
Hugo Chavez: Soldat, Revolutionnaire Et President Du Venezuela
Introduction
Hugo Rafael Chavez Frias demeure l'une des figures politiques les plus marquantes et les plus controversees de l'histoire de l'Amerique latine. Pendant quatorze ans, de 1999 jusqu'a sa mort en 2013, il a gouverne le Venezuela avec une force de caractere et une vision politique qui ont transforme non seulement son propre pays, mais qui ont egalement redessinee le paysage geopolitique de tout un continent. Adore par des millions de Venezueliens pauvres qui voyaient en lui le champion des demunis, et deteste par ses adversaires qui le consideraient comme un autocrate demanteLant les institutions democratiques, Chavez defie toute categorisation simple. C'etait un homme de contradictions enormes: un officier militaire qui avait tente de s'emparer du pouvoir par la force, puis l'avait obtenu par les urnes; un tribun qui denoncait regulierement les Etats-Unis comme puissance imperiale tout en livrant des millions de barils de petrole aux raffineries americaines; un socialiste qui pretendait construire une nouvelle societe alors meme que la corruption et l'inefficacite vidaient l'appareil d'Etat qu'il utilisait pour projeter sa vision. Comprendre Hugo Chavez, c'est comprendre le Venezuela lui-meme, une nation benie par les plus grandes reserves petrolieres prouvees au monde, mais chroniquement incapable de transformer cette richesse en prosperite durable pour l'ensemble de sa population.
Cet article retrace le parcours complet de la vie de Chavez, depuis son enfance dans la pauvrete dans les llanos, les vastes prairies de l'ouest du Venezuela, jusqu'a ses annees de soldat, son entree dramatique dans la politique nationale par un coup d'Etat rate, sa transformation en homme politique democratique, sa longue presidence avec ses vastes programmes sociaux et economiques, ses batailles contre les Etats-Unis et contre ses adversaires internes, et enfin sa mort du cancer en 2013 a l'age de cinquante-huit ans. Il examine egalement le phenomene connu sous le nom de chavisme, le mouvement politique qui a survecu a l'homme lui-meme et qui continue de faconner le Venezuela et la politique latino-americaine des decennies apres son ascension au pouvoir.
L'enfance Et la Formation Dans Les Llanos
Hugo Rafael Chavez Frias est ne le 28 juillet 1954 dans la petite ville de Sabaneta, dans l'Etat de Barinas, dans la vaste region de plaine de l'ouest du Venezuela connue sous le nom de llanos. Barinas etait alors, comme aujourd'hui encore, l'un des Etats les plus pauvres du Venezuela, bien eloigne de la richesse petroliere qui transformait Caracas et la cote nord en terre de modernite relative et de prosperite. Les llanos eux-memes, une savane qui couvre environ un tiers du territoire venezuelien, avaient longtemps ete le foyer d'une culture definie par l'elevage bovin, la petite agriculture et une sorte d'independance de frontiere que Chavez allait plus tard romanticiser dans ses discours et ses programmes.
Ses parents, Hugo de los Reyes Chavez et Elena Frias de Chavez, etaient tous deux instituteurs, une profession qui les placait au-dessus des plus desesprement pauvres, mais toujours dans le monde des difficultes economiques. Le couple avait six enfants, et les ressources familiales etaient limitees. En consequence, le jeune Hugo et son frere aine Adan furent envoyes vivre avec leur grand-mere paternelle, Rosa Ines Chavez, a Sabaneta. Rosa Ines etait une femme d'une force personnelle enorme qui remplissait l'imagination de ses petits-enfants d'histoires de l'histoire venezuelienne, de legendes locales et des vies des heros des guerres d'independance du Venezuela. Son influence sur Hugo fut profonde et durable. Le jeune garcon absorbait ses histoires sur Simon Bolivar, le Liberateur qui avait libere le Venezuela et une grande partie de l'Amerique du Sud de la domination coloniale espagnole au debut du XIXe siecle, et sur Ezequiel Zamora, le general venezuelien du XIXe siecle qui avait mene une revolte paysanne et defendu la cause des pauvres. Ces deux figures, Bolivar et Zamora, allaient devenir les piliers ideologiques de la vie politique de Chavez.
Chavez montra tres tot des aptitudes remarquables dans divers domaines. Il etait un joueur de baseball talentueux qui reva un temps de devenir professionnel, et il avait un don naturel pour la peinture et la performance, une sensibilite theatrale qui lui serait utile dans sa carriere ulterieure de politicien et d'animateur. Apres avoir quitte Sabaneta, il frequenta l'ecole a Barinas, puis, apres avoir acheve ses etudes secondaires, il s'inscrivit a l'Academie militaire venezuelienne de Caracas. Sa motivation originelle pour rejoindre l'armee etait en partie pragmatique: l'academie offrait une education gratuite et une voie vers la mobilite sociale qui aurait autrement ete largement fermee a un jeune homme de son milieu. Il obtint son diplome de l'academie en 1975 avec un titre en sciences et arts militaires et fut nomme sous-lieutenant dans le bataillon de parachutistes de l'armee.
Le Venezuela dans lequel le jeune officier faisait son entree etait un pays en proie a des contradictions croissantes. Le boom petrolier des annees 1970, declenche par la hausse massive des prix mondiaux du petrole a la suite de l'embargo arabe sur le petrole de 1973, avait inonde le gouvernement venezuelien de petrodollars. Le president Carlos Andres Perez, lors de sa premiere administration au milieu des annees 1970, avait nationalise l'industrie petroliere, creant Petroleos de Venezuela, connue par son acronyme espagnol PDVSA, en 1976. Le Venezuela se trouva soudainement gestionnaire d'une importante compagnie petroliere d'Etat aux revenus qui semblaient illimites. Le pays se lanca dans d'ambitieux projets d'infrastructure, importa d'enormes quantites de biens de consommation et se forga une reputation de richesse ostentatoire. Mais derriere la surface brillante du soi-disant Venezuela saoudien, de profondes inegalites persistaient. La richesse petroliere etait inegalement repartie, et une partie substantielle de la population restait dans la pauvrete malgre tout l'argent du petrole qui affluait vers la capitale.
Pour le jeune Chavez, la vie militaire le mettait precisement en contact avec les realites que le boom petrolier masquait. En servant dans des operations de contre-insurrection contre des guerilleros de gauche dans les llanos et les montagnes, il rencontrait une population rurale pauvre dont les conditions avaient peu change malgre tout l'argent du petrole qui coulait dans la capitale. Ces experiences, combinee a sa lecture de l'histoire venezuelienne et des textes marxistes qui circulaient parmi une nouvelle generation d'officiers politiquement engages, le pousserent vers une conviction profondement ancree que le systeme politique venezuelien etait fondamentalement brise et que seul un changement radical pourrait remediEr aux profondes inegalites du pays.
Au debut des annees 1980, Chavez avait commence a construire des reseaux clandestins au sein de l'armee. En 1982, lors du bicentenaire de la naissance de Simon Bolivar, Chavez et un petit groupe d'officiers compagnons preterent serment sous un fameux arbre saman dans la ville de Maracay, s'engageant a la cause du changement revolutionnaire et fondant ce qu'ils appellerent le Mouvement revolutionnaire bolivarien 200, le 200 faisant reference au bicentenaire. Le mouvement puisait son inspiration intellectuelle dans la trinite de Bolivar, Zamora et l'educateur et nationaliste du XIXe siecle Andres Bello, bien que son contenu politique evolua au fil des ans vers une orientation plus explicitement socialiste.
Tout au long des annees 1980, Chavez continua de gravir les echelons militaires tout en construisant silencieusement son mouvement clandestin. Il servit a divers postes et prit contact avec des gauchistes civils et des intellectuels qui partageaient sa vision de la transformation de la societe venezuelienne. Les annees 1980 furent, paradoxalement, une periode de consolidation democratique au Venezuela du point de vue formel: le pays avait maintenu un gouvernement civil democratique depuis 1958, et ses deux principaux partis politiques, Accion Democratica et COPEI, alternaient au pouvoir dans ce que l'on appelait le pacte de Punto Fijo. Mais ce systeme etait de plus en plus considere par ses critiques comme un arrangement elitiste corrompu qui excluait les pauvres.
La crise eclata en fevrier 1989, lorsque le president Carlos Andres Perez, revenant a la presidence pour un second mandat, mit en oeuvre un paquet de reformes economiques neoliberales requises par le Fonds monetaire international. Les mesures comprenaient de fortes augmentations des tarifs de transport public et des prix des carburants, de fortes reductions des subventions et des mesures d'austerite qui peserent tres lourdement sur les pauvres urbains. La reponse fut une explosion de rage populaire spontanee. Commencant dans les bidonvilles de Caracas et se repandant rapidement dans d'autres villes, des foules pillerent des supermarches, brulerent des bus et se battirent dans les rues avec la police et les soldats. Le gouvernement decreta la loi martiale et envoya l'armee dans les rues. Dans la violence qui s'ensuivit, les propres estimations du gouvernement reconnurent au moins 276 morts, bien que de nombreux historiens croient que le bilan reel etait beaucoup plus eleve, peut-etre plus d'un millier. L'evenement fut connu sous le nom de Caracazo, et il s'inscrivit dans la conscience nationale comme le symbole de l'echec de l'ordre politique existant. Pour Chavez et ses co-conspirateurs au sein de l'armee, ce fut a la fois un avertissement et une confirmation de tout ce qu'ils avaient argumente sur la necessite d'un changement radical.
