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Pedro II Du Bresil (1825-1891)

Pedro II Du Bresil (1825-1891)

Vitesse

Introduction

Pedro II du Bresil est l'une des figures les plus importantes et les plus remarquables du XIXe siecle, un homme dont le regne de pres de cinq decennies transforma une nation sud-americaine vaste et diverse d'une monarchie post-coloniale fragile en un Etat modernisateur qui gagna le respect international authentique. Son regne, qui s'etendit de 1841 a 1889 et dura quarante-neuf ans, en fit le monarque ayant regne le plus longtemps dans l'histoire des Ameriques, une trajectoire qui fut temoin de transformations extraordinaires dans la societe, l'economie et la culture bresiliennes. Plus qu'une simple figure politique, Pedro II fut un veritable intellectuel, un grand mecene des arts et des sciences, un polyglotte qui pouvait converser en plusieurs langues europeennes, et un homme qui cultiva des amities et une correspondance personnelle avec certains des plus grands esprits de son epoque. Il echangea des lettres avec Charles Darwin, Louis Pasteur, Henry Wadsworth Longfellow, Victor Hugo, Richard Wagner et Friedrich Nietzsche, et fut elu en 1875 membre de la prestigieuse Academie francaise des sciences, un honneur qui n'avait ete accorde qu'a deux autres chefs d'Etat dans l'histoire : Pierre le Grand de Russie et Napoleon Bonaparte.

L'histoire de Pedro II est, a bien des egards, l'histoire du Bresil lui-meme durant la seconde moitie du XIXe siecle. Lorsqu'il prit le controle personnel du gouvernement en 1841, la nation etait un Etat jeune et fragile qui resolvait encore les contradictions et les tensions de son heritage colonial. Le pays avait accede a l'independance en 1822 sous son pere, l'Empereur Pedro I, mais la transition de colonie portugaise a nation independante n'avait ete ni propre ni simple. Les rebellions internes, les mouvements separatistes regionaux et le poids structurel d'une economie esclavagiste menacaient la coherence et la survie de l'Etat bresilien. Dans les decennies qui suivirent, Pedro II utiliserait son intelligence considerable, son autorite constitutionnelle et son influence morale personnelle pour naviguer ces defis, construisant un degre de stabilite politique que son predecesseur n'avait jamais reussi a atteindre et que la republique qui lui succeda lutterait pendant des generations pour egaler.

Sa relation avec l'esclavage reste l'un des aspects les plus complexes et les plus debattus de sa trajectoire historique. Pedro II s'opposait personnellement et profondement a l'institution de l'esclavage humain, et pourtant il se retrouvait etre l'empereur de la plus grande societe esclavagiste des Ameriques, gouvernant un pays dont l'economie agricole etait construite sur le travail d'Africains reduits en esclavage et de leurs descendants. La tension entre ses convictions morales et les realites politiques d'un pays domine par une puissante classe de proprietaires terriens esclavagistes produisit un drame qui s'etendit sur des decennies, avec des mesures partielles, une reforme graduelle et finalement l'abolition complete. Le processus passa par plusieurs etapes fondamentales : l'interdiction du commerce atlantique d'esclaves en 1850, la Lei do Ventre Livre de 1871 qui declarait que tous les enfants nes de meres esclaves seraient libres, la Lei dos Sexagenarios de 1885 qui liberait les personnes reduites en esclavage a l'age de soixante ans, et finalement la Lei Aurea, ou Loi d'Or, signee le 13 mai 1888, qui abolit l'esclavage au Bresil dans son integralite. Cet acte final, realise sans la violence qui avait dechire les Etats-Unis lors de leur propre abolition, fut l'un des accomplissements moraux les plus significatifs du long regne de Pedro II, bien qu'il soit arrive trop tard pour sauver la monarchie a laquelle il avait consacre sa vie.

Les dernieres annees du regne de Pedro II furent temoins de la convergence de forces qui mettraient finalement fin a la fois a son gouvernement et a l'Empire bresilien. Les militaires nourrissaient des ressentiments decoulant de la Guerre du Paraguay et de ce que les officiers percevaient comme une reconnaissance inadequate de leurs contributions a ce conflit couteux. L'ideologie republicaine avait gagne du terrain depuis les annees 1870, se repandant dans les classes moyennes eduquees et trouvant des defenseurs dans la presse. Et l'abolition de l'esclavage en 1888, si moralement necessaire qu'elle fut, avait aliene la puissante classe des fazendeiros dont la prosperite economique dependait du travail non libre et dont la loyaute politique envers la monarchie avait ete precedemment un pilier crucial de soutien. Lorsque le coup d'etat du 15 novembre 1889 amena des soldats menes par le Marechal Deodoro da Fonseca dans les rues de Rio de Janeiro et proclama la Republique Bresilienne, Pedro II choisit de ne pas resister. Il s'embarqua sur un navire pour l'exil et mourut dans une chambre d'hotel a Paris le 5 decembre 1891, a peine deux ans apres avoir perdu le trone, une figure d'extraordinaire dignite dont la mort provoqua un deuil sincere meme parmi ceux qui avaient oeuvre a sa destitution.

Son histoire demeure l'un des grands drames historiques de l'hemisphere occidental, un recit d'accomplissements personnels remarquables, d'engagement intellectuel profond et, en derniere instance, d'un destin politique tragique. Le Bresil reconnut eventuellement ce qu'il avait perdu : en 1921 et 1922, avec tous les honneurs officiels, la nation rapatria les restes de Pedro II d'Europe et les enterra dans la ville imperiale de Petropolis. Aujourd'hui, il est rappele comme l'une des figures historiques les plus cherees du Bresil, un monarque qui servit son peuple avec dedicace, intelligence et une veritable seriosite morale, et dont l'heritage continue de faconner l'identite nationale bresilienne.

Naissance Et Heritage Familial

Pedro de Alcantara Joao Carlos Leopoldo Salvador Bibiano Francisco Xavier de Paula Leocadio Miguel Gabriel Rafael Gonzaga naquit le 2 decembre 1825 au Palais de Sao Cristovao a Rio de Janeiro, Bresil. Son nom complet, une cascade ceremonielle d'invocations royales et religieuses caracteristique des conventions de nomenclature royale portugaise, refletait les elaborees traditions de la dynastie des Bragance dans laquelle il etait ne. Il sera connu dans l'histoire simplement comme Pedro II, le second et dernier Empereur du Bresil, bien que ceux qui l'aimaient l'appelaient Dom Pedro ou, avec une affection particuliere, O Magnanimo, le Magnanime.

Son pere etait Pedro I du Bresil, l'homme qui avait declare l'independance bresilienne du Portugal en 1822 et etait devenu le premier empereur de la nouvelle nation. Pedro I etait une figure complexe et turbulente, un homme d'energie et de courage genuins qui avait eu l'extraordinaire audace de demeurer au Bresil lorsque son pere, le roi Joao VI du Portugal, etait rentre a Lisbonne en 1821, et qui avait ensuite defie les ordres de son pere de rentrer en lancant le fameux cri de "l'Independance ou la Mort" le 7 septembre 1822, sur les rives de la riviere Ipiranga pres de Sao Paulo. Le caractere de Pedro I combinait cet instinct pour l'action dramatique avec des qualites personnelles qui en faisaient un dirigeant difficile : il etait impulsif, romantiquement infidele d'une maniere qui causait un scandale public, profondement emmele dans la politique dynastique portugaise, et de plus en plus en conflit avec l'etablissement politique bresilien. Son regne se termina par une abdication volontaire en 1831, lorsque les pressions politiques de multiples directions devinrent insurmontables et qu'il choisit de retourner en Europe pour defendre les pretentions de sa fille Maria au trone portugais.

La mere de Pedro II etait Maria Leopoldina, Archiduchesse d'Autriche, fille de l'Empereur du Saint-Empire Romain Germanique Francois II et donc princesse de l'ancienne Maison des Habsbourg. Maria Leopoldina etait, de l'avis general, une femme de considerables dons intellectuels, de culture genuinde et de profonde bonte personnelle, des caracteristiques qui trouveraient une expression puissante dans le caractere de son fils. Elle avait epouse Pedro I lors d'une ceremonie de procuration a Vienne en 1817 et avait navigue vers le Bresil l'annee suivante, entrant dans un monde completement different des cours elegantes de la royaute europeenne. Elle s'adapta a son nouveau pays avec un remarquable esprit et s'attacha profondement au Bresil, bien que son bonheur personnel fut systematiquement detruit par l'infidelite flagrante de Pedro I et sa relation maintenue publiquement avec une noble bresilienne, la Marquise de Santos. Maria Leopoldina mourut le 11 decembre 1826, alors que son fils n'avait que treize mois, epuisee par le malheur et les exigences physiques des grossesses repetees. L'infant Pedro II perdit ainsi sa mere avant de pouvoir avoir un quelconque souvenir conscient d'elle, une perte que les historiens contemporains ont identifiee comme source d'une blessure emotionnelle durable.

La Chute de Pedro I Et Les Annees de la Regence (1831-1840)

La crise politique qui mit fin au regne de Pedro I couvait depuis plusieurs annees avant d'arriver a sa soudaine conclusion en avril 1831. L'empereur etait devenu profondement impopulaire pour plusieurs raisons qui, combinees, creerent une coalition de mecontentement embrassant des interets et des ideologies tres differents. Sa gestion de l'Assemblee Constituante en 1823 avait ete autoritaire et avait etabli un precedent inquietant d'interference executive dans les procedures legislatives. Sa participation a la question de la succession portugaise, qui comprenait une periode de guerre aux Acores et son retour eventuel en Europe pour defendre les pretentions de sa fille au trone portugais, soulevait des questions legitimes sur sa loyaute principale, envers le Bresil ou la politique dynastique de la famille Bragance. Son comportement personnel, comprenant le maintien effrone d'une maitresse publique, generat des critiques morales qui allaient au-dela de la tolerance habituelle pour l'infidelite royale. Et la Province Cisplatine, qui constitue aujourd'hui la nation de l'Uruguay, fut perdue lors de la guerre avec l'Argentine en 1828, un echec militaire et diplomatique qui sapa davantage la confiance du public en son gouvernement.

