
Équateur : Le Pays des Quatre Mondes, des Galápagos et de la Biodiversité la Plus Extraordinaire de la Planète
Introduction
Il existe sur cette Terre un pays si petit qu'il peut tenir dans un seul regard, et pourtant si riche, si complexe, si vertigineux dans sa diversité que les voyageurs les plus expérimentés en reviennent transformés. Ce pays, c'est l'Équateur. Niché à l'équateur géographique de la planète, ce territoire andin d'environ 283 000 kilomètres carrés concentre en son sein une densité de biodiversité que nulle autre nation sur Terre ne peut égaler. Certains biologistes et géographes n'hésitent pas à le qualifier de pays le plus riche en biodiversité par kilomètre carré sur l'ensemble du globe terrestre. Ce n'est pas une métaphore ni une exagération touristique : c'est une réalité scientifique qui continue de stupéfier les chercheurs du monde entier.
Comprendre l'Équateur, c'est d'abord comprendre sa géographie unique et sans équivalent. Le pays se divise en quatre mondes absolument distincts, quatre univers qui pourraient appartenir à des continents différents tant leurs caractères s'opposent et se complètent à la fois. La Costa, la côte Pacifique, avec ses plages dorées, ses mangroves luxuriantes et ses baleines à bosse qui viennent se reproduire dans ses eaux chaudes. La Sierra, les hauts plateaux andins, avec leur fantastique cortège de volcans géants, leurs marchés indigènes aux couleurs éclatantes et leurs villes coloniales classées au patrimoine mondial de l'humanité. L'Oriente, le bassin amazonien, cette portion de la forêt tropicale la plus biodiversifiée de la planète, où les dauphins roses nagent dans les eaux brunes des fleuves et où le jaguar règne en maître absolu sur un territoire encore largement préservé. Et enfin, les Galápagos, cet archipel de rêve perdu dans l'immensité du Pacifique, à plus de mille kilomètres des côtes, que Charles Darwin visita en 1835 et qui allait lui fournir les preuves empiriques nécessaires à l'élaboration de sa théorie révolutionnaire sur l'évolution des espèces.
Les Îles Galápagos représentent probablement le laboratoire évolutif le plus important de la Terre. Nulle part ailleurs sur notre planète il n'est possible d'observer des animaux qui n'ont jamais appris à craindre l'être humain, des espèces endémiques qui n'existent nulle part ailleurs, un écosystème vivant qui continue d'évoluer sous nos yeux. C'est là que les fous à pieds bleus exécutent leur danse nuptiale avec une grâce comique irrésistible, que les iguanes marins — les seuls iguanes marins au monde — plongent dans les eaux glacées du Pacifique pour brouter les algues, que les tortues géantes centenaires déambulent avec une majesté immémoriale dans des paysages volcaniques d'une beauté saisissante. C'est là que le jeune Darwin, alors âgé de vingt-six ans, comprit que la vie ne s'était pas créée en sept jours mais qu'elle s'était transformée, adaptée, diversifiée au fil de millions d'années de sélection naturelle.
Mais l'Équateur ne se résume pas à ses Galápagos, aussi extraordinaires soient-elles. Le pays possède également l'Avenue des Volcans, ce couloir géologique spectaculaire qui court du nord au sud entre deux chaînes de montagnes andines et qui constitue le paysage volcanique le plus dramatique d'Amérique du Sud. Le Cotopaxi, dont le cône enneigé s'élève à 5 897 mètres d'altitude, est considéré par beaucoup comme le volcan conique le plus parfait du monde. Le Chimborazo, à 6 268 mètres, est certes moins élevé que l'Everest mesuré depuis le niveau de la mer, mais en raison du renflement équatorial de la Terre, son sommet constitue le point le plus éloigné du centre de la Terre, le point de notre planète qui s'approche le plus près du Soleil. Cette distinction géographique fascinante fait du Chimborazo un géant d'une nature tout à fait particulière dans l'histoire de l'alpinisme mondial.
Quito, la capitale, est une ville qui défie le temps et l'altitude. Perchée à 2 850 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait l'une des capitales les plus élevées du monde, elle conserve le centre historique colonial le mieux préservé des Amériques, distinction que lui a accordée l'UNESCO en 1978 lorsqu'elle fut inscrite parmi les premiers sites du Patrimoine mondial de l'humanité. Les édifices baroques, les couvents et les palais qui bordent ses rues pavées constituent un témoignage exceptionnel de l'architecture hispano-américaine de l'époque coloniale. L'église de la Compañía de Jesús, avec son intérieur entièrement recouvert d'or, représente peut-être l'exemple le plus ornemental et le plus saisissant du baroque équatorien.
À deux heures au nord de Quito, le marché indigène d'Otavalo attend le voyageur avec sa profusion de textiles, d'artisanat et de couleurs. Réputé comme le marché indigène le plus célèbre d'Amérique du Sud, il se tient chaque samedi sur la Plaza de los Ponchos et attire des acheteurs du monde entier venus découvrir les créations du peuple Otavaleño, ces artisans et marchands d'une habileté exceptionnelle qui ont maintenu vivantes leurs traditions ancestrales tout en s'adaptant avec intelligence aux exigences du commerce mondial.
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