
Autriche : Au Coeur de L'europe, Un Empire de Beaute, D'histoire et de Culture
L'Autriche est l'une des destinations les plus fascinantes du continent européen. Nichée au coeur des Alpes, cette nation enclavée d'Europe centrale offre au voyageur un mélange unique de grandeur impériale, de paysages montagneux à couper le souffle, de culture musicale incomparable et d'une art de vivre raffiné qui se perpétue depuis des siècles. Des palais baroques de Vienne aux lacs translucides du Salzkammergut, des pentes enneigées de l'Arlberg aux ruelles médiévales de Salzbourg, l'Autriche dévoile à chaque pas une nouvelle facette de son identité profonde. Ce pays qui donna au monde Mozart, Haydn, Schubert, Brahms, Klimt, Freud et bien d'autres génies de l'humanité mérite qu'on lui consacre le temps nécessaire pour en apprécier toutes les richesses.
Voyager en Autriche, c'est traverser plus de deux millénaires d'histoire sans jamais quitter un cadre d'une beauté absolue. C'est siroter un Wiener Melange dans un café centenaire classé au patrimoine de l'UNESCO, tout en lisant les journaux suspendus à leurs porte-journaux traditionnels. C'est gravir en télécabine les sommets alpins pour redescendre sur des pistes de ski légendaires, avant de se réchauffer avec un Glühwein dans un chalet en bois sculpté. C'est admirer au Belvédère le tableau le plus célèbre d'Autriche, Le Baiser de Gustav Klimt, avant de déguster une authentique Sachertorte dans le café de l'hôtel éponyme. Chaque moment en Autriche est une invitation à la contemplation et au plaisir.
Cet article de voyage exhaustif vous guidera à travers toutes les dimensions de ce pays extraordinaire, depuis sa géographie et son climat jusqu'à son histoire millénaire, en passant par ses villes incontournables, ses trésors gastronomiques, ses arts et sa culture, ses sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, et les conseils pratiques pour préparer votre séjour. Que vous soyez un amateur d'art classique souhaitant explorer les musées impériaux, un skieur en quête de poudreuse vierge dans les Alpes, un mélomane voulant assister au Concert du Nouvel An du Philharmonique de Vienne, ou simplement un voyageur épris de beauté et de culture, l'Autriche vous attend, prête à vous révéler tous ses secrets.
Geographie : Un Pays Au Coeur des Alpes
L'Autriche, officiellement la République d'Autriche, est un pays fédéral enclavé d'Europe centrale, bordé par huit nations : l'Allemagne et la République tchèque au nord, la Slovaquie et la Hongrie à l'est, la Slovénie et l'Italie au sud, la Suisse et le Liechtenstein à l'ouest. Avec une superficie de 83.871 kilomètres carrés et une population d'environ neuf millions d'habitants, l'Autriche est un pays de taille moyenne dont l'influence culturelle et historique dépasse largement ses frontières.
La géographie autrichienne est dominée à près des deux tiers par les Alpes, qui s'étendent d'ouest en est à travers le pays. Cette topographie alpine confère à l'Autriche un caractère montagneux marqué qui détermine en grande partie son économie, son tourisme et son mode de vie. Le point culminant du pays est le Grossglockner, qui s'élève à 3.798 mètres dans les Alpes de Hohe Tauern, en Carinthie. Ce géant de pierre et de glace est accessible par la Route du Grossglockner, l'une des routes alpines les plus spectaculaires d'Europe, qui serpente sur 48 kilomètres à travers un paysage de haute montagne d'une majesté absolue. Au fil des saisons, les glaciers qui enveloppent les flancs du Grossglockner offrent un spectacle différent mais toujours grandiose, du blanc immaculé de l'hiver à la luminescence bleutée des glaces estivales.
Les Alpes autrichiennes se divisent en plusieurs chaînes distinctes. À l'ouest, dans le Vorarlberg et le Tyrol, les Alpes de l'Allgäu, l'Arlberg et les Alpes d'Ötztal constituent un paradis pour les alpinistes et les skieurs. La région de l'Arlberg, aux confins du Tyrol et du Vorarlberg, est considérée comme le berceau du ski alpin moderne. Plus à l'est, les Alpes de Zillertal, les Dolomites autrichiennes et les Alpes de Niedere Tauern offrent des paysages tout aussi spectaculaires. La Carinthie, région méridionale de l'Autriche, abrite les Alpes de Carinthie et ses nombreux lacs de montagne, parmi lesquels le Wörthersee et l'Ossiachersee, dont les eaux se réchauffent remarquablement bien pendant les étés ensoleillés.
Le tiers oriental du pays, correspondant grossièrement à la province de Basse-Autriche et à la région de Vienne, présente un relief plus doux de collines et de plaines. C'est dans cette partie du pays que coule le Danube, le second fleuve le plus long d'Europe, qui traverse l'Autriche sur 350 kilomètres d'ouest en est. Ce fleuve mythique, immortalisé par la valse du même nom que Johann Strauss II composa en 1867, joua un rôle capital dans l'histoire et le développement de l'Autriche. Ses rives furent le berceau de civilisations successives et la route commerciale qui permit l'essor de Vienne comme capitale impériale. Le Danube autrichien est paradoxalement rarement bleu au sens littéral, mais il prend par temps d'orage et de lumière changeante des teintes profondes qui expliquent pourquoi ce fleuve nourrit depuis des siècles l'imaginaire des poètes et des musiciens.
La vallée de la Wachau, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, est l'un des paysages les plus beaux d'Autriche. Entre les villes de Melk et de Krems, le Danube se faufile entre des coteaux couverts de vignobles, des ruines de châteaux médiévaux et des abbayes baroques. L'abbaye de Melk, qui domine le fleuve depuis son promontoire rocheux, est l'un des plus beaux exemples d'architecture baroque d'Europe. Sa bibliothèque, avec ses fresques au plafond et ses milliers de manuscrits médiévaux, est l'une des plus importantes et des plus belles bibliothèques monastiques du continent. La Wachau est célèbre pour ses vins blancs produits à partir du cépage Grüner Veltliner et du Riesling, qui bénéficient d'un terroir exceptionnel façonné par les méandres du fleuve.
Le Salzkammergut, ou pays du sel gemme, est une autre région géographique majeure de l'Autriche. Situé à cheval sur les provinces de Haute-Autriche, de Salzburg et de Styrie, cet ensemble de lacs, de montagnes et de villages constitue l'un des paysages les plus photographiés des Alpes. La région doit son nom aux importantes mines de sel qui y furent exploitées depuis l'Antiquité et qui firent la richesse des seigneurs locaux pendant des siècles. Aujourd'hui, le Salzkammergut est avant tout une destination touristique de premier plan, avec des lacs comme le Wolfgangsee, le Mondsee, l'Attersee et le célèbre Hallstättersee, au bord duquel se niche le village pittoresque de Hallstatt.
Les grandes plaines pannoniennes, vestiges géologiques de l'ancienne mer de Pannonie, s'étendent dans la partie orientale de l'Autriche, au Burgenland, cette province longue et étroite qui borde la Hongrie. Cette région au relief plat est couverte de vignobles et d'étangs peu profonds, parmi lesquels le lac de Neusiedl, un lac steppique classé au patrimoine de l'UNESCO, haut lieu de l'avifaune européenne et destination prisée des randonneurs et des cyclistes. La surface peu profonde de ce lac, jamais plus de deux mètres de profondeur, se réchauffe rapidement en été, permettant la pratique des sports nautiques dans un cadre naturel préservé d'une grande beauté.
La Styrie, surnommée le poumon vert de l'Autriche, est une province au sud du pays caractérisée par ses forêts denses, ses collines verdoyantes et ses vignobles en terrasses. La capitale styrienne, Graz, est la deuxième ville d'Autriche et abrite un vieux centre historique remarquablement préservé, classé au patrimoine de l'UNESCO. La Carinthie, la province la plus méridionale du pays, bénéficie d'un climat plus doux que le reste de l'Autriche, favorisé par son exposition vers l'Adriatique et ses nombreux lacs réchauffés par le soleil estival.
L'Autriche possède un réseau hydrographique remarquablement riche. Outre le Danube, de nombreux fleuves et rivières sillonnent le pays, comme l'Inn, qui prend sa source en Suisse avant de traverser Innsbruck et de rejoindre le Danube à la frontière bavaroise, la Salzach qui donne son nom à la ville de Salzbourg, la Mur qui traverse Graz, ou encore l'Enns et la Traun qui drainent les Alpes de Haute-Autriche. Ces cours d'eau sont des ressources vitales pour l'hydroélectricité, qui fournit une part importante de l'énergie autrichienne, et pour le tourisme nautique et les sports d'eau vive.
La géologie de l'Autriche est d'une fascinante complexité. Le pays repose sur des formations rocheuses variées allant des roches cristallines les plus anciennes dans les Alpes centrales aux formations sédimentaires calcaires de la zone préalpine, en passant par les schistes cristallins du Massif de Bohême au nord. Cette diversité géologique a engendré une grande variété de paysages, de ressources minérales et de paysages karstiques, notamment en Autriche centrale et en Styrie où les plateaux calcaires sont percés de grottes et de cavernes spectaculaires.
Climat : Quand et Ou Voyager En Autriche
Le climat de l'Autriche est fondamentalement continental et alpin, avec des variations importantes selon les régions et les altitudes. Cette diversité climatique est l'une des forces du pays en matière touristique, car elle permet de proposer des activités tout au long de l'année dans des environnements très différents.
En ce qui concerne Vienne et les régions de basse altitude à l'est du pays, le climat est continental, avec des étés chauds et des hivers froids. Les températures estivales à Vienne oscillent généralement entre 20 et 30 degrés Celsius, avec des périodes de canicule possible en juillet et août. Les hivers sont froids, avec des températures pouvant descendre sous zéro, de la neige occasionnelle, mais aussi de fréquentes périodes de douceur inhabituelles dues au Föhn, ce vent chaud et sec venu des Alpes qui peut faire monter les températures de plusieurs degrés en quelques heures. Le Föhn est un phénomène météorologique caractéristique qui peut rendre les Autrichiens irritables selon la tradition populaire et qui crée une lumière d'une clarté extraordinaire, donnant aux paysages alpins une définition presque irréelle.
Le printemps et l'automne sont les meilleures saisons pour visiter Vienne, avec des températures agréables entre 10 et 20 degrés, moins de touristes qu'en été, et les charmes particuliers des parcs en fleurs au printemps ou des feuillages dorés en automne. Le printemps viennois, avec les marronniers en fleurs du Prater et les plates-bandes multicolores du Volksgarten, est l'une des images les plus belles de la capitale autrichienne. L'automne, avec sa lumière dorée, ses marchés de citrouilles et de châtaignes, et les vendanges dans les Heurigen de la banlieue nord, est une autre saison magique pour la découverte de Vienne.
Dans les régions alpines, le climat est naturellement plus froid et plus humide. La neige est présente sur les sommets une grande partie de l'année, et les domaines skiables de haute altitude comme Stubai Gletscher ou Hintertux peuvent proposer du ski de glacier presque toute l'année. La saison de ski principale s'étend généralement de novembre à avril, selon les stations et les conditions météorologiques. Les stations de moyenne montagne comme Kitzbühel ou St. Anton ouvrent leurs pistes en décembre et ferment en mars ou début avril. Les étés alpins sont frais et plaisants, avec des températures diurnes autour de 15 à 25 degrés en fond de vallée, idéales pour la randonnée et le vélo de montagne.
Le Salzkammergut jouit d'un microclimat particulier influencé par les masses d'air atlantiques venant du nord-ouest. Cela se traduit par une pluviométrie plus élevée que dans d'autres régions autrichiennes, mais aussi par une végétation luxuriante et des lacs aux eaux translucides. Les étés y sont chauds et ensoleillés, avec des températures dans les lacs qui peuvent atteindre 20 à 24 degrés, ce qui en fait une destination balnéaire populaire pour les Autrichiens et les touristes allemands.