Lorsque la fin arriva, elle arriva rapidement. Une serie d'affrontements violents entre factions portugaises et bresiliennes a Rio de Janeiro en mars et avril 1831 produisit une crise d'ordre public que le gouvernement de Pedro I ne put contenir. Les unites militaires commencerent a passer du cote des manifestants. Le 7 avril 1831, face a la claire realite qu'il avait perdu le controle de l'armee et de la situation politique en general, Pedro I abdiqua en faveur de son fils de cinq ans et repartit en Europe, laissant derriere lui un enfant-empereur et un pays qui allait passer la decennie suivante dans la turbulence politique en cherchant des arrangements constitutionnels pour se gouverner lui-meme.

La periode qui suivit l'abdication de Pedro I et preceda la prise de pouvoir personnelle de Pedro II est connue sous le nom de la Regence, et fut, par pratiquement toute mesure, la decennie la plus difficile et la plus dangereuse de l'histoire nationale bresilienne. Le systeme de Regence, qui placait initialement le pouvoir executif entre les mains d'un conseil de trois hommes designes par l'Assemblee generale, s'avera chroniquement instable et fut revise de maniere repete dans des tentatives de trouver une formule viable.

Les convulsions politiques de la Regence furent accompagnees d'une serie de rebellions regionales graves qui menacerent de fragmenter completement l'Etat bresilien. Au Para, dans le lointain nord, la revolte de la Cabanagem de 1835 mobilisa des populations metisses et indigenes dans un soulevement d'une violence extraordinaire qui resulta en la mort d'un estime quarante pour cent de la population de la province. Au Maranhao, la revolte Balaiada de 1838 a 1841 combina les griefs des personnes reduites en esclavage, des communautes indigenes et des populations pauvres libres dans un defi soutenu a l'ordre social existant. Dans le Rio Grande do Sul, a l'extreme sud, la Farroupilha, ou Guerre des Haillonneux, qui debuta en 1835, fut une revolte separatiste de la culture gaucho d'elevage des terres frontalieres du sud qui dura dix ans avant d'etre finalement supprimee.

La quasi-desintegration de l'Etat bresilien durant les annees de la Regence crea les conditions politiques pour ce qui s'avererait etre une manoeuvre constitutionnelle cruciale. Une faction politique croissante conclut que le salut de l'unite nationale bresilienne exigeait la fin prematuree de la regence et l'elevation du jeune Pedro II a l'autorite constitutionnelle adulte. Le mouvement, connu sous le nom de campagne de la Maioridade, gagna de l'elan a la fin des annees 1830 et produisit un vote decisif a l'Assemblee generale bresilienne le 23 juillet 1840. L'assemblee declara Pedro II majeur a cette date, trois ans avant qu'il n'atteigne l'age legal de dix-huit ans, et le lendemain il fut intronise comme empereur et prit le gouvernement personnel du pays.

Le Jeune Emperor Parvient a la Maturite

Pedro II fut formellement couronne comme Empereur du Bresil le 18 juillet 1841 lors d'une ceremonie d'elaboree magnificence celebree a Rio de Janeiro. Il avait quinze ans. La couronne placee sur sa tete ce jour-la avait ete specialement fabriquee pour l'occasion, un chef-d'oeuvre de l'artisanat bresilien incorporant les metaux et les gemmes du pays qu'il gouvernait maintenant. La ceremonie fut concue pour projeter une image de legitimite imperiale et de stabilite que la decennie precedente de regence et de rebellion avait dangereusement sapee, et elle reussit dans ce but dans une mesure considerable.

En 1843, Pedro II epousa Teresa Cristina Maria de Bourbon, fille de Francois I des Deux-Siciles et donc princesse de la dynastie des Bourbons. Le mariage avait ete arrange par des canaux diplomatiques a la maniere traditionnelle des alliances matrimoniales de la royaute europeenne, et le couple ne s'etait pas rencontre avant l'arrivee de Teresa Cristina au Bresil. Pedro II fut, selon les recits, decu lorsqu'il vit pour la premiere fois sa future imperatrice, la trouvant moins physiquement attrayante que le portrait qu'on lui avait envoye avant son arrivee, une reaction qu'il n'eut apparemment pas assez de tact pour cacher entierement. Mais Teresa Cristina s'avera etre une femme de profonde bonte personnelle, de curiosite intellectuelle et de veritable devotion envers le Bresil, et avec le temps la relation entre eux se developpa en une de veritable affection et de respect mutuel. Elle partageait l'interet de Pedro II pour l'erudition et l'archeologie, devenant elle-meme une mecenat significative des arts et des sciences, et lui donna quatre enfants : Afonso, qui mourut en bas age en 1847 ; Isabel, nee en 1846, qui signerait eventuellement la Loi d'Or abolissant l'esclavage ; Leopoldina, nee en 1847 ; et un fils cadet qui mourut aussi en bas age.

La Monarchie Constitutionnelle Et Le Pouvoir Moderateur

Le cadre constitutionnel dans lequel Pedro II exercait son autorite fut etabli par la Constitution bresilienne de 1824, qui avait ete redigee et promulguee pendant le regne de son pere et qui resta en vigueur tout au long de la periode de l'Empire. Cette constitution, s'appuyant sur des elements de la theorie constitutionnelle francaise et anglaise ainsi que sur les circonstances politiques specifiques du Bresil, etablissait un systeme parlementaire avec quatre branches formelles de gouvernement : l'executive, la legislative, la judiciaire et le soi-disant pouvoir moderateur.

Le pouvoir moderateur accordait a l'empereur l'autorite de nommer et de destituer les premiers ministres et les membres du cabinet independamment des majorites parlementaires, de dissoudre la Chambre des Deputes et de convoquer de nouvelles elections, de sanctionner ou de mettre son veto a la legislation, et d'exercer un certain nombre d'autres prerogatives qui en faisaient en pratique la figure la plus puissante du systeme politique bresilien.

L'exercice du pouvoir moderateur par Pedro II se caracterisa, selon l'evaluation historique generale, par de versi tentatives d'impartialite et par un veritable engagement envers les principes constitutionnels qu'il avait jure de respecter. Il fit usage du pouvoir pour faire alterner les deux principaux partis politiques, les Liberaux et les Conservateurs, dans et hors du gouvernement avec une regularite qui servait le but pratique d'empecher l'un ou l'autre d'etablir une domination permanente.

Son regne de quarante-neuf ans ne compta que quatorze cabinets differents, une moyenne d'approximativement un changement de gouvernement tous les trois ans et demi, un record de continuite qui contrastait fortement avec l'instabilite gouvernementale caracterisant de nombreuses nations latino-americaines de la meme periode.

Construire Une Nation Moderne : Chemins de Fer, Telegraphe Et Bateaux a Vapeur

L'accomplissement le plus visible et le plus transformateur du regne de Pedro II fut peut-etre la modernisation systematique de l'infrastructure physique du Bresil, un projet qui requit des investissements soutenus, une volonte politique et l'engagement personnel de l'Empereur envers les dernieres avancees en technologie et en ingenierie. Lorsque Pedro II prit le gouvernement personnel en 1841, le Bresil etait un pays de vastes distances et de mauvaises communications, une nation dont les regions interieures etaient effectivement isolees des villes cotieres et entre elles par l'absence de routes, la difficulte de naviguer sur de nombreux fleuves et la pure enormite du territoire implique.

Les chemins de fer furent l'instrument le plus dramatique de cette transformation. Lorsque le regne de Pedro II debuta, le Bresil n'avait aucune ligne ferroviaire. La technologie n'avait que deux decennies d'existence en Angleterre, ou le premier chemin de fer public a vapeur avait ouvert en 1825, et n'avait commence a se repandre dans d'autres pays que recemment. Le premier chemin de fer bresilien, une courte ligne dans l'Etat de Rio de Janeiro, ouvrit en 1854. C'etait un debut, mais seulement un debut. Dans les decennies suivantes, avec l'encouragement, les subventions et la direction du gouvernement imperial, le reseau ferroviaire s'etendit constamment des principales villes cotieres vers l'interieur. Vers la fin de l'Empire en 1889, le Bresil avait construit plus de neuf mille kilometres de voies ferrees, un reseau qui avait fondamentalement transforme les possibilites du commerce, du voyage et des communications dans tout le pays.

Le telegraphe fut adopte avec un enthousiasme egal. Pedro II avait une fascination personnelle pour la technologie et pour le potentiel du telegraphe electrique comme instrument de communication et d'administration nationale. La premiere ligne telegraphique bresilienne fut installee a Rio de Janeiro en 1852, reliant le palais imperial a Sao Cristovao a l'Arsenal de Guerre. A travers les decennies suivantes, les lignes telegraphiques s'etendirent dans tout le pays, reliant finalement les principales villes et fournissant au gouvernement un moyen de communication qui n'avait tout simplement pas existe auparavant.

