte originale vénérée depuis les premiers siècles du christianisme. Les murs extérieurs et intérieurs de la basilique sont ornés d'un ensemble exceptionnel de mosaïques et de panneaux représentant la Vierge Marie offerts par des nations du monde entier — dont une pièce japonaise, une américaine, et une autre de nombreux pays africains — créant un dialogue artistique multiculturel fascinant.
Le vieux marché de Nazareth, avec ses étals d'épices, d'herbes médicinales et de produits artisanaux, est l'un des plus authentiques de Galilée. La Cuisine de Nazareth, avec ses spécialités arabes locales comme le mansaf (agneau sur riz parfumé), les salades de légumes et les douceurs orientales, mérite une halte gourmande.
Safed et la Kabbale
Safed — Tzfat en hébreu — est une ville perchée à 900 mètres d'altitude dans les monts de Haute-Galilée, et l'une des quatre villes saintes du judaïsme avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. Au XVIe siècle, Safed était le centre mondial de l'étude de la Kabbale — la mystique juive ésotérique — et a attiré des maîtres spirituels de toute la diaspora juive comme Rabbi Joseph Caro, auteur du Shulchan Aruch, et Rabbi Isaac Louria, connu sous le nom de l'Ari, dont les enseignements ont révolutionné la pensée kabbalistique.
Aujourd'hui, la Vieille Ville de Safed est un labyrinthe de ruelles bleues et blanches — les couleurs qui, selon la tradition kabbalistique, éloignent le mauvais oeil — bordées de synagogues historiques, de galeries d'art et d'ateliers d'artistes. Le Quartier Artistique, installé dans l'ancien quartier arabe abandonné après 1948, compte des dizaines d'artistes peintres, sculpteurs, calligraphes et artisans qui exposent et vendent leurs oeuvres dans des espaces souvent installés dans d'anciens hammams et caravansérails. L'atmosphère mystique et la lumière particulière de Safed, combinées à ses paysages de montagne, ont attiré des générations d'artistes et continuent de le faire.
Le Plateau du Golan
Le Plateau du Golan est un plateau volcanique d'origine basaltique qui s'étend au nord-est de la Galilée, surplombant la Mer de Galilée depuis l'est. Capturé par Israël lors de la Guerre des Six Jours en 1967 et annexé en 1981 dans une annexion non reconnue par la communauté internationale, le Golan est aujourd'hui une région d'une beauté naturelle saisissante, de vignobles réputés et de sites archéologiques fascinants.
Les vignobles des Hauteurs du Golan, bénéficiant d'un terroir volcanique exceptionnel à haute altitude, produisent certains des meilleurs vins d'Israël. Les Caves du Golan Heights Winery, fondées en 1983, sont parmi les plus importantes productrices de vin de qualité en Israël et exportent vers de nombreux pays.
Les cascades de Banias, à l'extrémité nord du Golan, sont parmi les plus belles d'Israël. La source de Banias, l'une des sources du fleuve Jourdain, jaillit du flanc du Mont Hermon et donne naissance à un ruisseau tumultueux qui dévale en cascades dans un canyon boisé. Le site archéologique de Paneas, consacré dans l'Antiquité au dieu grec Pan, puis ville romaine de Césarée de Philippe, est remarquablement bien préservé.
Tel Dan, site archéologique au nord du Golan, est à la fois un site naturel d'une beauté exceptionnelle et l'un des sites archéologiques les plus importants d'Israël. La Réserve Naturelle de Tel Dan protège l'une des plus belles sources d'eau douce du pays, où des eaux cristallines coulent sous des chênes centenaires. Les fouilles archéologiques ont révélé une cité de l'Âge du Bronze et du Fer d'une importance considérable, dont la porte de la ville est l'un des rares exemples d'arche d'architecture cananéenne complètement préservée.
Bet Shean et Megiddo
Bet Shean, dans la vallée du Jourdain, possède l'un des parcs nationaux romains les mieux préservés du monde. Cette ville romaine-byzantine complète, avec ses rues à colonnes, ses thermes, ses théâtres, ses temples et ses ateliers, a été partiellement détruite par un tremblement de terre en 749 de notre ère et préservée sous ses décombres pendant des siècles. Les fouilles archéologiques en cours depuis les années 1920 ont mis au jour une ville d'une richesse exceptionnelle.
Megiddo, site archéologique d'une importance biblique et historique majeure, est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Ce tell — colline artificielle créée par l'accumulation de ruines de villes successives — surplombe la plaine de Jezreel et a été le site de nombreuses batailles décisives tout au long de l'histoire, de Thoutmôsis III en 1457 avant notre ère jusqu'aux batailles de la Première Guerre Mondiale. Le nom de Megiddo est à l'origine du mot Armageddon — dans le Nouveau Testament, l'Apocalypse situe la bataille finale entre le bien et le mal "à Har-Megiddon", la montagne de Megiddo.
Mont Carmel
Le Mont Carmel, qui plonge dans la Méditerranée à Haïfa, est une chaîne de collines couverte de forêts de pins et de chênes et de maquis méditerranéen. C'est sur ce mont que le prophète Élie, selon le Premier Livre des Rois, a défié les 450 prophètes du dieu Baal et leur a imposé une épreuve de feu — un épisode fondamental dans l'histoire du monothéisme hébraïque.
Le Carmel abrite également les Grottes de Nahal Me'arot, site préhistorique du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, où des fouilles ont révélé des preuves d'occupation humaine continue sur 500 000 ans et les ossements de populations proto-humaines appartenant à plusieurs espèces distinctes de l'homo.
La Mer Morte et le Désert de Judée
La Mer Morte et le désert de Judée constituent l'une des régions les plus surréalistes et les plus fascinantes d'Israël. Paysages lunaires de calcaire blanc, falaises ocre tombant dans les eaux bleu-vert de la mer la plus salée du monde, oasis de verdure émergeant du désert brûlant — cette région est une contradiction vivante entre l'aridité extrême et la vie tenace.
La Mer Morte
La Mer Morte est une merveille géologique et géographique unique en son genre. Avec ses 430 mètres sous le niveau des océans, c'est le point de terre le plus bas de la planète. Cet immense lac salé — partagé entre Israël à l'ouest et la Jordanie à l'est — contient une concentration en sel d'environ 34%, soit dix fois la teneur en sel des océans. Cette hyper-salinité, associée aux températures élevées et à l'évaporation intense dans ce bassin quasi hermétique, crée un écosystème unique où aucun poisson, aucune algue ni presque aucun micro-organisme ne peuvent survivre — d'où son nom en arabe "Al-Bahr Al-Mayyit", la mer morte, et en hébreu "Yam HaMelah", la mer de sel.
L'expérience de la baignade dans la Mer Morte est absolument unique et doit être vécue au moins une fois dans sa vie. La forte densité de l'eau, saturée en minéraux, permet à tout baignant de flotter sans effort aucun, même en position assise ou debout. Les plaisanteries habituelles consistent à lire un journal en flottant, les bras croisés. Les soins à la boue noire minérale extraite du fond de la mer sont réputés bénéfiques pour la peau et attirent des touristes du monde entier dans les spas qui bordent ses rives.
Cependant, la Mer Morte fait face à une crise environnementale majeure. Son niveau baisse d'environ un mètre par an, principalement à cause du détournement du Jourdain pour l'irrigation agricole et la consommation humaine. La surface de la mer a diminué d'un tiers depuis les années 1960. Des dolines — effondrements du sol causés par la dissolution du sel sous la surface — apparaissent de plus en plus nombreuses sur ses rives, rendant certaines zones dangereuses. Un projet de canal permettant d'amener de l'eau de la mer Rouge est en discussion entre Israël, la Jordanie et l'Autorité Palestinienne depuis des années.
Réserve Naturelle D'ein Gedi
L'Oasis d'Ein Gedi, à mi-chemin du bord occidental de la Mer Morte, est une des oasis les plus surprenantes et les plus belles de toute la région. Alimentée par deux sources pérennes qui dévalent les falaises désertiques en cascades et ruisseaux, cette réserve naturelle de 14 kilomètres carrés est un jardin d'Éden miniature au coeur du désert de Judée.