La Carinthie, au sud, bénéficie d'un des meilleurs ensoleillement d'Autriche. Le Wörthersee, avec ses eaux qui atteignent 28 degrés en été, est surnommé le Riviera autrichien. Les stations du Carinthie comme Velden ou Pörtschach attirent en été une clientèle aisée venue profiter de la chaleur et des sports nautiques dans un cadre alpin.
La Styrie connaît un climat continental modéré, plus doux dans sa partie méridionale grâce à l'influence méditerranéenne. Le vin est produit dans des conditions très favorables dans la région de Styrie du Sud, où les collines couvertes de vignobles rappellent parfois la Toscane italienne.
En résumé, voici les grandes tendances saisonnières pour le voyageur. Le printemps, d'avril à mai, est idéal pour Vienne, la Wachau et les villes culturelles, avec des températures agréables et de nombreux événements culturels. L'été, de juin à août, convient parfaitement au Salzkammergut, aux lacs de Carinthie et à la randonnée alpine. L'automne, de septembre à octobre, est à nouveau excellent pour Vienne et les régions viticoles, avec la saison des vendanges. L'hiver, de décembre à mars, est la saison reine dans les Alpes autrichiennes pour le ski et les sports de neige, mais aussi à Vienne pour les célèbres marchés de Noël et les bals viennois.
Les marchés de Noël viennois, parmi les plus beaux d'Europe, méritent une mention particulière. Dès la fin novembre, les places de Vienne et de toutes les grandes villes autrichiennes se transforment en villages de Noël illuminés où les stands proposent des objets artisanaux, des épices, du vin chaud et des douceurs sucrées. Le marché de la Rathausplatz devant l'Hôtel de Ville de Vienne, les marchés du Schönbrunn et du Belvedere, et le petit marché traditionnel de la Freyung sont parmi les plus appréciés. La magie de Noël en Autriche, avec ses cloches qui tintent, ses lumières dorées et l'odeur du Glühwein mêlée à celle des Lebkuchen, les pains d'épices traditionnels, est une expérience que beaucoup de visiteurs qualifient d'inoubliable.
L'histoire de L'autriche : Un Voyage de Deux Millenaires
L'histoire de l'Autriche est l'une des plus riches et des plus complexes d'Europe. De ses origines celtiques à la République moderne, en passant par l'Empire romain, les dynasties médiévales et l'Empire des Habsbourg, ce pays a joué un rôle fondamental dans la formation de l'Europe telle que nous la connaissons.
Les Origines : Celtes et Romains
Les premières civilisations développées sur le territoire autrichien actuel remontent à l'âge du fer. Les Celtes s'établirent dans la région vers 400 avant notre ère, exploitant les mines de sel du Salzkammergut et les ressources minières des Alpes. Le site de Hallstatt, qui a donné son nom à la période de Hallstatt de l'âge du fer d'Europe centrale, datant approximativement de 800 à 450 avant notre ère, témoigne de l'importance de ces populations celtiques et de leur maîtrise du commerce du sel. Les fouilles archéologiques à Hallstatt ont mis au jour des milliers d'objets d'une richesse extraordinaire, révélant une société sophistiquée et bien organisée qui entretenait des réseaux commerciaux s'étendant de la Méditerranée aux rivages de la mer Baltique.
La civilisation celtique du Norique, qui s'étendait approximativement sur le territoire de l'Autriche actuelle et de la Slovénie, était renommée dans l'Antiquité pour la qualité de son acier, connu sous le nom d'acier norique, et pour ses minéraux précieux. Les Romains, qui avaient étendu leur domination sur la région dès le premier siècle avant notre ère, intégrèrent le Norique à l'Empire en 15 avant notre ère. La province romaine de Norique devint rapidement un territoire prospère et stratégique, servant de zone tampon contre les invasions des peuples germaniques.
Les Romains fondèrent plusieurs villes importantes sur le territoire autrichien actuel. Carnuntum, sur les rives du Danube à l'est de Vienne, était la capitale de la province de Pannonie supérieure et une ville de plus de 50.000 habitants au deuxième siècle de notre ère, une des plus importantes cités de l'Empire. L'Empereur Marc Aurèle y rédigea une partie de ses Pensées philosophiques et Septime Sévère y fut proclamé Empereur en 193. Aujourd'hui, les ruines impressionnantes de Carnuntum peuvent être visitées dans le cadre du parc archéologique de Petronell-Carnuntum. Vindobona, la future Vienne, était un camp militaire romain établi sur les rives du Danube pour défendre la frontière nord de l'Empire, le Limes Danubianus. Juvavum, la future Salzbourg, était un centre administratif et commercial important dans les Alpes, dont le nom latin évoquait les marais salants de la région. Ces fondations romaines posèrent les bases du développement urbain ultérieur de l'Autriche.
L'epoque Medievale : Des Babenberg Aux Premiers Habsbourg
Après la chute de l'Empire romain occidental au cinquième siècle, le territoire autrichien connut des périodes de grande instabilité, avec les invasions successives des Huns, des Ostrogoths, des Lombards et des Avars. C'est Charlemagne qui réorganisa la région à la fin du huitième siècle, créant la Marche de l'Est, ou Ostmark en vieux haut-allemand, destinée à servir de zone frontière entre l'Empire carolingien et les peuples de l'est. Ce terme d'Ostmark, marche de l'est, est à l'origine même du nom Österreich, l'Autriche, dont la première occurrence écrite remonte à un document daté de 996.
La famille des Babenberg reçut la marche de l'est en fief en 976 et la gouverna pendant près de trois siècles. Sous leur règne, le territoire connut une expansion progressive vers le sud et l'est, et la culture se développa considérablement. Vienne, qui devenait progressivement la capitale de facto du marquisat, puis du duché d'Autriche, s'affirma comme un centre politique et culturel de premier plan. Les Babenberg furent de grands bâtisseurs et mécènes, favorisant l'essor des arts et de l'architecture romane puis gothique. Le duc Heinrich II le Jasomirgott fut le premier à établir sa résidence à Vienne en 1155, faisant de la ville la capitale effective du duché.
La lignée des Babenberg s'éteignit avec la mort du duc Frédéric II le Belliqueux en 1246. S'ensuivit une période de confusion et de rivalités entre prétendants au trône ducal. En 1273, un comte relativement obscur de Suisse, Rodolphe de Habsbourg, fut élu roi des Romains, souverain du Saint-Empire romain germanique. En 1278, il triompha de son rival Ottokar II de Bohême à la bataille de Marchfeld et s'empara du duché d'Autriche pour ses fils. Commençait ainsi une des dynasties les plus remarquables de l'histoire européenne, qui allait régner sur l'Autriche pendant 640 ans, de 1278 à 1918.
L'empire des Habsbourg : Six Siecles de Puissance Europeenne
Les Habsbourg développèrent très tôt une stratégie particulière d'expansion de leur pouvoir, fondée non pas principalement sur la conquête militaire mais sur les alliances matrimoniales. La politique matrimoniale habsbourgeoise devint tellement efficace qu'elle donna naissance à un célèbre aphorisme latin, Bella gerant alii, tu felix Austria nube, que d'autres fassent la guerre, toi heureuse Autriche marie-toi, attribué au roi Matthias Corvin de Hongrie qui en fut lui-même victime.
Cette stratégie porta ses fruits de manière spectaculaire sous Maximilien Ier, surnommé le Dernier Chevalier, qui régna de 1493 à 1519. Par un réseau d'alliances et de mariages savamment orchestrés, il jeta les bases d'un empire qui allait s'étendre bientôt sur la quasi-totalité de l'Europe. Son mariage avec Marie de Bourgogne lui apporta les Pays-Bas et la Franche-Comté, et il arrangea habilement les mariages de ses petits-enfants pour s'emparer des couronnes espagnole et hongroise en même temps. Son petit-fils Charles Quint hérita d'un domaine fabuleux comprenant l'Espagne et ses colonies américaines, les Pays-Bas, la Sicile, Naples, et les possessions héréditaires autrichiennes. Sous Charles Quint, l'empire habsbourgeois était si vaste que l'on disait que le soleil ne s'y couchait jamais.
Au fil des générations, les Habsbourg consolidèrent leur emprise sur l'Europe centrale, intégrant la Bohême et la Hongrie à leurs possessions après la désastreuse défaite hongroise de Mohács en 1526 contre les Ottomans. Cette expansion vers l'est plaçait l'Autriche en première ligne de la défense de l'Europe chrétienne contre l'expansion de l'Empire ottoman. La cour de Vienne devint le centre d'un système politique complexe qui gérait des peuples aux langues, aux religions et aux traditions très différentes, une expérience unique de gouvernance multinationale qui influença profondément le développement politique de l'Europe.
La Menace Ottomane et la Bataille de Vienne de 1683
L'expansion ottomane en Europe constituait une menace permanente pour l'Autriche depuis le début du seizième siècle. En 1529, les armées du sultan Soliman le Magnifique assiégèrent Vienne pour la première fois, sans parvenir à prendre la ville. Pendant plus d'un siècle et demi, la frontière entre les deux empires resta relativement stable, jalonnée de forteresses et de zones tampons appelées Militärgrenze, frontière militaire, mais la menace n'avait pas disparu.
En juillet 1683, une immense armée ottomane forte de plus de 140.000 hommes, commandée par le grand vizir Kara Mustafa Pacha, marcha sur Vienne et mit le siège devant la ville le 14 juillet. L'Empereur Léopold Ier avait fui la capitale, laissant la défense de la ville au comte Ernst Rüdiger von Starhemberg avec une garnison d'environ 15.000 hommes. Pendant près de deux mois, Vienne résista héroïquement aux assauts ottomans, tandis que des secours étaient rassemblés à travers l'Empire et les royaumes alliés.
Le 12 septembre 1683, une armée de secours composée de troupes impériales, polonaises, bavaroises et saxonnes, placée sous le commandement suprême du roi de Pologne Jan III Sobieski, descendit des hauteurs du Kahlenberg pour attaquer le camp ottoman dans ce qui allait devenir l'une des batailles les plus décisives de l'histoire européenne. La charge de cavalerie qui suivit, la plus grande de l'histoire moderne avec quelque 20.000 cavaliers, brisa définitivement l'armée ottomane qui s'enfuit en abandonnant son immense camp. Cette victoire sauva Vienne et marqua le début du reflux ottoman en Europe centrale. Elle permit à l'Autriche de conquérir en quelques décennies la Hongrie, la Transylvanie et les Balkans, devenant ainsi une grande puissance européenne à part entière.
On prête à la tradition viennoise l'invention du croissant à cette époque, les boulangers viennois auraient créé une viennoiserie en forme de croissant, symbole de l'Islam, pour célébrer la victoire sur les Ottomans. Qu'elle soit historiquement avérée ou non, cette anecdote illustre parfaitement comment la confrontation avec l'Empire ottoman a profondément marqué la culture et les traditions autrichiennes.
L'epoque Baroque et la Gloire des Habsbourg
La victoire sur les Ottomans inaugura une période de grande prospérité et d'intense activité créatrice en Autriche. Les empereurs Habsbourg, enrichis par les nouvelles conquêtes et stimulés par la rivalité avec la France de Louis XIV, se lancèrent dans des programmes de construction monumentaux qui transformèrent Vienne en une capitale baroque d'une splendeur incomparable. L'architecte Johann Bernhard Fischer von Erlach créa le palais impérial de Schönbrunn dans un style qui mêlait influences italiennes et françaises pour créer quelque chose d'unique et typiquement autrichien. Lukas von Hildebrandt construisit le Belvédère, complexe de palais entouré de jardins à la française, pour le prince Eugène de Savoie, le vainqueur des Turcs qui avait accumulé une fortune considérable dans ses campagnes victorieuses.