La navigation a vapeur transforma les fleuves et le commerce cotier du Bresil d'une maniere egalement significative. Le vaste reseau fluvial du Bresil, qui comprend l'Amazone et ses affluents, le Sao Francisco et les fleuves de l'interieur sud, avait historiquement servi d'arteres de transport principales dans les regions interieures du pays. Les bateaux propulses par la vapeur changerent completement ce calcul, rendant possible une navigation programmee fiable et ouvrant l'interieur a un degre de commerce et de mobilite que le systeme de transport precedent ne pouvait tout simplement pas soutenir.

La Bourse de Rio de Janeiro fut fondee et developpee pendant son regne. Les banques, les compagnies d'assurance, les usines, l'eclairage au gaz pour les rues de Rio de Janeiro et d'autres grandes villes, et finalement le telephone, tous emergerent pendant les decennies de son gouvernement. Pedro II etait present a la demonstration du telephone d'Alexander Graham Bell lors de l'Exposition du Centenaire de Philadelphie en 1876, une exposition mondiale a laquelle l'empereur assista en partie en sa qualite d'admirateur de l'innovation technologique. Il leva prétendument l'ecouteur a son oreille, entendit la voix de Bell parler a travers lui, et s'exclama d'etonnement, une scene qui devint une partie du propre recit de Bell sur la maniere dont le telephone attira ses premiers celebres admirateurs.

Mecene Des Sciences, Des Arts Et Du Savoir

La reputation de Pedro II comme mecene des sciences et des arts n'etait pas accessoire a son regne mais constituait l'une de ses caracteristiques les plus distinctives et les plus celebrees, lui valant admiration bien au-dela des frontieres du Bresil et en faisant l'un des dirigeants intellectuellement les plus engages de son epoque. Son mecenat opera a de multiples niveaux simultanement : comme individu prive qui financait des publications, des expeditions scientifiques et des projets artistiques de ses propres ressources ; comme mecene institutionnel qui utilisait l'autorite imperiale et les ressources de l'Etat bresilien pour financer des ecoles, des musees, des bibliotheques et des societes savantes ; et comme presence personnelle dans la vie intellectuelle dont l'enthousiasme et la competence genuins dans de multiples domaines lui donnaient une credibilite qu'un mecenat purement ceremoniel n'aurait jamais pu generer.

Son interet pour l'histoire naturelle etait particulierement intense. Le Bresil, avec ses incomparables dons naturels, etant le seul bassin amazonien le foyer d'environ dix pour cent de toutes les especes de la Terre, etait l'un des grands sujets de la science naturelle du XIXe siecle, et Pedro II etait tres conscient de la signification scientifique de la richesse biologique, geologique et botanique de son pays. Il soutint le Musee National a Rio de Janeiro, qui sous son mecenat devint l'une des institutions scientifiques les plus significatives d'Amerique latine.

Son soutien a l'astronomie fut egalement enthousiaste. Il financa la construction d'observatoires, soutint des publications en science astronomique et fut lui-meme un astronome amateur competent qui effectuait regulierement des observations. En 1887, il voyagea au Ceara dans le nord-est bresilien pour observer une eclipse solaire totale, une expedition qui combinait un objectif scientifique avec le plaisir personnel de l'observation. L'image d'un empereur vieillissant campant dans l'interieur bresilien pour voir la lune passer devant le soleil capture quelque chose d'essentiel sur son caractere.

Les arts jouirent de la meme qualite d'engagement personnel. Pedro II etait un poete d'une realisation modeste mais genuinde, ecrivant des vers en portugais et occasionnellement en francais qui refletaient sa sensibilite romantique et sa profonde familiarite avec les principales traditions litteraires de l'Europe. Son soutien a la construction du Theatre Municipal a Rio de Janeiro, qui devint eventuellement l'une des meilleures salles d'opera d'Amerique du Sud, exprima a la fois son amour personnel de la musique et sa conviction qu'une grande nation exigeait de grandes institutions culturelles.

En 1875, Pedro II fut elu membre de l'Academie francaise des sciences, l'organisme scientifique le plus prestigieux du monde. Comme il a ete note, seulement deux chefs d'Etat avaient precedemment recu cette distinction : Pierre le Grand de Russie et Napoleon Bonaparte. L'election ne fut pas une simple courtoisie ; elle refletait la veritable reconnaissance de la part de la communaute scientifique internationale que Pedro II avait apporte des contributions substantielles au soutien et au developpement du savoir scientifique.

Amitie Avec Les Grands Esprits Du Siecle

La correspondance et les relations personnelles de Pedro II avec les figures intellectuelles leaders de son epoque formaient l'un des reseaux de connexion intellectuelle les plus remarquables que tout dirigeant politique du XIXe siecle ait maintenus. Il n'etait pas un monarque qui recevait les hommes savants comme des curiosites ou qui entretenait une correspondance comme forme de signalisation de prestige ; c'etait un homme qui s'engageait comme un veritable pair intellectuel avec beaucoup des plus grands esprits de son temps.

Sa connexion avec Charles Darwin merite une attention particuliere. Darwin, dont De l'origine des especes avait ete publie en 1859 et avait transforme le paysage intellectuel du monde moderne, etait le scientifique le plus influent du XIXe siecle. Pedro II suivit le travail de Darwin avec attention, et Darwin de son cote etait tres conscient du soutien de Pedro II a la science. Darwin est enregistre comme ayant dit que "l'Empereur fait tellement pour la science que tout homme de science est oblige de lui montrer le plus grand respect." Darwin avait ete profondement faconne par son fameux voyage en Amerique du Sud et aux iles Galapagos dans les annees 1830.

La relation avec Louis Pasteur fut plus directement pratique. Pasteur, le chimiste et microbiologiste francais dont la decouverte de la theorie microbienne de la maladie, le procede de pasteurisation et le developpement de vaccins contre la rage et le charbon en avaient fait le scientifique le plus celebre de la fin du XIXe siecle, entretint une correspondance avec Pedro II pendant plusieurs annees sur des questions liees a l'application de ses decouvertes a la sante publique au Bresil. L'empereur fut parmi les partisans financiers de la fondation de l'Institut Pasteur a Paris.

Henry Wadsworth Longfellow, le poete americain dont les oeuvres comme La Chanson de Hiawatha et Evangeline en avaient fait l'un des ecrivains les plus celebres du monde anglophone, fut un autre avec qui Pedro II maintint une chaleureuse relation intellectuelle. Lorsque Pedro II visita les Etats-Unis en 1876 pour assister a l'Exposition du Centenaire de Philadelphie, il fit une visite a Cambridge, Massachusetts, ou vivait Longfellow, et la rencontre entre l'empereur bresilien et le poete americain devint l'une des celebres rencontres intellectuelles de l'epoque.

La connexion avec Victor Hugo fut egalement riche. Hugo, dont Les Miserables avait ete publie en 1862 et etait devenu l'un des romans definitoires du XIXe siecle, n'etait pas seulement un grand ecrivain mais un activiste politique engage qui avait passe des annees en exil de France pour son opposition au regime autoritaire de Napoleon III. Ses politiques d'emancipation humaine et son opposition morale a l'injustice resonnaient profondement avec les propres valeurs de Pedro II, et les deux hommes trouverent l'un en l'autre des esprits apparentes. La description de Hugo de Pedro II comme "le petit-fils de Marc Aurele" fut une comparaison d'une elevation extraordinaire, invoquant le philosophe-empereur romain dont les Meditations incarnaient l'ideal du dirigeant comme etre moral dedie a la justice et a la sagesse.

Richard Wagner, dont les operas dont Tristan et Isolde, L'Anneau du Nibelung et Parsifal avaient redefini les possibilites du theatre musical, etait un autre dont l'oeuvre Pedro II admirait intensement. Le soutien de Pedro II au Festspielhaus de Bayreuth, l'opera que Wagner construisit dans la ville bavaroise de Bayreuth specifiquement pour des representations de ses oeuvres, fut un geste d'engagement artistique genuind.

La Guerre Du Paraguay Et Ses Consequences (1864-1870)

La Guerre du Paraguay, connue au Bresil comme la Guerra do Paraguai et ailleurs comme la Guerre de la Triple Alliance, fut le conflit le plus sanglant et le plus destructeur de l'histoire sud-americaine, un conflit dont les consequences fagonnerent le paysage politique du continent pendant des generations. Pour Pedro II et l'Empire bresilien, ce fut une epreuve decisive qui demontrait la capacite militaire bresilienne a une echelle jamais auparavant requise.

Les origines du conflit residaient dans la politique complexe et volatile de la region du Rio de la Plata, la zone entourant l'estuaire forme par l'union des fleuves Parana et Uruguay. Le Paraguay sous le dictateur Francisco Solano Lopez avait construit sa capacite militaire pendant plusieurs annees et avait developpe l'armee permanente la plus puissante d'Amerique du Sud.

A la fin de 1864, le Bresil intervint militairement en Uruguay en soutien a la faction Colorado, un mouvement que Lopez interpreta comme un defi direct aux interets et a l'influence regionale du Paraguay. Lopez repondit en s'emparant du vapeur bresilien Marques de Olinda en octobre 1864 et en envahissant la province bresilienne du Mato Grosso en decembre de la meme annee.

En mai 1865, le Bresil, l'Argentine et l'Uruguay formaliserent leur alliance militaire dans le Traite de la Triple Alliance, s'engageant a des operations militaires conjointes jusqu'a ce que Lopez soit evince du pouvoir.

Le cout humain fut renversant. Le Bresil mobilisa d'enormes contingents de soldats, incluant de nombreux hommes reduits en esclavage a qui on offrait la liberte en echange du service militaire, un aspect de la guerre qui eut des implications significatives pour la question plus large de l'esclavage au Bresil. Selon certaines estimations, le Bresil perdit environ cinquante mille soldats au combat et par maladie pendant la guerre.

