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Thoutmosis III : le Napoléon de L'égypte et le Plus Grand Pharaon Qui Ait Jamais Existé

Thoutmosis III : le Napoléon de L'égypte et le Plus Grand Pharaon Qui Ait Jamais Existé

Vitesse

Introduction

Parmi les pharaons de l'Égypte ancienne, une civilisation qui produisit des souverains d'une ambition et d'une réussite extraordinaires pendant plus de trois mille ans, une figure se distingue aux yeux des historiens modernes, des spécialistes militaires et des égyptologues. Thoutmosis III, qui régna pendant la XVIIIe Dynastie de la période du Nouvel Empire, mérita le surnom de « Napoléon de l'Égypte » non pas comme une flatterie passagère, mais comme une évaluation sobre de son génie stratégique, de son appétit insatiable pour la conquête militaire et de sa transformation de l'Égypte d'une puissance régionale prospère en superpuissance incontestée du Proche-Orient antique. Il mena dix-sept campagnes militaires sur environ vingt ans de guerre active, il traversa le fleuve Euphrate en territoire que jamais auparavant aucune armée égyptienne n'avait pénétré, il étendit la frontière méridionale de l'Égypte profondément en Nubie, et il construisit plus au grand complexe templaire de Karnak qu'aucun pharaon avant ou après lui. Il fut, selon les termes de nombreux érudits, le plus grand commandant militaire que le monde antique produisit avant qu'Alexandre de Macédoine n'apparaisse dix-huit siècles plus tard.

L'histoire de Thoutmosis III est compliquée dès son début par la remarquable et controversée figure de sa belle-mère et corégente, Hatchepsout, qui prit les rênes du gouvernement alors que Thoutmosis était encore enfant et qui se proclama elle-même pharaon, régnant pendant environ vingt-deux ans tandis que son beau-fils coregnait nominalement à ses côtés. Pendant la majeure partie des XIXe et XXe siècles, les historiens supposèrent que Thoutmosis la détestait, que l'effacement systématique de ses images sur les monuments était l'acte d'un homme amer se vengeant d'une femme qui lui avait volé son trône. La recherche moderne a largement renversé cette lecture. Les effacements se produisirent tardivement dans son règne, peut-être pour des raisons politiques pratiques liées à l'établissement d'une succession dynastique claire pour son propre fils.

Naissance et Lignage Royal : le Fils D'une Épouse Secondaire

Thoutmosis III naquit vers 1481 av. J.-C., très probablement au sein de l'enceinte royale à Thèbes, la grande capitale méridionale de l'Égypte du Nouvel Empire. Son père était Thoutmosis II, lui-même fils de Thoutmosis Ier, le formidable roi guerrier qui avait étendu la portée de l'Égypte aussi bien vers la Nubie que vers le Levant et qui avait, le premier, planté une stèle égyptienne sur les rives de l'Euphrate. Mais si Thoutmosis II était royal du côté de son père, sa prétention au trône avait été assurée par son mariage avec sa demi-sœur Hatchepsout, qui portait le sang de la lignée royale primaire par sa mère Ahmès. Hatchepsout était la Grande Épouse Royale, la consort principale, la femme dont le lignage conférait la mesure la plus pleine de légitimité divine au règne de son mari.

Thoutmosis III ne descendait pas de cette lignée primaire. Sa mère était une femme du nom d'Iset, parfois rendue comme Isis, qui détenait le rang d'épouse secondaire ou de concubine royale au sein du foyer de Thoutmosis II. La pratique royale égyptienne antique comprenait régulièrement plusieurs épouses de rangs variés, et le foyer du roi pouvait contenir des dizaines de femmes de différentes catégories. Un fils né d'une épouse secondaire était royal — il portait le sang du pharaon — mais sa prétention à hériter de la Double Couronne était plus faible que celle d'un fils né de la Grande Épouse Royale.

Lorsque la santé de Thoutmosis II déclina et qu'il devint évident que la succession devait passer à la génération suivante, le jeune Thoutmosis — fils de l'épouse secondaire Iset — fut désigné héritier et, selon la tradition ultérieure, fut formellement présenté au clergé d'Amon lors d'une cérémonie au temple de Karnak, où le dieu lui-même aurait reconnu en lui le roi. Ce détail de la sélection divine, enregistré dans des inscriptions composées pendant son propre règne, remplissait une fonction idéologique importante.