L'architecture baroque autrichienne se répandit dans tout le pays avec une vigueur et une inventivité remarquables. Des abbatiales comme Melk, Göttweig ou Saint-Florian affirmèrent la puissance de l'Église catholique avec une exubérance décorative sans précédent. Les villes de Salzbourg, Linz et Graz se parèrent de nouvelles constructions baroques. La musique, la peinture et la sculpture atteignirent des sommets de raffinement à la cour impériale de Vienne, où les meilleurs artistes d'Italie, de France et d'Allemagne venaient chercher commandes et patronage. Ce foisonnement artistique donna naissance à un style baroque autrichien distinct, plus expressif et plus coloré que le baroque romain, plus élégant que le baroque germanique.
Marie-Therese : La Grande Imperatrice (1740-1780)
Marie-Thérèse est sans conteste la souveraine la plus importante de l'histoire autrichienne. Née en 1717 et montée sur le trône à seulement 23 ans après la mort sans héritier mâle de son père l'Empereur Charles VI, elle dut immédiatement faire face à la guerre de Succession d'Autriche, dans laquelle la Prusse, la France, la Bavière et l'Espagne contestèrent sa légitimité et cherchèrent à démembrer ses possessions. Par son courage, sa détermination et ses remarquables qualités de diplomate et de stratège, elle défendit ses droits et sortit de cette épreuve avec la plupart de ses possessions intactes, ne perdant que la riche province de Silésie au profit du roi de Prusse Frédéric le Grand.
Son règne de quarante ans fut une période de profondes réformes qui modernisèrent les structures de l'État habsbourgeois. Elle réorganisa l'armée, créa un système fiscal plus équitable, développa l'enseignement public en instaurant une obligation scolaire partielle, réforma la justice en abolissant la torture, et limita le pouvoir de l'Église dans les affaires civiles. Marie-Thérèse était une femme profondément religieuse mais pragmatique, qui comprenait la nécessité d'adapter les institutions aux réalités de son temps tout en préservant les valeurs catholiques qui fondaient la légitimité des Habsbourg.
Sur le plan personnel, Marie-Thérèse fut une mère prolifique, ayant mis au monde seize enfants qu'elle utilisa consciemment comme instruments de sa politique matrimoniale, perpétuant ainsi la grande tradition habsbourgeoise. Parmi ses enfants les plus célèbres figure Marie-Antoinette, la benjamine, qui fut envoyée à Versailles en 1770 pour épouser le futur Louis XVI de France et qui finit sa vie sous la guillotine révolutionnaire le 16 octobre 1793. Un autre fils, le futur Empereur Léopold II, régna sur la Toscane avant de succéder à son frère Joseph II sur le trône impérial. Son fils Joseph II, qui partagea le pouvoir avec elle durant les quinze dernières années de son règne en tant que co-régent, fut l'un des monarques éclairés les plus radicaux d'Europe, poussant les réformes beaucoup plus loin que sa mère n'avait souhaité.
Marie-Thérèse avait également un faible particulier pour la musique, et c'est dans sa cour que le petit Mozart eut la chance de se produire à l'âge de six ans, l'éblouissant par son talent. On raconte que lors de cette première rencontre à Schönbrunn, le jeune Wolfgang glissa sur le parquet ciré et tomba, et que c'est Marie-Antoinette, alors âgée de cinq ans, qui l'aida à se relever. En remerciement, Mozart lui aurait promis de l'épouser quand il serait grand, anecdote charmante qui illustre la précocité sociale autant que musicale du futur génie. Le palais de Schönbrunn, résidence estivale des Habsbourg, est indissociable du souvenir de Marie-Thérèse qui y fit apporter de nombreuses transformations et modifications, notamment la décoration des appartements impériaux dans le style rococo viennois qui les caractérise encore aujourd'hui.
Mozart : Le Genie de Salzbourg (1756-1791)
Il est impossible de parler de l'Autriche sans consacrer une place centrale à Wolfgang Amadeus Mozart, le compositeur le plus célèbre que cette nation ait jamais produit. Né le 27 janvier 1756 à Salzbourg au 9 Getreidegasse, Mozart est une figure si importante dans l'histoire de la musique occidentale qu'il est difficile d'imaginer ce que serait la musique classique sans lui.
Fils du violoniste et compositeur Leopold Mozart, qui était lui-même un musicien de talent et un pédagogue remarquable, Wolfgang manifesta des capacités musicales extraordinaires dès sa plus tendre enfance. À trois ans, il reproduisait les pièces que son père apprenait à sa sœur Nannerl. À cinq ans, il composait ses premières pièces pour clavier. À six ans, son père l'emmena avec sa sœur dans une tournée des cours européennes pour exhiber leurs talents exceptionnels. C'est lors de cette tournée que le petit Mozart joua devant Marie-Thérèse à Schönbrunn et l'éblouit par sa virtuosité et sa mémoire musicale prodigieuse.
Durant son enfance et son adolescence, Mozart voyagea dans toute l'Europe, jouant devant les cours royales d'Angleterre, de France, d'Italie et d'Allemagne. Ces voyages lui permirent d'absorber et d'assimiler les différents styles musicaux européens, de l'opéra buffa italien qu'il assimila lors de ses séjours à Milan et à Naples, à la sophistication contrapuntique de J.S. Bach qu'il découvrit à Londres, pour les fondre en un langage musical d'une originalité et d'une beauté inégalées. À Rome, lors d'un séjour en 1770, il entendit une seule fois le Miserere d'Allegri, oeuvre dont la partition était jalousement gardée par le Vatican, et fut capable de la transcrire de mémoire après l'audition, prouesse qui fit le tour de l'Europe et augmenta encore sa renommée de génie précoce.
Mozart s'installa définitivement à Vienne en 1781 après avoir rompu avec son employeur l'archevêque de Salzbourg Colloredo, dont il ne supportait plus l'autoritarisme et le traitement humiliant. La rupture fut brutale et marqua définitivement la vie du compositeur, qui dut dès lors se débrouiller seul dans la ville impériale sans le soutien d'un mécène fixe. À Vienne, il connut néanmoins une période de gloire et de reconnaissance populaire, composant certaines de ses oeuvres les plus célèbres, notamment les opéras Le Mariage de Figaro en 1786, Don Giovanni en 1787, Cosi fan tutte en 1790 et La Flûte enchantée en 1791. Cette dernière, composée en allemand sur un livret de son ami l'imprésario Emanuel Schikaneder, est considérée comme le premier grand opéra national allemand et comme un chef-d'oeuvre absolu du répertoire lyrique mondial, alliant le génie musical de Mozart à une symbolique maçonnique complexe et à une humanité touchante.
Les concertos pour piano de Mozart, au nombre de vingt-sept, constituent l'une des pierres angulaires du répertoire pianistique et orchestral. Les concertos de la maturité viennoise, du numéro 20 au numéro 27, révèlent une profondeur émotionnelle et une maîtrise formelle que nul compositeur n'avait atteintes avant lui. Ses quatuors à cordes dédiés à Joseph Haydn, son aîné et ami, et ses symphonies de la fin, notamment la 40e en sol mineur et la 41e Jupiter, sont parmi les oeuvres orchestrales les plus jouées au monde.
La fin de vie de Mozart est entourée de mystère et de tragédie. Tombé malade en novembre 1791 alors qu'il travaillait à son Requiem, commande d'un mystérieux commanditaire qui s'avéra être le comte Franz von Walsegg, il mourut le 5 décembre 1791 à l'âge de 35 ans, laissant son dernier chef-d'oeuvre inachevé. Les circonstances de sa mort restent obscures, bien que les hypothèses d'empoisonnement popularisées par la pièce de théâtre et le film Amadeus aient été largement démystifiées par les historiens, qui s'accordent sur une mort par fièvre rhumatismale compliquée d'une insuffisance rénale. Il fut inhumé dans une tombe commune au cimetière Saint-Marx de Vienne, conformément à la pratique de l'époque pour les personnes de condition modeste, ce qui rend impossible la localisation exacte de sa dépouille.
Aujourd'hui, le nom de Mozart est intimement lié à la ville de Salzbourg, où se trouvent la Mozarts Geburtshaus et la Mozart Wohnhaus. Il est omniprésent dans la ville sous des formes parfois surprenantes, des boules de chocolat aux pralines nommées Mozartkugeln, aux statues, aux musées, aux concerts donnés en costumes d'époque par des musiciens ambulants. Cette commercialisation de son image est parfois critiquée comme réductrice, mais elle témoigne de la puissance d'identification que le nom de Mozart exerce sur l'imaginaire collectif mondial.
Francois-Joseph Ier et L'empire Austro-Hongrois
François-Joseph Ier est l'un des monarques les plus importants de l'histoire autrichienne et européenne. Né en 1830 au château de Schönbrunn, il monta sur le trône en décembre 1848, lors des révolutions qui secouèrent l'Europe, à l'âge de 18 ans et régna pendant 68 ans jusqu'à sa mort en 1916, soit le règne le plus long de l'histoire des Habsbourg et l'un des plus longs de l'histoire mondiale.
Son règne fut marqué par des défis considérables et des transformations profondes. La défaite autrichienne contre la Prusse à Sadowa en 1866 contraignit l'Autriche à se retirer de la scène allemande, ouvrant la voie à l'unification de l'Allemagne sous direction prussienne. Pour compenser et stabiliser son empire face aux aspirations nationales de ses nombreux peuples, François-Joseph négocia le Compromis austro-hongrois de 1867, qui créa la Double Monarchie d'Autriche-Hongrie. Cet arrangement politique, qui donnait à la Hongrie une quasi-égalité avec l'Autriche, était une tentative pragmatique de maintenir la cohésion d'un empire multiethnique rassemblant Autrichiens, Hongrois, Tchèques, Polonais, Slovaques, Slovènes, Croates, Serbes, Roumains et Italiens, pour un total de quelque 53 millions d'habitants.
La vie personnelle de François-Joseph fut empreinte de tragédies à répétition. Son épouse, l'Impératrice Elisabeth de Bavière, connue sous le sobriquet affectueux de Sisi, était une femme d'une grande beauté et d'une sensibilité extrême qui ne put jamais vraiment s'adapter aux contraintes rigides du protocole impérial. Passionnée d'équitation, de voyages et de poésie, elle passa une grande partie de sa vie à fuir la cour viennoise. Elle fut assassinée à Genève en 1898 par un anarchiste italien, Luigi Lucheni. Son fils unique et héritier, le prince Rodolphe, mourut dans des circonstances tragiques à Mayerling en 1889. Puis, le 28 juin 1914, son neveu et héritier présomptif, l'Archiduc François-Ferdinand, fut assassiné avec son épouse à Sarajevo par un nationaliste serbe bosniaque, Gavrilo Princip. Cet assassinat fut le détonateur de la Première Guerre mondiale, le conflit le plus dévastateur que l'Europe eût connu jusqu'alors.
La Premiere Guerre Mondiale et la Fin de L'empire
La Première Guerre mondiale fut catastrophique pour l'Empire austro-hongrois. Alliée de l'Allemagne et de l'Empire ottoman dans les Puissances centrales, l'Autriche-Hongrie se battit sur de nombreux fronts, notamment contre l'Italie au sud sur l'Isonzo, contre la Russie à l'est en Galicie et contre la Serbie et la Roumanie dans les Balkans, subissant des pertes humaines et économiques considérables. La mort de François-Joseph en novembre 1916 priva l'empire de son dernier grand symbole d'unité. Son successeur, l'Empereur Charles Ier, ne put éviter la désagrégation de l'empire sous les coups des défaites militaires et des révolutions nationales. Novembre 1918 vit la proclamation des républiques successeurs dans une cacophonie de révoltes et de déclarations d'indépendance.
L'Autriche de l'entre-deux-guerres fut une période de difficultés économiques et d'instabilité politique extrêmes. La jeune République autrichienne, coupée de ses anciennes terres d'approvisionnement et de ses débouchés commerciaux par les nouvelles frontières issues des traités de paix, chercha d'abord à s'unir à l'Allemagne, aspiration interdite par les traités de Saint-Germain-en-Laye et de Versailles. L'hyperinflation des années 1920, les luttes sociales des années 1930 entre les socialistes viennois et les forces conservatrices et cléricales des provinces débouchèrent sur une brève guerre civile en février 1934, puis sur l'instauration d'un régime autoritaire de type fasciste.