Ses sentiers de randonnée traversent des forêts de palmiers dattiers, des prairies de roseaux, des jardins de plantes médicinales et conduisent à des bassins naturels où l'on peut se baigner sous des cascades d'eau douce. La faune est extraordinaire : ibex de Nubie (bouquetins des déserts), damans des rochers, renards du désert, reptiles et des centaines d'espèces d'oiseaux migrateurs transitent par l'oasis.
C'est dans les grottes d'Ein Gedi que, selon la Bible, David se cacha pour échapper à la colère du roi Saül, et c'est à Ein Gedi que Saül et David eurent leur célèbre rencontre dont parle le Premier Livre de Samuel.
Massada
Massada est probablement le site archéologique le plus célèbre et le plus symboliquement chargé d'Israël. Ce plateau rocheux isolé qui s'élève à 440 mètres au-dessus du bord occidental de la Mer Morte fut fortifié et transformé en palais luxueux par le roi Hérode le Grand entre 37 et 31 avant notre ère. Ses installations comprenaient des palais aux fresques magnifiques, des thermes romains, des citernes géantes creusées dans le roc pour stocker des millions de litres d'eau de pluie, des entrepôts, une synagogue et des quartiers d'habitation.
Après la chute de Jérusalem et la destruction du Second Temple en l'an 70 de notre ère, un groupe de zélotes juifs — environ 960 personnes selon l'historien Flavius Josèphe — s'est réfugié sur le plateau de Massada. Pendant trois ans, ils ont résisté au siège de la Xe légion romaine qui campa à leurs pieds avec 15 000 soldats. Lorsque les Romains construisirent une rampe et enfoncèrent les murailles, les défenseurs de Massada choisirent de mourir de leur propre main plutôt que de tomber en esclavage. L'expression "Massada ne tombera pas" — Massada lo tipol en hébreu — est devenue un symbole de résistance jusqu'au bout dans la conscience israélienne.
Inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 2001, Massada est accessible par deux voies : le télécabine depuis le côté est, qui permet d'atteindre le sommet en quelques minutes, et le Sentier du Serpent — une montée d'une heure à pied. Beaucoup choisissent de faire le Sentier du Serpent de nuit pour arriver au sommet au lever du soleil — une expérience absolument inoubliable face aux eaux roses de la Mer Morte et aux montagnes de Jordanie.
Qumrân
La Réserve Naturelle et Site Archéologique de Qumrân, sur la rive nord-ouest de la Mer Morte, est l'endroit où fut faite l'une des découvertes archéologiques les plus importantes du XXe siècle. En 1947, un jeune berger bédouin du nom de Muhammad edh-Dhib cherchait une chèvre perdue et lança une pierre dans une grotte de la falaise — il entendit le bruit du bris d'une jarre et découvrit les premiers des Manuscrits de la Mer Morte.
Entre 1947 et 1956, plus de 900 manuscrits et fragments furent découverts dans les grottes de Qumrân — des textes bibliques, des commentaires religieux, des règlements communautaires et des textes apocalyptiques datant du IIe siècle avant notre ère au Ier siècle de notre ère. Ces textes, qui constituent les plus anciens manuscrits de la Bible hébraïque connus, étaient cachés dans des jarres par les membres d'une communauté juive — probablement les Esséniens — qui vivaient à Qumrân et anticipaient probablement la destruction de leur communauté par les Romains.
Le site archéologique de Qumrân révèle les vestiges de cette communauté : une salle de scriptorium avec des encriers de bronze, un réfectoire, des bains rituels (mikvaot) et des citernes. Les originaux des manuscrits sont aujourd'hui exposés au Sanctuaire du Livre du Musée d'Israël à Jérusalem, mais des reproductions de haute qualité sont présentées au centre d'accueil de Qumrân.
Jéricho
Jéricho — Yeriho en hébreu, Ariha en arabe — est généralement considérée comme l'une des plus anciennes villes habitées en continu dans le monde, avec des traces d'occupation remontant à environ 9000 ans avant notre ère, soit la période Néolithique précéramique. Située dans la vallée du Jourdain à 258 mètres sous le niveau de la mer, c'est l'une des villes les plus basses et les plus chaudes du monde.
Les fouilles archéologiques du Tell Sultan révèlent des couches successives de civilisations depuis le Mésolithique jusqu'à l'époque byzantine. Les murs de Jéricho mentionnés dans le Livre de Josué — que les Israélites auraient fait s'effondrer en sonnant des trompettes — appartiennent probablement à la période du Bronze Moyen, vers 1600 avant notre ère.
La ville actuelle de Jéricho, sous administration palestinienne, est un oasis de verdure dans le désert grâce à ses nombreuses sources dont la Source d'Élysée que le Prophète Élisée aurait purifiée selon le Deuxième Livre des Rois. Ses marchés regorgent de fruits tropicaux, de dattes et d'agrumes produits localement.
Wadi Qelt et le Monastère Saint-Georges
Le Wadi Qelt est un canyon spectaculaire qui traverse le désert de Judée d'est en ouest sur environ 28 kilomètres, entre les environs de Jérusalem et Jéricho. Un sentier de randonnée suit le fond du canyon, passant par des sources naturelles, des bassins d'eau et une végétation luxuriante qui contraste fortement avec les falaises arides de calcaire blanc qui l'entourent.
À mi-chemin du Wadi Qelt, le Monastère Saint-Georges d'Hozeva, construit dans une grotte sur la paroi verticale d'une falaise surplombant le canyon, est l'un des sites monastiques les plus spectaculairement situés du Proche-Orient. Fondé au Ve siècle par des moines grecs orthodoxes, toujours habité par une communauté monastique, ce monastère en cascade semble défier les lois de la gravité. La vue depuis la route ou depuis le fond du canyon est absolument saisissante.
Le Désert du Néguev
Le désert du Néguev, qui s'étend sur plus de 12 000 kilomètres carrés soit environ 60% du territoire israélien, est une région de contrastes saisissants : aridité extrême et beauté géologique spectaculaire, dénuement apparent et richesse archéologique extraordinaire, isolement et présence humaine ancienne. Le Néguev, dont le nom vient de l'hébreu "direction du sud", est bien loin d'être le désert de sable de l'imaginaire collectif : c'est un plateau désertique entaillé de canyons, parsemé de collines rocheuses et de formations géologiques uniques.
Le Makhtesh Ramon
Le Makhtesh Ramon est l'une des merveilles géologiques les plus remarquables non seulement d'Israël mais du monde entier. Ce n'est pas un cratère d'impact météoritique ni un volcan éteint : c'est un makhtesh, terme hébreu désignant un type unique d'érosion géologique qui ne se retrouve qu'en Israël et dans la péninsule du Sinaï voisine. Formé par des millions d'années d'érosion différentielle — la partie supérieure rocheuse a été emportée par l'eau et le vent plus vite que les couches inférieures — ce canyon elliptique mesure 40 kilomètres de long, 10 kilomètres de large et 500 mètres de profondeur, ce qui en fait le plus grand makhtesh du monde.
Les parois du Makhtesh Ramon révèlent une succession de couches géologiques couvrant plus de 200 millions d'années d'histoire terrestre : couches calcaires du Trias et du Jurassique, grès nubiens roses et rouges, roches volcaniques noires. Sur son fond plat, des cônes volcaniques éteints, des cristaux de calcédoine et des fossiles marins témoignent d'une histoire géologique extraordinairement complexe.
La ville de Mitzpe Ramon, construite sur le bord du makhtesh, est une base idéale pour explorer la région. Son Centre des Visiteurs Ramon propose une excellente introduction géologique et naturelle à l'ensemble du site. La nuit, Mitzpe Ramon bénéficie de l'un des ciels les moins pollués d'Israël, ce qui en fait une destination d'astronomie remarquable. Un observatoire ouvert au public organise des soirées d'observation étoilée.
Avdat et les Villes Nabatéennes
La ville nabatéenne d'Avdat — l'une des villes de la Route de l'Encens et des Épices inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO — est l'un des sites archéologiques les plus impressionnants du Néguev. Les Nabatéens, peuple arabe de l'Antiquité dont le centre était Pétra en Jordanie actuelle, ont développé du IVe siècle avant notre ère au Ier siècle de notre ère un réseau commercial remarquable pour acheminer encens, épices, soieries et autres marchandises précieuses d'Arabie et d'Inde vers les ports méditerranéens.