La Mort de Thoutmosis II et le Début de la Régence

Thoutmosis II ne régna pas longtemps. Les dates précises de son règne restent un sujet de débat académique, mais la plupart des égyptologues lui attribuent un règne de quelques années seulement. Sa momie, découverte dans la cachette de Deir el-Bahari en 1881, montre les signes d'un homme mort relativement jeune et souffrant d'affections cutanées. Il ne fut pas un souverain vigoureux sur le modèle de son père Thoutmosis Ier, et ses réalisations militaires furent modestes en comparaison de ce qui viendrait avant et après lui.

Lorsque mourut Thoutmosis II, son fils et héritier désigné — le futur Thoutmosis III — était encore un enfant, probablement âgé de pas plus de six ou sept ans, certainement beaucoup trop jeune pour exercer les complexes devoirs administratifs et militaires du pharaon. Selon la tradition et la loi égyptiennes, un régent était nécessaire. La candidate logique, et celle qui assuma ce rôle, fut Hatchepsout, la Grande Épouse Royale et demi-sœur du roi défunt, qui était également la belle-mère du jeune pharaon.

Hatchepsout : de Régente À Pharaon

Au cours des premières années de la régence, Hatchepsout prit l'extraordinaire et historiquement presque sans précédent décision de se déclarer elle-même non pas simplement régente mais pharaon, adoptant la titulature royale complète d'un roi, incluant le nom royal quintuple, la double couronne et la barbe divine qui était le symbole de l'autorité pharaonique. Elle fut représentée dans des statues et des reliefs portant des vêtements masculins, brandissant le sceptre et le fléau, arborant la fausse barbe cérémonielle. Sa titulature la décrivait comme un roi masculin.

Elle s'entoura d'administrateurs et de fonctionnaires capables, le plus célèbre étant l'intendant Senenmout, qui gérait ses domaines et supervisait certains de ses plus grands projets de construction, notamment le magnifique temple funéraire de Deir el-Bahari sur la rive ouest de Thèbes. Le règne d'Hatchepsout ne fut pas une période de stagnation ni de faiblesse militaire. Elle conduisit des expéditions commerciales vers le pays de Pount, une région lointaine sur ou près de la Corne de l'Afrique, rapportant des arbres à myrrhe, de l'ébène, de l'or et des animaux exotiques.

La Corégence : Vingt-Deux Ans de Gouvernement Partagé

La corégence entre Hatchepsout et Thoutmosis III est l'une des relations les plus intensément étudiées et débattues de toute l'égyptologie. Elle dura environ vingt-deux ans — de la mort de Thoutmosis II jusqu'à la mort d'Hatchepsout vers 1458 av. J.-C. — et pendant cette période, les deux souverains avaient leurs noms inscrits sur des monuments, tous deux étaient représentés dans des reliefs de temples, et tous deux détenaient des titres divins. Pourtant, la réalité hiérarchique était claire : Hatchepsout occupait la position supérieure.

Quel rôle joua Thoutmosis III pendant ces deux décennies ? Les preuves suggèrent qu'il ne fut pas totalement mis à l'écart. Il occupait des postes au sein de l'armée et du temple d'Amon, et certains érudits croient qu'il put avoir participé à des opérations militaires pendant la période de corégence. Il était préparé, que ce soit par la conception d'Hatchepsout ou par sa propre détermination, au rôle qu'il assumerait finalement.

La Mort D'hatchepsout et L'ascension de Thoutmosis III Au Pouvoir Absolu

Hatchepsout mourut vers 1458 av. J.-C., à l'environ de la vingt-deuxième année du règne conjoint. La cause de sa mort est inconnue. Une intrigante enquête médico-légale réalisée en 2007 examina une momie conservée depuis longtemps au Musée du Caire sans identification positive et conclut qu'il pourrait s'agir d'Hatchepsout. La momie montrait des signes de cancer, de maladie dentaire et d'autres problèmes de santé. Cependant, l'identification reste contestée par d'autres égyptologues.

Ce qui est certain, c'est que lorsque mourut Hatchepsout, Thoutmosis III — maintenant probablement dans la vingtaine — devint seul pharaon d'Égypte sans défi dynastique apparent. Il n'y eut pas de guerre civile, pas de crise de succession, pas de rival revendiquant le trône. La transition semble avoir été fluide. Dans les semaines ou les mois suivant son accession au pouvoir absolu, il lança sa première campagne militaire indépendante.