La guerre se termina effectivement avec la mort de Francisco Solano Lopez a la bataille de Cerro Cora le 1er mars 1870. Lopez refusa de se rendre et fut tue alors qu'il menait la derniere resistance paraguayenne. Pour la fin de la guerre, le Paraguay avait perdu quelque part entre la moitie et les deux tiers de sa population totale.

Le Long Chemin Vers L'abolition : L'interdiction Du Commerce D'esclaves En 1850

L'histoire de l'esclavage au Bresil est l'une des plus etendues et des plus importantes de toute l'histoire de l'institution. A travers les quelque trois siecles du commerce atlantique d'esclaves, le Bresil recut plus d'Africains reduits en esclavage que tout autre pays des Ameriques, avec des estimations oscillant entre quatre et cinq millions de personnes transportees de diverses parties d'Afrique vers le Bresil tout au long de la periode du commerce.

L'opposition personnelle de Pedro II a l'esclavage etait genuinde et de longue date. Il avait libere ses propres esclaves personnels en 1840, en prenant les pouvoirs du trone, un geste qui etait simultanement une declaration morale et une demonstration pratique de ses convictions. Le premier grand pas legislatif vers l'abolition fut fait en 1850, avec l'adoption de la Loi Eusebio de Queiros, qui mit effectivement fin au commerce atlantique d'esclaves entre l'Afrique et le Bresil.

La Lei Do Ventre Livre : la Loi Du Ventre Libre de 1871

La Lei do Ventre Livre, connue en francais comme la Loi du Ventre Libre ou la Loi de la Libre Naissance, fut signee le 28 septembre 1871 et representa l'avancee abolitionniste la plus significative que le Bresil avait promulguee depuis l'interdiction du commerce d'esclaves deux decennies auparavant. La loi etablissait le principe que tous les enfants nes de meres esclaves a cette date ou apres seraient legalement libres.

La loi etait egalement connue sous le nom de Lei Rio Branco, en l'honneur du Baron de Rio Branco, le premier ministre imperial qui poussa la legislation a travers l'Assemblee generale contre la farouche opposition de la classe des proprietaires d'esclaves. La bataille politique pour la Loi du Ventre Libre fut l'une des plus intenses du regne de Pedro II.

La Lei Dos Sexagenarios : Liberte a Soixante Ans

La Lei dos Sexagenarios, egalement connue comme la Loi Saraiva-Cotegipe, fut promulguee le 28 septembre 1885, exactement quatorze ans apres la Loi du Ventre Libre, et ses dispositions liberaient les personnes reduites en esclavage qui avaient atteint l'age de soixante ans. La loi stipulait que les personnes reduites en esclavage de soixante ans ou plus seraient liberees, mais incluait des dispositions qui qualifiaient significativement la signification pratique de cette liberte. Les sexagenaires liberes devaient continuer a travailler pour leurs anciens proprietaires pendant une periode de trois ans supplementaires.

La Lei Aurea : la Loi D'or de 1888

La Lei Aurea, la Loi d'Or, signee le 13 mai 1888, est le texte legislatif le plus capital de l'histoire bresilienne, l'acte qui mit fin a pres de quatre siecles d'esclavage au Bresil et libera les quelque sept cent mille personnes qui demeuraient legalement reduites en esclavage au moment de son adoption. Sa brievete, la loi ne comportait que deux articles, etait une mesure de la simplicite de sa logique morale et de la magnitude de sa signification historique. Le premier article declarait que l'esclavage etait aboli au Bresil. Le second article abrogeait toute la legislation contraire.

La personne qui signa la Lei Aurea ne fut pas Pedro II lui-meme. L'empereur etait en Europe, etant parti en juin 1887 pour recevoir un traitement pour la maladie qui affectait de plus en plus sa sante. La loi fut signee a la place par sa fille, la Princesse Isabel, qui servait de regente du Bresil en l'absence de son pere. La Princesse Isabel etait elle-meme une abolitionniste engagee qui avait use de ses opportunites comme regente a de precedentes occasions pour faire avancer la cause abolitionniste, et sa signature de la Loi d'Or le 13 mai 1888 fut un acte par lequel elle est rappellee avec admiration dans l'histoire bresilienne. Elle a ete appelee la Redemptrice pour cet acte.

La reaction populaire a la signature de la Loi d'Or fut extraordinaire. A Rio de Janeiro et dans d'autres grandes villes, l'annonce de l'abolition fut recue avec des celebrations d'une intensite que les contemporains decrivirent comme differente de tout ce qu'ils avaient vu auparavant.

L'essor Du Mouvement Republicain

Le mouvement republicain au Bresil avait de profondes racines intellectuelles qui s'etendaient au moins jusqu'aux annees 1870, lorsque le premier parti explicitement republicain fut forme et commenca a publier un manifeste arguant en faveur du remplacement de l'Empire par une republique. Le Parti Republicain, fonde en 1870 avec la publication du Manifeste Republicain, attira son soutien initial principalement des professionnels urbains eduques et des intellectuels qui etaient influences par la philosophie positiviste d'Auguste Comte, qui etait devenue extremement influente dans les cercles intellectuels bresiliens.

Le mecontentement politique croissant de l'armee fut un element crucial dans le developpement du mouvement republicain. La Guerre du Paraguay avait cree un grand corps d'officiers professionnels qui revinrent du conflit avec un sentiment d'identite institutionnelle et un ensemble de convictions politiques qui les rendaient de plus en plus mal a l'aise au sein du systeme imperial domine par les civils.

Le Coup D'etat Sans Violence Du 15 Novembre 1889

Le coup d'etat qui mit fin a l'Empire bresilien et proclama la Republique Bresilienne le 15 novembre 1889 fut, selon les normes des coups d'etat militaires en Amerique latine au XIXe siecle, remarquablement sans violence et presque incomprehensiblement dramatique. Une force relativement petite de soldats, dirigee par le veteran general Manuel Deodoro da Fonseca, se reunissait a Rio de Janeiro dans la matinee du 15 novembre et presentait au gouvernement imperial un fait accompli que le gouvernement de Pedro II se montra incapable ou non dispose a resister.

Le nouveau gouvernement informa Pedro II que lui et sa famille devaient quitter le Bresil. L'empereur, accompagne de l'Imperatrice Teresa Cristina et d'autres membres de la famille imperiale, s'embarqua sur le vapeur Alagoas dans le port de Rio de Janeiro dans l'apres-midi du 17 novembre 1889, seulement deux jours apres le coup d'etat. Une foule se rassembla au port, et il y eut des recits de personnes pleurant tandis que le navire emportant l'empereur depose s'eloignait du quai.

L'exil En Europe Et Les Derniers Jours a Paris

L'exil que Pedro II endura pendant les deux dernieres annees de sa vie fut a bien des egards coherent avec le caractere qu'il avait montre tout au long de son regne : digne, intellectuellement actif, genereux d'esprit envers ses anciens sujets et libre de l'amertume et du ressentiment que son traitement aurait raisonnablement pu provoquer. Il arriva a Lisbonne en novembre 1889 et de la voyagea vers diverses destinations europeennes, s'etablissant principalement a Paris, la ville qui avait toujours represente pour lui le centre du monde intellectuel international.

L'Imperatrice Teresa Cristina l'avait accompagne en exil, mais elle etait en mauvaise sante, et la rigueur des derniers mois s'avera trop lourde pour elle. Elle mourut a Porto, Portugal, le 28 decembre 1889, seulement six semaines apres que le couple avait quitte le Bresil. Sa mort fut un coup devastateur pour Pedro II.

Sa vie intellectuelle se poursuivit meme en exil. Il maintint sa correspondance avec des erudits et des scientifiques, travailla sur des traductions de l'arabe et d'autres langues qu'il avait commencees au Bresil, visita des bibliotheques et des musees, et assista a des conferences et a des reunions scientifiques lorsque sa sante le permettait.

Pedro II mourut au Grand Hotel de Paris le 5 decembre 1891, a l'age de soixante-six ans. Il avait ete malade pendant plusieurs jours, et sa mort arriva tranquillement dans les premieres heures du matin. Il avait survecu a son Empire d'un peu plus de deux ans.

Le Retour Des Restes Imperiaux Au Bresil

La decision de rapatrier les restes de Pedro II fut prise par le gouvernement avec une ceremonie considerable, comme il convenait a la signification historique de l'occasion. Les restes imperiaux furent amenes de Lisbonne au Bresil en 1921, arrivant a temps pour les celebrations du centenaire de 1922. Le gouvernement autorisa le rapatriement avec une declaration officielle reconnaissant les contributions de Pedro II au developpement bresilien.

Les restes furent transportes a la ville imperiale de Petropolis, la ville de montagne que Pedro II avait aimee et faite sa residence d'ete, ou un magnifique mausolee dans la cathedrale imperiale avait ete prepare pour les recevoir. Les ceremonies qui marquerent le retour des restes de Pedro II furent des occasions de veritable sentiment national transcendant les divisions politiques de l'epoque.

L'heritage de Dom Pedro II

L'heritage de Dom Pedro II du Bresil est l'un des plus riches et des plus multidimensionnels de l'histoire des Ameriques, englobant des accomplissements en matiere de modernisation, de vie intellectuelle, d'abolitionnisme et de developpement a long terme de l'identite nationale bresilienne qui ont assure sa place parmi les figures historiques les plus significatives que l'hemisphere occidental ait produites.

Son accomplissement le plus evident et le plus durable est la transformation physique du Bresil qui se produisit pendant son regne. Les chemins de fer, telegraphes, lignes de vapeurs, usines, banques, ecoles, musees, bibliotheques et institutions scientifiques qui furent construits pendant les quarante-neuf ans de son gouvernement fournirent l'infrastructure sur laquelle le developpement bresilien ulterieur fut bati.