Avdat, perché sur une colline qui domine le Néguev, était une station caravanière importante sur cette route commerciale. Ses ruines révèlent une ville romaine-byzantine bien préservée avec son acropole, ses temples, ses bains, ses maisons et ses tombes rupestres. La technologie nabatéenne de gestion de l'eau — des dizaines de kilomètres de canaux de collecte des eaux de pluie qui alimentaient des citernes et permettaient l'agriculture en plein désert — est l'une des plus sophistiquées de l'Antiquité et continue d'inspirer les ingénieurs en agronomie désertique contemporains.
Les autres villes nabatéennes inscrites à l'UNESCO dans le Néguev comprennent Mamshit, Shivta et Haluza, chacune avec ses caractéristiques architecturales et archéologiques propres.
Parc Timna et Eilat
Le Parc Timna, près d'Eilat, est l'un des sites miniers les plus anciens connus au monde. Les mines de cuivre de Timna étaient déjà exploitées il y a environ 6 000 ans par les Égyptiens et les Cananéens. Des représentations rupestres pharaoniques, un sanctuaire hathorique et les piliers de Salomon — deux formations rocheuses de grès sculpté spectaculaires surnommées ainsi par les archéologues au début du XXe siècle — sont les attractions principales de ce parc géologique unique.
Eilat, à l'extrême sud d'Israël sur le golfe d'Aqaba, est la seule ville israélienne sur la mer Rouge. Station balnéaire et plongée sous-marine, Eilat attire des milliers de touristes attirés par ses eaux cristallines, ses récifs coralliens parmi les plus nordiques au monde et son soleil garanti presque toute l'année. La Réserve de Corail d'Eilat protège l'un des récifs les plus septentrionaux de la mer Rouge et offre des conditions de plongée et de snorkeling exceptionnelles : visibilité souvent supérieure à 30 mètres, diversité extraordinaire de coraux durs et mous et de poissons tropicaux.
Sdé Boker et la Tombe de Ben Gourion
Le Kibbutz de Sdé Boker, au coeur du désert du Néguev, est célèbre pour avoir été la retraite et la dernière résidence de David Ben Gourion, le père fondateur et premier Premier Ministre d'Israël. Ben Gourion, convaincu que l'avenir d'Israël passait par la mise en valeur du Néguev, s'installa dans ce kibbutz isolé après sa retraite politique en 1953 et y passa ses dernières années à étudier, écrire et travailler dans les champs.
Sa maison préservée comme musée révèle un homme d'une surprenante simplicité, dont la bibliothèque de milliers de volumes témoigne d'une curiosité intellectuelle insatiable. Sa tombe et celle de son épouse Paula, au bord d'une falaise dominant le splendide canyon du Wadi Zin, bénéficient d'un des panoramas les plus époustouflants du Néguev.
Les Sites du Patrimoine Mondial de L'unesco En Israël
Israël possède dix sites inscrits sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, témoignant de la richesse exceptionnelle de son patrimoine naturel, archéologique, architectural et historique.
La Vieille Ville de Jérusalem et Ses Remparts (1981)
Proposée par la Jordanie en raison des disputes sur la souveraineté, la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts est inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondial en 1981. Elle est également inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondial en Danger, en raison des pressions démographiques, architecturales et politiques qui menacent son intégrité. La Vieille Ville concentre dans un espace de moins d'un kilomètre carré certains des sites les plus sacrés des trois religions abrahamiques : le Mont du Temple avec la Mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher pour l'Islam, le Mur Occidental pour le Judaïsme et l'Église du Saint-Sépulcre pour le Christianisme.
Massada (2001)
Le plateau de Massada, site du palais d'Hérode et du dernier siège de la résistance juive contre Rome en l'an 73 de notre ère, a été inscrit à l'UNESCO en 2001. Le site témoigne de l'ingénierie hérodienne remarquable — palais, thermes, citernes, installations de stockage — et de l'une des dernières résistances armées à l'occupation romaine dans la région.
La Vieille Ville D'akko (2001)
La Vieille Ville d'Akko, inscrite la même année que Massada, est un exemple exceptionnel de ville ottomane du XVIIIe siècle qui conserve en son sous-sol l'un des ensembles médiévaux croisés les mieux préservés au monde. Les salles souterraines des Chevaliers Hospitaliers, les rues à arcades, les khans et les mosquées témoignent de la succession de civilisations qui ont fait d'Akko un port stratégique majeur pendant deux millénaires.
La Ville Blanche de Tel Aviv (2003)
Le centre historique de Tel Aviv, surnommé la Ville Blanche en raison de sa concentration de bâtiments de style Bauhaus et International, a été inscrit à l'UNESCO en 2003. Construits principalement dans les années 1930 par des architectes juifs formés en Europe centrale qui avaient fui le nazisme, ces bâtiments représentent le plus grand ensemble architectural de style Bauhaus au monde — environ 4 000 bâtiments — et constituent un exemple remarquable de l'adaptation d'un style architectural européen aux conditions climatiques méditerranéennes.
La Route de L'encens et les Villes du Désert du Néguev (2005)
Cet ensemble de quatre villes nabatéennes — Haluza, Mamshit, Avdat et Shivta — associées à leurs routes et aux systèmes d'irrigation agricole qui les entourent, a été inscrit en 2005. Ces villes témoignent du commerce caravanier qui a prospéré de l'Antiquité jusqu'au début de la période islamique, reliant l'Arabie à la Méditerranée par le désert du Néguev. Les techniques nabatéennes d'agriculture en milieu aride et les systèmes hydrauliques de collecte d'eau de pluie sont particulièrement remarquables.
Les Sites Bibliques du Tell Megiddo, Tell Hazor et Tell Beer Sheva (2005)
Ces trois sites archéologiques — Megiddo, Hazor et Beer Sheva — ont été inscrits ensemble à l'UNESCO en 2005 comme témoins de l'architecture et de l'urbanisme israélites de l'Âge du Fer aux Xe et IXe siècles avant notre ère. Chacun possède un système hydraulique souterrain remarquable — un aqueduc ou tunnel permettant d'accéder à l'eau depuis l'intérieur des remparts en cas de siège — qui témoigne d'un niveau d'ingénierie hydraulique avancé.
Les Sites des Grottes de Nahal Me'arot et Wadi Al-Mughara (2012)
Ces cinq grottes préhistoriques sur les flancs du Mont Carmel renferment les restes fossilisés et les artefacts de presque 500 000 ans d'évolution humaine et de comportement. Elles ont révélé les traces d'Homo erectus, de Néandertaliens et d'Homo sapiens dans un même site, fournissant des preuves de possibles interactions entre différentes espèces humaines. Les strates archéologiques continues sur une demi-million d'années en font l'un des sites les plus importants pour la compréhension de l'évolution humaine.
Le Centre Mondial Baha'ï de Haïfa et D'akko (2008)
Les jardins en terrasses autour du Mausolée du Báb à Haïfa et les édifices bahaïs d'Akko associés, comprenant le mausolée de Bahá'u'lláh le fondateur de la foi bahaïe, ont été inscrits à l'UNESCO en 2008. Ces lieux de pèlerinage et d'administration de la foi bahaïe mondiale constituent un ensemble paysager et architectural d'une beauté exceptionnelle.
Le Site de Beit She'arim : Nécropole Emblème du Renouveau Juif (2015)
La nécropole de Beit She'arim, inscrite en 2015, est l'un des sites funéraires juifs les plus importants de la période du Ier au IVe siècle de notre ère. Après la destruction du Second Temple et l'exil de la population juive de Jérusalem, Beit She'arim devint le nouveau centre religieux et intellectuel du judaïsme rabbinique naissant. Ses catacombes, ornées de reliefs sculptés et d'inscriptions en hébreu, araméen et grec, reflètent les débuts du judaïsme rabbinique et son intégration dans la culture hellénistique.
Gastronomie Israélienne
La cuisine israélienne est l'une des expressions les plus vivantes et les plus créatives de la diversité culturelle d'Israël. Mélange de traditions culinaires apportées par les vagues successives d'immigrants juifs venus des quatre coins du monde — Ashkénazes d'Europe de l'Est, Séfarades du bassin méditerranéen, Yéménites, Éthiopiens, Marocains, Irakiens, Iraniens, Russes, Français — et ancrée dans les traditions culinaires arabes et levantines du pays, la gastronomie israélienne contemporaine est un voyage gastronomique à elle seule.
