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Histoire des Jeux Olympiques

Histoire des Jeux Olympiques

Une histoire complète des Jeux Olympiques du sanctuaire antique d'Olympie au mouvement mondial moderne

Vitesse

Introduction

Les Jeux olympiques sont le plus grand événement sportif de l'histoire de l'humanité et celui qui rassemble le plus grand nombre de spectateurs, une réunion récurrente d'athlètes venus de tous les continents habités, qui se disputent tous les deux ans selon un cycle quadriennal alternant entre des Jeux d'été et des Jeux d'hiver. Plus de deux cents délégations nationales défilent lors de la cérémonie d'ouverture de chaque édition des Jeux modernes, et l'audience télévisée du spectacle dépasse trois milliards de personnes, soit plus d'un tiers de l'humanité. Pourtant, le mouvement olympique est bien plus ancien que les Jeux modernes eux-mêmes, et ces derniers sont bien plus jeunes que l'autorité culturelle qu'ils en sont venus à exercer. Comprendre les Jeux olympiques, c'est retracer une histoire qui débute au huitième siècle avant notre ère dans un sanctuaire de l'ouest du Péloponnèse, s'interrompt pendant quinze siècles, puis renaît à la fin du dix-neuvième siècle grâce à un baron français qui croyait que le sport international pouvait guérir les blessures du nationalisme.

L'histoire des Jeux olympiques est celle de la compétition sportive, mais c'est aussi celle de la religion, de la guerre, de la politique, du commerce, des technologies de diffusion audiovisuelle, de l'exclusion et de l'inclusion fondées sur la race et le genre, de l'urbanisme, et du désir humain persistant de trouver des arènes pacifiques pour la rivalité entre nations. Peu d'institutions dans le monde moderne portent un poids symbolique aussi considérable sur un fil de continuité aussi ténu avec leur homonyme antique. Les cinq anneaux entrelacés conçus en 1913, l'allumage de la flamme olympique à Olympie et son acheminement par relais jusqu'à la ville hôte, le défilé des équipes nationales derrière leurs drapeaux, et la récitation du serment olympique sont autant d'inventions du vingtième siècle présentées comme la résurgence d'une pratique antique. Le génie du mouvement olympique réside précisément dans cette confusion féconde du mythe et de l'histoire, dans sa capacité à faire paraître éternelle une tradition récemment inventée.

Cet article parcourt l'ensemble de l'histoire olympique, depuis le sanctuaire antique d'Olympie jusqu'à la suppression théodosienne, en passant par le long silence médiéval, les résurrections du dix-neuvième siècle, la fondation du mouvement moderne à Paris en 1894, les premiers Jeux modernes à Athènes en 1896, les décennies fondatrices et tumultueuses, l'adjonction des Jeux d'hiver, la politisation des Jeux durant la Guerre froide, les boycotts, la transformation commerciale amorcée à Los Angeles en 1984, le mouvement paralympique, les crises du dopage, les débats sur les villes hôtes, et les jeux du vingt et unième siècle de Sydney à Paris. Il s'intéresse aux athlètes emblématiques dont les performances ont façonné la mémoire collective des Jeux, aux villes dont l'ambition et l'endettement ont influencé la politique urbaine à l'échelle mondiale, ainsi qu'aux tensions récurrentes entre l'idéal olympique du sport universel et les pressions politiques, commerciales et éthiques qui ne cessent de l'éprouver. Les Jeux olympiques ne ressemblent à aucun autre événement inventé par l'être humain, et leur histoire compte parmi les grands récits culturels du monde moderne.

Les Jeux olympiques antiques

Les Jeux olympiques antiques furent célébrés pour la première fois, selon le comput traditionnel des Grecs, en l'an 776 avant notre ère, dans le sanctuaire d'Olympie en Élide, dans l'ouest du Péloponnèse, et ils se perpétuèrent à intervalles de quatre ans pendant près de douze siècles, jusqu'à ce qu'ils fussent supprimés par décret impérial à la fin du quatrième siècle de notre ère. Le site d'Olympie n'était pas une cité, mais un complexe religieux consacré à Zeus, roi des dieux grecs, et les Jeux étaient à l'origine une fête religieuse célébrée en son honneur, l'une des quatre grandes manifestations athlétiques et religieuses de la Grèce antique. Les trois autres étaient les Jeux pythiques à Delphes, consacrés à Apollon, les Jeux néméens à Némée, également consacrés à Zeus, et les Jeux isthmiques à Corinthe, consacrés à Poséidon. Ensemble, ces quatre festivals constituaient les Jeux panhelléniques, le circuit du periodos sur lequel les athlètes les plus accomplis se forgeaient des réputations qui perdurent de génération en génération.

La date de fondation traditionnelle de 776 avant notre ère marque les premiers Jeux olympiques pour lesquels les Grecs ont conservé le nom du vainqueur de l'épreuve principale, le stadion, un sprint d'environ 192 mètres sur toute la longueur du stade. Le vainqueur du stadion donnait son nom à l'ensemble de la période de quatre ans, et les chronologistes grecs utilisaient ces numéros d'olympiade comme méthode de datation des événements dans l'ensemble du monde grec. Le premier vainqueur olympique recensé fut Coroebos d'Élide, cuisinier de métier, dont le nom a survécu parce que le polymathe grec Hippias d'Élide dressa au cinquième siècle avant notre ère une liste des vainqueurs olympiques que les historiens postérieurs utilisèrent et complétèrent. La question de savoir si 776 avant notre ère correspond véritablement aux premiers Jeux ou seulement aux premiers dont des archives aient subsisté est une question que les historiens modernes ne peuvent résoudre de manière définitive, mais cette date est devenue le point de départ canonique du comput historique grec.

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