Le Coup D'etat Du 4 Fevrier 1992 Et Le Discours Por Ahora
Le 4 fevrier 1992, le lieutenant-colonel Hugo Chavez lanca un soulevement militaire destine a renverser le gouvernement du president Carlos Andres Perez. Le plan exigeait une action coordonnee en plusieurs endroits du Venezuela: un groupe d'officiers s'emparerait du palais presidentiel de Miraflores, une autre unite capturerait les stations de television et de radio, et le president lui-meme devait etre arrete a l'aeroport international a son retour d'une visite d'Etat. Chavez lui-meme commanderait directement l'operation a Caracas.
Le coup d'Etat fut un echec militaire presque des le debut. L'operation souffrit d'une mauvaise coordination, de fuites d'informations et du simple fait que les unites militaires loyalistes purent repondre plus rapidement que prevu. Les gardes du corps du president reussirent a eloigner Perez de l'aeroport avant que les rebelles ne puissent l'intercepter, et le president put apparaitre a la television pour s'adresser a la nation et appeler a la resistance contre le soulevement. Au matin du 4 fevrier, il etait clair que la rebellion n'avait pas atteint ses objectifs dans la majeure partie du pays, et Chavez se retrouva piege avec un petit groupe de partisans au Musee d'histoire militaire, pres du palais presidentiel.
Ce qui se passa ensuite transforma le coup d'Etat rate en legende politique. Chavez negocia avec le gouvernement, offrant de se rendre et d'appeler ses co-conspirateurs ailleurs dans le pays a deposer les armes, a une condition: qu'il lui soit permis d'apparaitre a la television nationale pour s'adresser directement a ses camarades. Le gouvernement accepta, calculant que l'apparition de Chavez serait un moment d'humiliation et de defaite qui l'eliminerait comme force politique. Ils se tromperent spectaculairement.
Debout devant les cameras avec son beret rouge de parachutiste, sa voix calme et son port droit, Chavez prononca une breve declaration qui dura a peine une minute mais dont l'echo allait se faire entendre pendant des decennies. Il s'adressa directement a ses compagnons insurges a travers le pays, reconnaissant que leurs objectifs n'avaient pas ete atteints. Et puis il utilisa la phrase qui allait devenir le slogan definitif de sa carriere politique: les objectifs n'avaient pas ete atteints, dit-il, "por ahora," pour l'instant. L'implication etait inequivoque. Ce n'etait pas une defaite finale. C'etait une pause. La revolution viendrait.
Le discours electrisa le Venezuela. Des millions de Venezueliens qui n'avaient jamais entendu parler d'Hugo Chavez connurent soudainement son nom et son visage. La combinaison de son maintien militaire, de sa passion evidente, de sa volonte d'assumer la responsabilite personnelle de l'echec plutot que de blamer ses subordonnes, et surtout la promesse defiante implicite dans le "por ahora" fit de lui une figure nationale instantanee. Les sondages d'opinion realises dans les jours suivant la tentative de coup d'Etat montraient qu'une grande partie de la population, en particulier parmi les pauvres, sympathisait avec Chavez meme si elle s'opposait au recours a la force. L'establishment politique existant avait ete tellement discrEdite par la corruption et l'echec economique qu'une figure prete a le defier directement, meme par des moyens illegaux, avait un attrait populaire immediat.
Chavez fut emprisonne, inculpe de rebellion et detenu a la prison de Yare, en dehors de Caracas. La prison s'avera etre, a bien des egards, une universite politique. Il recevait un flux constant de visiteurs, dont des politiciens, des intellectuels, des journalistes et des militants du Venezuela et de l'etranger. Il lisait voracitement, developpait et affinait ses idees politiques, et maintenait ses reseaux au sein de l'armee et parmi les sympathisants civils. Il accorda egalement des entretiens largement publies qui continuerent a renforcer son profil public. Les annees de prison approfondirent son engagement envers l'economie politique marxiste, la pensee du Peruvien Jose Carlos Mariategui, la theologie de la liberation et les idees de divers mouvements nationalistes latino-americains.
Il n'eut pas a attendre longtemps. En 1994, le president nouvellement elu Rafael Caldera, qui avait fait campagne sur une plateforme incluant une certaine sympathie pour les griefs politiques qui avaient motive les conspirateurs du coup d'Etat, accorda un pardon et libera Chavez et ses compagnons. Chavez etait libre, et il sortait de prison avec son profil national plus eleve que jamais.
De la Prison Au Palais Presidentiel: la Construction D'un Mouvement Politique
Libere de prison en 1994, Hugo Chavez se lanca dans une carriere politique avec une energie et une determination caracteristiques. Il se mit immediatement a construire un mouvement politique capable de contester des elections, un changement significatif par rapport a son precedent engagement envers l'insurrection militaire. La decision de travailler dans le cadre democratique etait en partie pragmatique: l'echec du coup d'Etat de 1992 avait montre que le renversement arme n'etait pas une voie viable vers le pouvoir, du moins pas a court terme. Mais elle refletait egalement une evolution genuinement dans la pensee de Chavez. Il avait toujours insiste sur le fait que son objectif n'etait pas le pouvoir personnel mais la transformation de la societe venezuelienne, et il en vint a croire que la democratie electorale, correctement mobilisee, pouvait etre le vehicule de cette transformation.
En 1997, Chavez et ses partisans fonderent formellement le Mouvement de la Cinquieme Republique, connu par ses initiales espagnoles MVR. Le nom etait significatif: l'ordre politique existant au Venezuela etait la Quatrieme Republique, le systeme democratique etabli apres la chute du dictateur Marcos Perez Jimenez en 1958. Chavez proposait de balayer tout l'ordre existant et de creer quelque chose de nouveau, une Cinquieme Republique qui incarnerait les ideaux de la Revolution bolivarienne.
La campagne presidentielle de 1998 fut comme rien de ce que le Venezuela avait vu auparavant. Chavez parcourait le pays sans relache, parlant lors de rassemblements dans des quartiers pauvres et des communautes rurales, rejoignant directement les millions de Venezueliens qui avaient ete en grande partie ignores par les partis politiques existants. Son message etait simple et puissant: l'establishment politique avait echoue le Venezuela, la richesse petroliere avait ete volee par une elite corrompue, et seule une transformation fondamentale du systeme pourrait rendre espoir a la majorite pauvre. Il promettait de convoquer une assemblee constituante pour rediger une nouvelle constitution, de rediriger les revenus petroliers vers des programmes sociaux pour les pauvres, et d'etablir ce qu'il appelait une democratie bolivarienne qui serait plus participative et plus genuinement representative que l'ancien systeme de Punto Fijo.
Le 6 decembre 1998, Hugo Chavez fut elu president du Venezuela avec environ 56 pour cent des voix, une victoire decisive qui fut un clair repudiation des deux partis qui avaient domine la politique venezuelienne pendant quatre decennies. Son adversaire, Henrique Salas Romer, avait ete endorse a la derniere minute a la fois par Accion Democratica et COPEI dans une tentative desesperee de consolider le soutien anti-Chavez, mais la manoeuvre se retourna contre eux: elle confirma la narration de Chavez selon laquelle les deux partis n'etaient simplement que deux faces de la meme elite corrompue. Chavez prit ses fonctions le 2 fevrier 1999, promettant de transformer le Venezuela de fond en comble.
La Constitution Bolivarienne de 1999
Le nouveau president agit immediatement pour remplir sa promesse de campagne centrale: la convocation d'une assemblee constituante. C'etait une demarche juridiquement controversee, car la constitution venezuelienne existante ne prevoyait pas une telle assemblee, mais la Cour supreme approuva le processus. En avril 1999, les Venezueliens voterent en faveur de la convocation de l'assemblee, et en juillet ils eLurent des delegues, avec les candidats pro-Chavez remportant la grande majorite des sieges. L'assemblee travailla rapidement pendant le second semestre de 1999, produisant une nouvelle constitution qui fut soumise a un referendum national en decembre de cette annee.
La Constitution bolivarienne de 1999 etait un document remarquable a bien des egards. Elle elargissait considerablement les droits formels des citoyens venezueliens, notamment des droits sociaux explicites a l'education, aux soins de sante, au logement et a la nourriture. Elle reconnaissait les droits des peuples autochtones, notamment leurs droits sur leurs terres ancestrales et sur l'utilisation de leurs propres langues. Elle etablissait des mecanismes de democratie directe, notamment le droit des citoyens de demander la revocation des fonctionnaires elus ayant accompli la moitie de leur mandat, une disposition qui allait plus tard etre utilisee contre Chavez lui-meme. Elle restructurait les institutions gouvernementales, transformant la legislature d'un systeme bicameral en une Assemblee nationale unicamerale. Les mandats presidentiels furent prolonges de cinq a six ans, avec la possibilite d'une reelection immediate pour un mandat supplementaire. Les Venezueliens approuverent la nouvelle constitution par une large majorite lors du referendum de decembre 1999, et elle entra en vigueur immediatement.
La Revolution Bolivarienne: Vision, Programme Et Missions Sociales
Le concept de la Revolution bolivarienne fut toujours quelque peu fluide et evolua au cours de la presidence de Chavez, mais ses elements fondamentaux furent constamment articules. En son coeur se trouvait un rejet de ce que Chavez appelait le neoliberalisme, le paquet de politiques economiques de libre marche associees au Consensus de Washington des annees 1990, notamment la privatisation, la liberalisation des echanges, la deregulation et les reductions des depenses publiques. A sa place, Chavez proposa un modele de developpement dirige par l'Etat dans lequel l'Etat venezuelien, alimente par les revenus petroliers, stimulerait le developpement economique, reduirait les inegalites et construirait ce qu'il appelait de plus en plus le socialisme du XXIe siecle.