Thoutmosis III Haïssait-Il Hatchepsout ? la Question des Effacements

L'une des questions les plus persistantes autour de Thoutmosis III est de savoir s'il méprisait sa belle-mère et co-souveraine Hatchepsout, et si l'effacement systématique de son image des monuments était un acte de vengeance posthume. La découverte cruciale concerne le calendrier des événements. Si Thoutmosis avait haï Hatchepsout et voulu l'effacer de l'histoire, on se serait attendu à ce que les effacements commencent immédiatement après sa mort. Mais ce n'est pas ce qui se produisit. Les effacements, quand ils peuvent être datés avec quelque précision d'après les archives archéologiques, semblent avoir eu lieu vers les années quarante-six à cinquante du règne de Thoutmosis — soit environ vingt à vingt-cinq ans après la mort d'Hatchepsout.

L'explication moderne la plus convaincante se concentre non pas sur la haine personnelle mais sur la politique dynastique et la planification de la succession. À la fin de son règne, Thoutmosis était concentré sur l'assurance d'une succession sans heurts pour son propre fils, Amenhotep II. En effaçant Hatchepsout, il ne se vengeait pas mais clarifiait la ligne dynastique : Thoutmosis Ier, Thoutmosis II, Thoutmosis III, Amenhotep II — une succession masculine claire et sans ambiguïté.

Thoutmosis III Comme Commandant Militaire : Bâtir Un Empire

Lorsque Thoutmosis III prit le pouvoir absolu vers 1458 av. J.-C., la position de l'Égypte dans le Levant n'était pas aussi assurée qu'elle l'avait été sous son grand-père Thoutmosis Ier. Les princes cananéens et les souverains syriens qui avaient payé tribut à l'Égypte virent dans la période de transition une opportunité de réaffirmer leur indépendance. Le roi de Qadesh organisa une coalition d'environ trois cent trente princes et leurs forces, les rassemblant à la stratégiquement vitale ville de Megiddo dans la vallée de Jezréel.

Thoutmosis III mobilisa son armée à la forteresse frontalière de Tjarou, à l'extrémité orientale du Sinaï, et marcha vers le nord par la route côtière connue des Égyptiens sous le nom des Voies d'Horus. L'armée couvrit les quelque cent soixante miles de Tjarou à la ville de Yéhem, près des contreforts du massif du Carmel, en environ neuf à dix jours de marche — un rythme respectable pour une armée de l'Âge du Bronze. À Yéhem, Thoutmosis convoqua un conseil de guerre.

La Bataille de Megiddo : la Bataille la Mieux Documentée du Monde Antique

La Bataille de Megiddo, livrée vers 1457 av. J.-C., occupe une place unique dans l'histoire de la guerre. C'est le premier combat du monde antique pour lequel un récit détaillé et contemporain nous est parvenu. Tout ce que nous savons vient principalement des Annales de Thoutmosis III inscrites à Karnak, et le niveau de détail préservé est extraordinaire pour toute norme antique. Nous connaissons les noms des officiers égyptiens qui assistèrent au conseil de guerre avant la bataille. Nous connaissons les arguments avancés pour chacune des trois routes possibles vers Megiddo. C'est, à tous les égards essentiels, la première bataille entièrement documentée de l'histoire humaine.

Les Trois Routes Vers Megiddo : Une Décision Fatidique

Pour atteindre Megiddo, l'armée égyptienne devait traverser le massif du Carmel. Il y avait trois routes possibles, chacune avec des caractéristiques différentes en termes de longueur, de difficulté et de risque tactique.

La première option était la route nord par le col de Zefti, qui menait à la plaine au nord de Megiddo. C'était une route plus longue mais assez large pour permettre à l'armée de marcher en bon ordre.

La deuxième option était la route sud par le col de Taanach, qui conduisait à une position au sud de Megiddo. Comme la route nord, elle était assez large pour accueillir l'armée confortablement.

La troisième option — et celle qui déciderait finalement de la campagne — était la route centrale par l'étroit col d'Arouna, qui traversait directement le massif du Carmel et débouchait sur la plaine immédiatement au sud de Megiddo. C'était la route la plus directe et celle qui offrait le plus grand élément de surprise, mais aussi la plus dangereuse. Le col était si étroit par endroits que l'armée égyptienne aurait dû marcher en file indienne, étirée sur des kilomètres dans une colonne ne pouvant pas manœuvrer et catastrophiquement vulnérable à une embuscade.