Sa contribution a l'abolitionnisme bresilien demeure peut-etre son heritage moralement le plus significatif. Le processus en quatre etapes par lequel l'esclavage fut aboli au Bresil, l'interdiction du commerce d'esclaves en 1850, la Loi du Ventre Libre de 1871, la Lei dos Sexagenarios de 1885 et la Loi d'Or de 1888, se developpa sur plus de trois decennies sous l'influence morale constante et la direction politique d'un empereur qui ne vacilla jamais dans son opposition personnelle a l'esclavage meme lorsque les couts politiques de l'action etaient eleves.

Son heritage intellectuel est d'un caractere different mais egalement important. Les connexions internationales qu'il maintint avec Darwin, Pasteur, Longfellow, Hugo, Wagner et tant d'autres placerent le Bresil, a travers la personne de son empereur, dans le courant principal de la vie intellectuelle du XIXe siecle.

Dans une ere et une position ou les tentations de la corruption, de l'enrichissement personnel et de l'abus de pouvoir etaient omnipresentes, Pedro II fit constamment preuve d'integrite personnelle, de desinteressement et d'une orientation genuinde vers le bien public plutot que vers l'avantage prive. Il ne s'enrichit pas aux depens de son pays. Il traita les adversaires politiques avec une moderation et une equite qui etaient remarquables pour l'epoque. Et il endura la perte de son trone et son exil avec une dignite et une equanimite qui lui vaudrent le respect meme de ceux qui avaient oeuvre a son renversement.

Dom Pedro II du Bresil mourut a Paris le 5 decembre 1891, trois jours apres son soixante-sixieme anniversaire. Il etait arrive au monde comme prince de la dynastie des Bragance dans une ville au bord du monde connu, avait gouverne le plus grand pays des Ameriques pendant pres d'un demi-siecle, avait connu l'amitie et le respect des plus grands esprits de son epoque, avait oeuvre constamment et coheremment pour la liberte des millions de personnes dont la servitude representait le grand echec moral de sa societe, et avait fait face a la perte de tout ce qu'il avait construit avec une dignite et une grace qui lui etaient entierement propres.

Pedro II Et la Question de L'integration Regionale

Le regne de Pedro II fut remarquable non seulement par ses accomplissements interieurs dans la modernisation du Bresil, mais aussi par le role que le pays joua dans le panorama politique et diplomatique plus large de l'Amerique du Sud. Dans une ere ou les relations entre les Etats latino-americains etaient souvent definies par la mefiance, les disputes territoriales et le recours a la violence armee, Pedro II s'efforga d'une politique etrangere qui, bien que pas toujours couronnee de succes, temoignait d'un desir comprehensible de stabilite regionale et de relations pacifiques avec les voisins du Bresil.

Les origines du Bresil independant avaient ete marquees par des tensions territoriales avec les nations nouvellement formees d'Amerique du Sud. Les frontieres du pays, tracees avec peu de precision et souvent disputees, etaient une source potentielle de conflit avec l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay, la Bolivie, le Perou, le Venezuela et la Colombie. L'habilete diplomatique des successifs ministres des affaires etrangeres de Pedro II dans la negociation et la stabilisation de ces frontieres fut un accomplissement significatif de la periode imperiale qui est souvent eclipsee dans les recits historiques par le dramatisme de la Guerre du Paraguay et l'abolition eventuelle de l'esclavage.

La Guerre du Paraguay avait ete la plus significative epreuve de la politique etrangere du regne de Pedro II et avait laisse des consequences complexes pour les relations du Bresil avec ses voisins du Rio de la Plata. D'un cote, la victoire militaire avait elimine temporairement la menace que le Paraguay de Lopez representait pour la stabilite regionale. De l'autre, l'ampleur de la destruction infligee au Paraguay et les dispositions du Traite de la Triple Alliance avaient seme des ressentiments durables.

Les relations avec l'Argentine furent particulierement delicates pendant cette periode. Les deux grandes nations d'Amerique du Sud avaient des interets qui se chevauchaient dans le bassin du Rio de la Plata, et la cooperation qu'elles avaient demontre durant la guerre contre le Paraguay n'eliminait pas une rivalite sous-jacente qui avait caracterise leurs relations depuis l'independance.

La relation du Bresil avec la Grande-Bretagne, la puissance coloniale et commerciale dominante dans l'Atlantique Sud au XIXe siecle, etait d'une importance fondamentale pour le Bresil. Les investisseurs britanniques avaient finance une grande partie de l'expansion ferroviaire du pays, les marchands britanniques dominaient des secteurs significatifs du commerce exterieur bresilien. Pedro II maintint des relations generalement bonnes avec la Grande-Bretagne, en partie parce que les politiques economiques du gouvernement imperial coincidaient suffisamment avec les interets commerciaux britanniques.

La relation du Bresil avec les Etats-Unis durant le regne de Pedro II fut cordiale et illustree par le fameux voyage de 1876 de Pedro II en Amerique du Nord pour l'Exposition du Centenaire. Les Etats-Unis representaient pour Pedro II quelque chose de considerable fascination intellectuelle : une republique qui avait survecu a une terrible guerre civile et avait aboli l'esclavage, le pays de Longfellow et d'Emerson, de la democratie jeffersonienne et de l'expansion technologique. Son voyage de 1876 fut la premiere visite officielle d'un chef d'Etat regnant aux Etats-Unis, un fait remarquable qui fut reconnu avec de considerables ceremonies et une attention soutenue. Le president Ulysses Grant le recut a la Maison Blanche.

Le Caractere Personnel Et la Vie Privee de Pedro II

Pour comprendre pleinement Pedro II comme figure historique, il est necessaire d'aller au-dela de ses accomplissements publics et de ses politiques d'Etat pour examiner le caractere personnel de l'homme, la vie interieure qui modelait sa gouvernance publique. Les temoignages contemporains de ceux qui le connurent, les journaux qu'il tint pendant une grande partie de sa vie, sa correspondance privee et les recits des membres de la famille et des associes proches, dressent le portrait d'un homme d'une considerable complexite humaine : genereusement erudit mais parfois porte aux affectations academiques, profondement engage envers ses devoirs mais capable d'une irritabilite impatiente devant les trivialites de la vie de cour, ami loyal mais de temperament reserve qui trouvait rarement le moyen de montrer ses emotions les plus profondes ouvertement.

La nature de son intelligence etait large plutot que profondement specialisee. Il etait curieux de tout, interesse par les dernieres decouvertes en science, par la litterature en une demi-douzaine de langues, par la philosophie, l'histoire, la technologie, le monde naturel du Bresil et les affaires humaines des diverses populations de son vaste pays. Ses journaux, qu'il commencait a quatre ou cinq heures du matin et dans lesquels il consignait ses lectures, ses reflexions et ses observations sur les personnes qu'il rencontrait, revelent un esprit continuellement actif qui trouvait peu de sujets sans interet.

Il etait physiquement imposant. A sa maturite, il mesurait environ 1,90 metre, exceptionnellement grand pour son epoque, et sa pleine barbe doree-chataine qui deviendrait eventuellement argentee, ainsi que ses yeux bleus et sa contenance sereine, lui donnaient une presence physique qui impressionnait meme ceux qui ne savaient rien de son rang. Les portraits de Pedro II a la maturite montrent un homme d'aspect intellectuel et d'une remarquable dignite tranquille qui ne depend pas de l'ostentation ceremonielle pour projeter de l'autorite.

L'austerite de ses habitudes personnelles etait remarquable pour un dirigeant de sa position. Il vivait de maniere relativement simple dans les palais imperiaux, resistait aux elabores etalages de luxe royal qui etaient conventionnels dans les cours europeennes, et etait connu pour son inconfort face au protocole et a la ceremonie vides qui etaient les monnaies de la vie officielle.

Sa vie religieuse etait moderement observante plutot que fervente. C'etait un homme de foi catholique nominale comme il convenait a sa position en tant que dirigeant d'un pays officiellement catholique, mais ses instincts intellectuels le portaient vers le scepticisme et le rationalisme empirique plutot que vers la devotion fervente.

Son amour pour le Bresil etait absolument genuind. Non pas l'amour d'un dirigeant colonial qui traite son domaine comme une source d'extraction de richesses, mais l'amour d'un homme qui etait ne au Bresil, qui avait grandi au Bresil, qui avait passe presque toute sa vie au Bresil, et qui identifiait le Bresil comme sa patrie dans le sens le plus profond. Ses ecrits en exil sont impreGnes d'une nostalgie pour le pays qu'il avait quitte qui transcende le regret politique de la perte du pouvoir. Il regrettait la lumiere, la chaleur, les paysages et les gens du Bresil, le monde naturel qui avait fascine sa curiosite pendant des decennies et les diverses communautes humaines dont le bien-etre avait ete sa responsabilite.

L'education Et L'expansion Des Connaissances Sous Pedro II

L'engagement de Pedro II envers l'education fut l'un des aspects les plus consequents de son regne, refletant sa conviction profonde que le developpement a long terme du Bresil dependait de la cultivation systematique des connaissances dans toutes ses formes. Bien avant que les nations europeennes n'etablissent des systemes d'education publique obligatoire, Pedro II oeuvrait a la creation d'institutions educatives au Bresil qui pourraient servir toutes les couches de la societe, pas uniquement les elites.