Cette vision puisait dans de multiples traditions ideologiques. Elle incorporait des elements du nationalisme venezuelien classique, en particulier la veneration de Simon Bolivar et l'aspiration a l'unite latino-americaine que Bolivar avait defendue. Elle puisait dans diverses courants du gauchisme latino-americain, notamment la theorie de la dependance des annees 1960 et 1970, qui soutenait que la pauvrete latino-americaine etait causee par la subordination structurelle de la region aux puissants centres capitalistes d'Amerique du Nord et d'Europe. Elle incorporait des elements de la theologie de la liberation, le mouvement theologique catholique qui interpretait l'Evangile en termes de liberation des pauvres de l'oppression. Et de plus en plus, en particulier apres que l'alliance etroite de Chavez avec Cuba se fut approfondie, elle puisait dans des idees socialistes sur la necessite du controle etatique des hauteurs de commandement de l'economie.
La relation de Chavez avec Fidel Castro fut l'une des relations personnelles et politiques definissantes de sa vie. Les deux dirigeants se rencontrerent pour la premiere fois en 1994, peu apres la liberation de Chavez de prison, lorsque Chavez visita Cuba et fut recu par Castro avec une chaleur extraordinaire. Leur admiration mutuelle fut immediate et profonde. Castro voyait en Chavez une figure qui pourrait finalement realiser au Venezuela ce qu'il avait realise a Cuba: une revolution socialiste qui resisterait au pouvoir americain et construirait un modele de developpement alternatif. Chavez voyait en Castro un heros revolutionnaire dont les decennies de defiance envers les Etats-Unis prouvaient que la resistance etait possible. Au fil des annees, la relation s'approfondit jusqu'a devenir une amitie sincere, avec des consequences pratiques profondes: le Venezuela fournissait a Cuba du petrole a des prix fortement subventionnes, et Cuba envoyait des dizaines de milliers de personnel medical, d'enseignants et d'autres professionnels pour travailler dans les programmes sociaux du Venezuela.
Les programmes sociaux qui devinrent l'aspect le plus celebre et le plus controverse de la presidence de Chavez furent les misiones, une serie de programmes sociaux lances a partir de 2003 et finances par les revenus petroliers canalises a travers PDVSA plutot que par le budget gouvernemental ordinaire. Les misiones etaient concues pour atteindre directement les communautes pauvres que l'appareil gouvernemental existant avait en grande partie echoue a servir, en utilisant de nouvelles structures institutionnelles qui contournaient la bureaucratie existante.
La Mission Barrio Adentro, lancee en 2003 avec la cooperation de Cuba, etait l'initiative de sante phare. Le programme placait des medecins cubains, puis des etudiants en medecine venezueliens, dans des communautes urbaines et rurales pauvres de tout le Venezuela, etablissant des cliniques de soins de sante primaires dans le coeur de quartiers qui avaient auparavant manque de services medicaux de base. A la mi-annee des annees 2000, la Mission Barrio Adentro avait etabli des milliers de telles cliniques a travers le Venezuela.
La Mission Robinson, nommee en l'honneur du pseudonyme de l'educateur de Simon Bolivar, Andres Bello, etait le programme d'alphabetisation. Lance en 2003, il utilisait une methode d'alphabetisation developpee a Cuba appelee Yo Si Puedo, qui s'appuyait sur des emissions de television et des facilitateurs communautaires formes plutot que sur l'instruction traditionnelle en classe. En octobre 2005, l'UNESCO declara le Venezuela libere de l'analphabetisme, une reconnaissance que Chavez cita extensivement dans ses communications internationales.
La Mission Sucre etait un programme educatif qui ouvrit l'acces a l'education universitaire pour des centaines de milliers de Venezueliens qui ne possedaient pas les qualifications formelles requises par les universites existantes. D'autres missions s'attaquerent a la penurie de logements, a la securite alimentaire a travers la creation de magasins d'alimentation subventionnes connus sous le nom de Mercal, et a la formation professionnelle et au soutien aux petites entreprises.
Ces missions furent financees par l'extraordinaire afflux de revenus petroliers que le Venezuela recut pendant le boom des matieres premieres mondiales des annees 2000. Les prix du petrole passerent de moins de quinze dollars le baril au moment de l'election de Chavez en 1998 a plus de cent dollars le baril au pic du boom en 2008. Pour une economie dependante du petrole comme celle du Venezuela, cela representait un afflux de revenus presque incomprehensible.
Les Politiques de Nationalisation Et Le Controle de Pdvsa
Au coeur du programme economique de Chavez se trouvait la reaffirmation du controle etatique sur l'industrie petroliere venezuelienne et la nationalisation de secteurs cles de l'economie. PDVSA avait au fil des decennies developpe une culture d'entreprise et une structure de gestion qui fonctionnaient avec une autonomie considerable vis-a-vis du gouvernement. Ses directeurs et techniciens professionnels etaient parmi les employes les mieux remuneres du Venezuela, et l'entreprise fonctionnait a bien des egards davantage comme une societe privee que comme une entreprise d'Etat. Chavez considErait cette autonomie comme un obstacle a son programme.
La confrontation entre Chavez et la direction de PDVSA atteignit son point culminant dans le contexte de la crise politique plus large de 2002 et 2003. En decembre 2002, une grande partie de la main-d'oeuvre professionnelle de PDVSA rejoignit une greve generale nationale appelee par l'opposition dans le but explicite de forcer Chavez a quitter le pouvoir. La greve, qui dura jusqu'en fevrier 2003, fit pratiquement s'arreter la production petroliere venezuelienne. Lorsque la greve s'effondra finalement, il agit decisionnement pour restructurer entierement PDVSA. Il licencia environ dix-huit mille employes de PDVSA qui avaient participe a la greve, les remplacant par des travailleurs fideles a son gouvernement, et redirigea une part beaucoup plus importante des revenus de PDVSA vers les programmes sociaux des misiones.
La prise de controle de PDVSA ne fut que l'element le plus dramatique d'un schema plus large de nationalisations qui s'accelera tout au long de la presidence de Chavez. La compagnie de telecommunications CANTV fut renationalisee en 2007, tout comme le secteur de l'electricite. La compagnie siderurgique SIDOR fut nationalisee en 2008. Les terres agricoles que le gouvernement jugeait sous-utilisees furent soumises a l'expropriation et a la redistribution aux cooperatives et aux petits agriculteurs.
La Tentative de Coup D'etat de 2002 Et Ses Consequences
La relation entre Hugo Chavez et les elites politiques et economiques du Venezuela fut une relation de confrontation soutenue et souvent amere. Le 11 avril 2002, une grande marche de l'opposition a Caracas devint violente lorsque des coups de feu eclaterent dans des circonstances qui demeurent disputees a ce jour. Des dizaines de personnes furent tuees ou blessee, avec des deces survenant des deux cotes de la division politique. Dans la confusion qui s'ensuivit, un groupe d'officiers militaires annonca que Chavez avait demissionne et le mit en etat d'arrestation. Il fut emmene par avion vers une base navale sur l'ile de La Orchila dans les Caraibes.
A Caracas, un homme d'affaires nomme Pedro Carmona fut assermente en tant que president transitoire et dissolut immediatement l'Assemblee nationale, suspendit la Constitution bolivarienne et limogeait des centaines de fonctionnaires locaux nommes par le gouvernement Chavez. Le coup d'Etat, cependant, ne dura que quarante-huit heures. Le gouvernement Carmona aliena presque immediatement des partisans potentiels par sa dissolution massive des institutions democratiques. Les unites militaires loyalistes refuserent de reconnaitre la nouvelle autorite. Et dans les bidonvilles pauvres de Caracas, des centaines de milliers de partisans de Chavez se demanderent dans les rues, entourant le palais presidentiel de Miraflores et exigeant son retour. Chavez fut ramene a Caracas le 13 avril 2002 et retabli dans ses fonctions presidentielle.
La tentative de coup d'Etat ayant echoue eut des effets profonds sur Chavez et son gouvernement. Elle approfondit sa conviction que l'elite venezuelienne existante et leurs allies etrangers, en particulier le gouvernement des Etats-Unis, etaient fondamentalement hostiles a son projet et ne reculeraient devant rien pour le renverser.
Apres l'echec du coup d'Etat d'avril 2002, l'opposition organisa la greve generale et l'arret de l'industrie petroliere qui commenca en decembre 2002 et dura jusqu'en fevrier 2003. L'echec de la greve resulta en un licenciement massif d'employes de PDVSA et donna a Chavez le controle effectif de la compagnie petroliere. Mais l'opposition trouva une autre voie: le referendum de revocation prevu dans la Constitution bolivarienne de 1999.
Le Conseil electoral national autorisa un referendum de revocation sur le president Chavez pour le 15 aout 2004. Chavez remporta environ 59 a 60 pour cent des voix, un ecart decisif qui porta un coup severe a l'opposition et confirma la capacite de Chavez a obtenir le soutien majoritaire lors d'une election libre et equitable. Les observateurs internationaux, notamment des missions de l'Organisation des Etats americains et du Centre Carter, certifierent le resultat comme legitime.
Alo Presidente Et L'art de la Communication Chaviste
Parmi les nombreuses innovations de la presidence de Chavez, aucune ne fut aussi distinctive ou aussi revelatrice du caractere de l'homme qu'Alo Presidente, le programme hebdomadaire de television et de radio que Chavez animait pendant la majeure partie de ses quatorze ans au pouvoir. Le programme, dont le nom se traduit approximativement par Allo, President, n'avait pas d'equivalent dans la tradition de la communication politique au Venezuela ou dans la majeure partie du monde. Ce n'etait pas une conference de presse, pas un discours politique, pas une interview. C'etait, essentiellement, une conversation etendue et non scriptee que Chavez entretenait avec son public, ses ministres, ses invites et lui-meme, pendant des heures, parfois quatre ou cinq heures ou meme plus au cours d'une seule emission.