L'anschluss et la Seconde Guerre Mondiale
Le 12 mars 1938, les troupes allemandes franchirent la frontière autrichienne. Adolf Hitler, lui-même né en Autriche à Braunau am Inn en 1889, procéda à l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche au Troisième Reich allemand. Des images d'archives montrent des foules viennoises acclamant Hitler lors de son entrée dans Vienne, bien que l'historien ne doive pas oublier que de nombreux Autrichiens furent aussi victimes du régime nazi et que des dizaines de milliers d'Autrichiens juifs, socialistes, communistes et démocrates furent arrêtés, emprisonnés, déportés ou contraints à l'exil. Quelque 65.000 Juifs autrichiens périrent dans les camps d'extermination. L'Autriche perdait son indépendance et son identité nationale pour n'être plus qu'une province, l'Ostmark, du Grand Reich allemand.
La Seconde Guerre mondiale apporta à l'Autriche son lot de destructions et de souffrances. Les villes furent bombardées, la population soumise au régime totalitaire nazi, et des dizaines de milliers d'Autrichiens moururent sur les fronts. La libération vint au printemps 1945, avec l'avance des troupes soviétiques depuis l'est et des Alliés occidentaux depuis l'ouest et le sud.
La Deuxieme Republique et le Traite D'etat de 1955
Après la libération en 1945, l'Autriche fut divisée en quatre zones d'occupation entre les Américains, les Britanniques, les Français et les Soviétiques, à l'instar de l'Allemagne. Vienne elle-même fut partagée en quatre secteurs, avec un centre commun géré en rotation par les quatre puissances. Le film d'Orson Welles Le Troisième Homme, tourné dans les décombres et les égouts de Vienne en 1949, est la meilleure évocation cinématographique de cette période sombre et chaotique.
Le 15 mai 1955, le Traité d'État autrichien fut signé au Belvédère de Vienne par les représentants des quatre puissances occupantes et du gouvernement autrichien, dans la salle du marbre du Belvédère supérieur. Ce traité rétablit la pleine souveraineté de l'Autriche et ordonnait le retrait de toutes les troupes étrangères. En échange, l'Autriche s'engageait à une neutralité permanente, ne pouvant adhérer à aucune alliance militaire. Cette neutralité, proclamée par le Parlement autrichien en octobre 1955, devint une composante fondamentale de l'identité nationale autrichienne et lui valut un rôle particulier pendant la Guerre froide comme lieu de rencontres diplomatiques entre l'Est et l'Ouest. Vienne accueillit ainsi la rencontre historique de Kennedy et Khrouchtchev en 1961 et de nombreuses négociations de désarmement stratégique.
La prospérité économique de l'Autriche pendant la seconde moitié du vingtième siècle fut remarquable. S'appuyant sur ses atouts touristiques, industriels et agricoles, l'Autriche construisit une économie de marché social moderne qui permit d'assurer à sa population un des niveaux de vie les plus élevés du monde. En 1995, l'Autriche adhéra à l'Union européenne, tout en maintenant sa neutralité militaire, ce qui lui permit d'accueillir de nombreuses organisations internationales à Vienne, dont l'AIEA, l'OPEP, l'ONUDC et de nombreux autres organismes des Nations Unies.
Vienne : La Capitale Imperiale, Ville la Plus Agreable Au Monde
Vienne, ou Wien en allemand, est l'une des grandes capitales du monde et sans aucun doute l'une des villes les plus belles et les plus riches culturellement d'Europe. Régulièrement élue ville la plus agréable au monde par l'Economist Intelligence Unit et le classement Mercer, Vienne combine un patrimoine historique et artistique extraordinaire avec une infrastructure moderne, un réseau de transports en commun exceptionnel et une qualité de vie incomparable.
Vienne est une ville de contrastes harmonieux, où le baroque impérial côtoie le design contemporain, où les cafés viennois centenaires accueillent aussi bien les lecteurs de journaux traditionnels que les travailleurs nomades équipés de leurs ordinateurs portables, où les concerts de musique classique dans des salles grandioses partagent l'affiche avec les clubs de jazz et les scènes électroniques du Vienna Underground. C'est une ville vivante, qui honore son passé sans en être prisonnière, capable de produire un Hundertwasser ou un Falco tout en conservant intactes ses traditions impériales.
La Ringstrasse et le Centre Historique
La Ringstrasse est le symbole architectural de la grandeur impériale de Vienne. Cette large avenue circulaire, longue de quatre kilomètres, fut construite sur ordre de l'Empereur François-Joseph qui, en 1857, décida de démolir les vieilles fortifications médiévales pour construire à leur place un boulevard monumental bordé de palais publics et d'hôtels particuliers. En un espace de quelques dizaines d'années, la Ringstrasse vit s'élever l'Opéra d'État dans un style néo-Renaissance, les deux grands musées d'histoire naturelle et de l'art, le Parlement néoclassique inspiré de l'Athènes antique, l'Hôtel de Ville néo-gothique rappelant les grandes mairies flamandes, le Burgtheater dans un style néo-baroque, et de nombreux palais privés dans des styles variés qui font de cette avenue un véritable manuel d'architecture historiciste du dix-neuvième siècle. Cette mise en scène architecturale de la puissance impériale n'avait pas d'équivalent en Europe.
L'Opéra national de Vienne, le Wiener Staatsoper, est l'un des opéras les plus prestigieux du monde. Inauguré en 1869, il accueille chaque saison quelque 300 représentations devant des publics exigeants et passionnés. Ses directeurs successifs ont compté parmi les plus grands noms de la musique classique, de Gustav Mahler qui le dirigea de 1897 à 1907 et révolutionna les standards de l'opéra, à Herbert von Karajan dont l'ère dorée des années 1950 et 1960 reste légendaire, et plus récemment Seiji Ozawa, Franz Welser-Möst et Bogdan Roščić. Le premier soir de chaque année, le grand Bal de l'Opéra transforme la salle en une piste de danse pour une soirée de gala unique au monde, retransmise en direct à la télévision et vue par des millions de spectateurs.
Le Kunsthistorisches Museum, le Musée des beaux-arts, est sans doute le plus beau musée encyclopédique d'Europe. Construit en vis-à-vis du Naturhistorisches Museum sur la Maria-Theresia-Platz, il abrite les collections artistiques rassemblées par les Habsbourg au fil des siècles. Ses salles renferment des chefs-d'oeuvre absolus : la tour de Babel et les autres tableaux flamands de Pieter Bruegel l'Ancien, les portraits de la cour de Velázquez et Rubens, l'extraordinaire collection d'objets d'art de la Renaissance appelée Kunstkammer, et de nombreux tableaux italiens, espagnols et allemands de premier rang. La salle Bruegel du premier étage du musée, avec ses douze tableaux du peintre flamand dont la Chasse dans la neige et Le combat de carnaval et de carême, est l'une des plus belles salles de musée au monde et contient la plus grande collection de Bruegel l'Ancien de la planète.
La Hofburg, le palais impérial du centre de Vienne, est un complexe architectural qui s'est développé sur sept siècles, accumulant ailes, cours et chapelles dans un ensemble vaste et quelque peu labyrinthique. C'est le symbole même du pouvoir des Habsbourg. Aujourd'hui, la Hofburg abrite la résidence officielle du président fédéral, plusieurs musées importants dont le Musée de la Sisi qui reconstitue la vie de l'impératrice avec ses robes d'origine, ses équipements de voyage et ses effets personnels, le Kunsthistorisches Museum des armures impériales, et surtout la Spanische Hofreitschule, la célèbre École d'Équitation Espagnole.
L'ecole D'equitation Espagnole de Vienne
Fondée au seizième siècle, l'École d'Équitation Espagnole de Vienne est la plus ancienne école d'équitation classique au monde encore en activité. Elle tire son nom des chevaux qui la composent, les Lipizzans, une race développée à partir de chevaux andalous espagnols et locaux à la fin du seizième siècle au haras de Lipizza, aujourd'hui en Slovénie. Ces chevaux blancs au port aristocratique et aux mouvements aériens d'une grâce infinie sont l'emblème vivant de l'élégance autrichienne.
Les représentations à la Salle des Chevaux de la Hofburg, une salle baroque de 1735 d'une beauté incomparable avec son plafond à caissons et ses galeries dorées, constituent un spectacle inoubliable. Les cavaliers vêtus de leur uniforme brun traditionnel et chapeau bicorne noir exécutent avec leurs chevaux des figures de haute école appelées airs au-dessus du sol, comme la courbette ou la croupade, qui sont le fruit d'années d'entraînement assidu selon des méthodes transmises de maître à élève depuis des siècles. Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2015, le travail des maîtres riders et de leurs Lipizzans est reconnu comme l'un des exemples les plus purs de l'art équestre classique.
La Cathedrale Saint-Etienne et le Premier Arrondissement
Au coeur du premier arrondissement de Vienne, la Stephansdom, la cathédrale Saint-Étienne, est le symbole spirituel et architectural de la ville. Sa construction s'étend sur plusieurs siècles, du roman au gothique tardif, avec son toit de tuiles vernissées formant des motifs géométriques en losanges noir et or reconnaissables entre tous, qui accueillent notamment les armoiries des Habsbourg et de la ville de Vienne. La cathédrale domine le Stephansplatz, la place principale de la vieille ville, et son clocher sud de 136 mètres, surnommé par les Viennois le Steffl, offre une vue panoramique incomparable sur les toits de Vienne. Les catacombes sous la cathédrale abritent les restes de milliers de personnes décédées lors des grandes épidémies de peste et les urnes funéraires contenant les entrailles des souverains Habsbourg, séparées de leurs corps selon la tradition de l'inhumation triple de la famille impériale.
Le premier arrondissement, l'Innere Stadt, est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ses rues étroites et ses passages couverts recèlent des trésors architecturaux à chaque coin de rue : palais baroques aux façades ornées de stucs et de statues, cours intérieures où des fontaines murmurent, boutiques d'antiquaires et galeries d'art, restaurants et cafés dans des intérieurs historiques. Le Graben, l'avenue piétonne qui mène du Stephansplatz vers la Hofburg, est bordée de maisons remarquables et agrémentée de la colonne de la Peste, ou Pestsäule, monument baroque érigé en 1693 pour remercier Dieu d'avoir épargné la ville de la grande épidémie. La Kohlmarkt, l'autre grande rue piétonne du premier arrondissement, est bordée des boutiques les plus élégantes de Vienne, dont les légendaires confiseries Demel.
Le Palais de Schonbrunn
Le palais de Schönbrunn est la résidence impériale par excellence. Cette sublime demeure baroque, dont la façade ocre dorée s'étend sur presque 200 mètres, fut construite entre 1696 et 1713 sur les plans de Johann Bernhard Fischer von Erlach, puis considérablement modifiée au dix-huitième siècle sous Marie-Thérèse, qui fit appel à Nikolaus Pacassi pour adapter les intérieurs au style rococo de l'époque. Ses 1441 pièces intérieures, dont environ 40 sont ouvertes au public, offrent un plongeon fascinant dans la vie de la cour impériale. La Salle des Millions, ainsi nommée pour le coût extravagant de sa décoration de lambris de bois des Indes ornés de miniatures indiennes et persanes, est l'un des intérieurs rococo les plus somptueux d'Europe.
Les jardins de Schönbrunn, dessinés selon les principes du jardin à la française, s'étendent sur 186 hectares derrière le palais et sont ouverts au public toute l'année. Au sommet de la colline qui domine les jardins se trouve la Gloriette, colonnade néoclassique construite en 1775 qui offre un panorama saisissant sur le palais et la ville de Vienne. Le zoo de Schönbrunn, fondé en 1752 par l'Empereur François Ier de Lorraine pour Marie-Thérèse son épouse, est le plus ancien zoo du monde encore en activité. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996, Schönbrunn est le site le plus visité d'Autriche, accueillant chaque année plus de trois millions de visiteurs.