Le College Pedro II a Rio de Janeiro, fonde en 1837, representait le modele de ce qu'une education secondaire moderne pouvait accomplir. Offrant une formation rigoureuse en sciences, humanites et langues modernes, il servait de standard d'excellence que les autres etablissements du pays etaient encourages a imiter. Pedro II le visitait regulierement, examinant parfois personnellement les eleves, une pratique qui illustrait son engagement direct envers l'excellence educative.

Les universites et les ecoles professionnelles se multiplierent pendant son regne. L'Ecole Polytechnique, l'Institut Agronomique et de nombreux autres etablissements concus pour appliquer les connaissances systematiques au developpement du Bresil furent fondes ou considerably renforces. Les ecoles de medecine de Rio de Janeiro et de Salvador avaient existe avant son accession au trone, mais se developperent considerablement sous son mecenat, formant les medecins et les professionnels de sante qui etaient essentiels pour une nation aux prises avec les maladies tropicales.

Pedro II accordait une attention particuliere a l'education des populations marginalisees du Bresil. Bien avant que la pleine abolition soit realisee, il soutint des initiatives educatives pour les personnes emancipees et contribua au financement d'ecoles dans les communautes d'affranchis. Son soutien a l'education des femmes, bien que limite par les normes sociales de l'epoque, allait au-dela de ce qui etait habituel pour un monarque du XIXe siecle.

La fondation de l'Institut Historique et Geographique Bresilien en 1838, peu apres que Pedro II eut commence son gouvernement personnel, fut une expression de son engagement envers la documentation et la preservation de l'histoire et de la geographie bresiliennes. L'Institut devint un centre de recherche historique et un archive de materiaux documentaires sur l'histoire bresilienne, et Pedro II fut un membre actif qui assistait regularement a ses reunions et participait a ses discussions intellectuelles.

Pedro II Et Les Arts Visuels

Le mecenat de Pedro II pour les arts visuels fut une dimension importante de son soutien culturel plus large au Bresil. L'Academie Imperiale des Beaux-Arts de Rio de Janeiro, fondee en 1816 par des artistes francais qui accompagnerent la cour royale portugaise lorsqu'elle se transporta a Rio en 1808, beneficia considerablement du soutien personnel et institutionnel de Pedro II. Il financa des voyages d'etudes en Europe pour des artistes bresiliens prometteurs, leur permettant d'etudier avec les maitres des grandes academies et ateliers europeens, et il parraina des expositions et des commandes qui donnerent aux artistes bresiliens des occasions de mettre en valeur leur talent.

La pratique de la photographie, que Pedro II embrassa avec enthousiasme aussi bien comme praticien que comme mecene, representait une intersection fascinante de ses interets scientifiques et artistiques. Il apprit lui-meme le metier et maintint une collection photographique substantielle. Le photographe bresilien Marc Ferrez, qui crea certaines des plus belles images documentaires du Bresil du XIXe siecle, travailla sous le mecenat imperial et beneficia de l'interet personnel et des connaissances de l'empereur sur le medium.

L'opera occupait une place particuliere dans la vie culturelle de Pedro II et de la cour imperiale. Rio de Janeiro, comme capitale imperiale, aspirait a se mesurer aux grandes capitales europees dans le domaine des arts de la representation, et l'opera etait la forme la plus prestigieuse de divertissement culturel de l'epoque. Pedro II assista regularement aux representations et soutint la construction et le maintien des theatres qui accueillaient ces representations.

La Republique Qui Lui Succeda Et la Memoire Historique

La Republique qui remplaca l'Empire de Pedro II en novembre 1889 fut a bien des egards l'heritage politique des forces qui avaient grandi sous son regne : l'armee professionnelle creee et renforcee par la Guerre du Paraguay, les classes moyennes eduquees qui avaient prospere grace aux programmes d'education de l'Empire, la culture positiviste qui avait penetre dans les institutions militaires et dans la vie intellectuelle bresilienne. Que ces forces aient finalement renverse la monarchie qui avait tant contribue a les creer fut l'une des ironies de l'histoire bresilienne.

Les premieres annees de la Republique ne furent pas l'ere de liberte democratique et de progres que de nombreux republicains avaient espere. La Republique Velha, qui dura de 1889 a 1930, fut en grande partie gouvernee par un systeme de politique coroneliste dans lequel les caciques locaux et les gouvernements des etats economiquement dominants de Sao Paulo et du Minas Gerais se relayaient au controle du gouvernement federal dans des arrangements qui avaient peu a voir avec la democratie veritable.

La comparaison entre le bilan de l'Empire sous Pedro II et les premieres decennies de la Republique conduisit naturellement a des evaluations revisionnistes de la periode imperiale. A mesure que les problemes de la Republique devenaient evidents, les Bresiliens commencerent a se rappeler la periode de Pedro II avec plus de chaleur et de complexite qu'on n'aurait pu l'attendre dans la periode immediatement posterieure au coup d'etat.

La decision du gouvernement republicain de rapatrier les restes de Pedro II en 1921 fut en elle-meme une admission implicite de la valeur historique du regne imperial, et les ceremonies qui entoullerent le retour des restes a Petropolis en 1922 convertirent le jugement positif sur Pedro II en une question d'affirmation officielle de l'Etat.

Aujourd'hui, Pedro II est constamment classe dans les sondages d'opinion bresiliens parmi les figures historiques les plus admirees de l'histoire du pays. Son image apparait sur des statues, des monuments et des musees dans tout le Bresil. La ville de Petropolis, qu'il aimait tant, le rappele avec un affection particuliere, et le Musee Imperial qui occupe son ancienne residence d'ete y est l'un des plus visites du Bresil.

Les Relations de Pedro II Avec L'eglise Catholique

La relation entre Pedro II et l'Eglise catholique romaine etait complexe et parfois tendue, refletant les tensions plus larges entre l'autorite de l'Etat et les prerogatives ecclesiastiques qui caracterisaient de nombreuses societes catholiques au XIXe siecle. En tant que dirigeant d'un pays dont la religion officielle etait le catholicisme, Pedro II avait des obligations ceremoelles et institutionnelles envers l'Eglise qui etaient une part inescapable de son role. En tant qu'homme de temperament intellectuel rationaliste, cependant, il n'etait pas d'une devotion religiose fervente.

La "Question Religieuse" des annees 1870 constitua la crise la plus grave dans les relations entre l'Etat bresilien et l'Eglise catholique pendant le regne de Pedro II. Le conflit surgit d'une dispute sur les societes maconniques, que le pape Pie IX avait condamnes dans l'encyclique Quanta Cura de 1864. Deux eveques bresiliens, Dom Vital de Oliveira et Dom Antonio de Macedo Costa, agirent conformement aux directives papales en interdisant aux membres de fraternites macooniques de participer aux activites des confreries catholiques dans leurs dioceses respectifs, provoquant des conflits avec les fraternites affectees et finalement avec le gouvernement imperial lui-meme.

Pedro II se trouva dans la difficile position de devoir choisir entre respecter l'autorite ecclesiastique et maintenir les prerogatives constitutionnelles de l'Etat bresilien sur les affaires de l'Eglise dans ses frontieres. Il fit emprisonner les deux eveques pour desobeissance aux lois de l'Etat, une mesure qu'il prit avec une considerable gene mais qu'il sentait n'avoir pas d'autre choix vu le cadre constitutionnel. La controverse n'affiblait pas seulement les relations avec l'Eglise mais alienait egalement une partie du clerge brasilien et des catholiques devots dont le soutien avait ete un element important de la base politique de la monarchie.

La Vie Intellectuelle Du Bresil Sous Pedro II

La floraison intellectuelle et culturelle qui caracterisa le Bresil imperial sous Pedro II ne fut pas simplement le produit du mecenat personnel de l'empereur, bien que ce mecenat fut significatif. Ce fut plutot le resultat de la combinaison du soutien institutionnel, de la relative stabilite politique, de la croissance economique et d'un climat culturel qui valorisait la production intellectuelle et artistique.

La litterature bresilienne atteignit de nouveaux sommets sous le regne de Pedro II. Machado de Assis, generalement considere comme le plus grand ecrivain de la litterature bresilienne, produit ses oeuvres les plus importantes, notamment "Memoires Posthumes de Bras Cubas" et "Dom Casmurro", dans les dernieres decennies du XIXe siecle. Son ironie sophistiquee, son analyse psychologique penetrante et son regard sur la societe bresilienne de son epoque representent l'epanouissement d'une tradition litteraire nationale distincte.

La poesie connut egalement une periode de grande fecondite. Le mouvement romantique bresilien, represente par des poetes comme Castro Alves, dont les vers abolitionnistes captures la conscience morale d'une generation, et Gonfalves Dias, dont l'exploration des themes indigenes et de l'identite nationale ouvrit de nouvelles voies litteraires, emergea pendant les decennies centrales du regne de Pedro II.

La presse joua un role croissant dans la vie intellectuelle et politique du Bresil imperial. Les journaux prolifererent dans les grandes villes, offrant non seulement des informations mais aussi une tribune pour le debat intellectuel et la critique politique. Pedro II, bien qu'il ne fut pas exempt de la critique de la presse, soutenait generalement la liberte de la presse comme un principe constitutional important, une attitude qui contribua a la vitalite du discours public bresilien sous son regne.

Considerations Finales Sur Le Legs de Pedro II

En evaluant l'ensemble du regne de Pedro II, les historiens ont generalement conclu que ses accomplissements depassent largement ses echecs, et que sa place parmi les figures les plus importantes de l'histoire bresilienne et latino-americaine est pleinement meritee. Il gouverna un pays d'enorme complexite pendant pres d'un demi-siecle avec une dediace genuinde, une integrite personnelle remarquable et un engagement intellectuel qui n'avait pas de precedent dans l'histoire des Ameriques.