Chavez utilisait Alo Presidente pour annoncer des decisions politiques, pour donner publiquement des lecons aux ministres sur la mise en oeuvre de ses programmes, pour chanter des chansons et reciter de la poesie, pour discuter d'histoire et de baseball et de la Bible et des ecrits de Marx, pour denoncer les Etats-Unis, pour louer Cuba, pour lire des lettres de Venezueliens ordinaires et leur repondre en direct, et pour s'engager dans le type de discours politique expansif, intime, souvent brillant et parfois divaguant qui etait la marque de son style de communication.
Chavez avait toujours ete un communicateur talentueux, et ses dons oratoires etaient au coeur de son succes politique. Il possedait une capacite de communication naturellement charismatique, une vaste memoire qui lui permettait de citer des evenements historiques, des passages litteraires et des statistiques a volonte, et une comprehension instinctive de la facon de se connecter avec les publics a travers une combinaison d'humour, de passion, de pathos et d'indignation juste.
La Diplomatie Regionale Et L'alliance Bolivarienne
L'une des dimensions les plus consequentes de la presidence de Chavez fut sa politique etrangere active et ambitieuse, qui cherchait a utiliser la richesse petroliere du Venezuela comme instrument d'integration regionale et a construire une coalition de gouvernements latino-americains engages a defier l'hegemonie americaine dans l'hemisphere. Ce projet prit forme institutionnelle le plus prominemment dans l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amerique, connue par son acronyme espagnol ALBA.
L'ALBA fut fondee en decembre 2004, initialement comme un accord bilateral entre le Venezuela et Cuba qui se substituait au modele de libre-echange promu par les Etats-Unis. L'ALBA reposait sur un principe de solidarite cooperative: le Venezuela fournirait a Cuba du petrole a des prix preferentiels en echange de medecins cubains, d'enseignants et d'autres professionnels qui travailleraient dans les programmes sociaux du Venezuela. Au fil du temps, l'ALBA s'elargit pour inclure la Bolivie sous Evo Morales, le Nicaragua sous Daniel Ortega, l'Equateur sous Rafael Correa, et plusieurs nations caraibes insulaires qui recevaient du petrole venezuelien subventionne a travers l'initiative separee Petrocaribe.
Les alliances de Chavez avec Morales et Ortega faisaient partie d'une vague plus large de gouvernements de gauche qui arriverent au pouvoir a travers l'Amerique latine dans les annees 2000, un phenomene que les commentateurs appelerent la Maree rose. La relation de Chavez avec le Bolivien Evo Morales, le premier president autochtone d'un pays latino-americain, etait particulierement chaleureuse.
Au-dela de l'Amerique latine et des Caraibes, Chavez cultivait des relations avec des dirigeants et des gouvernements du monde entier qui etaient definis principalement par une hostilite commune a la politique etrangere americaine. Sa relation avec Mahmoud Ahmadinejad, le president iranien, etait l'une des plus controversees. Les deux dirigeants se rencontrerent plusieurs fois et signerent de nombreux accords bilateraux, et Chavez defendit constamment le programme nucleaire iranien contre les critiques internationales.
L'initiative Petrocaribe, lancee en 2005, etendit la diplomatie petroliere venezuelienne dans tout le bassin des Caraibes. En vertu de Petrocaribe, les pays caraibes et centraAmericains pouvaient acheter du petrole venezuelien a des prix de marche mais avec des conditions de financement genereuses, ce qui donna au Venezuela une influence politique significative dans toute une region qui avait precedemment ete dominee par les Etats-Unis.
La Confrontation Avec Les Etats-Unis
La relation entre Hugo Chavez et le gouvernement des Etats-Unis fut l'une des confrontations diplomatiques definitoires du debut du XXIe siecle. Des le moment de son election en 1998, Chavez avait signale son intention de defier la domination americaine en Amerique latine.
La sympathie apparente de l'administration Bush pour la tentative de coup d'Etat d'avril 2002 contre Chavez etablit les termes de la relation pour une grande partie de la decennie suivante. Pour Chavez, cet episode confirma ce qu'il avait longuement argumente: que le gouvernement des Etats-Unis etait une force deStabilisatrice qui soutenait le changement de regime contre des gouvernements qu'il trouvait incommodes quelle que soit leur legitimite democratique.
Le moment le plus celebre de la confrontation de Chavez avec les Etats-Unis arriva le 20 septembre 2006, a l'Assemblee generale des Nations unies a New York. Prenant la parole a la tribune le lendemain du discours du president George W. Bush, Chavez prononga un discours dans lequel il appela le president americain "le diable" et remarqua que la tribune sentait encore le soufre de la presence de Bush la veille. Ce discours du soufre devint peut-etre le moment unique le plus memorable de la carriere internationale de Chavez.
Malgre toute la rhetorique, la realite economique fondamentale demeurait que le Venezuela et les Etats-Unis etaient les partenaires commerciaux les plus importants l'un pour l'autre dans le commerce petrolier. Le flux de petrole vers le nord et le flux de dollars vers le sud continua sans interruption meme lorsque les deux gouvernements echangeaient des denonciations.
Les Reelections Et la Consolidation Politique
La victoire de Chavez au referendum de revocation de 2004 confirma sa capacite a remporter des elections competitives meme dans des conditions de pression intense de l'opposition. Il la suivit par une victoire ecrasante lors de la reelection en decembre 2006, remportant environ 63 pour cent des voix contre le candidat de l'opposition Manuel Rosales.
Dans le sillage de sa reelection de 2006, Chavez proposa une reforme constitutionnelle qui aurait encore prolonge les mandats presidentiels, elimine les limites de mandats et accru les pouvoirs presidentiels. La reforme proposee fut soumise a un referendum national en decembre 2007, et dans un resultat surprenant, la reforme fut etroitement rejetee, avec environ 51 pour cent des electeurs la rejettant. Ce fut la premiere defaite electorale de la carriere politique de Chavez.
En fevrier 2009, un amendement constitutionnel revised fut soumis a un autre referendum, cette fois en conservant la disposition cle de la reelection illimitee. Cette fois l'amendement passa, avec environ 54 pour cent des electeurs l'approuvant. Chavez se presenta a la reelection en octobre 2012, affrontant le candidat de l'opposition Henrique Capriles Radonski dans ce qui fut largement considere comme l'election la plus competitive de sa presidence. Chavez remporta environ 55 pour cent des voix, meme s'il etait de plus en plus evident que sa sante etait de plus en plus compromise par le cancer qu'il avait annonce en juin 2011.
Le Cancer, Le Declin Et la Mort
En juin 2011, Hugo Chavez etonna le Venezuela et le monde avec une annonce depuis La Havane: il avait subi une intervention chirurgicale d'urgence a Cuba et les medecins avaient decouvert et retire une tumeur cancereuse de sa region pelvienne. L'annonce fut un choc car le gouvernement avait maintenu un tel secret sur la sante de Chavez que beaucoup de Venezueliens ne savaient meme pas qu'il etait malade.
Chavez decrivit la tumeur qui avait ete enlevee comme etant approximativement de la taille d'une balle de baseball, et il transmit le diagnostic au peuple venezuelien avec une franchise et une ouverture emotionnelle caracteristiques, evoquant sa foi en Dieu et sa confiance qu'il surmontrait la maladie. Au cours des mois suivants, il subit plusieurs rounds de chimiotherapie a Cuba et au Venezuela.
Le gouvernement ne revela jamais publiquement la nature exacte du cancer de Chavez, mais des rapports de sources medicales et journalistiques suggererent qu'il s'agissait d'un sarcome pelvien. Ce qui etait clair, c'est que le cancer etait grave, agressif et difficile a traiter.
En decembre 2012, avant de partir pour Cuba pour ce qui s'avererait etre son ultime intervention chirurgicale, Chavez fit une declaration publique qui fut largement interpretee comme une reconnaissance qu'il pourrait ne pas survivre. Il designa son ministre des Affaires etrangeres et vice-president, Nicolas Maduro, comme son successeur choisi.
Apres l'intervention chirurgicale de decembre 2012 a La Havane, l'etat de Chavez se deteriora rapidement. Il souffrit de graves complications respiratoires et fut place sous ventilation mecanique. Le 5 mars 2013, le gouvernement annonca que Hugo Chavez Frias etait decede. Il avait cinquante-huit ans.
La nouvelle du deces de Chavez provoqua un extraordinaire debordement de deuil parmi ses partisans. Des centaines de milliers de Venezueliens se alignerent dans les rues de Caracas et remplirent les espaces publics a travers le pays pour pleurer leur leader.
L'heritage Et Le Chavisme
L'heritage de Hugo Chavez est l'une des questions les plus contestees de l'histoire latino-americaine contemporaine et de la science politique. Pendant les annees du boom petrolier, le Venezuela connut une reduction significative de la pauvrete. Selon la Commission economique des Nations unies pour l'Amerique latine et les Caraibes, le pourcentage de Venezueliens vivant dans la pauvrete tomba de plus de 48 pour cent en 1999 a environ 29 pour cent en 2011. Les taux de pauvrete extreme chuterent encore plus fortement.
Les taux d'alphabetisation s'ameliorerent de facon substantielle. L'acces aux soins de sante, en particulier aux soins primaires, se developpait considerablement dans les communautes pauvres grace a la Mission Barrio Adentro. L'inscription dans le secondaire et l'enseignement superieur augmenta de facon marquee.
Sur le cote negatif, les critiques sont tout aussi serieuses. Le modele economique que Chavez construisit etait dangereusement dependant des revenus petroliers et n'arriva pas a construire la diversite productive qui aurait rendu la prosperite du Venezuela durable. Les nationalisations de l'industrie privee resultaionnt frequemment en inefficacite economique et en mauvaise gestion. La criminalite, en particulier a Caracas, augmenta de facon dramatique pendant les annees Chavez.