Le Belvedere et le Baiser de Klimt
Le palais du Belvédère est l'un des plus beaux ensembles architecturaux baroques d'Europe. Construit entre 1714 et 1723 pour le prince Eugène de Savoie par l'architecte Lukas von Hildebrandt, il comprend deux palais distincts reliés par de magnifiques jardins à la française avec des parterres géométriques, des cascades, des bassins et des sculptures allégoriques : le Belvédère inférieur et le Belvédère supérieur. Le Belvédère supérieur abrite aujourd'hui la collection permanente de la Galerie autrichienne, qui présente l'une des plus importantes collections d'art autrichien des dix-neuvième et vingtième siècles.
La pièce maîtresse de cette collection est sans conteste Le Baiser de Gustav Klimt, peint en 1907 et 1908 à l'apogée de la période dorée du peintre. Ce tableau, aux dimensions imposantes de 180 sur 180 centimètres, représente un couple enlacé dans un manteau d'or et de motifs byzantins, sur un fond de prairie fleurie surplombant un précipice. Avec ses feuilles d'or véritable, ses motifs géométriques et fleuris d'une sophistication inouïe, et son symbolisme sensuel et mystique, Le Baiser est devenu l'un des tableaux les plus reproduits et les plus reconnaissables du monde, icône absolue de la Sécession viennoise et de l'Art Nouveau européen. La voir en vrai, dans sa salle dédiée du Belvédère, est une expérience émotionnelle d'une rare intensité.
Les Cafes Viennois, Patrimoine Culturel Immateriel de L'unesco
La culture du café viennois est l'une des traditions les plus précieuses et les plus distinctives de la ville. Née à la fin du dix-septième siècle, selon la légende à partir du café découvert dans le camp ottoman après le siège de 1683, une tradition plus documentée la fait remonter à l'Arménien Johannes Diodato qui reçut en 1685 le privilège d'ouvrir le premier café de Vienne, la tradition du café viennois a évolué au fil des siècles pour créer un type d'établissement unique au monde, un lieu de vie sociale, intellectuelle et créative qui n'a pas d'équivalent ailleurs.
Les grands cafés viennois comme le Café Central, le Café Hawelka, le Café Landtmann, le Café Schwarzenberg ou le Café Sacher ont été des hauts lieux de la vie intellectuelle viennoise. Freud, Zweig, Karl Kraus, Arthur Schnitzler et Theodor Herzl y venaient pour lire les journaux, jouer aux échecs, débattre et écrire. La tradition voulait qu'on puisse occuper une table pendant des heures avec une seule consommation, en lisant les journaux fixés à leurs porte-journaux traditionnels, une habitude qui se perpétue encore aujourd'hui dans les grands cafés historiques.
Un café viennois typique se reconnaît à son décor de marbre, de miroirs et de boiseries sombres, à ses tables rondes et ses chaises de café style Thonet, à ses serveurs en tenue formelle portant les consommations sur des plateaux en argent, et au verre d'eau fraîche qui accompagne systématiquement toute commande de café. En 2011, la culture du café viennois a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, reconnaissance d'une tradition sociale irremplaçable.
Autres Attractions Viennoises
La Grande Roue du Prater, le Riesenrad, est l'un des monuments les plus symboliques de Vienne. Construite en 1897 à l'occasion du cinquantième anniversaire du règne de François-Joseph, cette roue de 65 mètres de diamètre offre une vue incomparable sur la ville depuis ses cabines rouges. Elle fut rendue mondialement célèbre par le film d'Orson Welles Le Troisième Homme en 1949, dans lequel le personnage de Harry Lime explique à son ami sa philosophie cynique lors d'une montée dans ses cabines.
Le Naschmarkt, le marché de Nasch, est le plus grand marché de plein air de Vienne. Ses 120 étals couvrent plus d'un kilomètre le long du canal de la Wien et proposent une profusion de fruits et légumes, de fromages, d'olives, de viandes, de poissons et de spécialités du monde entier. Le samedi, un grand marché aux puces s'y tient en prolongement, attirant collectionneurs et curieux de toute la ville.
La Hundertwasserhaus est l'une des créations architecturales les plus originales de Vienne. Conçue par l'artiste et architecte Friedensreich Hundertwasser et construite entre 1983 et 1986, cette résidence sociale est une explosion de couleurs, de formes irrégulières et de végétation. Ses façades multicolores avec leurs fenêtres de tailles inégales et ses toits en terrasses plantés d'arbres et d'arbustes constituent une protestation vivante contre la monotonie de l'architecture fonctionnaliste. Hundertwasser estimait que le droit à la fenêtre, c'est-à-dire le droit de tout résident d'orner sa fenêtre selon son goût, était un droit humain fondamental.
La maison natale de Sigmund Freud, au 19 Berggasse, abrite aujourd'hui un musée dédié au fondateur de la psychanalyse. C'est dans cet appartement que Freud vécut et travailla pendant 47 ans, de 1891 à 1938, date à laquelle il fut contraint de fuir l'Autriche annexée par les nazis pour trouver refuge à Londres, où il mourut en 1939. Le musée permet de visiter la salle d'attente et le cabinet de consultation du médecin, avec leurs meubles et leurs collections d'antiquités qui jouaient un rôle symbolique dans la théorie psychanalytique.
Salzbourg : La Cite du Sel et de Mozart
Salzbourg est l'une des villes les plus belles et les plus visitées d'Europe. Capitale du land de Salzbourg et ville de quelque 155.000 habitants, elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996 pour son centre historique baroque exceptionnel. Son nom vient du sel qui enrichit ses princes-archevêques pendant des siècles, et sa vie culturelle est dominée par le souvenir de son fils le plus célèbre, Wolfgang Amadeus Mozart.
La vieille ville de Salzbourg est divisée en deux parties séparées par la Salzach. Sur la rive gauche se trouve la Altstadt, la vieille ville proprement dite, dominée par la forteresse de Hohensalzburg. Sur la rive droite se trouve la ville neuve, avec le Mirabell et ses jardins. Les deux rives sont reliées par plusieurs ponts, dont le Staatsbrücke, le pont principal, et les passerelles décorées de cadenas d'amoureux. L'architecture baroque de Salzbourg est due principalement aux grands archevêques bâtisseurs du dix-septième siècle, notamment Wolf Dietrich von Raitenau et Markus Sittikus, qui firent appel aux meilleurs architectes italiens pour transformer leur ville en un joyau baroque.
La Forteresse de Hohensalzburg
La forteresse de Hohensalzburg est l'une des forteresses médiévales les mieux conservées d'Europe. Construite en 1077 à l'initiative de l'archevêque Gebhard von Helfenstein pour résister aux troupes de l'Empereur Henri IV dans le cadre de la querelle des Investitures, et sans cesse agrandie et renforcée au fil des siècles par ses archevêques successifs, elle domine la vieille ville depuis son éperon rocheux du Festungsberg à 120 mètres au-dessus de la ville. De ses remparts et de ses tours, la vue sur Salzbourg et les Alpes environnantes est absolument superbe. L'intérieur de la forteresse abrite des appartements princiers richement décorés, dont la Chambre d'Or aux boiseries sculptées et dorées, un musée de la forteresse, une galerie d'art médiéval et un musée de la marionnette. On accède à la forteresse soit à pied par un chemin pavé, soit par le funiculaire depuis le bas de la ville.
La Geburtshaus de Mozart et le Patrimoine Mozartien
La Mozarts Geburtshaus, la maison natale de Mozart au 9 Getreidegasse, est le lieu de pèlerinage incontournable de tout visiteur à Salzbourg. Cette maison bourgeoise jaune au troisième étage abrite aujourd'hui un musée consacré aux premières années de la vie du compositeur, avec son violon d'enfant, son clavecin de voyage, les portraits de famille et de nombreux documents d'archives témoignant de l'enfance prodigieuse du futur génie. La Getreidegasse, étroite rue piétonne aux façades de maisons dorées ornées d'enseignes artisanales en fer forgé, est l'une des rues les plus photographiées d'Autriche.
Le Palais de Mirabell et Ses Jardins
Le palais de Mirabell, construit en 1606 par l'archevêque Wolf Dietrich von Raitenau pour sa maîtresse Salome Alt et ses nombreux enfants, est un joyau baroque entouré de jardins à la française parmi les plus beaux d'Europe. Sa salle de marbre, ornée de sculptures de Raffael Donner représentant des allégories de l'amour et de la renommée, est l'une des plus belles salles baroques d'Autriche et sert régulièrement de cadre à des concerts de musique de chambre. Les jardins de Mirabell, avec leurs plates-bandes fleuries géométriques, leurs fontaines et leurs statues mythologiques, offrent une vue imprenable sur la forteresse de Hohensalzburg qui domine la scène depuis la rive opposée. Ces jardins furent rendus célèbres dans le monde entier par les séquences chantées de Do Re Mi dans le film La Mélodie du bonheur.
La Melodie du Bonheur et le Cinema
Le film La Mélodie du bonheur, sorti en 1965, est l'un des films les plus vus de l'histoire du cinéma mondial. Réalisé par Robert Wise avec Julie Andrews et Christopher Plummer, il raconte l'histoire vraie de Maria von Trapp, jeune novice du couvent de Nonnberg devenue gouvernante des sept enfants du capitaine Georg von Trapp, une famille qui formera une chorale de réputation mondiale avant de fuir l'Autriche lors de l'Anschluss en 1938. Tourné en grande partie dans et autour de Salzbourg, ce film a eu un impact phénoménal sur le tourisme autrichien, attirant chaque année des centaines de milliers de fans américains et asiatiques à la recherche des décors du film. Des circuits de tourisme thématique proposent de visiter tous les lieux de tournage, des jardins du Mirabell à l'abbaye de Nonnberg en passant par le château de Leopoldskron et l'église de Mondsee où fut filmée la scène de mariage.
Le Festival de Salzbourg
Fondé en 1920 par le dramaturge Hugo von Hofmannsthal, le compositeur Richard Strauss et le metteur en scène Max Reinhardt, le Festival de Salzbourg est l'un des festivals de musique et de théâtre les plus prestigieux au monde. Organisé chaque été de fin juillet à fin août, il propose quelque 200 représentations dans des dizaines de salles de spectacle, des théâtres historiques comme le Felsenreitschule creusée dans le rocher de la montagne aux salles de concert modernes. Les oeuvres de Mozart occupent naturellement une place centrale dans la programmation, mais le festival accueille aussi des opéras de Verdi, Strauss, Wagner et des compositeurs contemporains.
Hellbrunn et Ses Fontaines Surprise
Le château de Hellbrunn, construit en 1615 par l'archevêque Markus Sittikus comme résidence d'été et de divertissement, est unique en son genre pour ses fontaines à jeu, des Wasserspiele qui ravissent les visiteurs depuis quatre siècles. L'archevêque fit construire dans les jardins du château un réseau de fontaines cachées actionnées par la pression de l'eau, destinées à surprendre et à tremper ses invités lors de promenades dans les jardins. Les jets d'eau jaillissent des bancs de pierre, des tables, des allées, et même d'un théâtre de marionnettes aquatique et de nombreux automates hydrauliques représentant des scènes mythologiques. Aujourd'hui encore, les guides emmènent les visiteurs sur les mêmes parcours, et les rires et les cris de surprise résonnent dans les jardins tout comme il y a quatre cents ans.
Hallstatt et le Salzkammergut : Patrimoine Mondial de L'unesco
Hallstatt est sans aucun doute le village le plus photographié des Alpes et l'un des paysages les plus emblématiques de l'Autriche. Niché au bord du Hallstättersee, entre les eaux vert émeraude du lac et les falaises vertigineuses du Dachstein, ce petit village de quelque 800 habitants semble suspendu hors du temps dans un écrin de beauté naturelle saisissante. La magie de Hallstatt est réelle et ne se dément pas même en haute saison touristique, tant le cadre naturel impose sa splendeur.