Les généraux de Thoutmosis plaidèrent vigoureusement contre le col d'Arouna. Thoutmosis III écouta leurs arguments et les rejeta. Il avança que les commandants de la coalition cananéenne, anticipant la prudence égyptienne, raisonneraient également qu'aucun général égyptien ne prendrait le risque suicidaire du col d'Arouna. Ils diviseraient donc leurs forces entre les approches nord et sud, laissant la route d'Arouna sans surveillance précisément parce qu'elle paraissait trop dangereuse.

La Marche À Travers le Col D'arouna

La décision prise, Thoutmosis III se plaça à la tête de l'avant-garde et conduisit la colonne dans le col. Ce qui suivit fut un exercice de tension militaire contrôlée du plus haut niveau. L'armée égyptienne, étirée en file indienne à travers une gorge si étroite que les chevaux marchaient l'un derrière l'autre plutôt que côte à côte, marcha pendant ce qui semble avoir été la plus grande partie d'une journée avant que la tête de colonne n'émerge du défilé sur la plaine au sud de Megiddo.

Remarquablement, validant le pari de Thoutmosis, aucune force ennemie n'attendait à la sortie du col. Le roi de Qadesh avait fait exactement ce que Thoutmosis avait prédit : ayant supposé qu'aucun commandant égyptien ne tenterait la route d'Arouna, il avait déployé ses forces pour faire face à une attaque venue du nord ou du sud. La plaine devant la sortie du col était vide, et l'armée égyptienne put émerger et commencer à se déployer en formation de bataille sans être attaquée.

La Bataille Sur la Plaine de Megiddo : Victoire et Conséquences

À l'aube du jour de la bataille, Thoutmosis III monta dans son char et sortit à la tête de ses forces. L'armée égyptienne fut déployée en trois divisions ou corps. Le corps de chars, qui avait été affiné et développé sous le Nouvel Empire pour devenir une formidable arme d'attaque, joua un rôle décisif. Les chars balayèrent la ligne cananéenne ; l'infanterie avança ; et en l'espace de quelques heures apparemment, les forces de la coalition se rompirent et s'enfuirent en déroute vers la ville de Megiddo.

Les Annales décrivent les soldats vaincus fuyant si rapidement que les portes de Megiddo ne pouvaient s'ouvrir assez vite pour les recevoir tous à la fois. Des soldats et des princes furent hissés par-dessus les murs de la ville, soutenus par leurs vêtements.

L'erreur Coûteuse : Quand les Soldats S'arrêtèrent Pour Piller

Le camp cananéen abandonné, laissé dans la panique de la déroute, était riche en butin. Les soldats égyptiens, voyant toute cette richesse sans surveillance devant eux, cessèrent de poursuivre l'ennemi et commencèrent à piller le camp. Les Annales de Thoutmosis III sont remarquablement franches sur cet échec. Les scribes écrivirent sans apparente honte que « si seulement l'armée de Sa Majesté n'avait pas mis son cœur à piller les biens de l'ennemi, ils auraient capturé Megiddo à ce moment-là. »

Le Siège de Sept Mois de Megiddo

Ce qui suivit fut l'un des sièges les mieux conduits enregistrés dans l'histoire militaire antique. Thoutmosis ordonna la construction d'une palissade de bois encerclant complètement la ville, empêchant l'entrée de ravitaillement et la fuite des défenseurs. Après sept mois, la ville se rendit. Les princes qui avaient organisé la coalition sortirent et se prosternèrent devant Thoutmosis, implorant leurs vies et offrant leur soumission. Thoutmosis leur accorda la vie et leurs trônes — un astucieux acte de clémence délibérée.

Le butin capturé lors de la reddition de Megiddo fut enregistré en détail exhaustif dans les Annales : 924 chars, 2 238 chevaux, 200 armures, le char personnel du roi de Megiddo, 502 arcs, 1 929 têtes de bétail, 22 500 moutons, et de vastes quantités d'or, d'argent et d'autres objets de valeur.