Le jugement le plus devastateur sur l'heritage de Chavez a ete rendu par les evenements depuis sa mort. Son successeur choisi, Nicolas Maduro, gagna une election de justesse en avril 2013 et proceda a gouverner au nom de Chavez tout en essayant d'appliquer son modele politique a des circonstances radicalement differentes de celles du boom petrolier. Lorsque les prix du petrole s'effondrerent en 2014, le modele economique chaviste s'avera d'une fragilite catastrophique. Le Venezuela connut la crise economique la plus grave de son histoire, avec une contraction du PIB de plus de 60 pour cent sur plusieurs annees, une hyperinflation detruisant la valeur de la monnaie, la nourriture et les medicaments devenant desesperement rares, et des millions de Venezueliens fuyant le pays dans l'une des plus grandes crises de refugies de l'histoire de l'hemisphere occidental.
Dans le contexte plus large de l'histoire latino-americaine, Chavez se profile comme une figure qui modifia genuinement le cours de la politique regionale. Il contribua a inspirer une generation de gouvernements de gauche a travers le continent, aida a la defaite de la zone de libre-echange des Ameriques proposee par les Etats-Unis, demontra que la richesse petroliere pouvait etre utilisee pour des programmes sociaux a grande echelle, et montra qu'un dirigeant charismatique pouvait construire un mouvement politique durable parmi les pauvres meme face a une intense opposition des elites economiques, des medias prives et du pays le plus puissant au monde.
La Succession de Nicolas Maduro Et la Continuation Du Chavisme
Quand Hugo Chavez designa Nicolas Maduro comme son successeur en decembre 2012, il prenait une decision qui allait profondement fagonner l'avenir du Venezuela. Maduro, un ancien chauffeur de bus et organisateur syndical qui avait gravite dans les rangs du mouvement politique de Chavez pour devenir ministre des Affaires etrangeres puis vice-president, etait a bien des egards l'incarnation de la mobilite sociale que Chavez avait defendue.
Mais Maduro n'etait pas Chavez. Il manquait des extraordinaires dons oratoires de Chavez, de sa connaissance historique, de son passe militaire et surtout de son charisme personnel. Il remporta l'election d'avril 2013 convoquee apres la mort de Chavez par une marge de moins de deux points de pourcentage contre le candidat de l'opposition Henrique Capriles, un resultat si serre que l'opposition exigea un recompte.
Maduro gouverne depuis lors au nom de Chavez, invoquant constamment la memoire de son predecesseur et maintenant les structures institutionnelles de la Revolution bolivarienne tout en luttant pour les soutenir face a la crise economique. L'effondrement des prix du petrole en 2014 priva le gouvernement Maduro des revenus qui avaient finance les misiones et le contrat social plus large qui avait soutenu la popularite chaviste. Le gouvernement repondit par des controles de prix, des restrictions de devises et des depenses continuelles financees par l'impression de monnaie, produisant une hyperinflation aux proportions catastrophiques.
L'heritage de Chavez demeure fondamentalement ambigu. Il fut un dirigeant qui ameliora genuinement les conditions materielles de millions de Venezueliens pauvres pendant les annees du boom petrolier, qui donna voix et dignite aux exclus, et qui defia avec un succes considerable la domination des Etats-Unis dans les affaires latino-americaines. Il fut egalement un dirigeant qui construisit un systeme politique si personnalise, si dependant des revenus petroliers et si intolerant de l'independance et du pluralisme institutionnel qu'il ne put survivre au depart de son fondateur ni a la fin du boom des matieres premieres qui l'avait soutenu.
Conclusion
Hugo Chavez Frias naquit dans la pauvrete dans les llanos venezueliens et mourut a Caracas apres quatorze ans a la tete d'une des plus grandes nations productricees de petrole de l'hemisphere occidental. Il fut un homme qui tenta un coup d'Etat, fut emprisonne, remporta la presidence de facon democratique, survEcut a un contre-coup, resista a une greve petroliere, remporta un referendum de revocation, nationalisa d'importantes industries, construisit un reseau sans precedent de programmes sociaux, defia les Etats-Unis de fagon repetee et publique sur la scene mondiale, forma des alliances allant de La Havane a Teheran, et fut rEelu deux fois par des majorites confortables meme lorsque sa sante etait en train de flechir.
Ce qui est certain, c'est que Hugo Chavez changea le Venezuela pour toujours. Le pays qui emergea de sa presidence n'etait pas le meme pays qu'il avait herite en 1999. La politique venezuelienne, sa structure economique, ses programmes sociaux, sa place dans les affaires regionales et mondiales, et le sentiment de ses citoyens quant a leur identite en tant que peuple sont tous differents a cause de Hugo Chavez. C'est la, quelle que soit l'opinion que l'on a de l'homme, la marque d'une figure genuinement historique.
Il naquit le 28 juillet 1954 dans une petite ville des llanos venezueliens. Il mourut le 5 mars 2013 a Caracas, la capitale du pays qu'il gouverna et transforma. Il avait cinquante-huit ans. Et dans la phrase qui l'avait rendu celebre plus de deux decennies avant sa mort, sa revolution, quelle que soit la forme qu'elle prendra dans les annees a venir, continue por ahora.
Hugo Chavez Et la Societe Venezuelienne: Transformations Profondes
L'impact de Hugo Chavez sur la societe venezuelienne alla bien au-dela des changements dans les politiques economiques ou les relations diplomatiques. Sa presidence transforma la facon dont les Venezueliens se voyaient eux-memes en tant que citoyens, la facon dont ils concevaient les droits qui leur correspondaient et la facon dont ils participaient a la vie publique. Ces changements culturels et sociaux sont peut-etre l'aspect le moins etudie de son heritage, mais a bien des egards le plus durable.
Avant Chavez, le Venezuela avait une culture politique dans laquelle les secteurs pauvres de la population etaient en grande partie des clients des partis politiques etablis, Accion Democratica et COPEI, plutot que des citoyens actifs avec leurs propres demandes. Les elections etaient competitives dans le sens technique, mais la participation reelle dans la formation des politiques etait limitee a une elite relativement petite de politiciens professionnels, de techniciens, d'hommes d'affaires et de dirigeants d'organisations de la societe civile de classe moyenne.
Chavez changea cela de maniere fondamentale. A travers les misiones, les conseils communaux, les cercles bolivariens et d'autres mecanismes de participation etablis par son gouvernement, il mobilisa des millions de Venezueliens pauvres comme acteurs politiques actifs d'une maniere sans precedent dans l'histoire du pays. Cette mobilisation etait, sans doute, organisee et dirigee d'en haut, et le gouvernement l'exploitait a ses propres fins politiques. Mais elle generait egalement une experience genuinement de participation et d'efficacite politique chez des personnes qui s'etaient auparavant senties completement a l'ecart du systeme.
Les conseils communaux, etablis par loi en 2006, furent peut-etre le mecanisme le plus important de cette mobilisation. C'etaient des organes d'autoGouvernement local qui permettaient aux communautes de quartiers pauvres de gerer collectivement des projets d'infrastructure et de services finances directement par le gouvernement central, contournant les couches intermediaires de la bureaucratie gouvernementale locale et etatique qui avaient souvent absorbe ou detourne les fonds destines aux communautes pauvres.
Hugo Chavez Et Les Forces Armees Venezueliennes
La relation de Chavez avec les forces armees venezueliennes fut l'une des plus complexes et des plus determinantes de sa presidence. Il etait, apres tout, lui-meme un produit des forces armees, avait passe vingt-sept ans dans l'institution avant de lancer le coup d'Etat de 1992, et comprenait de l'interieur aussi bien les forces que les faiblesses de l'institution militaire venezuelienne.
Des le debut de sa presidence, Chavez attribua aux forces armees un role beaucoup plus large dans la vie du pays que celui qu'elles avaient joue sous les gouvernements precedents. Dans la Constitution de 1999, il incorpora explicitement les forces armees dans le systeme politique du pays, leur conferant le droit de participer au developpement economique et social du pays et a la vie civique venezuelienne de maniere qui allaient au-dela de la fonction defensive traditionnelle. Les militaires devinrent des acteurs importants dans l'administration de programmes sociaux, dans la distribution d'aliments subventionnes, dans l'execution de projets d'infrastructure et dans d'autres aspects de la vie economique et sociale du pays.
Cette expansion du role militaire etait en meme temps un outil de controle politique. En donnant aux militaires des interets economiques concrets dans le maintien du systeme bolivarien, Chavez creait des incitations institutionnelles a la loyaute militaire qui allaient au-dela du respect de l'autorite civile ou de l'adhesion aux principes constitutionnels.
Le Chavisme Au-Dela Du Venezuela: Influence Regionale Et Mondiale
L'impact du chavisme transcenda de loin les frontieres du Venezuela. En Amerique latine, le phenomene politique que Chavez representa et dans certains cas inspira directement: l'arrivee au pouvoir d'une serie de gouvernements de gauche ou de centre-gauche dans des pays comme le Bresil, l'Argentine, la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua, le Paraguay, l'Uruguay et le Salvador entre 2000 et 2012: transforma la carte politique de la region de fa?ons que les observateurs ont appele la Maree rose ou le tournant a gauche latino-americain.
Chavez ne fut pas le seul responsable de ce tournant. Mais Chavez fut, indeniablement, l'un des catalyseurs les plus importants de ce processus. Il fournit un soutien financier et politique a des candidats et des mouvements de gauche dans plusieurs pays, offrit un modele de la possibilite d'un projet de gauche au gouvernement, et utilisa les ressources diplomatiques et economiques du Venezuela pour construire l'infrastructure institutionnelle du bloc de pays de gauche qui emergeait pendant la premiere decennie du siecle.
L'ALBA, Petrocaribe et d'autres mecanismes diplomatiques et economiques que Chavez crea pendant sa presidence etablirent des liens reels entre les pays de la gauche latino-americaine qui survecurent, bien qu'affaiblis, a sa mort et a la deterioration du gouvernement Maduro.