Le Houmous, Star Nationale
Le houmous — cette purée onctueuse de pois chiches, de tahini, de citron et d'ail — est bien plus qu'un plat en Israël : c'est une institution, un sujet de débat passionné et une source de fierté nationale. Les Israéliens et les Palestiniens se disputent chacun la paternité du "vrai" houmous, une polémique aussi vieille que les traditions culinaires elles-mêmes.
Les humussiyot — établissements spécialisés dans le houmous, qui ne servent souvent que ce plat décliné en variations — sont des lieux de socialisation importants en Israël. Les meilleures sont généralement de petits établissements à table commune, ouverts seulement le matin jusqu'en début d'après-midi, qui s'épuisent quotidiennement. Certaines umussiyot légendaires d'Akko, de Haïfa, de Jérusalem et de Tel Aviv attirent des voyages gastronomiques expressément dédiés.
Le houmous est généralement servi à température ambiante, nappé d'huile d'olive extra-vierge, de paprika, de persil haché et parfois de pois chiches entiers ou de champignons sautés, accompagné de pain pita ou de laffa chaud. Les variations incluent le houmous masabacha (pois chiches entiers dans une sauce de tahini) et le houmous avec de la viande hachée épicée — un régal.
Le Falafel
Si le houmous est la star du petit-déjeuner et du déjeuner, le falafel est le roi du snack de rue. Ces boulettes de pois chiches (ou de fèves selon les traditions) finement épicées, frites à l'huile bouillante jusqu'à obtenir une croûte dorée et croustillante, sont fourrées dans une pita ou un laffa avec de la salade israélienne finement coupée, des cornichons marinés, des légumes grillés, du houmous, du tahini et des piments. Un bon falafel doit être croustillant à l'extérieur et tendre, vert et aromatique à l'intérieur.
Le falafel est vendu partout en Israël, du chariot de rue au restaurant gastronomique qui en propose une version revisitée. Chaque famille et chaque cuisinier a sa propre recette secrète — le mélange d'épices variant selon les traditions ashkénazes, séfarades ou arabes.
Le Shawarma et le Sabich
Le chawarma — viande d'agneau, de dinde ou de poulet marinée et cuite lentement sur une broche verticale rotative — est l'un des sandwichs de rue les plus populaires d'Israël. Tranchée finement au couteau, la viande est fourrée dans une pita avec du tahini, des légumes grillés, du chou violet mariné et des herbes fraîches.
Le sabich, moins connu à l'étranger mais adoré des Israéliens, est un sandwich typiquement israélien d'origine irakienne-juive. Il se compose de tranches d'aubergine frite, d'oeufs durs tranchés, de salade israélienne, de tahini, de sauce amba (chutney de mangue épicé) et de pommes de terre cuites, le tout dans une pita généreuse. Ce mélange de saveurs et de textures est une révélation gastronomique.
La Shakshuka
La shakshuka — oeufs pochés dans une sauce de tomates fraîches, de poivrons, d'oignons et d'épices (cumin, paprika, piment doux et fort) — est le plat du petit-déjeuner par excellence en Israël. Servie dans la poêle en fonte dans laquelle elle a été préparée, accompagnée de pain pita pour saucer, la shakshuka est à la fois économique, nourrissante et délicieuse. Sa popularité a largement dépassé les frontières d'Israël et on la trouve aujourd'hui sur les menus de brunch du monde entier.
Les Israéliens la dégustent au petit-déjeuner, mais aussi au dîner — c'est un plat sans heure. Des variantes incluent la shakshuka au fromage (avec du feta émietté), au pesto ou au chorizo dans les restaurants plus créatifs.
Les Burekas
Les burekas — feuilletés salés d'origine séfarade et ottomane fourrés de fromage (généralement du fromage blanc salé ou du kashkaval), d'épinards, de pommes de terre ou de champignons — sont le snack de boulangerie israélien par excellence. Disponibles dans toutes les boulangeries et dans les étals de rue, ils se déclinent en formes triangulaires, rectangulaires ou en demi-lune selon le fourrage. Les burekas au fromage portent une indication particulière (sésame sur le dessus) pour être identifiés rapidement par les observants des règles alimentaires de la kashrout, car elles contiennent du fromage et ne peuvent donc pas être consommées avec de la viande.
La Grillade Mixte de Jérusalem
La grillade mixte de Jérusalem — souvent simplement appelée "mixte" ou "mechouia" — est une tradition culinaire typiquement jérusalémite. Elle se compose de morceaux de différentes parties de l'agneau ou du poulet — foie, coeur, rate, poumons et parfois cervelle — marinés et grillés sur braise. Servis avec du pain pita, des salades fraîches, des herbes et des sauces, ces abats grillés sont une spécialité appréciée des connaisseurs qui n'hésitent pas à traverser la ville pour les meilleurs restaurants spécialisés.
Les Douceurs : Knafeh, Halva et Malabi
Le knafeh — dessert d'origine levantine et phare de la pâtisserie arabe — est une création de fils de pâte kataïfi (fines cheveux d'ange de pâte à brick) ou de semoule fine enrobant un coeur de fromage blanc crémeux ou de crème fraîche, imbibé de sirop de fleur d'oranger ou de rose et parsemé de pistaches concassées. Servi chaud en portions généreuses, le knafeh est une expérience de douceur, de chaleur et de parfums floraux qui ne ressemble à rien d'autre.
Le halva — confiserie à base de tahini (pâte de sésame) et de sucre, souvent aromatisée à la vanille, au chocolat, aux pistaches ou aux amandes — est une spécialité adorée de toute la région. Le halva de Jaffa, produit artisanalement par des maisons installées depuis des générations dans le marché aux puces de Jaffa, est réputé dans tout Israël pour sa qualité et sa finesse. Il se présente en grandes tranches vendues au poids, dans des dizaines de parfums et de textures différents.
Le malabi est un pudding de riz ou de fécule de maïs léger et crémeux, parfumé à l'eau de rose, nappé d'un coulis de grenadine et parsemé de noix de coco râpée et de pistaches. Simple, délicat et rafraîchissant, c'est un dessert estival très populaire vendu dans des petits cups en plastique dans les marchés et les kiosques de rue.
Les Règles Alimentaires de la Kashrout
La kashrout — le système de règles alimentaires religieuses juives — a un impact visible sur la restauration en Israël. Les restaurants casher séparent strictement les aliments à base de viande de ceux à base de lait (pas de cheeseburger ni de crème dans les sauces de viande), n'utilisent que de la viande abattue selon les rites religieux (shechita) et s'abstiennent de servir certains animaux considérés comme impurs (porc, crustacés, céphalopodes). Un grand nombre de restaurants en Israël sont certifiés casher, en particulier à Jérusalem.
Cela dit, Tel Aviv est connue pour son approche plus détendue de la kashrout : on y trouve facilement du porc, des fruits de mer et des restaurants non-casher qui constituent une partie importante de la scène gastronomique locale.
La Gastronomie Arabo-Israélienne D'akko
Akko, la vieille ville ottomane du nord d'Israël, est l'une des capitales culinaires du pays. Sa cuisine arabe locale — produits frais de la mer, poissons grillés, kébabs d'agneau, falafel, houmous et pâtisseries orientales — est parmi les meilleures d'Israël. La chercheuse culinaire israélienne Reem Kassis et plusieurs chefs de renommée nationale ont contribué à faire connaître la richesse de la cuisine arabo-israélienne d'Akko au-delà de ses frontières.
Les Vins Israéliens
La viticulture en Israël a connu une véritable renaissance depuis les années 1980. De quelques caves produisant des vins médiocres destinés à l'usage religieux, Israël est passé à plus de 300 domaines viticoles produisant des vins de qualité croissante reconnus sur les marchés internationaux.
Les principales régions viticoles sont la Galilée supérieure (la plus réputée), les Hauteurs du Golan (dont les Caves du Golan Heights Winery, fondées en 1983, sont un acteur majeur), les Collines de Judée et la région du Néguev (vignes dans le désert, une spécialité israélienne). Les cépages cultivés incluent le Cabernet Sauvignon, la Syrah, le Chardonnay, le Sauvignon Blanc et des cépages locaux en cours de réhabilitation comme le Marawi (Hamdani) et le Jandali.
