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La Guerre Froide, la Politique D'endiguement et la Société Américaine 1945-1975

La Guerre Froide, la Politique D'endiguement et la Société Américaine 1945-1975

Vitesse

Les Origines de la Guerre Froide 1945-1950

La Guerre Froide ne surgit pas brusquement du néant au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle prit racine dans des décennies de méfiance réciproque, d'incompatibilité idéologique et de rivalités géopolitiques qui précédaient de loin la grande alliance antifasciste de 1941-1945. Pour comprendre comment deux nations qui avaient combattu côte à côte contre l'Allemagne nazie et le Japon impérial purent se retrouver, à peine quelques années après la victoire commune, au bord d'une confrontation nucléaire, il est indispensable de saisir la profondeur des fractures qui parcouraient déjà cette alliance de guerre.

Les États-Unis et l'Union soviétique incarnaient deux visions fondamentalement antagonistes de l'ordre mondial. D'un côté, les Américains défendaient un système capitaliste libéral reposant sur la démocratie représentative, la libre entreprise, l'économie de marché et les libertés individuelles. De l'autre, les Soviétiques proposaient un modèle communiste fondé sur la propriété collective des moyens de production, le parti unique, l'économie planifiée et la primauté de la collectivité sur l'individu. Ces deux visions du monde n'étaient pas simplement différentes : elles s'excluaient mutuellement et prétendaient chacune représenter l'avenir de l'humanité. La tension entre ces deux universalismes constituait le moteur profond de la Guerre Froide.

La méfiance entre les deux puissances plongeait ses racines bien avant 1945. Dès la Révolution bolchevique de 1917, les États-Unis avaient réagi avec hostilité, envoyant des troupes en Russie dans le cadre des interventions alliées de 1918-1919 pour soutenir les forces contre-révolutionnaires. Washington ne reconnut le gouvernement soviétique que seize ans après sa prise du pouvoir, en 1933. De leur côté, les dirigeants soviétiques gardaient une mémoire tenace de cette hostilité occidentale initiale et interprétaient chaque action américaine à l'aune de cette hostilité fondamentale. Lorsque la Grande Alliance antihitlérienne unit provisoirement ces deux puissances antagonistes, la méfiance ne disparut pas : elle fut simplement mise de côté, en attente d'un règlement des comptes ultérieur.

La gestion de la phase finale de la guerre, et surtout les conférences de paix, révélèrent rapidement l'ampleur des désaccords. À Yalta, en février 1945, Roosevelt, Churchill et Staline parvinrent à des accords ambigus sur l'avenir de la Pologne et de l'Europe de l'Est, des accords que chaque partie interpréterait différemment. Staline voulait des régimes amis sur ses frontières occidentales, ce qu'il appelait une ceinture de sécurité contre de futures agressions : après tout, la Russie avait subi deux invasions dévastatrices depuis l'Ouest en moins de trente ans, perdant vingt-sept millions de personnes dans la seule Seconde Guerre mondiale. Les Américains, eux, entendaient que les accords de Yalta garantissaient des élections libres et des gouvernements démocratiques dans les pays libérés d'Europe de l'Est. Ces deux interprétations étaient irréconciliables.

À la conférence de Potsdam, en juillet-août 1945, les désaccords s'approfondirent encore. Le nouveau président américain Harry S. Truman, qui avait succédé à Roosevelt après sa mort en avril 1945, adopta une posture nettement plus ferme face aux Soviétiques. La bombe atomique, dont le premier essai réussi eut lieu le 16 juillet 1945, pendant même la conférence de Potsdam, transforma profondément le rapport de forces. Truman, qui informa Staline de l'existence d'une nouvelle arme d'une puissance destructrice inhabituellement grande sans en préciser la nature, pensait que la bombe atomique donnerait aux États-Unis un levier considérable dans les négociations postérieures à la guerre. Staline, qui était déjà informé du programme atomique américain par ses espions, réagit sans émotion apparente mais accéléra secrètement le programme nucléaire soviétique.

L'alliance de Guerre et Ses Fractures

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Sources: history.state.gov (Office of the Historian, U.S. Department of State), www.archives.gov (National Archives and Records Administration), www.trumanlibrary.gov (Harry S. Truman Presidential Library), www.eisenhowerlibrary.gov (Dwight D. Eisenhower Presidential Library), www.jfklibrary.org (John F. Kennedy Presidential Library), www.lbjlibrary.org (Lyndon Baines Johnson Presidential Library), www.nixonlibrary.gov (Richard Nixon Presidential Library), www.loc.gov (Library of Congress), www.ushmm.org (United States Holocaust Memorial Museum, Cold War context), www.wilsoncenter.org (Wilson Center Cold War International History Project), millercenter.org (Miller Center, University of Virginia, Presidential Recordings), www.atomicheritage.org (Atomic Heritage Foundation), www.gwu.edu/~nsarchiv (National Security Archive, George Washington University), www.pbs.org/wgbh/americanexperience (American Experience documentary series)

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