Dans le Sud global plus large, Chavez devint un symbole du defi a l'ordre international domine par les Etats-Unis. Ses discours dans des forums internationaux, sa disposition a confronter directement les dirigeants americains et europeens et sa rhetorique anti-imperialiste lui valerent une audience enthousiaste dans de nombreuses parties du monde en developpement.
La Pensee Ideologique de Chavez: Du Bolivarianisme Au Socialisme Du Xxie Siecle
L'evolution ideologique de Hugo Chavez au cours de ses annees de presidence est en soi un sujet d'interet considerable pour les chercheurs de la politique latino-americaine. Lorsqu'il arriva au pouvoir en 1999, Chavez se presentait principalement comme un bolivarien: son projet etait de completer l'oeuvre inachevee du Libertador, de construire l'unite latino-americaine dont Bolivar avait reve et d'etablir au Venezuela une democratie plus authentique et plus egalitaire que celle qui avait existe sous le systeme de Punto Fijo.
Le socialisme, dans les premieres annees de sa presidence, etait un terme que Chavez utilisait avec une certaine prudence. Il etait conscient que le socialisme, comme projet politique pratique, avait subi un enormement discredit au niveau mondial avec l'effondrement de l'Union sovietique en 1991, et que de nombreux Venezueliens, y compris beaucoup parmi ses propres partisans, associaient le socialisme a la pauvrete, a la repression et a l'echec economique.
Cependant, au fur et a mesure que les annees 2000 avancaient, et en particulier apres avoir survecu au coup d'Etat de 2002 et avoir obtenu le controle effectif de PDVSA en 2003, Chavez adopta un langage plus explicitement socialiste. En 2005, au Forum social mondial tenu a Porto Alegre, Bresil, il annonca que l'objectif de son projet etait le socialisme du XXIe siecle, un terme qu'il crea lui-meme et qu'il commenca a articuler dans les annees suivantes.
Le socialisme du XXIe siecle de Chavez se distinguait du socialisme sovietique du XXe siecle par son accent sur la democratie participative, sur la propriete mixte plutot que sur la propriete etatique totale, et sur la souverainete nationale plutot que sur l'internationalisme proletarien du marxisme classique.
L'economie Venezuelienne Sous Chavez: Realisations Et Contradictions
Pour comprendre pleinement l'heritage economique de Hugo Chavez, il est necessaire d'examiner a la fois les realisations et les contradictions de son modele economique avec un certain degre de profondeur. Les realisations furent reelles et significatives pendant la periode du boom petrolier. Les depenses sociales en pourcentage du PIB augmenterent de facon dramatique pendant la presidence de Chavez. Le coefficient de Gini du Venezuela, une mesure de l'inegalite des revenus, baissa considerablement pendant les annees 2000, indiquant que la repartition de la richesse devint plus egale, au moins temporairement.
En meme temps, les contradictions fondamentales du modele etaient profondes. L'economie venezuelienne sous Chavez devint, si quoi que ce soit, plus dependante du petrole, pas moins. La part du petrole dans les recettes d'exportation augmenta pendant sa presidence. Les tentatives de diversifier l'economie a travers les cooperatives, les entreprises etatiques et les programmes de developpement agricole eurent un succes limite.
L'inflation fut un probleme persistant tout au long de la presidence de Chavez, et bien que le gouvernement la contrat via des controles de prix et des subventions, ces mecanismes crerent des distorsions economiques qui s'accumulerent avec le temps. Le taux de change multiple, avec differents taux officiels et un taux de marche noir qui s'ecartait considerablement des taux officiels, crea des opportunites de corruption et de speculation qui eroderent l'efficacite economique.
La corruption, qui avait ete endemique au Venezuela pendant des decennies, ne se reduisit pas pendant la presidence de Chavez malgre ses frequents engagements a la combattre. Plusieurs etudes et indices internationaux montrerent que le Venezuela sous Chavez devint, de fait, plus corrompu qu'avant son arrivee au pouvoir.
Reflexions Finales Sur Hugo Chavez Et Son Epoque
Hugo Chavez fut, en tous les sens du terme, un homme de son temps et de son lieu. Il emerge des contradictions specifiques du Venezuela: la richesse petroliere et la pauvrete persistante, la democratie formelle et l'exclusion reelle, le nationalisme bolivarien et la dependance economique. Son projet politique fut une reponse, imparfaite et parfois contradictoire, a ces contradictions. Et son charisme personnel, son energie inepuisable, sa volonte de confronter les puissants et sa capacite a se connecter avec les plus humbles furent les instruments avec lesquels il tenta de construire ce projet.
L'histoire venezuelienne et latino-americaine du XXIe siecle est, a bien des egards, incomprehensible sans Chavez. La vague de gouvernements de gauche qui transforma la politique latino-americaine dans la premiere decennie du siecle, la fondation de l'ALBA comme alternative aux structures de libre-echange dominees par les Etats-Unis, l'utilisation des ressources naturelles comme outil de politique sociale et diplomatique, l'expansion de la participation politique des pauvres et des marginalises: tout cela porte l'empreinte de Chavez.
Et la crise venezuelienne qui suivit sa mort, l'effondrement economique, l'emigration massive, l'authoritarisme croissant sous Maduro, fait egalement partie de son heritage, bien que peut-etre pas l'heritage qu'il aurait voulu. C'est l'heritage des contradictions non resolues de son modele: la dependance petroliere qui ne fut pas surmontee, la concentration du pouvoir qui ne fut pas moderee, les institutions qui ne furent pas renforcees mais affaiblies.
Hugo Chavez naquit a Sabaneta, Barinas, le 28 juillet 1954. Il mourut a Caracas le 5 mars 2013. Entre ces deux dates, il vecut une vie d'une intensite et d'une consequence historique que peu de figures politiques de quelque epoque ou lieu que ce soit ont egaLees. Il fut, comme tous les grands dirigeants historiques, bien plus que ses realisations et bien plus que ses echecs. Il fut, avant tout, le produit et l'agent d'une epoque, d'un pays et d'une aspiration qui vit toujours, d'une forme ou d'une autre, dans l'Amerique latine d'aujourd'hui.
Chronologie Des Principaux Evenements de la Vie Et de la Presidence de Hugo Chavez
Le 28 juillet 1954, Hugo Rafael Chavez Frias nait a Sabaneta, dans l'Etat de Barinas, dans une famille d'instituteurs. Son education est partagee avec sa grand-mere Rosa Ines, qui lui transmet l'amour de l'histoire venezuelienne et des figures de Bolivar et Zamora.
En 1971, Chavez entre a l'Academie militaire venezuelienne de Caracas. Il en sortira diplome en 1975 comme sous-lieutenant de l'armee.
En 1982, Chavez et un groupe de compagnons officiers fondent le Mouvement revolutionnaire bolivarien 200, le MBR-200, sous l'arbre saman de Maracay. C'est le moment fondateur du mouvement politique qui menera eventuellement Chavez au pouvoir.
Le 27 fevrier 1989, le Caracazo secoue le Venezuela. Le soulevement spontane des pauvres urbains contre les mesures d'austerite du gouvernement de Carlos Andres Perez confirme pour Chavez et ses compagnons conspirateurs l'urgence de l'action revolutionnaire.
Le 4 fevrier 1992, Chavez dirige la tentative de coup d'Etat contre le gouvernement de Carlos Andres Perez. Le coup echoue militairement, mais le discours por ahora de Chavez transforme l'echec en triomphe politique.
En 1994, le president Rafael Caldera accorde le pardon a Chavez et ses compagnons emprisonnes. Chavez sort de la prison de Yare avec son profil politique plus eleve que jamais.
En 1997, Chavez fonde formellement le Mouvement de la Cinquieme Republique, le MVR, comme vehicule electoral pour sa candidature presidentielle.
Le 6 decembre 1998, Chavez remporte les elections presidentielles avec 56 pour cent des voix. La victoire represente la fin de quatre decennies de domination du systeme de Punto Fijo.
Le 2 fevrier 1999, Chavez prend ses fonctions de president du Venezuela et convoque immediatement le processus constituant qui produira la Constitution bolivarienne de 1999.
En decembre 1999, les Venezueliens approuvent par referendum la nouvelle Constitution bolivarienne, qui elargit les droits sociaux, etablit des mecanismes de democratie directe et prolonge les mandats presidentiels a six ans.
Le 11 avril 2002, Chavez est brievement renverse par un coup d'Etat soutenu par des secteurs militaires et des milieux d'affaires. Le 13 avril, grace a la mobilisation populaire et a la loyaute d'unites militaires, il est retabli dans ses fonctions.
En 2003, Chavez lance les missions sociales, dont la Mission Barrio Adentro pour la sante, la Mission Robinson pour l'alphabetisation et la Mission Sucre pour l'enseignement superieur.
Le 15 aout 2004, Chavez remporte le referendum de revocation avec environ 59 a 60 pour cent des voix, confirmant son mandat democratique.
En decembre 2004, Chavez et Fidel Castro fondent l'ALBA, l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amerique.
En decembre 2006, Chavez est reelu president avec environ 63 pour cent des voix.
Le 20 septembre 2006, Chavez prononce son celebre discours a l'Assemblee generale des Nations unies a New York, dans lequel il appelle le president George W. Bush le diable et dit que la tribune sent encore le soufre.
En decembre 2007, la reforme constitutionnelle proposee par Chavez est rejetee en referendum par un etroit ecart. C'est la premiere defaite electorale de sa carriere.
En fevrier 2009, un amendement constitutionnel permettant la reelection indefinie est approuve en referendum.
En juin 2011, Chavez annonce depuis La Havane qu'il a un cancer et qu'une tumeur pelvienne lui a ete enlevee.