Le Petit-Déjeuner Israélien
Le petit-déjeuner israélien est une institution. Dans les hôtels et les kibbutzim, un buffet de petit-déjeuner copieux comprend systématiquement : des salades de légumes frais (tomates, concombres, radis, oignons) finement coupées, de nombreux fromages (leben, labneh, fromages jaunes et blancs), des oeufs à la demande, du saumon fumé, des poissons marinés, des olives, des céréales, des yaourts, des viennoiseries fraîches, des jus de fruits pressés, des confitures artisanales et bien d'autres choses. Ce petit-déjeuner abondant et varié est l'un des plaisirs simples mais réels du voyage en Israël.
Arts, Culture et Histoire
L'histoire d'Israël et de la Terre Sainte est l'une des plus longues et des plus complexes de l'humanité. Cette région a été le théâtre de la naissance de la civilisation agricole, de l'émergence des trois grandes religions monothéistes et de la rencontre de dizaines d'empires, de cultures et de peuples sur une période de plusieurs millénaires.
Les Origines : Cananéens et Royaumes Israélites
Les Cananéens, dont la présence est attestée dès le IIIe millénaire avant notre ère, ont développé l'une des premières alphabets de l'histoire humaine — l'alphabet phénicien/cananéen qui est à l'origine directe de tous les alphabets modernes. Leurs cités-États, dont les plus importantes étaient Megiddo, Jéricho, Hazor et Bet Shean, dominaient le paysage politique de la région.
Vers le XIIe siècle avant notre ère, des tribus israélites s'installèrent dans les hauts plateaux de Canaan et développèrent progressivement leur identité culturelle et religieuse distincte. Les règnes de David (environ 1000-960 avant notre ère) et de son fils Salomon sont présentés dans la Bible hébraïque comme l'âge d'or d'un royaume israélite unifié dont Jérusalem était la capitale. Le Premier Temple de Salomon, construit pour abriter l'Arche de l'Alliance, était le centre de la vie religieuse de ce royaume.
Après Salomon, le royaume se divisa en deux : le Royaume d'Israël au nord et le Royaume de Juda au sud. Le Royaume d'Israël fut conquis et sa population déportée par l'empire assyrien en 722 avant notre ère — les "dix tribus perdues d'Israël". Le Royaume de Juda résista encore un siècle et demi avant d'être détruit par Nabuchodonosor II de Babylone en 586 avant notre ère, qui détruisit le Premier Temple et déporta la population à Babylone — le début de ce qu'on appelle la captivité babylonienne ou l'Exil.
De la Persia Aux Romains
Le retour d'Exil sous les Perses de Cyrus le Grand (538 avant notre ère), la reconstruction du Second Temple sous Zorobabel, la période hellénistique marquée par la domination des Ptolémées d'Égypte puis des Séleucides de Syrie, la révolte des Maccabées contre la Hellénisation forcée et l'établissement du royaume hasmonéen autonome (à partir de 165 avant notre ère) — autant d'étapes cruciales de l'histoire juive que les sites archéologiques et les musées d'Israël documentent avec une richesse remarquable.
La domination romaine, inaugurée par Pompée en 63 avant notre ère, connut son paroxysme dramatique lors de la Grande Révolte juive de 66-73 de notre ère. La destruction de Jérusalem et du Second Temple par Titus en 70 de notre ère — commémorée chaque année par le jeûne de Tisha BeAv — est le moment fondateur du judaïsme de la Diaspora. La révolte de Bar Kokhba (132-135 de notre ère), dernier soulèvement contre Rome, entraîna l'expulsion totale des Juifs de Judée et le renommage de la province en "Syria Palaestina" — Palestine.
La Période Byzantine, Arabe et Croisée
La période byzantine (330-638 de notre ère) vit l'essor du christianisme comme religion d'État et la construction des premières grandes basiliques chrétiennes sur les sites sacrés de Terre Sainte — dont l'Église du Saint-Sépulcre sous l'impulsion de l'impératrice Hélène, mère de Constantin.
La conquête arabe de 638 de notre ère sous le calife Omar ibn al-Khattab fut relativement pacifique et inaugura une longue période de domination islamique. Jérusalem devint rapidement la troisième ville sainte de l'Islam, après La Mecque et Médine, et le Dôme du Rocher fut construit en 691-692 sur le Mont du Temple.
Les Croisades (1095-1291) amenèrent des armées chrétiennes d'Europe en Terre Sainte et établirent le Royaume de Jérusalem et d'autres États latins qui durèrent près de deux siècles. Les vestiges croisés — châteaux, cathédrales, systèmes défensifs — sont parmi les plus impressionnants d'Israël, en particulier à Akko et à Césarée.
La Période Ottomane et le Mandat Britannique
La domination ottomane (1517-1917) apporta une période de relative stabilité mais aussi de stagnation économique. Les remparts de Jérusalem, construits sous Soliman le Magnifique vers 1538, sont le symbole architectural de cette période.
Le Mouvement sioniste, fondé politiquement par Theodor Herzl lors du Premier Congrès Sioniste à Bâle en 1897, répondait aux persécutions antisémites en Europe (pogroms de Russie, affaire Dreyfus en France) en proposant la création d'un foyer national juif en Terre Sainte. Les premières vagues d'immigration sioniste — les Aliyot — commencèrent à modifier progressivement la démographie de la Palestine ottomane.
La Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 — lettre du ministre britannique des Affaires Étrangères Arthur James Balfour à Lord Walter Rothschild — est un document clé de l'histoire israélienne et palestinienne. Elle exprimait le soutien du gouvernement britannique à l'établissement d'un "foyer national pour le peuple juif" en Palestine, tout en précisant que "rien ne serait fait qui pourrait porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existant en Palestine".
L'holocauste et la Fondation de L'état
La Shoah — l'extermination de six millions de Juifs européens par le régime nazi et ses collaborateurs entre 1933 et 1945 — est l'un des événements les plus déterminants pour comprendre la fondation de l'État d'Israël. La destruction quasi totale des communautés juives d'Europe de l'Est et la fermeture des frontières à l'immigration juive avant la guerre avaient créé une urgence humanitaire et politique sans précédent.
Le 14 mai 1948, à Tel Aviv, David Ben Gourion proclama l'indépendance de l'État d'Israël. Le lendemain, les armées de cinq États arabes — Égypte, Syrie, Jordanie, Irak et Liban — attaquèrent le nouvel État dans ce que les Israéliens appellent la "Guerre d'Indépendance" et les Palestiniens la "Nakba" (catastrophe). Après une guerre de plus d'un an, un armistice fut signé qui laissa Israël dans des frontières plus étendues que celles prévues par le Plan de Partage de l'ONU de 1947.
Les Guerres Suivantes et le Processus de Paix
La Guerre des Six Jours de juin 1967 transforma radicalement la carte du Moyen-Orient. En moins d'une semaine, l'armée israélienne s'empara de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est à la Jordanie, de la bande de Gaza et de la péninsule du Sinaï à l'Égypte et du plateau du Golan à la Syrie. La réunification de Jérusalem sous contrôle israélien, incluant la Vieille Ville et le Mur Occidental, fut vécue comme un moment historique bouleversant par la majorité des Juifs du monde.
La Guerre du Kippour d'octobre 1973 — où l'Égypte et la Syrie lancèrent une attaque surprise pendant le plus grand jeûne du calendrier juif — prit l'armée israélienne par surprise et infligea de lourdes pertes avant que la situation ne soit rétablie. Cette guerre eut un impact psychologique et politique profond en Israël, remettant en question la notion d'invincibilité de Tsahal.
Les Accords de Camp David de 1978 entre Sadate et Begin, sous la médiation de Carter, aboutirent au traité de paix israélo-égyptien de 1979 — le premier traité de paix entre Israël et un État arabe. L'Égypte récupéra le Sinaï et reconnut Israël. Les Accords d'Oslo de 1993, signés par Rabin et Arafat sur la pelouse de la Maison Blanche, inaugurèrent le processus de paix israélo-palestinien et créèrent l'Autorité Palestinienne, mais leur mise en oeuvre reste incomplète à ce jour.