Les Campagnes Suivantes : DIX-Sept Campagnes En Vingt Ans

La première campagne avait démontré quel type de commandant était Thoutmosis III : audacieux dans la conception stratégique, méticuleux dans la planification, personnellement courageux dans l'exécution, disposé à choisir le chemin inattendu même contre l'avis professionnel. Les seize campagnes qui suivirent au cours des deux décennies suivantes consolidèrent systématiquement la domination égyptienne sur un vaste arc de territoire allant de la Quatrième Cataracte du Nil en Nubie jusqu'aux rives de l'Euphrate dans ce qui est aujourd'hui la Syrie orientale et le nord de l'Irak.

La Traversée de L'euphrate : Une Extraordinaire Réalisation Logistique

Parmi toutes les réalisations militaires de Thoutmosis III, aucune n'illustre mieux son génie organisationnel que la traversée du fleuve Euphrate lors de sa huitième campagne. La solution de Thoutmosis fut l'un des exemples les plus extraordinaires de logistique militaire du monde antique : il ordonna la construction d'une flotte de bateaux fluviaux à Byblos sur la côte libanaise, les fit charger sur des chariots tirés par des bœufs et les transporter par voie terrestre à travers la Syrie — un voyage de plusieurs centaines de kilomètres à travers un terrain difficile — jusqu'aux rives de l'Euphrate.

Lorsque les bateaux atteignirent l'Euphrate, ils furent mis à l'eau, l'armée traversa et Thoutmosis III conduisit ses forces en territoire mittanien sur la rive orientale. Sur la rive ouest du fleuve, il érigea une stèle commémorative à côté de celle laissée par son grand-père Thoutmosis Ier — un acte délibéré d'affirmation dynastique.

Le Programme de Construction À Karnak : le Plus Grand Bâtisseur D'égypte

Si le legs militaire de Thoutmosis III est extraordinaire, son programme de construction ne l'est pas moins. Il ajouta au complexe du temple de Karnak plus extensivement que tout autre pharaon dans l'histoire. Sa contribution la plus célèbre est le Palais des Fêtes, connu en égyptien sous le nom d'Akh-menu, construit pour célébrer son festival Sed — le jubilé traditionnel marquant trente ans de règne — mais aussi une célébration de l'empire, affichant les merveilles botaniques et zoologiques de terres étrangères.

Il ajouta également le septième pylône, le huitième pylône et des parties du neuvième et dixième pylônes au grand enclos d'Amon. Il construisit une série de chapelles et de sanctuaires. Il étendit et élabora le lac sacré. En dehors de Karnak, Thoutmosis construisit extensivement à Médinet Habou, à Deir el-Bahari, à Memphis et en Nubie à Semna, Koumma, l'Île de Saï et d'autres endroits le long du Nil.

Les Obélisques de Thoutmosis III : de L'égypte Au Monde

Parmi ses constructions les plus visibles se trouvaient les obélisques. Deux des plus historiquement significatifs attribuables à Thoutmosis III se trouvent aujourd'hui loin de l'Égypte. L'un fut transporté dans l'Antiquité à Istanbul, en Turquie, où il se dresse aujourd'hui dans l'Hippodrome de Constantinople. L'autre fut transporté à Rome, où il se trouve aujourd'hui sur la Piazza di San Giovanni in Laterano — le plus grand obélisque antique debout au monde, de plus de trente-deux mètres de haut, originellement érigé par Thoutmosis III dans le Temple d'Amon à Karnak.

Deux autres obélisques associés à Thoutmosis III, érigés à Héliopolis et ultérieurement déplacés par les Romains, sont maintenant connus sous le nom d'Aiguilles de Cléopâtre. L'une se trouve sur le Victoria Embankment à Londres ; l'autre dans Central Park à New York.

L'armée Égyptienne Sous Thoutmosis III : Organisation et Innovation

L'armée du Nouvel Empire égyptien était divisée en divisions, chacune nommée d'après une divinité majeure — la Division d'Amon, la Division de Rê, la Division de Ptah et plus tard la Division de Seth. Chaque division comprenait environ cinq mille hommes, divisés en compagnies d'environ deux cents soldats chacune. Le corps de chars était l'élément le plus coûteux et technologiquement sophistiqué de l'armée égyptienne. Les chars étaient des véhicules légers et rapides tirés par deux chevaux, portant un conducteur et un archer ou lancier.

Le système logistique que Thoutmosis développa fut, rétrospectivement, peut-être son innovation militaire la plus importante. Son utilisation des ports côtiers libanais comme bases d'approvisionnement avancées, son organisation du transport naval pour maintenir ces bases approvisionnées, et sa planification systématique de chaque campagne autour des exigences logistiques de l'armée anticipèrent de plus de mille ans la sophistication logistique souvent attribuée exclusivement à des commandants ultérieurs comme Alexandre ou César.