En octobre 2012, Chavez est reelu president pour la troisieme fois avec 55 pour cent des voix. Ce sera sa derniere victoire electorale.
En decembre 2012, avant de partir pour Cuba pour sa derniere intervention chirurgicale, Chavez designe publiquement Nicolas Maduro comme son successeur prefere.
Le 5 mars 2013, Hugo Chavez Frias meurt a Caracas a l'age de cinquante-huit ans, des suites de son cancer et de ses complications. Sa mort suscite un immense deuil populaire au Venezuela et dans toute l'Amerique latine.
Hugo Chavez Et Les Medias: Une Relation Complexe Et Conflictuelle
La relation de Hugo Chavez avec les medias fut l'une des plus complexes et des plus controversees de sa presidence. Des le debut, Chavez comprit que les medias de communication etaient un champ de bataille politique crucial, et il aborda les relations avec les medias comme une dimension centrale de sa strategie de pouvoir.
D'un cote, Chavez fut un utilisateur extraordinairement habile des medias de communication comme outil politique. Son programme Alo Presidente, ses frequentes cadenas nacionales qui interrompaient la programmation reguliere de radio et de television, et sa presence constante dans les medias etatiques lui fournissaient une plateforme de communication directe avec les Venezueliens d'une ampleur sans precedent dans l'histoire politique du pays. Il etait capable de dominer le cycle d'actualites a volonte, etablissant l'agenda politique et definissant les termes du debat public de manieres que ses adversaires trouvaient souvent difficiles a contrecarrer.
De l'autre cote, les medias prives venezueliens, qui etaient pour la plupart la propriete d'hommes d'affaires de l'elite economique qui s'opposaient a Chavez, adopterent une position editoriale hostile des le debut de sa presidence. Les principales chaines de television privees, Venevision, RCTV, Globovision et d'autres, couvrirent le gouvernement avec un parti pris marque en faveur de l'opposition et dans certains cas participerent activement au soutien du coup d'Etat de 2002, diffusant de fausses nouvelles sur la demission de Chavez et soutenant ouvertement le gouvernement transitoire de Carmona.
Le conflit entre le gouvernement et les medias prives eut des consequences concretes. En 2007, lorsque la licence de RCTV, la plus ancienne chaine de television privee du Venezuela, arriva a expiration, le gouvernement refusa de la renouveler, arguant que la chaine avait activement participe au coup d'Etat de 2002. La fermeture de RCTV fut condamnee a l'international comme une attaque contre la liberte de la presse, bien que le gouvernement insista sur le fait qu'il s'agissait simplement de la consequence legale et appropriee des actions de la chaine pendant le coup d'Etat.
Parallelement a cette pression sur les medias prives, Chavez construisit un empire mediatique public de grande envergure. La chaine de television publique Venezolana de Television fut renforcee, de nouvelles chaines publiques furent creees, et des milliers de stations de radio communautaires furent lancees dans les quartiers pauvres du pays, donnant aux partisans de Chavez une presence mediatique importante dans les espaces ou les medias prives etaient absents ou peu presents.
L'heritage Intellectuel Et Politique de Hugo Chavez
L'heritage intellectuel de Hugo Chavez est etroitement lie a son action politique, mais il merite d'etre examine separement. Chavez etait, a sa maniere, un homme de culture et d'idees. Il lisait avec voracite tout au long de sa vie, et ses discours et programmes etaient impregnes de references historiques, litteraires et philosophiques qui refletaient une formation intellectuelle eclectique et, par certains egards, impressionnante.
Ses principales influences intellectuelles incluaient, bien entendu, les ecrits de Simon Bolivar, qu'il lisait et citait constamment, et les ecrits des principaux penseurs du bolivarisme et du nationalisme venezuelien du XIXe et du debut du XXe siecle. A cela s'ajoutaient les ecrits de Karl Marx et des principaux theoriciens marxistes, bien que Chavez ne fut jamais un marxiste dogmatique et qu'il prenait librement des elements de differentes traditions sans se sentir oblige de choisir entre elles. La theologie de la liberation, en particulier dans ses variantes latino-americaines, exerca une influence profonde sur sa facon de concevoir la relation entre la foi religieuse et l'engagement pour la justice sociale.
Parmi les figures contemporaines, l'influence de Fidel Castro fut peut-etre la plus directe et la plus profonde. Castro etait pour Chavez non seulement un allie politique mais un exemple de ce qu'un leader revolutionnaire pouvait accomplir avec determination et audace face a l'opposition de la plus grande puissance mondiale. Les visites frequentes de Chavez a Cuba et ses longues conversations avec Castro furent des moments formatifs dans le developpement de sa vision politique.
Chavez eut egalement des interactions intellectuales importantes avec des penseurs comme Heinz Dieterich, un sociologue germano-mexicain qui teoriza le concept de socialisme du XXIe siecle que Chavez adopta comme cadre conceptuel de son projet, et avec divers intellectuels de gauche d'Amerique latine, d'Europe et d'ailleurs qui furent attires par la tentative venezuelienne de construire un projet socialiste democratique.
L'heritage intellectuel de Chavez est, comme son heritage politique, ambigu. D'un cote, il contribua a reintroduire des questions d'egalite, de redistribution et de souverainete nationale dans le debat politique latino-americain a une epoque ou le neoliberalisme semblait avoir etabli une hegemon intellectuelle quasi-totale. De l'autre, son eclectisme theorique et sa tendance a subordonner la coherence intellectuelle aux besoins politiques immediats signifiaient que son heritage conceptuel etait fragmente et difficile a transmette de maniere coherente a ses successeurs.
Hugo Chavez Et la Question Democratique
L'une des questions les plus debattues dans les analyses de la presidence de Chavez est celle de sa relation avec la democratie. Ses partisans le presentaient comme un democrate profond, un homme qui avait remporte chaque election qu'il avait disputee, qui avait soumis des decisions majeures a des referendums populaires, et qui avait mobilise les pauvres et les exclus dans le processus politique d'une maniere sans precedent dans l'histoire venezuelienne. Ses critiques le presentaient comme un autoritaire progressif qui avait utilise les formes de la democratie pour demanteler son contenu, concentrant le pouvoir dans ses propres mains tout en maintenant l'apparence d'un systeme democratique.
Les deux interpretations contiennent des elements de verite, et leur tension reflete une ambiguite fondamentale dans le projet chaviste lui-meme. Chavez croyait genuinement en la democratie au sens de la volonte de la majorite, et considerait les elections comme un instrument legitime de ce pouvoir. Mais il avait peu de respect pour les contraintes institutionnelles et procedurales qui protegent les droits des minorites et l'independance des institutions face aux pressions du pouvoir executif.
Il considErait les institutions independantes, qu'il s'agisse des tribunaux, de l'autorite electorale, de la presse libre ou des organismes de surveillance, non comme des garanties necessaires d'une democratie saine, mais comme des obstacles potentiels a l'expression de la volonte populaire qu'il pretendait incarner. C'est cette tension entre la democratie de la majorite et la democratie constitutionnelle avec ses contraintes et ses garde-fous qui est au coeur du debat sur le legs democratique de Chavez.
Ce qui est indeniable, c'est que les elections sous Chavez furent, en general, reconnues comme libres et equitables par les observateurs internationaux, meme si l'environnement dans lequel elles se deroulaient etait marque par des inegalites dans l'acces aux ressources de l'Etat et par les pressions sur l'opposition. C'est egalement indeniable que Chavez respecta les resultats des elections lorsque la victoire lui etait defavorable, comme en temoigne son acceptation du resultat du referendum constitutionnel de 2007. Et c'est enfin indeniable que son successeur, Maduro, alla bien plus loin que Chavez lui-meme dans la direction autoritaire, invalidant des resultats electoraux, emprisonnant des opposants et demantELant les institutions democratiques de maniere beaucoup plus agressive.
Les Femmes Et Les Minorites Dans Le Venezuela de Chavez
La question de l'inclusion des femmes et des minorites dans le projet bolivarien merite egalement une attention particuliere. La Constitution de 1999, qui fut l'une des premieres constitutions au monde a utiliser systematiquement un langage incluant des personnes de genres differents, etait formellement engagee envers l'egalite des sexes et les droits des minorites, incluant notamment les droits des peuples autochtones.
Dans la pratique, les avancees furent reelles mais inegales. La participation des femmes dans les postes de direction politiques augmenta de facon significative pendant les annees Chavez, bien que les femmes restassent sous-representees dans les hautes fonctions gouvernementales et militaires. La reconnaissance des droits des peuples autochtones, inscrite dans la Constitution de 1999, fut partiellement mise en oeuvre, avec des avancees dans la reconnaissance de terres ancestrales et de droits culturels, mais aussi des retards et des insuffisances dans d'autres domaines.
La communaute LGBTQ+ au Venezuela eut une relation complexe avec le gouvernement chaviste. Si Chavez lui-meme fit parfois des declarations homophobes, la Constitution de 1999 comprenait des protections contre la discrimination que la communaute LGBTQ+ pouvait invoquer, et la culture politique chaviste, avec son accent sur l'inclusion des exclus, crea un espace pour une visibilite accrue de la diversite sexuelle dans certains contextes.
La Vie Personnelle de Hugo Chavez
La vie personnelle de Hugo Chavez, bien que secondaire par rapport a sa vie publique dans la comprehension de son role historique, merite egalement d'etre mentionnee. Chavez fut marie deux fois: d'abord avec Nancy Colmenares, avec qui il eut trois enfants, Rosa Virginia, Maria Gabriela et Hugo Rafael, et ensuite avec la journaliste Marisabel Rodriguez, avec qui il eut une fille, Rosines. Son second mariage se termina par un divorce en 2004.