La Start-up Nation et la Renaissance Culturelle
Israël contemporain est connu dans le monde entier comme la "Start-Up Nation" — un terme popularisé par le livre éponyme de Dan Senor et Saul Singer publié en 2009. Avec plus de startups per capita que presque n'importe quel autre pays au monde, Israël a produit des entreprises technologiques mondiales dans des domaines aussi variés que la navigation GPS (Waze, rachetée par Google en 2013), la conduite autonome (Mobileye, racheté par Intel en 2017 pour 15 milliards de dollars), la cybersécurité (Check Point, fondé en 1993), les sciences médicales (Given Imaging, concepteur de la capsule endoscopique) et l'agtech (technologies agricoles, en particulier l'irrigation par goutte-à-goutte développée par Netafim).
La renaissance de la langue hébraïque est l'une des réussites culturelles les plus remarquables de l'histoire moderne. Le hébreu, langue liturgique juive pendant près de 2000 ans utilisée exclusivement pour la prière et l'étude religieuse, a été revitalisé comme langue parlée quotidienne à la fin du XIXe siècle par Eliezer Ben-Yehuda et les premiers pionniers sionistes. Aujourd'hui, l'hébreu moderne est la langue officielle d'Israël avec l'arabe et est parlé par plus de neuf millions de personnes.
La communauté druze, minorité ethnique et religieuse de quelque 140 000 personnes en Israël, mérite une mention particulière. Les Druzes — dont la religion ésotérique est un rameau de l'Islam ismaélite qui s'est développé au XIe siècle — vivent principalement dans les villages du Mont Carmel, de la Galilée et du plateau du Golan. Contrairement aux autres Arabes d'Israël, les Druzes servent dans l'armée israélienne et ont développé une identité distincte de citoyens d'Israël tout en conservant leur culture et leur religion particulières.
Le mouvement kibbutz, ces communautés agricoles collectives fondées par les pionniers sionistes à partir du début du XXe siècle, a profondément marqué l'identité culturelle israélienne. Le premier kibbutz, Deganya Alef, fut fondé en 1910 sur les rives du Jourdain au sud de la Mer de Galilée. Les kibbutzim ont été à l'avant-garde de la construction de la société israélienne et sont devenus un symbole de l'utopie socialiste. Aujourd'hui, environ 270 kibbutzim existent en Israël, la plupart ayant adopté diverses formes de privatisation partielle tout en conservant certains éléments communautaires. Beaucoup accueillent des volontaires et des voyageurs dans des programmes de tourisme agrotouristique.
Activités de Plein Air et Nature
Israël est un paradis pour les amateurs d'activités de plein air, offrant une diversité remarquable d'expériences naturelles dans un espace géographique compact. Du ski sur les pentes enneigées du Mont Hermon à la plongée dans les eaux tropicales d'Eilat, en passant par la randonnée dans les canyons du désert et l'observation des oiseaux dans les zones humides de la Galilée, les possibilités sont infinies.
Le Sentier National D'israël
Le Sentier National d'Israël — Israel National Trail, ou Shvil Yisrael en hébreu — est l'un des sentiers de grande randonnée les plus populaires et les plus beaux du Moyen-Orient. Long de 1 100 kilomètres, il traverse Israël du nord au sud, de Kibbutz Dan à la frontière libanaise jusqu'à la mer Rouge à Eilat. Le sentier est généralement parcouru en 45 à 60 jours dans sa totalité, mais peut être effectué en segments de plusieurs jours ou d'une journée.
Le Shvil traverse toutes les grandes régions géographiques d'Israël : les forêts de Galilée, les pentes du Mont Carmel, les plaines côtières, les collines de Judée, le désert du Néguev et les wadis du Néguev méridional. C'est un excellent moyen de découvrir la diversité des paysages israéliens et de rencontrer des Israéliens dans des contextes informels et chaleureux.
La Plongée À Eilat
La Réserve de Corail d'Eilat, à l'entrée nord-est du golfe d'Aqaba, abrite l'un des récifs coralliens les plus septentrionaux et les plus accessibles du monde. Les eaux claires et chaudes (20-25 degrés Celsius) offrent une visibilité souvent supérieure à 30 mètres et une biodiversité marine extraordinaire : plus de 1000 espèces de poissons, 250 espèces de coraux durs et mous, des tortues marines, des dauphins, des raies mantas et parfois des requins-baleines. De nombreux clubs de plongée proposent des cours pour débutants et des explorations pour plongeurs expérimentés.
L'observation des Oiseaux
Israël est l'un des meilleurs endroits au monde pour l'observation des oiseaux, et ce pour une raison géographique simple : il se trouve sur l'une des principales voies migratoires entre l'Europe et l'Afrique. Environ 500 millions d'oiseaux migrent à travers Israël deux fois par an — au printemps et à l'automne — faisant du pays l'un des points de passage les plus importants au monde pour les oiseaux migrateurs.
La Vallée de Hula, marécage partiellement drainé dans les années 1950 et partiellement restauré depuis les années 1990, est le principal site d'observation des oiseaux d'Israël. En novembre et en mars, des dizaines de milliers de grues cendrées s'y posent pour se reposer et se nourrir — un spectacle visuel et sonore absolument extraordinaire. La Réserve Naturelle d'Agmon-HaHula est le coeur de ce site.
Le Parc National de la Vallée d'Eilat, en bordure de la mer Rouge, est également un site d'observation exceptionnel pendant les périodes migratoires, avec des milliers de rapaces et de passereaux qui s'y arrêtent.
Le Kayak et les Sports Nautiques
La Mer de Galilée offre de belles possibilités de kayak, de voile, de jet ski et de bateau à moteur sur ses eaux douces entourées de collines verdoyantes. Plusieurs opérateurs proposent des locations et des excursions.
Le Jourdain, en particulier dans son cours supérieur, est un site de kayak et de rafting populaire. Des circuits d'une demi-journée ou d'une journée permettent de naviguer sur le fleuve biblique à travers des paysages de jungle galilée.
La Randonnée Dans le Désert
Le désert du Néguev et le désert de Judée offrent des conditions de randonnée exceptionnelles surtout en hiver et au printemps. Les Wadis — canyons creusés par les crues saisonnelles — sont particulièrement spectaculaires : Wadi Zin, Wadi Perazim, Wadi Bokek, Nahal Prat (Wadi Qelt) offrent des panoramas et des défis à la mesure des amateurs de marche et de randonnée en milieu aride.
Le rappel dans les falaises du désert de Judée est une activité de plus en plus populaire. Plusieurs opérateurs de Jérusalem et de Tel Aviv proposent des sorties guidées dans des canyons spectaculaires.
Le Ski Au Mont Hermon
Le Mont Hermon, à l'extrême nord d'Israël à la frontière avec la Syrie et le Liban, est le seul endroit d'Israël où la neige est garantie en hiver. La station de ski du Mont Hermon, ouverte pendant les mois d'hiver lorsque l'enneigement le permet, attire des skieurs et des snowboarders de tout le pays pour ce qui est souvent une expérience surréaliste de neige dans un pays essentiellement méditerranéen.
Le Vélo À Tel Aviv
Tel Aviv est l'une des villes les plus bicycle-friendly du Moyen-Orient. Son réseau de pistes cyclables, en expansion constante depuis les années 2000, couvre maintenant des centaines de kilomètres en ville et permet de se déplacer à vélo de manière relativement sécurisée entre les quartiers, les plages et les parcs. Le système de vélos en libre-service Tel-O-Fun, avec des centaines de stations dans toute la ville, est facile à utiliser et très populaire auprès des habitants et des touristes.
La Randonnée En Chameau Dans le Néguev
Une expérience bédouine authentique dans le Néguev comprend souvent une randonnée à dos de chameau — ces animaux qui ont traversé le désert avec les caravanes nabatéennes depuis des millénaires. Plusieurs entreprises proposent des excursions d'une heure à plusieurs jours à dos de chameau ou en jeep à travers le désert, avec des nuits à la belle étoile dans des campements bédouins traditionnels. L'hospitalité bédouine — thé à la cardamome, café arabe, pain cuit sur les braises — est une expérience culturelle en soi.
Informations Pratiques de Voyage
Se préparer à voyager en Israël demande quelques précautions et une bonne connaissance des particularités locales pour éviter les mauvaises surprises et profiter pleinement de cette destination unique.