Hallstatt est célèbre pour deux raisons principales. La première est son cadre naturel exceptionnel, qui lui a valu d'être classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1997, conjointement avec le Dachstein et l'ensemble du Salzkammergut. La seconde est l'importance de son site archéologique, qui a donné son nom à toute la période de Hallstatt de l'âge du fer européen. Les mines de sel de Hallstatt sont les plus anciennes au monde encore exploitées, avec une histoire qui remonte à plus de 7.000 ans. Des fouilles archéologiques ont mis au jour des milliers d'objets appartenant à la civilisation celtique de l'âge du fer, offrant un témoignage incomparable sur la vie des populations qui habitèrent et travaillèrent en ces lieux.
La visite des mines de sel de Hallstatt est l'une des expériences les plus inoubliables que propose l'Autriche. Revêtu d'une combinaison de mineur, le visiteur descend dans les profondeurs de la montagne par des galeries creusées dans le sel, glisse sur des toboggans de bois utilisés par les mineurs depuis des siècles, traverse des lacs souterrains d'une beauté spectrale et remonte à la surface avec le sentiment d'avoir voyagé dans un passé très lointain.
Le village de Hallstatt lui-même, avec ses maisons colorées entassées sur l'étroite bande de terre entre le lac et la montagne, ses rues escarpées et ses ruelles fleuries, est un lieu d'une beauté presque irréelle. L'Ossaire de l'église catholique de Hallstatt, un charniel où les crânes des défunts sont décorés de fleurs peintes et disposés sur des étagères, est une attraction macabre mais fascinante qui témoigne de la manière dont les Hallstattiens devaient faire face à l'exiguïté de leur cimetière.
Le Dachstein, massif calcaire aux formes imposantes qui domine le Salzkammergut, offre des attractions de montagne exceptionnelles. Sa grotte de glace, la Dachstein Eishöhle, avec ses formations de stalactites et stalagmites gelées et ses couloirs de glace translucide, est l'une des plus grandes et des plus belles d'Europe. Le plateau du Dachstein est accessible par télécabine depuis Obertraun et offre des panoramas alpins d'une grandeur absolue.
Les autres lacs du Salzkammergut méritent chacun une visite. Le Wolfgangsee, avec ses rives abruptes couvertes de forêts de pins et ses villages caractéristiques de St. Wolfgang et St. Gilgen, est l'un des plus beaux lacs d'Autriche. L'Attersee, le plus grand des lacs du Salzkammergut, fut un lieu de villégiature favori de Gustav Klimt, qui y passa de nombreux étés et y peignit plusieurs paysages lacustres d'une beauté lumineuse. Le Mondsee, le lac de la lune, dont les rives se réchauffent rapidement au soleil, est la destination balnéaire préférée des habitants de Salzbourg et de Linz.
Innsbruck et le Tyrol : Entre Culture et Montagne
Innsbruck, la capitale du Tyrol, est une ville d'une situation géographique unique, encaissée dans la vallée de l'Inn entre des chaînes montagneuses qui la dominent de toutes parts à moins de deux kilomètres du centre-ville. Ce contact immédiat entre la ville et la haute montagne confère à Innsbruck une personnalité tout à fait particulière, à la fois cité historique et resort alpin. Avec ses 130.000 habitants, c'est la cinquième ville d'Autriche et une destination touristique majeure aussi bien en été pour ses sentiers de randonnée que en hiver pour ses domaines skiables facilement accessibles depuis le centre-ville.
Le Toit D'or et la Vieille Ville D'innsbruck
L'attraction principale d'Innsbruck est sans conteste le Goldenes Dachl, le Toit d'Or. Érigé vers 1500 par l'Empereur Maximilien Ier pour marquer l'achèvement de la rénovation du palais ducal et commémorer son mariage avec Bianca Maria Sforza, ce balcon ornemental situé dans la vieille ville est recouvert de 2.657 tuiles de cuivre doré. C'est depuis ce balcon que l'Empereur et sa cour assistaient aux tournois et aux festivités qui se déroulaient sur la place en contrebas. Les reliefs sculptés sur la balustrade représentent l'Empereur et ses deux épouses successives, entourés de bouffons et de Maures exotiques, dans un programme iconographique qui illustre la puissance et le rayonnement universel du souverain.
La vieille ville d'Innsbruck, l'Altstadt, est un ensemble urbanistique remarquablement bien conservé de bâtiments médiévaux et baroques aux façades peintes de fresques et de trompe-l'oeil. La Herzog-Friedrich-Strasse, rue principale de la vieille ville avec ses arcades à l'italienne, est un lieu de promenade très agréable abrité des intempéries par ses galeries couvertes. La cathédrale Saint-Jacques, avec son plafond baroque orné de fresques des frères Asam et son retable représentant la Vierge de Lucas Cranach l'Ancien, est un autre joyau d'Innsbruck. Le Bergisel, la colline qui domine Innsbruck au sud, accueillit les Jeux olympiques d'hiver en 1964 et en 1976. Le tremplin de saut à ski du Bergisel, reconstruit en 2002 selon les plans de l'architecte Zaha Hadid, est une oeuvre d'art architecturale en elle-même, un ruban de béton blanc qui s'élance dans le ciel alpin comme une vague figée. Du belvédère au sommet de la tour, la vue sur Innsbruck et la vallée de l'Inn est spectaculaire.
Otzi L'homme des Glaces : 5.300 Ans D'histoire Alpine
Le musée d'Archéologie du Tyrol du Sud à Bolzano, à seulement quelques dizaines de kilomètres d'Innsbruck en Italie, abrite l'une des découvertes archéologiques les plus sensationnelles du vingtième siècle. Ötzi l'Homme des Glaces est une momie naturelle vieille de 5.300 ans découverte en septembre 1991 par deux randonneurs allemands, Helmut et Erika Simon, dans les glaciers des Alpes des Ötztal, à la frontière entre l'Autriche et l'Italie. La momie, qui fut pendant plusieurs jours au centre d'un litige frontalier entre les deux pays avant que les mesures ne montrent qu'elle se trouvait sur le côté italien, est conservée depuis lors dans un caisson réfrigéré à Bolzano.
Les études scientifiques menées sur la momie d'Ötzi ont fourni des informations extraordinaires sur la vie des populations néolithiques des Alpes. On sait qu'Ötzi avait environ 45 ans, qu'il mesurait 1,65 mètre, qu'il portait des vêtements en peaux d'animaux d'espèces variées confectionnés avec une grande sophistication, qu'il souffrait d'arthrose et d'artériosclérose, et qu'il avait le contenu de son dernier repas dans l'estomac au moment de sa mort. Il transportait avec lui un équipement sophistiqué comprenant une hache en cuivre, un arc et des flèches, des outils en silex et des provisions d'herbes médicinales. Les analyses génétiques révèlent qu'il fut assassiné d'une flèche dans le dos, ce qui fait de lui la victime de meurtre la plus ancienne de l'histoire humaine.
Le Ski Dans les Alpes Autrichiennes : Kitzbühel et L'arlberg
L'Autriche est l'une des grandes destinations du ski alpin mondial, avec des stations de classe internationale qui attirent chaque saison des millions de skieurs du monde entier. La culture du ski est profondément ancrée dans la vie autrichienne, et il n'est pas rare de voir des Viennois sauter dans un train le vendredi soir pour rejoindre leurs stations de ski préférées dans un Tyrol à moins de deux heures de train.
Kitzbühel, en Tyrol, est l'une des stations de ski les plus célèbres et les plus élégantes du monde. Surnommée la Perle des Alpes, cette ville médiévale pittoresque avec ses maisons aux façades peintes de fresques et ses rues piétonnes animées est aussi une station de ski de premier rang. Le Hahnenkamm, qui culmine à 1.665 mètres, accueille chaque année en janvier la course de descente la plus difficile et la plus spectaculaire du circuit de Coupe du monde, descendant à plus de 130 kilomètres à l'heure sur les pentes glacées de la Streif, une piste renommée pour sa difficulté et son danger. Assister à la course du Hahnenkamm, avec ses dizaines de milliers de spectateurs en liesse dans la neige, est l'une des expériences sportives les plus intenses de l'hiver alpin.
La région de l'Arlberg, aux confins du Tyrol et du Vorarlberg, est considérée comme le berceau du ski alpin moderne. C'est là que le skieur autrichien Hannes Schneider développa au début du vingtième siècle la technique Arlberg, une méthode d'enseignement qui révolutionna la pratique du ski et se répandit dans le monde entier. Les stations de St. Anton am Arlberg, Lech, Zürs, Warth et leurs domaines rattachés forment l'un des plus grands et des plus beaux domaines skiables des Alpes, avec quelque 340 kilomètres de pistes reliant des vallées séparées par des cols mythiques. St. Anton est particulièrement réputée pour son ski hors-piste dans les vastes espaces non balisés au-dessus des pistes, et pour sa vie nocturne animée dès la fin de l'après-ski.
Parmi les autres stations de ski remarquables d'Autriche, citons Schladming en Styrie, qui accueillit les championnats du monde de ski alpin en 2013, Mayrhofen et le Penken dans la vallée de Ziller, Sölden dans la vallée d'Ötz, qui ouvre sa saison en octobre sur son glacier Rettenbach et qui fut le cadre d'une séquence d'ouverture spectaculaire du film James Bond Spectre en 2015, et le Semmering, première station de ski d'Europe où des compétitions furent organisées dès 1905.
La Gastronomie Autrichienne : Un Voyage Pour les Papilles
La cuisine autrichienne est une cuisine de caractère, généreuse et savoureuse, profondément marquée par les influences des nombreux peuples qui composèrent l'Empire austro-hongrois. Elle réunit des préparations d'origine germanique, bohémienne, hongroise, italienne et balkanique dans un ensemble cohérent et délicieux qui mérite d'être découvert au-delà des clichés.
Le Wiener Schnitzel
Le Wiener Schnitzel, escalope de veau panée et frite, est le plat national autrichien par excellence et l'un des plats les plus célèbres du monde. La légende veut que le feld-maréchal autrichien Johann Joseph Radetzky ait rapporté cette recette d'Italie, où une préparation similaire existait à Milan, la cotoletta alla milanese, et l'ait introduite à la cour de Vienne au dix-neuvième siècle. Quelle que soit son origine exacte, le Wiener Schnitzel s'est imposé comme l'emblème culinaire de l'Autriche.
Un vrai Wiener Schnitzel doit être préparé avec une escalope de veau, le Kalbsschnitzel, et non de porc, même si des variantes au porc existent. La viande est battue jusqu'à une épaisseur d'environ quatre millimètres, trempée dans la farine, l'oeuf battu et la chapelure de pain blanc, puis frite dans une grande quantité de saindoux ou de beurre clarifié à la bonne température pour que la panure gonfle légèrement et reste bien croustillante sans coller à la viande. Servi traditionnellement avec une tranche de citron, du persil frit, une salade de pommes de terre tiède ou une salade verte légèrement vinaigrée, le Wiener Schnitzel bien préparé est une expérience culinaire simple mais inoubliable.
Le Tafelspitz, le Gulasch et Autres Specialites
Le Tafelspitz est le plat de boeuf bouilli préféré de François-Joseph Ier, qui en était paraît-il friand à déjeuner chaque jour. Ce plat de pointe de culotte de boeuf mijotée longuement avec des légumes racines dans un bouillon parfumé aux herbes et aux épices, accompagné d'une sauce à la pomme râpée et au raifort et de pommes de terre sautées, est la quintessence de la cuisine viennoise classique. Il est particulièrement savoureux quand le bouillon est servi en entrée avec de fines tranches de pain grillé et du raifort frais, avant que la viande tendre et le reste des garnitures ne soient apportés dans un second temps.