Ses accomplissements dans la modernisation des infrastructures physiques du Bresil, dans la promotion de l'education et de la science, dans l'encouragement des arts et de la culture, et finalement dans la realisation de l'abolition de l'esclavage, constituaient ensemble un bilan d'une portee extraordinaire. Il avait recu un pays a peine sorti de la turbulence de la Regence et le laissait, malgre la douleur de sa fin politique, bien plus avance sur la voie du developpement national qu'il ne l'etait au debut de son gouvernement personnel.

Ses echecs etaient reels : la strategie gradualiste sur l'abolition fut trop lente et causa des souffrances inutiles a des generatons de personnes maintenues en esclavage ; son usage du pouvoir moderateur, bien qu'exerce avec bonne foi, limitait la democratie authentique ; et son incapacite ou refus de monter une resistance ferme au coup d'etat de 1889 laissa un vide qui permit a des forces moins scrupuleuses de s'emparer du pouvoir.

Mais les vertus predominaient. La moderation, la sagesse et la seriosite morale avec lesquelles il s'acquitta de sa charge firent de lui un modele rare de gouvernement responsable dans une ere ou de tels modeles etaient rares. Sa conviction que le pouvoir etait un mandat de service public plutot qu'un privilege personnel differenciait sa conception du role imperial de celle de nombreux contemporains.

Dom Pedro II du Bresil mourut a Paris le 5 decembre 1891. Il avait vecu assez longtemps pour voir la nation a la construction de laquelle il avait consacre sa vie commencer a prendre son vrai visage moderne, mais pas assez pour voir toutes les fruitions de cette oeuvre. Que le Bresil l'ait rappele avec affection et gratitude croissantes au cours du siecle qui a suivi est le meilleur temoignage du succes de cette oeuvre. Il demeure, dans la memoire collective de son pays, le Magnanime, celui qui fit du mieux qu'il put pour rendre son immense nation digne de ses immenses possibilites.

La Modernisation Economique Et Le Developpement Du Commerce

L'economie bresilienne connut une transformation profonde pendant le long regne de Pedro II, passant d'une dependance quasi exclusive sur le sucre et l'or a une diversification plus grande qui incluait le cafe, le caoutchouc, le coton et les premiers balbutiements d'une industrie manufacturiere. Cette transformation fut a la fois le fruit de forces naturelles du marche mondial et le resultat de politiques deliberees du gouvernement imperial qui cherchait a placer le Bresil sur une trajectoire de developpement a long terme.

Le cafe devint, au cours du XIXe siecle, la culture dominante de l'economie bresilienne, transformant les paysages de l'Etat de Sao Paulo et du Vale do Paraiba en vastes plantations qui produisaient des quantites croissantes d'un produit dont la demande mondiale ne cessait d'augmenter. L'essor du cafe crea une nouvelle classe de hacendeiros caficulteurs, particulierement puissants dans l'Etat de Sao Paulo, dont la richesse et l'influence politique etaient immenses et dont les interets determinaient en large partie les parametres de la politique nationale. Ces memes hacendeiros, longtemps soutiens de la monarchie, se retourneraient contre elle apres l'abolition de l'esclavage en 1888, estimant que la mesure avait detruit leur base economique sans compensation adequate.

La caoutchouc, ou borracha, connut pendant la seconde moitie du XIXe siecle ce qu'on appela le boom caoutchoutier, une periode d'enrichissement extraordinaire pour les regions amazoniennes du Bresil qui fournissaient la majorite de la production mondiale d'un produit devenu essentiel pour l'industrie mondiale emergente. Les villes de Belem et de Manaus, qui servaient de centres commerciaux pour la region amazoniense, connurent une prosperite soudaine et spectaculaire qui se manifesta dans des architectures ambitieuses dont le celebre Theatre Amazonas de Manaus est le temoignage le plus impressionnant.

Le commerce exterieur bresilien se developpa substantiellement pendant les decennies du regne de Pedro II. Les exportations de cafe, de caoutchouc, de sucre et d'autres produits primaires genererent les devises etrangeres qui financaient les importations de machines, de produits manufactures et de capital necessaires au developpement du pays. La balance commerciale, bien qu'elle fut parfois deficitaire en raison des importations de materiaux pour la construction ferroviaire et d'autres projets d'infrastructure, contribua globalement a une accumulation de richesses nationales qui soutenait la modernisation.

Le systeme bancaire bresilien se consolida et se developpa pendant cette periode. La fondation du Banco do Brasil comme institution nationale et le developpement d'un reseau de banques commerciales dans les principales villes fournirent l'infrastructure financiere necessaire pour une economie en expansion. Les investissements etrangers, principalement britanniques mais aussi francais et allemands, affluerent dans le pays pour financer les chemins de fer, les services publics et d'autres projets d'infrastructure que le capital bresilien seul ne pouvait pas financer.

L'immigration fut activement promue comme moyen de fournir la main-d'oeuvre dont l'economie en expansion avait besoin et d'apporter de nouvelles competences et technologies au Bresil. Les immigrants allemands s'etablirent dans les provinces du sud, fondant des communautes qui conserverent leur langue et leur identite culturelle pendant des generations. Les immigrants italiens arriverent en grand nombre apres 1870, particulierement dans l'Etat de Sao Paulo, fournissant la main-d'oeuvre pour les fazendas de cafe et fondant des entreprises urbaines dans les principales villes.

L'abolition Et Ses Consequences Economiques Et Sociales

L'abolition de l'esclavage en 1888, bien qu'elle fut un accomplissement moral de la plus haute importance, crea des perturbations economiques et sociales dont les consequences continuerent de se faire sentir pendant des decennies. La question de ce qui allait se passer avec les quelque 700 000 personnes liberees par la Lei Aurea n'avait pas de reponse simple ou immediate.

Pour de nombreux affranchis, la liberte formelle ne s'accompagna pas immediatement d'une amelioration substantielle de leur situation materielle. Sans terres, sans education, sans capital et dans une societe ou la discrimination raciale etait profondement enracinee, beaucoup se retrouverent contraints d'accepter des arrangements de travail qui n'etaient que marginalement meilleurs que la servitude. Le systeme de travail de colonato, dans lequel des familles d'immigrants ou d'affranchis travaillaient sur les fazendas de cafe en echange d'un logement et d'une part de la recolte, remplacait certes l'esclavage mais ne creait pas forcement les conditions d'une verite liberte economique.

L'absence d'une reforme agraire substantielle accompagnant l'abolition fut la plus grande lacune de la transition. Le Bresil ne redistribua pas les terres des grandes plantations pour creer une classe de petits proprietaires independants comme certains reformateurs l'avaient suggere. Les grandes fazendas resterent entre les mains de leurs proprietaires, et les affranchis qui avaient peine sur ces terres n'acquirent aucun droit sur elles par le simple acte de liberation.

Neanmoins, l'abolition marqua un tournant irreversible dans l'histoire sociale bresilienne. La fin legale de l'esclavage crea les conditions, meme si elles mirent des decennies a se materialiser, d'une transformation progressive de la societe bresilienne vers une plus grande egalite formelle. Les generations suivantes d'Afro-Bresiliens pourraient, avec une difficule persistante mais sans l'obstacle absolu de la condition servile legale, aspirer a une participation a la vie publique et economique du pays.

L'influence de Pedro II Sur la Science Tropicale

L'une des contributions les moins souvent citees mais les plus significatives du mecenat scientifique de Pedro II fut son soutien au developpement de la science tropicale, c'est-a-dire la recherche scientifique focalisee sur les phenomenes naturels, les maladies et les ressources specifiques aux regions tropicales du monde. A une epoque ou la recherche scientifique etait concentree dans les grandes universites et institutions europeennes et nord-americaines, et ou l'Amerique tropicale restait dans bien des domaines une terra incognita pour la science formelle, Pedro II soutint de maniere deliberee les recherches qui pourraient reveler les secrets du monde naturel bresilien.

Son soutien a des naturalistes comme Agassiz, qui dirigea l'Expedition Thayer dans le bassin amazonien en 1865-1866, et a de nombreux autres scientifiques qui virent dans le Bresil un terrain extraordinaire de recherche, contribua a l'accumulation de connaissances sur la biodiversite et l'ecologie tropicales qui etaient importantes tant pour la science que pour l'exploitation pratique des ressources naturelles du pays.

Pedro II encouragea egalement la recherche en medecine tropicale, reconnaissant que les maladies tropicales comme la malaria, la fievre jaune et la fievre typhoide etaient parmi les plus grands obstacles au developpement humain dans les regions tropicales. Bien avant que les mecanismes de transmission de ces maladies ne soient compris, il soutint les medecins et les chercheurs qui cherchaient a comprendre et a combattre ces fleaux. Ses connexions avec Pasteur, dont les decouvertes sur les germes et les vaccins allaient revolutionner la medecine, refleterent sa conscience que la science medicale moderne etait la cle pour ameliorer la sante publique au Bresil.

Les Voyages de Pedro II Et L'image Du Bresil Dans Le Monde

Pedro II effectua plusieurs voyages a l'etranger qui lui permirent de rencontrer personnellement de nombreuses des figures intellectuelles et politiques avec lesquelles il correspondait, de voir de pres les realisations des nations les plus avancees de l'epoque, et de projeter une image positive du Bresil et de la monarchie bresilienne sur la scene mondiale. Ces voyages etaient remarquables pour un monarque regnant de l'epoque : visiter l'etranger en tant que chef d'Etat en activite etait relativement rare, et la decision de Pedro II de le faire refletait sa curiosite intellectuelle et son desir de s'engager directement avec le monde au-dela des frontieres bresiliennes.