Les Aéroports et les Transports
L'Aéroport International Ben Gourion de Tel Aviv, situé à environ 20 kilomètres du centre de Tel Aviv et 50 kilomètres de Jérusalem, est la principale porte d'entrée d'Israël. C'est l'un des aéroports les mieux sécurisés au monde, avec des contrôles de sécurité particulièrement rigoureux à l'arrivée comme au départ. Les passagers doivent prévoir suffisamment de temps pour les formalités et les questionnaires de sécurité habituels.
L'aéroport Ovda, près d'Eilat, accueille principalement des vols charters en haute saison touristique. L'Aéroport Ramon, plus récent, sert également la région d'Eilat.
Le réseau ferroviaire israélien, géré par Israel Railways, relie Tel Aviv à Jérusalem (ligne inaugurée en 2018 avec une gare dans la Vieille Ville), à Haïfa, à Beer Sheva et à plusieurs villes côtières. Les trains sont ponctuels, confortables et d'un bon rapport qualité-prix.
Le réseau de bus Egged, le plus important opérateur de transport en commun, dessert pratiquement toutes les villes et la plupart des sites touristiques du pays. Des bus express confortables relient régulièrement les grandes villes.
Les taxis (sherut — taxi collectif) sont une alternative populaire pour les trajets inter-urbains à des prix fixes partagés entre plusieurs passagers.
Les voitures de location sont disponibles à l'aéroport et dans les grandes villes, offrant la plus grande liberté d'exploration, surtout pour les régions éloignées comme le Néguev ou le Golan. La conduite en Israël se fait à droite comme en France.
Les Meilleures Périodes
Le printemps, de mars à mai, est généralement considéré comme la meilleure période pour visiter Israël. Les températures sont agréables dans toutes les régions (20-28 degrés dans les plaines côtières, plus frais en altitude), la végétation est en fleurs — les anémones rouges, les coquelicots et les orchidées sauvages couvrent les campagnes — et les sites naturels sont à leur plus beau après les pluies hivernales.
L'automne, de septembre à novembre après les grandes fêtes juives de Tishri, est également excellent. Les températures commencent à baisser après la chaleur estivale, la mer est encore chaude et les vignobles du Golan sont en pleine vendange.
L'hiver, de décembre à février, est une bonne période pour la région de la Mer Morte et le Néguev, où les températures sont douces (15-22 degrés) tandis que le reste du pays peut être frais et pluvieux. Jérusalem en hiver, avec ses rues de pierre mouillées et ses cafés réchauffants, a un charme particulier.
L'été israélien, de juin à août, est la haute saison touristique mais aussi la période la plus chaude et la plus chargée. La chaleur peut être intense (35-40 degrés dans les plaines) et la mer Morte insupportable (45+ degrés), mais les plages de Tel Aviv et de la Méditerranée sont à leur plus animé.
Visa et Formalités
Les ressortissants français, belges et suisses n'ont pas besoin de visa pour entrer en Israël pour des séjours touristiques allant jusqu'à 90 jours. L'entrée se fait sur présentation d'un passeport en cours de validité. Les autorités israéliennes apposent désormais un tampon sur une feuille séparée à la demande des voyageurs qui souhaitent éviter les complications dans certains pays arabes qui refusent l'entrée aux détenteurs d'un passeport tamponné par Israël.
Monnaie et Économie
La monnaie officielle d'Israël est le Nouveau Shekel Israélien (NIS, symbole ₪), souvent abrégé en ILS. Les cartes bancaires internationales sont acceptées dans la quasi-totalité des hôtels, restaurants et commerces des grandes villes. Des distributeurs de billets sont disponibles partout. Israël est un pays relativement cher, avec un coût de la vie parmi les plus élevés du Moyen-Orient.
Langues
L'hébreu et l'arabe sont les deux langues officielles d'Israël. Cependant, l'anglais est largement compris et parlé dans les villes, les sites touristiques et les aéroports. Le russe est également parlé par une partie significative de la population israélienne (environ 15%) issue de l'immigration massive des années 1990 depuis l'ex-Union Soviétique. L'amharique (éthiopien), le français et l'espagnol sont également parlés par diverses communautés.
Le Shabbat
Le Shabbat — le jour de repos hebdomadaire juif — commence au coucher du soleil le vendredi et se termine à la nuit tombée le samedi. Pendant cette période, les transports en commun sont suspendus dans la plupart des villes (sauf Tel Aviv et Haïfa partiellement), de nombreux commerces et restaurants sont fermés (surtout à Jérusalem) et l'atmosphère change radicalement. Pour les voyageurs, cela signifie qu'il faut prévoir ses déplacements et ses repas à l'avance le vendredi soir et le samedi.
À Tel Aviv, le Shabbat est vécu très différemment : les bars, restaurants et commerces (non-casher) restent ouverts et la vie nocturne est encore plus intense que d'habitude. À Jérusalem, le Shabbat apporte une paix et une atmosphère particulières dans la Vieille Ville qui valent la peine d'être expérimentées.
Hébergement
L'hébergement en Israël couvre tous les budgets et tous les styles. Les hôtels de luxe internationale à Jérusalem — notamment les établissements installés dans d'anciens palais ottomans ou dans des bâtiments historiques magnifiquement restaurés comme le King David Hotel ou le Mamilla Hotel — sont parmi les plus beaux de la région.
Tel Aviv propose une gamme d'hôtels de plage sur les bords de la Méditerranée, des boutiques-hôtels design dans les quartiers branchés et des auberges de jeunesse pour voyageurs au budget serré. Le quartier Florentin et le secteur du Port de Tel Aviv offrent de nombreuses options de charme.
Les kibbutzim — ces communautés agricoles collectives qui ont inauguré le tourisme rural en Israël — offrent généralement un hébergement en chambres simples et propres, avec un accès aux installations communes et au fameux petit-déjeuner du kibbutz. C'est une façon authentique de voir de l'intérieur l'un des aspects les plus originaux de la société israélienne.
Les zimmer (terme allemand pour "chambre" utilisé en hébreu) désignent les chambres d'hôtes ou gîtes ruraux qui se sont multipliés dans les régions de Galilée, du Golan et du Néguev. Souvent situés dans des paysages remarquables, ces hébergements proposent une hospitalité chaleureuse et personnalisée qui permet de découvrir la campagne israélienne à un rythme différent.
Festivals et Événements
Le calendrier israélien est jalonné d'une série de fêtes religieuses et culturelles qui rythment la vie du pays et offrent aux visiteurs des expériences uniques et mémorables.
Les Hautes Fêtes Juives
Rosh Hashana, le Nouvel An juif (en septembre ou début octobre selon le calendrier hébraïque lunaire-solaire), est une période de réflexion et de prière qui se déroule sur deux jours. La plupart des commerces et des transports sont fermés et les synagogues sont bondées. C'est aussi une période où les familles se réunissent pour des repas traditionnels incluant des pommes trempées dans le miel, symbole de la douceur de la nouvelle année, et du pain tressé (challah) en forme de couronne ou d'échelle.
Yom Kippour, le Grand Pardon qui a lieu dix jours après Rosh Hashana, est le jour le plus solennel du calendrier juif. Un jeûne de 25 heures est observé par la majorité des Juifs pratiquants, et le pays entre dans un état de quasi-paralysie totale. Fait extraordinaire pour un pays de neuf millions d'habitants : les routes sont entièrement désertes pendant Yom Kippour, si bien que des milliers de cyclistes et de rollers en profitent pour investir les autoroutes vides — un spectacle surréaliste et touchant.
Souccot, la Fête des Tabernacles, débute cinq jours après Yom Kippour et dure sept jours. Durant cette fête, les familles juives construisent des cabanes temporaires (souccot) sur leurs balcons, terrasses et jardins, recouvertes de feuillages, pour commémorer les quarante années de pérégrination des Hébreux dans le désert. La vieille ville de Jérusalem est alors parsemée de ces cabanes décorées qui créent une atmosphère festive unique.
Pessah, la Pâque juive, commémore la sortie d'Égypte et la libération de l'esclavage. Durant les huit jours de la fête (au printemps), les Juifs observants bannissent tout aliment levé de leur maison. Les restaurants et les supermarchés offrent des rayons spéciaux avec des produits casher lePessah. La première nuit est marquée par le Seder de Pessah, un repas rituel chargé de symbolisme au cours duquel l'histoire de l'Exode est racontée.