Le Gulasch, héritage direct de la cuisine hongroise intégrée à l'empire des Habsbourg, est un ragoût de boeuf ou de veau mijoté avec des oignons et du paprika jusqu'à obtenir une sauce épaisse et parfumée. Il est devenu un classique de la cuisine autrichienne, décliné en de nombreuses variantes régionales. Le Rindsgulasch viennois se déguste de préférence dans un Beisl, le bistrot traditionnel viennois, avec un Semmel, le petit pain rond blanc autrichien, et un verre de bière bien fraîche.
L'Apfelstrudel, le strudel aux pommes, est le dessert traditionnel autrichien par excellence. La pâte étirée jusqu'à la transparence, puis garnie de pommes émincées, de raisins secs, de cannelle et de sucre, et roulée en un long cylindre avant d'être enfournée, est l'un des exercices les plus délicats de la pâtisserie autrichienne. Un bon Apfelstrudel se déguste tiède avec un nuage de crème fouettée ou une boule de glace à la vanille. D'autres variantes de strudel existent, avec du Topfen, le fromage blanc autrichien, des cerises ou de la ricotta.
La Kaiserschmarrn est un dessert impérial d'une gourmandise absolue, une sorte d'omelette sucrée au lait, aux oeufs, au sucre et aux raisins secs déchirée en morceaux pendant la cuisson et saupoudrée de sucre glace. On dit que ce dessert fut créé par accident par un cuisinier qui présenta à François-Joseph une préparation ratée, que l'Empereur aurait mangée avec plaisir. Aujourd'hui, la Kaiserschmarrn se déguste en dessert ou en goûter dans toute l'Autriche, généralement accompagnée de compote de prunes ou de cerises.
La Sachertorte mérite une place à part dans le panthéon de la pâtisserie autrichienne. Ce gâteau au chocolat noir en deux couches fourrées de confiture d'abricot et glacé de chocolat noir brillant fut inventé le 9 juillet 1832 par le jeune apprenti pâtissier Franz Sacher, âgé de seulement 16 ans, pour le prince Metternich qui voulait impressionner ses invités avec un nouveau dessert. Devenu l'oeuvre pâtissière la plus célèbre d'Autriche, la Sachertorte est aujourd'hui l'objet d'un véritable culte. La querelle légendaire entre l'Hôtel Sacher et la pâtisserie Demel pour le droit exclusif d'utiliser le terme Original Sachertorte dura des décennies et finit devant les tribunaux, l'Hôtel Sacher obtenant finalement le droit d'utiliser cette appellation sur son emballage triangulaire distinctif.
La Vie du Vin Autrichien
L'Autriche est un pays viticole dont la réputation a considérablement progressé ces dernières décennies. Après le scandale diéthylèneglycol de 1985, dans lequel quelques producteurs malhonnêtes avaient ajouté une substance chimique à leurs vins pour les rendre artificiellement plus sucrés, l'industrie viticole autrichienne se reconstruisit sur des bases radicalement nouvelles, avec des règlements parmi les plus stricts du monde et une orientation résolue vers la qualité qui en fit l'une des viticultures les plus admirées d'Europe.
Le Grüner Veltliner est le cépage phare autrichien, un raisin blanc qui donne des vins secs, frais, légèrement poivrés et d'une belle acidité, parfaitement accordés à la cuisine autrichienne. On le cultive principalement en Basse-Autriche, dans les régions de Wachau, Kremstal, Kamptal et Weinviertel. Les meilleurs Grüner Veltliner de la Wachau atteignent une complexité et une profondeur comparables aux grands vins blancs de Bourgogne. Le Riesling autrichien, produit principalement dans la Wachau et le Kremstal, est d'un style généralement plus sec et plus minéral que ses cousins alsaciens ou mosellans. En rouge, le Zweigelt et le Blaufränkisch sont les cépages autochtones les plus importants.
La culture du Heuriger est une institution sociale autrichienne unique. Les Heurigen sont des auberges viticoles installées chez les vignerons autrichiens qui ont le droit de vendre leur propre vin accompagné d'un buffet de plats froids et chauds. Reconnaissables à leur enseigne de pin frais accrochée au-dessus de la porte, signifiant que le vin nouveau est disponible, les Heurigen de la banlieue nord de Vienne, dans les villages de Grinzing, Nussdorf ou Heiligenstadt, sont des lieux d'une convivialité particulière où les Viennois se retrouvent le soir d'été pour boire le vin, manger du Liptauer et refaire le monde sous les tonnelles.
Les Specialites du Cafe Viennois
La culture du café est en Autriche un art en soi qui mérite une description détaillée. Le Melange, café viennois classique mi-espresso mi-lait mousseux, est la commande par défaut. Le Einspänner est un espresso servi dans un verre avec beaucoup de crème fouettée non sucrée. Le Franziskaner est un café avec de la crème fouettée et de la mousse de lait. Le Fiaker est un café au rhum ou à la cerise, servi avec de la crème fouettée. Le Verlängerter est un espresso allongé d'eau chaude. Le Türkischer, le café à la turque, moulu très fin et bouilli dans un ibrik de cuivre, est un héritage direct de l'époque ottomane et se déguste sans sucre ajouté après la cuisson.
Les Arts et la Culture Autrichienne
L'Autriche est une nation d'une densité culturelle exceptionnelle, dont les contributions à la musique, aux arts visuels, à la littérature et à la pensée intellectuelle ont profondément marqué la civilisation occidentale.
La Vienne Musicale : De Haydn a Mahler
Vienne est la capitale incontestée de la musique classique mondiale. La liste des grands compositeurs qui y vécurent et y créèrent est proprement stupéfiante. Joseph Haydn, le père de la symphonie et du quatuor à cordes, y passa les dernières années de sa vie après ses voyages triomphaux à Londres. Wolfgang Amadeus Mozart y composa ses plus grands chefs-d'oeuvre d'opéra et de musique symphonique. Ludwig van Beethoven, bien que né à Bonn en Allemagne, s'installa à Vienne en 1792 et n'en repartit jamais, y composant l'essentiel de son oeuvre révolutionnaire, des premières sonates et symphonies qui prolongent la tradition classique jusqu'aux derniers quatuors et à la Neuvième Symphonie qui ouvrent les portes du romantisme et de la modernité musicale. Franz Schubert, lui, était viennois de naissance et créa dans cette ville des centaines de mélodies, des symphonies et de la musique de chambre d'une sensibilité unique qui fut si souvent négligée de son vivant.
Johannes Brahms, né à Hambourg, élut domicile à Vienne où il passa la seconde moitié de sa vie et composa ses quatre symphonies monumentales et ses concertos qui furent longtemps considérés comme le dernier mot de la grande tradition symphonique allemande. Gustav Mahler, natif de Bohême, dirigea le Wiener Hofoper pendant dix ans et y composa ses immenses symphonies testamentaires avant de partir pour New York. Arnold Schoenberg, natif de Vienne, révolutionna la musique du vingtième siècle en inventant le dodécaphonisme, ouvrant la voie à toute la musique sérielle et atonale contemporaine, et comptait parmi ses élèves Alban Berg et Anton Webern.
Mais c'est peut-être la famille Strauss qui incarne le mieux la légèreté et l'élégance de la culture musicale viennoise. Johann Strauss père et surtout son fils Johann Strauss II, le roi de la valse, composèrent des centaines de valses, polkas et marches qui devinrent le symbole de la joie de vivre viennoise. Le Beau Danube bleu de Strauss fils, composé en 1867, est l'oeuvre musicale la plus immédiatement reconnaissable d'Autriche, jouée chaque 1er janvier en clôture du Concert du Nouvel An depuis 1939. Ce concert annuel du Philharmonique de Vienne, diffusé en direct dans plus de 90 pays, est l'événement musical le plus suivi au monde.
L'Orchestre Philharmonique de Vienne, fondé en 1842, est considéré par beaucoup comme le meilleur orchestre symphonique du monde. Ses qualités particulières, son son chaud et profond, sa précision et sa musicalité incomparable, sont liées à la tradition de recrutement exclusif de ses membres au sein de l'Opéra national de Vienne et à la continuité de son répertoire. Les Wiener Sängerknaben, le Choeur des Enfants de Vienne, fondé en 1498 par l'Empereur Maximilien Ier et comptant parmi ses anciens membres le jeune Schubert, continuent de charmer le monde par leur maîtrise vocale et leur élégance.
Klimt, Schiele et la Secession Viennoise
À la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle, Vienne fut le théâtre d'une révolution artistique qui eut un impact mondial. En 1897, un groupe d'artistes menés par Gustav Klimt rompit avec l'académisme pour fonder la Sécession viennoise, mouvement qui cherchait à créer un art total intégrant peinture, sculpture, architecture et arts décoratifs dans une esthétique nouvelle. Le bâtiment de la Sécession lui-même, construit par Joseph Maria Olbrich avec son dôme en feuilles de laurier doré et son inscription célèbre Der Zeit ihre Kunst, der Kunst ihre Freiheit, à chaque temps son art, à l'art sa liberté, est devenu un symbole de la modernité viennoise.
Klimt développa un style unique mêlant symbolisme ésotérique, références à l'art byzantin et à l'ornementation japonaise, avec une utilisation audacieuse de la feuille d'or et une sensualité troublante. Sa frise de Beethoven, exposée à la Sécession de Vienne, longue de 34 mètres et illustrant les thèmes de la Neuvième Symphonie, est une des oeuvres les plus importantes de l'Art Nouveau européen.
Egon Schiele, protégé de Klimt et génie brûlant de la peinture expressionniste, développa un style encore plus radical, aux traits anguleux et aux corps tordus en souffrance, d'une franchise psychologique et sexuelle qui scandalisa ses contemporains au point de lui valoir une brève incarcération pour atteinte aux bonnes moeurs. Schiele mourut à 28 ans lors de l'épidémie de grippe espagnole en 1918, laissant une oeuvre aussi brève qu'intense. Le musée Leopold à Vienne et le Musée Schiele à Tulln, sa ville natale, conservent les plus importantes collections de ses oeuvres.
Sigmund Freud et la Revolution Psychanalytique
Sigmund Freud, né à Freiberg en Moravie en 1856 et installé à Vienne depuis l'âge de quatre ans, est l'un des penseurs les plus influents du vingtième siècle. Médecin neurologue de formation, il développa à Vienne la théorie psychanalytique, une conception révolutionnaire du fonctionnement de l'esprit humain fondée sur l'importance des processus inconscients, la théorie des pulsions, l'interprétation des rêves et la pratique de la cure par la parole.
Ses oeuvres principales, L'Interprétation des rêves en 1900, Trois Essais sur la théorie de la sexualité en 1905, et Malaise dans la civilisation en 1929, bouleversèrent la compréhension que l'humanité avait d'elle-même. La psychanalyse reste une influence considérable sur la psychiatrie, la psychologie clinique, la littérature, le cinéma et les sciences humaines, même si ses prétentions scientifiques ont été critiquées et débattues par les neurobiologistes et les philosophes des sciences.
Stefan Zweig : Le Grand Ecrivain Cosmopolite
Stefan Zweig, né à Vienne en 1881 dans une famille bourgeoise juive, est l'un des écrivains les plus lus et les plus traduits au monde. Ses biographies romanesques de figures historiques comme Marie-Antoinette, Marie Stuart, Erasme et Magellan, ses nouvelles psychologiques d'une pénétration remarquable, et son autobiographie Le Monde d'hier sont des chefs-d'oeuvre de la prose allemande et de la compréhension de l'âme humaine.
Le Monde d'hier, écrit en exil au Brésil où Zweig s'était réfugié après la montée du nazisme, est un témoignage déchirant sur la destruction de la culture européenne raffinée qu'incarna la Vienne de la Belle Époque. Zweig se suicida à Petrópolis en 1942 avec son épouse, désespéré par la catastrophe qui s'abattait sur l'Europe. L'intérêt renouvelé pour son oeuvre, stimulé par la biographie que George Prochnik lui consacra en 2014 et surtout par le film Le Grand Budapest Hotel de Wes Anderson qui s'en inspira librement, a conduit des milliers de nouveaux lecteurs à découvrir cette oeuvre exceptionnelle.