Son premier grand voyage a l'etranger eut lieu en 1871, quand il visita l'Europe et le Proche-Orient. Ce voyage lui permit de rencontrer Victor Hugo, de visiter des institutions scientifiques et culturelles majeures, et d'observer de pres les effets de la modernisation europeenne. En 1876, il se rendit aux Etats-Unis pour l'Exposition du Centenaire de Philadelphie, le premier chef d'Etat regnant a effectuer une visite officielle aux Etats-Unis. Cette visite lui permit de rencontrer le president Grant, de visiter des centres universitaires comme Harvard et Yale, et de rencontrer Longfellow a Cambridge. Sa fascination pour l'Amerique, qu'il voyait comme un modele de developpement republicain dont le Bresil pouvait tirer des lecons, etait genuine.

En 1877, il visita de nouveau l'Europe, rencontrant des scientifiques, des ecrivains et des hommes d'Etat dans plusieurs pays. Sa presence aux plus importantes expositions universelles de l'epoque, qui presentaient les dernieres avancees de la technologie et de l'industrie, refletait son interet constant pour les nouveautes technologiques et les possibilites qu'elles offraient pour le developpement bresilien.

Ces voyages avaient un impact important sur l'image internationale du Bresil. Voir un monarque bresilien capable de discuter de science avec Darwin, de philosophie avec les grands intellectuels europeens, et d'ecriture avec Hugo, changeait la perception internationale du pays. Le Bresil n'etait pas simplement une ancienne colonie portugaise peripherique, mais une nation gouvernee par un homme de culture genuinde et d'engagement serieux avec les idees et les defis de l'epoque.

Le Mouvement Abolitionniste Bresilien Et Le Role de Pedro II

Le mouvement abolitionniste bresilien fut l'un des mouvements sociaux les plus importants du XIXe siecle latino-americain, un mouvement qui mobilisa des ecrivains, des orateurs, des avocats, des hommes d'eglise et finalement de larges pans de l'opinion publique bresilienne dans la campagne pour la fin de l'esclavage. Pedro II n'en fut pas le leader visible, pour des raisons constitutionnelles et politiques, mais son influence subtile et constante sur l'orientation de la politique officielle vers l'abolition fut significative.

Les abolitionnistes bresiliens comme Joaquim Nabuco, dont l'oeuvre "L'Abolitionnisme" de 1883 constituait le manifeste intellectuel le plus elabore du mouvement, plaidaient avec force que l'esclavage etait non seulement moralement abominable mais qu'il constituait le principal obstacle au developpement economique et social du Bresil. L'argument de Nabuco, qui combina la critique morale avec l'analyse economique et la vision sociale, trouvait des echos chez des lecteurs de toutes les classes sociales.

La presse abolitionniste se developpa considrablement dans les annees 1880, avec des journaux dedies a la cause qui publiaient des articles, des recits de vie d'esclaves, des analyses juridiques et des appels moraux. Les orateurs abolitionnistes attiraient de grandes foules dans les villes bresiliennes. Les societes abolitionnistes se multiplierent, organisant des activites de sensibilisation et parfois des actions directes pour aider les personnes reduites en esclavage a s'echapper.

Pedro II suivait ce mouvement avec sympathie, bien qu'il ne put en etre ouvertement le champion sans risquer de detruire les equilibres politiques delicats sur lesquels reposait le systeme imperial. Son role etait plutot d'assurer que les portes vers l'abolition restent ouvertes, que les ministres favorables a la reforme pourraient mettre en oeuvre des mesures graduelles, et que l'opposition des hacendeiros ne pourrait jamais completement bloquer la marche vers la liberation.

Conclusion : Dom Pedro II Dans L'histoire de L'humanite

Pedro II de Bresil occupe une place unique dans l'histoire de l'humanite pour plusieurs raisons qui transcendent les specificites de l'histoire bresilienne. Il fut, dans sa personne et son gouvernement, une illustration remarquable de ce que peut etre un dirigeant pleinement engage avec les idees, les sciences et les cultures de son epoque. Dans un siecle marque par des figures politiques qui utilisaient le pouvoir pour leur gloire personnelle ou pour dominer leurs peuples, Pedro II representa quelque chose de different : un homme de pouvoir qui cherchait avant tout a servir.

Son engagement avec Darwin, Pasteur, Hugo, Longfellow et tant d'autres n'etait pas de la facon remarquable un engagement seulement formel ou de prestige. C'etait l'engagement d'un homme qui avait lui-meme travaille pour developper ses capacites intellectuelles, qui avait consacre de nombreuses heures a apprendre des langues, a etudier les sciences, a lire la litterature mondiale, et qui se trouvait ainsi capable de participer aux conversations qui faisaient avancer la connaissance humaine au XIXe siecle.

Son depart du pouvoir en novembre 1889 et les deux annees d'exil qui suivirent jusqu'a sa mort en decembre 1891 constituent l'epilogue d'une vie consacree au service public. Il n'avait pas cherche l'immense responsabilite qui lui avait ete imposee enfant. Il l'avait assumee avec tout ce qu'il avait. Et lorsqu'il fut contraint de la deposer, il le fit sans amertume, avec la meme dignite tranquille qui avait caracterise tout son service. C'est cette dignite, peut-etre plus que tout autre aspect de son caractere, qui a conquis l'admiration posthume de la nation a laquelle il avait tout donne.

L'histoire de Pedro II de Bresil est, en fin de compte, une histoire d'humanite et d'engagement moral sincere face aux responsabilites les plus lourdes. Dans un monde qui valorise souvent le spectacle plutot que la substance et la force plutot que la sagesse, il demeure un exemple rare et precieux de ce que peut etre un gouvernement veritablement consacre au bien public.

Le Bresil En 1889 : Un Bilan de Quarante-Neuf Ans

Lorsque Pedro II monta sur le trone en 1841, le Bresil etait un pays menace de fragmentation, gouverne par des regents en crise, secoue par des rebellions regionales, et dependant d'une economie esclavagiste qui condamnait des millions d'etres humains a une existence de servitude perpetuelle. Lorsqu'il quitta le pouvoir en 1889, le pays avait ete transforme sur presque tous les fronts imaginables.

Le reseau ferroviaire, inexistant en 1841, depassait neuf mille kilometres. Des lignes telegraphiques reliaient les principales villes du pays. Les bateaux a vapeur sillonnaient les grands fleuves et les routes cotieres. Rio de Janeiro s'etait transformee d'une ville coloniale a une metropole moderne avec un eclairage au gaz, des tramways, des theatres, des musees, des bibliotheques et une vie intellectuelle et culturelle qui pouvait se comparer favorablement a celle des capitales europeennes. La population avait double. Le commerce exterieur avait ete multiplie par plusieurs. Des institutions d'enseignement superieur formaient des medecins, des ingenieurs, des avocats et des scientifiques. Et, accomplissement moral par-dessus tout, l'esclavage avait ete aboli.

Pedro II ne put voir tous ces accomplissements avec la satisfaction qu'ils auraient merite, parce que les circonstances de sa fin furent douloureuses. Mais la posterite pouvait voir ce qu'il avait accompli avec une clarte que les contemporains, encore pris dans les conflits politiques de l'epoque, ne pouvaient pas toujours percevoir. Et cette posterite a rendu son verdict : Dom Pedro II fut le plus grand chef d'Etat de l'histoire de l'Amerique latine au XIXe siecle, et l'un des dirigeants les plus remarquables et les plus moralement serieux de l'histoire mondiale de cette periode.

L'ecole Pedro II Et L'heritage Educatif

L'un des legs les plus concrets et les plus durables du regne de Pedro II dans le domaine de l'education fut la fondation et le developpement du College Pedro II a Rio de Janeiro. Cet etablissement d'enseignement secondaire, fonde en 1837 peu apres que Pedro II eut commence son gouvernement personnel, representait la vision imperiale d'une education moderne et rigoureuse accessible aux jeunes Bresiliens talentueux, independamment de leur origine sociale. Le College Pedro II devint rapidement la reference de l'excellence educative secondaire au Bresil, attirant les meilleurs enseignants disponibles et offrant un programme ambitieux couvrant les sciences naturelles, les mathematiques, les langues classiques et modernes, la philosophie et l'histoire.

Pedro II visitait regulierement l'etablissement qui portait son nom, parfois en interrogeant les etudiants sur leurs connaissances avec la curiosite et la rigueur d'un veritable professeur. Ces visites n'etaient pas de simples ceremonies protocolaires mais de genuines occasions d'engagement intellectuel, refletant l'interet profond et sincere de l'Empereur pour l'education comme fondement du progres national. L'ecole forma plusieurs generations de l'elite intellectuelle et professionnelle bresilienne et continua de fonctionner bien au-dela de la fin de la monarchie, survenant comme institution jusqu'a aujourd'hui sous le nom de Colegio Pedro II, temoignant de la durabilite de son heritage educatif.

L'importance que Pedro II accordait a l'education se refletait aussi dans son soutien aux bibliotheques publiques et aux institutions de conservation du patrimoine culturel bresilien. La Bibliotheque Nationale de Rio de Janeiro, dont les collections s'enrichirent considerablement pendant son regne, devint l'une des plus importantes d'Amerique latine, preservant des manuscrits coloniaux, des documents historiques, des oeuvres litteraires et des travaux scientifiques qui constituaient la memoire ecrite de la civilisation bresilienne.

Sources: library.brown.edu, library.brown.edu, schoolhistory.co.uk, pmc.ncbi.nlm.nih.gov, nofi.media, revistacenarium.com.br, ncbi.nlm.nih.gov

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