Hanoukka, la Fête des Lumières (en décembre), commémore la victoire des Maccabées sur les Séleucides et le miracle de l'huile qui brûla pendant huit jours. Chaque soir de ces huit jours, une bougie supplémentaire est allumée sur le hanoukia (chandelier à huit branches). Les marchés se couvrent de sufganiyot (beignets frits) et de latkes (galettes de pommes de terre) qui sont les spécialités culinaires traditionnelles.
Pourim, célébrée en mars, est la fête la plus joyeuse et la plus carnavalesque du calendrier juif. Elle commémore le sauvetage de la communauté juive de Perse rapporté dans le Livre d'Esther. Les Israéliens se déguisent, s'échangent des paniers de nourriture (mishloach manot), assistent à des lectures festives du Livre d'Esther et célèbrent dans les bars et les rues. À Tel Aviv, Pourim est souvent comparé au Mardi Gras ou au Carnaval de Rio en termes d'ambiance festive.
Les Festivals Culturels
Le Festival du Film de Jérusalem, tenu chaque été depuis 1984, est l'un des principaux festivals de cinéma du Proche-Orient et présente des centaines de films israéliens et internationaux sur une dizaine de jours. Il se tient dans le cadre magique de la Ciné-Mathèque de Jérusalem et dans des espaces en plein air de la ville.
La Pride de Tel Aviv — la Gay Pride — est l'une des plus grandes d'Asie et du Moyen-Orient, attirant des centaines de milliers de participants chaque juin sur les plages et les boulevards de la ville. Tel Aviv est régulièrement classée parmi les villes les plus LGBTQ+ friendly du monde.
La Nuit Blanche de Tel Aviv, dérivée du modèle parisien, se tient chaque année à l'automne et transforme la ville en un vaste festival d'art nocturne avec des installations, des performances, des concerts et des visites guidées qui se déroulent de la tombée de la nuit à l'aube.
Le Festival International du Oud, organisé à Jérusalem et dans d'autres villes en novembre, célèbre la musique orientale et en particulier le oud — la guitare du monde arabe — à travers des concerts et des ateliers de musiciens israéliens, palestiniens, libanais, syriens et d'autres pays.
Le Festival Jacob's Ladder, festival de folklore et de musique roots qui se tient deux fois par an au bord de la Mer de Galilée, est un rendez-vous estival et hivernal apprécié qui attire des milliers d'Israéliens et des musiciens du monde entier dans une atmosphère de camping festif.
Le Festival des Lumières de Jérusalem, tenu chaque été, transforme les ruelles de la Vieille Ville en galerie d'art à ciel ouvert nocturne, avec des installations lumineuses et des projections monumentales sur les monuments historiques.
Shopping
Le shopping en Israël est une expérience en soi, oscillant entre les bazars orientaux millénaires de la Vieille Ville de Jérusalem et les boutiques design de Tel Aviv, en passant par les marchés aux puces de Jaffa et les marchés paysans de Galilée.
Le Bazar de Jérusalem
Le Bazar de la Vieille Ville de Jérusalem, qui s'étend principalement dans le Quartier Musulman, est l'un des plus anciens marchés couverts encore en activité du Proche-Orient. Sous des voûtes de pierre du XIIIe siècle, des centaines d'échoppes proposent tout ce que l'imagination peut concevoir : épices orientales en pyramides colorées, huile d'argan, parfums d'Orient, savons à l'huile d'olive artisanaux, herbes médicinales, dattes et fruits secs, tapis et tissus brodés, linge de maison, jouets et instruments de musique.
Les spécialités artisanales que l'on cherche à rapporter de Jérusalem comprennent les céramiques arméniennes — dont la tradition a été implantée à Jérusalem par des réfugiés du Génocide arménien de 1915 — avec leurs motifs bleus sur fond blanc inspirés d'Iznik. Les sculptures en bois d'olivier de Bethléem et de la région sont parmi les plus belles de Terre Sainte. La judaïca — mezuzot, chandeliers, couverts de shabbat, kipot brodées — est disponible dans de nombreuses boutiques du Quartier Juif. Les épices du Shuk Mahané Yéhouda, les cosmétiques de la Mer Morte (masques, crèmes, sels de bain) sont également des souvenirs appréciés.
Tel Aviv et Jaffa
Le Marché Nahalat Binyamin à Tel Aviv, marché d'artisanat tenu les mardis et vendredis, est le rendez-vous des créateurs et artisans israéliens contemporains qui proposent bijoux uniques, céramiques, textiles, jouets en bois et objets décoratifs originaux à des prix raisonnables.
Le Marché aux Puces de Jaffa est le paradis des amateurs de vintage, d'antiquités, de meubles de récupération et d'objets insolites. Les galeries d'art de la Vieille Ville de Jaffa proposent des oeuvres d'artistes israéliens émergents et établis.
Les Spécialités Gastronomiques
Parmi les souvenirs comestibles les plus appréciés : le halva artisanal de Jaffa, le vin des Hauteurs du Golan, l'huile d'olive extra-vierge produite dans les coopératives de Galilée et du Golan, les dattes du Néguev et de la vallée du Jourdain, le za'atar (mélange d'herbes séchées, de thym et de sésame qui parfume le pain pita et se mange avec de l'huile d'olive), les épices du Shuk. Les diamants — Israël est l'un des principaux centres mondiaux de taille et de commerce de diamants — peuvent être achetés dans les boutiques spécialisées du Diamond Exchange à Ramat Gan près de Tel Aviv.
Tourisme Responsable
Voyager en Israël de manière responsable et éthique implique une prise de conscience des enjeux environnementaux, culturels et politiques de cette région du monde si particulière.
Étiquette Sur les Sites Religieux
L'étiquette vestimentaire et comportementale sur les sites religieux d'Israël est essentielle pour le respect des communautés locales et pour votre propre accueil. Sur le Mont du Temple, les non-musulmans doivent se soumettre à des horaires de visite stricts et s'habiller de manière très couverte (épaules et genoux couverts). Dans les synagogues, les hommes doivent couvrir leur tête (kipa) et les femmes habiller modestement. Dans les églises, on évite les shorts courts et les épaules nues.
Conservation de L'eau
Israël est l'un des leaders mondiaux en matière de gestion de l'eau en milieu aride. Le pays recycle environ 90% de ses eaux usées pour l'agriculture — une proportion unique au monde — et est pionnier de l'irrigation par goutte-à-goutte. En tant que visiteur, être conscient de la rareté de l'eau et éviter le gaspillage est un geste de respect envers un pays qui a investi des décennies d'ingénierie pour conquérir cette ressource précieuse.
Le Rétrécissement de la Mer Morte
La crise environnementale de la Mer Morte — dont le niveau baisse d'un mètre par an et dont la surface a diminué d'un tiers en 50 ans — est une préoccupation environnementale majeure. Les visiteurs peuvent contribuer à sensibiliser à cette crise en se renseignant sur le projet du Canal des Mers (Mer Rouge-Mer Morte) et en soutenant les organisations environnementales qui travaillent sur sa préservation.
Conservation du Récif Corallien D'eilat
Le récif corallien d'Eilat est menacé par le trafic maritime, le tourisme excessif et le changement climatique. Pour le protéger : ne jamais toucher les coraux lors de la plongée ou du snorkeling, ne pas nourrir les poissons, ne ramasser aucun coquillage et choisir des opérateurs de plongée qui appliquent des pratiques respectueuses de l'environnement.
Le Conflit Israélo-Palestinien
Voyager en Israël signifie voyager dans un contexte politique très sensible. Le conflit israélo-palestinien — l'un des plus durables et des plus complexes de la politique internationale moderne — affecte la vie quotidienne de millions de personnes dans la région. Les voyageurs responsables prennent le temps de s'informer sur les différentes perspectives du conflit, d'écouter des voix israéliennes et palestiniennes diverses et d'éviter les jugements simplistes.
Il est possible de visiter les territoires palestiniens administrés (Bethléem, Jéricho, Ramallah, Naplouse) au départ d'Israël pour élargir sa compréhension de la réalité régionale, bien que les conditions de sécurité et les formalités administratives requièrent une attention particulière.

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