Figures Contemporaines : Schwarzenegger et Falco
Arnold Schwarzenegger, né en 1947 à Thal, une petite localité près de Graz en Styrie, est peut-être l'Autrichien le plus célèbre dans le monde contemporain. Parti aux États-Unis à l'âge de 21 ans, il devint successivement le plus grand champion de bodybuilding de l'histoire avec sept titres de Mr. Olympia, l'acteur d'action le plus populaire du cinéma américain avec des films comme Terminator en 1984, Predator en 1987 et Total Recall en 1990, puis gouverneur de Californie de 2003 à 2011. Son histoire est devenue le symbole même du rêve américain et de la puissance de la volonté individuelle. Il est resté profondément attaché à ses racines autrichiennes et à Graz, qui lui offrit plusieurs fois ses honneurs avant une brouille sur la question de la peine de mort aux États-Unis.
Falco, de son vrai nom Johann Hölzel, né à Vienne en 1957, est le seul artiste autrichien à avoir atteint le sommet des charts américains. Sa chanson Rock Me Amadeus, hommage à Mozart sorti en 1985, fut numéro un dans dix-neuf pays dont les États-Unis, un exploit unique dans l'histoire de la musique pop de langue allemande. Falco, avec son style mêlant new wave, électro et rap avant que ces genres soient clairement définis, fut un précurseur en son temps. Il mourut dans un accident de voiture en République dominicaine en 1998 à l'âge de 40 ans, laissant une oeuvre trop brève mais marquante dans l'histoire de la musique populaire européenne.
D'autres Autrichiens ont laissé une empreinte profonde dans des domaines variés. Niki Lauda, le champion du monde de Formule 1, dont l'histoire de survie après son terrible accident au Nürburgring en 1976 inspira le film Rush de Ron Howard en 2013. Herbert von Karajan, chef d'orchestre né à Salzbourg en 1908 et mort en 1989, fut pendant trente-cinq ans le directeur des Berliner Philharmoniker et l'une des plus grandes figures musicales du vingtième siècle. Peter Handke, romancier et dramaturge né en Carinthie en 1942, reçut le Prix Nobel de littérature en 2019.
Les Sites du Patrimoine Mondial de L'unesco En Autriche
L'Autriche compte douze sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, témoignage de la richesse exceptionnelle de son patrimoine naturel et culturel.
Le Centre historique de Salzbourg, inscrit en 1996, est l'un des ensembles baroques les mieux préservés au nord des Alpes, avec sa forteresse médiévale, ses palais épiscopaux et ses nombreuses églises baroques qui font de la ville un musée vivant de l'architecture du dix-septième siècle.
Le Palais et les jardins de Schönbrunn, inscrit en 1996, est l'ancienne résidence d'été des Habsbourg, chef-d'oeuvre de l'architecture baroque autrichienne qui témoigne de la puissance et du goût artistique de la dynastique impériale.
Le Paysage culturel de la Wachau, inscrit en 2000, est une vallée du Danube d'une beauté exceptionnelle où les vignobles en terrasses, les châteaux médiévaux et les abbayes baroques coexistent en harmonie depuis des siècles pour créer un paysage humanisé d'une grande cohérence.
La Vieille Ville de Vienne, inscrite en 2001, est le coeur historique de la capitale impériale, avec ses palais, ses cathédrales, ses musées et ses cafés légendaires. Ce site a néanmoins connu des tensions avec l'UNESCO concernant des projets de construction modernes dans le secteur protégé.
Le Hallstatt-Dachstein et la région du Salzkammergut, inscrit en 1997, est un paysage alpin d'une beauté extraordinaire combinant histoire millénaire, mines de sel préhistoriques et nature préservée d'une grande richesse.
Les Promenades de Semmering, inscrites en 1998, constituent le premier chemin de fer alpin du monde, inauguré en 1854 sous la direction de l'ingénieur Carl von Ghega, avec ses viaducs remarquables et ses tunnels pionniers dans le cadre spectaculaire du col de Semmering.
La Ville de Graz, inscrite en 1999, et le Schloss Eggenberg, ajouté en 2010, forment l'ensemble historique de la capitale styrienne, avec son centre médiéval et renaissant parfaitement préservé et le château d'Eggenberg, chef-d'oeuvre de l'architecture maniériste du début du dix-septième siècle.
Le Lac de Neusiedl, partagé avec la Hongrie et inscrit en 2001, est un lac steppique unique en Europe, haut lieu de la biodiversité avifaunistique qui abrite quelque 300 espèces d'oiseaux et constitue une étape essentielle des routes migratoires euro-africaines.
Les Forêts primaires des Carpates et des Alpes anciennes d'Europe, dont l'Autriche est membre depuis 2017, constituent des zones forestières parmi les dernières forêts vierges d'Europe où les processus naturels s'exercent sans intervention humaine depuis des siècles.
La Culture du café viennois, inscrite au patrimoine culturel immatériel en 2011, reconnaît l'importance sociale et culturelle de cette institution viennoise unique dans le monde.
L'Équitation classique de l'École Espagnole d'Équitation, inscrite en 2015, préserve cet art équestre traditionnel d'une élégance incomparable qui est le fruit d'une transmission continue de savoirs et de techniques depuis plusieurs siècles.
Les Grottes de Dachstein-Salzkammergut, dont les représentations rupestres ont été ajoutées au patrimoine mondial dans le cadre d'une candidature plus large sur les sites préhistoriques alpins, témoignent de la présence humaine en Autriche depuis la préhistoire.
Informations Pratiques Pour Visiter L'autriche
Comment Se Rendre En Autriche
L'Autriche est excellemment bien desservie par les liaisons aériennes internationales. L'aéroport international de Vienne-Schwechat est le principal hub du pays, à 18 kilomètres à l'est du centre de Vienne, et est desservi par une centaine de compagnies aériennes proposant des vols directs vers plus de 180 destinations dans le monde. Des vols directs existent depuis Paris, Lyon, Nice, Bruxelles, Genève, Luxembourg et de nombreuses autres villes francophones. Depuis l'aéroport, le CAT, le City Airport Train, relie la gare de Wien Mitte au coeur de Vienne en 16 minutes. Les Chemins de fer fédéraux autrichiens, les ÖBB, assurent également des liaisons directes depuis l'aéroport vers toutes les grandes villes du pays.
L'Autriche est également très bien reliée aux pays voisins par le réseau ferroviaire. Les trains à grande vitesse Railjet des ÖBB relient Vienne à Munich en moins de quatre heures, à Prague en quatre heures, à Budapest en deux heures et demie, et à Zurich en huit heures. Les trains de nuit Nightjet permettent de rejoindre Vienne depuis Paris, Bruxelles, Amsterdam ou Zurich en dormant, ce qui est une option à la fois économique et confortable pour les voyageurs soucieux de leur impact environnemental.
Se Deplacer En Autriche
Le réseau ferroviaire autrichien est l'un des meilleurs et des plus ponctuels d'Europe. Les trains Railjet relient les grandes villes à grande vitesse, tandis que le réseau régional des Regionalbahn et Regionalzug dessert même les plus petits villages de montagne. Vienne possède l'un des réseaux de transports en commun les plus performants du monde, avec son métro à cinq lignes, ses tramways, ses bus et son S-Bahn suburbain. La Wiener Linien propose des tickets à la journée ou à la semaine d'un excellent rapport qualité-prix. La carte Vienna City Card combine accès illimité aux transports en commun et réductions dans de nombreux musées et attractions.
Hebergement En Autriche
L'Autriche propose une gamme d'hébergements extrêmement variée pour tous les goûts et tous les budgets. À Vienne, les palaces historiques comme le Sacher, l'Imperial ou le Bristol perpétuent la tradition de l'hospitalité viennoise dans des cadres somptueux. Les nombreux hôtels de catégorie moyenne et les appartements de location offrent des options plus économiques dans d'excellentes conditions de confort. Dans les régions alpines, les hôtels de ski et les chalets proposent des hébergements de grande qualité, souvent avec spa et piscine couverte. Les nombreuses Pensionen et Gasthäuser, les pensions et auberges traditionnelles, sont une excellente option pour découvrir l'hospitalité autrichienne dans un cadre plus authentique. Les Bauernhöfe, les fermes de vacances, offrent aux familles la possibilité de séjourner directement chez des agriculteurs.
Langue, Monnaie et Formalites
La langue officielle de l'Autriche est l'allemand, dans sa variante autrichienne qui diffère légèrement de l'allemand standard. Les Autrichiens disent Servus pour dire bonjour entre amis, ou Grüß Gott plutôt que le Hallo ou Guten Tag allemand. Dans les zones touristiques, l'anglais est largement parlé, et le français est compris dans de nombreux établissements de premier rang.
La monnaie est l'euro depuis 2002. Les cartes de crédit Visa et Mastercard sont acceptées dans la grande majorité des commerces, restaurants et hôtels, mais dans les petits commerces et les restaurants ruraux, le paiement en espèces peut être préféré. Les ressortissants de l'Union européenne n'ont pas besoin de visa pour entrer en Autriche. Les ressortissants de Suisse, du Canada, des États-Unis et de l'Australie bénéficient également d'une exemption de visa pour des séjours touristiques inférieurs à 90 jours.
Les autoroutes autrichiennes sont soumises à vignette obligatoire pour les véhicules de tourisme. Ces vignettes, dont la durée de validité va de dix jours à un an, s'achètent aux stations-service frontalières, dans les bureaux de poste ou en ligne via le système ASFiNAG avant le voyage. L'absence de vignette est contrôlée et punie d'une amende substantielle.
Tourisme Responsable En Autriche
L'Autriche s'est résolument engagée dans la voie du tourisme durable et responsable. La conscience écologique est très présente dans la société autrichienne, et les voyageurs sont encouragés à adopter des comportements respectueux de l'environnement.
En montagne, il est essentiel de respecter les sentiers balisés et de ne pas endommager la végétation alpine fragile. Les parcs nationaux autrichiens, dont le Parc national de Hohe Tauern, le plus grand d'Europe centrale avec ses 1.856 kilomètres carrés, sont des zones protégées où la cueillette, la chasse et toute perturbation des écosystèmes sont strictement interdites. La faune sauvage, qui inclut le chamois, le bouquetin, la marmotte et l'aigle royal, mérite respect et distance.
À Hallstatt, les autorités locales ont dû prendre des mesures drastiques pour gérer les flux touristiques devenus ingérables ces dernières années, notamment en provenance d'Asie. L'accès en voiture particulière est très limité et payant en haute saison, et les visiteurs sont fortement encouragés à utiliser les transports en commun ou le ferry depuis les parkings extérieurs. Des panneaux dans le village demandent aux touristes de respecter la tranquillité des résidents et de ne pas enfreindre les espaces privés pour prendre des photographies.
Privilégier les produits locaux autrichiens, les vins des régions visitées, les fromages et charcuteries artisanaux, et les artisanats traditionnels plutôt que les souvenirs fabriqués en série, contribue directement à soutenir les économies locales et à préserver les savoir-faire traditionnels. L'achat d'un vrai Dirndl ou d'une vraie Lederhose chez un artisan local, d'une poupée en bois tyrolienne sculptée à la main ou d'un verre en cristal de Bohême taillé par un maître verrier, permet de ramener chez soi un vrai morceau d'Autriche.
La saisonnalité est également un facteur important du tourisme responsable. Visiter Hallstatt en hiver plutôt qu'en été, choisir des semaines moins chargées pour découvrir Vienne, opter pour des destinations moins connues comme la vallée de la Mürztal en Styrie, le Lungau en Salzburg ou le Bregenzerwald au Vorarlberg, permet de répartir les bénéfices du tourisme plus équitablement et de découvrir une Autriche authentique loin des foules.

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