Les Campagnes Nubiennes : Étendre la Portée de L'égypte Jusqu'à la Quatrième Cataracte

Thoutmosis III poussa le contrôle égyptien vers le sud au-delà de ce qu'avaient accompli ses prédécesseurs. Sous son règne, l'autorité égyptienne fut étendue jusqu'à la Quatrième Cataracte du Nil, profondément dans ce qui est aujourd'hui le Soudan — une pénétration d'environ neuf cents kilomètres au sud d'Assouan. Les campagnes nubiennes rapportèrent à l'Égypte d'énormes quantités d'or. Les gisements d'or dans le désert oriental entre le Nil et la mer Rouge, accessibles par la Nubie, étaient les plus riches du monde antique.

Les Annales de Thoutmosis III : Un Registre Gravé Dans la Pierre

Parmi les documents historiques les plus importants qui nous sont parvenus de l'Égypte ancienne figurent les Annales de Thoutmosis III, inscrites sur les parois intérieures du couloir entourant le sanctuaire du temple d'Amon à Karnak. Ces textes, commandés par Thoutmosis lui-même et tirés des journaux quotidiens tenus par des scribes qui accompagnaient l'armée en campagne, représentent la chronique militaire la plus détaillée qui nous soit parvenue du Proche-Orient antique et probablement du monde antique entier avant la période romaine.

Les Annales enregistrent, campagne par campagne et souvent année par année, les mouvements de l'armée égyptienne, les batailles livrées, les villes capturées, le tribut perçu et le butin ramené en Égypte. Elles sont rédigées dans un style qui combine la précision de l'enregistrement officiel avec des passages occasionnels de récit vivant qui donne vie aux campagnes à travers trois millénaires et demi.

La Mort de Thoutmosis III et Sa Momie

Thoutmosis III mourut vers 1425 av. J.-C., à la cinquante-quatrième année de son règne. Il avait probablement entre cinquante et soixante ans au moment de sa mort. Il fut inhumé dans une tombe dans la Vallée des Rois sur la rive ouest de Thèbes — la tombe KV34 — dont les parois portent certains des textes religieux les plus importants du Nouvel Empire, l'Amdouat, un guide du voyage du soleil à travers le monde souterrain pendant les douze heures de la nuit.

Sa momie était l'une de celles trouvées dans la grande cachette de Deir el-Bahari — tombe TT320 — découverte en 1881. Lorsque la momie de Thoutmosis III fut examinée, les érudits trouvèrent un homme de stature relativement modeste — probablement environ un mètre soixante et un. La momie de Thoutmosis III réside maintenant au Musée égyptien du Caire.

Pourquoi les Historiens Appellent Thoutmosis III le Napoléon de L'égypte

La comparaison entre Thoutmosis III et Napoléon Bonaparte, popularisée pour la première fois par l'égyptologue américain du XIXe siècle James Henry Breasted, a perduré pendant plus d'un siècle parce qu'elle capture quelque chose de véritablement vrai sur les deux personnages. Napoléon, comme Thoutmosis, fut un génie militaire qui accéda au pouvoir suprême depuis une position de désavantage relatif et qui utilisa une combinaison d'audace, de vision stratégique, de sophistication logistique et de charisme personnel pour bâtir un empire d'une étendue sans précédent pour son époque.

Mais la comparaison a aussi ses limites, et Thoutmosis III surpasse Napoléon au moins sur un aspect crucial : son bilan militaire fut substantiellement meilleur. Napoléon fut finalement vaincu — à Moscou, à Leipzig et finalement à Waterloo. Thoutmosis III, dans la mesure où les archives historiques nous permettent d'en juger, ne fut jamais vaincu sur le champ de bataille. Ses dix-sept campagnes atteignirent toutes leurs objectifs.

Lorsque les égyptologues évoquent le plus grand pharaon qui ait jamais vécu, le nom qui apparaît le plus systématiquement — devant Ramsès II, devant Akhenaton, devant Amenhotep III et tous les autres — est Thoutmosis III. Le guerrier qui choisit le col d'Arouna, qui transporta des bateaux à travers un désert pour traverser l'Euphrate, qui construisit plus à Karnak que tout autre roi, qui régna cinquante-quatre ans et ne perdit jamais une bataille.

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