Chavez parlait souvent de ses enfants avec affection dans ses discours publics, et sa famille occupait une place visible dans sa vie publique. Il etait egalement un homme qui cultivait des amities intenses, et ses relations avec Fidel Castro, Evo Morales et d'autres dirigeants de gauche avaient un caractere personnel et affectif qui allait au-dela des simples alliances politiques.
Sa passion pour le baseball, qui datait de son enfance a Sabaneta, resta un element constant de sa personnalite publique tout au long de sa vie. Il aimait jouer au baseball avec ses collaborateurs et evoquait souvent le baseball dans ses discours pour illustrer des points sur la tactique, la strategie et la perseverance. Sa passion pour la peinture, qui datait egalement de son enfance, fut une autre dimension de sa vie privee qui filtrait parfois dans ses apparitions publiques.
Chavez etait aussi un homme profondement religieux, bien que sa religion fut une forme de catholicisme syncretique qui melait des elements de la doctrine officielle de l'Eglise avec des elements de la theologie de la liberation, de la spiritualite populaire venezuelienne et de ses propres convictions politiques. Sa foi en Dieu fut une ressource personnelle importante pendant sa maladie, et ses references frequentes a Dieu, au Christ et a la Bible dans ses discours publics etaient le reflet d'une conviction sincere plutot que d'un calcul politique.
Hugo Chavez Dans la Memoire Collective
Les annees qui se sont ecoulees depuis la mort de Hugo Chavez ont confirme ce que ses partisans les plus ardents et ses adversaires les plus implacables savaient depuis longtemps: que cet homme etait une figure d'une importance historique considerable, qui occuperait une place permanente dans la memoire collective du Venezuela et de l'Amerique latine.
Dans les bidonvilles de Caracas et dans les communautes rurales de l'Etat de Barinas, des murales representant Chavez continuent d'orner les murs des maisons et des edifices publics. Son nom est invoque dans les discours politiques, dans les chansons populaires et dans les conversations quotidiennes avec une frequence qui temoigne de l'intensite de la marque qu'il a laissee dans l'imaginaire collectif venezuelien.
Pour ses partisans les plus fervents, Chavez a acquis presque un statut de saint laique, un dirigeant qui souffrit pour son peuple et qui mourut avant d'avoir pu accomplir entierement l'oeuvre de liberation qu'il avait entreprise. Pour ses adversaires les plus implacables, il est le responsable du desastre economique et institutionnel dans lequel le Venezuela est plonge, et sa memoire est un symbole de la dangerosite du populisme demagogique. Pour la majorite silencieuse qui ne se reconnait pleinement ni dans l'un ni dans l'autre de ces portraits, il est une figure plus nuancee, un homme qui fit des choses importantes pour les pauvres mais qui aurait pu faire beaucoup plus s'il avait ete capable de construire des institutions plus solides et un modele economique moins dependant du petrole.
Quelle que soit la facon dont les Venezueliens et les Latino-americains choisissent de se souvenir de lui, Hugo Chavez est indelebile dans l'histoire de son pays et de son epoque. Et tant que le Venezuela continuera a naviguer entre les eaux tumultueuses de la crise economique, de l'instabilite politique et de la pression internationale, son nom et son heritage continueront d'etre au coeur des debats sur ce que le pays est et ce qu'il pourrait devenir.
Chronologie Des Principaux Evenements de la Vie Et de la Presidence de Hugo Chavez
28 juillet 1954: Naissance de Hugo Rafael Chavez Frias a Sabaneta, Etat de Barinas, Venezuela.
1971: Entree de Chavez a l'Academie militaire venezuelienne a Caracas, ou il commence a developper ses convictions politiques et nationalistes.
1975: Obtention du diplome de l'Academie militaire avec le grade de lieutenant de l'armee.
1977: Fondation du premier noyau du futur Mouvement bolivarien revolutionnaire 200 (MBR-200) avec d'autres officiers aux convictions similaires.
1982: Formation formelle du MBR-200, organisation clandestine au sein des forces armees venezueliennes, lors d'une cermonie devant le Samán de Güere, l'arbre sous lequel Bolivar se serait repose.
1989: Le Caracazo, les emeutes populaires contre les mesures d'austerite qui firent des centaines de morts. Chavez et de nombreux officiers furent profondement affectes par la repression brutale et par l'utilisation de l'armee contre la population.
4 fevrier 1992: Tentative de coup d'Etat menee par Chavez contre le gouvernement de Carlos Andres Perez. Le coup echoue. Chavez se rend en direct a la television nationale et prononce son discours legendaire utilisant le mot por ahora (pour l'instant), devenant instantanement une figure nationale.
1992-1994: Emprisonnement de Chavez a la prison de Yare.
26 mars 1994: Liberation de Chavez par le president Rafael Caldera, qui avait promis de gracier les putschistes de 1992 pendant sa campagne electorale.
1994-1998: Chavez parcourt le Venezuela pour mobiliser un soutien populaire a son projet politique. Il fonde le Mouvement Cinquieme Republique (MVR) pour participer aux elections de 1998.
6 decembre 1998: Chavez remporte l'election presidentielle avec 56,2% des voix contre 39,9% pour Henrique Salas Romer.
2 fevrier 1999: Investiture de Chavez comme 53eme president de la Republique venezuelienne. Il jure sur la constitution "mourante" et annonce des reformes constitutionnelles.
25 avril 1999: Referendum pour convoquer une Assemblee nationale constituante. 87,7% votent en faveur.
25 juillet 1999: Election des membres de l'Assemblee nationale constituante. Le bloc chaviste remporte 125 des 131 sieges.
15 decembre 1999: La nouvelle Constitution bolivarienne est approuvee par referendum avec 71,8% des voix.
2000: Nouvelle serie d'elections sous la nouvelle Constitution. Chavez est confirme president avec 59,7% des voix.
Decembre 2001: Promulgation de 49 lois par decret en vertu des pouvoirs speciaux accordes a Chavez par l'Assemblee nationale, lois qui declenchent une vive opposition du secteur prive, des medias et de la classe moyenne.
11-14 avril 2002: Coup d'Etat contre Chavez. Pedro Carmona s'autoproclame president. L'opposition fidelite a Chavez dans l'armee et la mobilisation populaire permettent son retour au pouvoir le 14 avril.
Decembre 2002 - fevrier 2003: Greve generale et greve du petrole organisees par l'opposition et la direction de PDVSA. Chavez resiste et reprend le controle de PDVSA.
Aout 2004: Referendum revocatoire sur le mandat de Chavez. 59,1% votent contre la revocation de son mandat.
2005: Lancement de l'Alliance bolivarienne pour les Ameriques (ALBA) avec Cuba. Importantes nationalisations dans divers secteurs economiques.
3 decembre 2006: Chavez remporte la presidentielle avec 62,8% des voix contre Manuel Rosales (36,9%).
2 decembre 2007: Referendum constitutionnel sur 69 amendements proposes par Chavez. Defaite de Chavez avec 50,7% contre les amendements.
Fevrier 2009: Referendum sur la suppression des limites du nombre de mandats presidentiels. Victoire avec 54,9%.
Juillet 2011: Chavez annonce publiquement qu'il a ete opere en Cuba d'un abces qui s'est revele etre un cancer.
7 octobre 2012: Chavez remporte sa quatrieme election presidentielle avec 55,1% des voix contre Henrique Capriles (44,3%).
8 decembre 2012: Dans son dernier discours public, Chavez designe Nicolas Maduro comme son successeur et lui demande de voter pour lui au cas ou lui-meme ne pourrait pas exercer ses fonctions.
5 mars 2013: Deces de Hugo Chavez Frias a Caracas, a l'age de 58 ans, des suites d'un cancer.
8 mars 2013: Les funerailles de Chavez attirent des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier, et des milliers de Venezueliens rendent hommage a leur president decede.
14 avril 2013: Nicolas Maduro remporte l'election presidentielle avec 50,6% des voix contre Henrique Capriles (49,1%), dans ce qui est l'election la plus serree de l'histoire recente du Venezuela.
Hugo Chavez Et L'education: la Mission Robinson Et Au-Dela
L'une des realisations dont Chavez etait le plus fier et qui eut le plus d'impact concret sur la vie des Venezueliens les plus pauvres fut la transformation du systeme educatif du pays. La Mission Robinson, lancee en 2003, fut l'initiative phare de cet effort. Utilisant la methode cubaine d'alphabetisation Yo si puedo (Oui je peux), la Mission Robinson s'etait fixe l'objectif ambitieux d'eliminer l'analphabetisme au Venezuela en deux ans.
Les resultats furent remarquables. En octobre 2005, l'UNESCO certifie que le Venezuela avait elimine l'analphabetisme fonctionnel, apres qu'environ 1,5 million de Venezueliens adultes eurent appris a lire et a ecrire dans le cadre de ce programme. Ce succes, quel que soit le debat sur les chiffres exacts et sur les criteres utilises pour definir l'alphabetisation fonctionnelle, representait un accomplissement reel et tangible pour des centaines de milliers de Venezueliens pour qui l'education avait ete un privilege inaccessible.
La Mission Robinson II etendit l'effort educatif au-dela de l'alphabetisation de base pour inclure l'enseignement primaire complet pour les adultes n'ayant pas pu terminer leurs etudes primaires. La Mission Ribas s'attaqua au niveau secondaire, et la Mission Sucre au niveau universitaire, en ouvrant des universites bolivariennes dans tout le pays et en offrant l'acces a l'enseignement superieur a des centaines de milliers de Venezueliens pour qui cet acces avait ete inabordable.
Ces missions educatives changerent de facon concrete et mesurable les perspectives d'avenir de millions de Venezueliens pauvres. Elles firent partie d'un projet global de transformation sociale qui, malgre ses insuffisances et ses contradictions, represented une avancee reelle par rapport a la situation qui prevalait avant l'arrivee de Chavez au pouvoir.

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